Alger prépare une loi pour protéger le personnel de santé contre les agressions
L’Algérie prépare une loi pour mieux protéger le personnel de santé contre les « agressions verbales et physiques », qui ont pris de l’ampleur avec la pandémie de COVID-19, a indiqué le gouvernement dans un communiqué.
Cette décision du président Abdelmadjid Tebboune intervient après la multiplication, ces dernières semaines, des « agressions physiques et verbales à l’encontre du personnel médical, paramédical, et administratif », selon le document publié sur le site du Premier ministre.
Ces violences sont accompagnées parfois « d’actes de détérioration et de destruction de biens publics et de matériels médicaux », est-il précisé.
La présidence a annoncé le 10 juillet des mesures d’aide, notamment une assurance spéciale, pour le personnel soignant en première ligne dans la lutte contre le nouveau coronavirus et très éprouvé, au moment où le pays subit une recrudescence des contaminations.
Le directeur de l’hôpital de Bouira, à 125 kilomètres au sud-est d’Alger, s’est blessé lundi en prenant la fuite après avoir été menacé par des proches en colère d’un malade décédé, a indiqué Mohamed Laib, directeur de la santé de Bouira.
Selon lui, ces personnes ont fait irruption dans le bureau de Djamel Boutmer pour protester contre le refus de son établissement de remettre la dépouille de leur proche, suspecté d’avoir succombé au coronavirus.
Djamel Boutmer a pu échapper à « l’agression en sautant par la fenêtre de son bureau se trouvant au premier étage et en se blessant légèrement au pied », a ajouté Mohamed Laib.
La future loi vise à « prémunir le corps médical de toute agression […] dans l’enceinte des hôpitaux et autres structures et établissements sanitaires », a indiqué le communiqué, sans détailler par quels moyens.
Le gouvernement a également critiqué « la manipulation et la diffusion d’images via les réseaux sociaux et médias » portant atteinte « au professionnalisme […] du corps médical », après la circulation de vidéos filmées dans des services hospitaliers pour en dénoncer les dysfonctionnements.
« Ces actes inadmissibles » tentent « vainement de décrédibiliser l’action du service public de santé » et ils sont « réprimés par les lois de la République », a affirmé le gouvernement dans son communiqué.
Une chanteuse de raï a été condamnée mercredi soir à dix-huit mois de prison ferme par le tribunal d’Oran (430 km à l’ouest d’Alger) pour « agression et insultes » à l’encontre du personnel soignant du centre hospitalier de cette ville.
Le tribunal lui a aussi reproché d’avoir partagé une vidéo où elle dénonçait l’état du service d’urgences de cet hôpital, selon les médias locaux.