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Appel à la « libération rapide » des médecins égyptiens arrêtés pour avoir critiqué la gestion de la pandémie

Le syndicat des médecins égyptiens a demandé mardi aux autorités de libérer cinq médecins arrêtés pour avoir critiqué la gestion par le gouvernement de la crise sanitaire liée au nouveau coronavirus.

Dans une lettre adressée au procureur général et publiée sur sa page Facebook mardi, l’organisation a appelé à la « libération rapide » de ses membres arrêtés « après avoir publié leurs opinions sur la pandémie » sur les réseaux sociaux.

« Ces incidents à répétition propagent le désespoir et une peur croissante dans les rangs des médecins, à un moment difficile », a indiqué le syndicat dans sa lettre.

Accusés de « diffusion de fausses informations », d’appartenance à un groupe terroriste » et de porter « atteinte à la sécurité de l’État », les cinq praticiens sont toujours en détention provisoire, a indiqué une source sécuritaire, sous couvert d’anonymat.

« Nous n’avons pas de masques pour les médecins ni d’équipements de protection pour les équipes médicales en Égypte mais nous en offrons à la Chine et à l’Italie ?! », s’était offusqué l’un d’entre eux, Hani Bakr, sur sa page Facebook début avril, avant d’être arrêté.

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Pour soigner son image à l’international, Le Caire avait acheminé des tonnes d’équipement de protection médicale en Italie, en Chine, au Soudan et même aux États-Unis, malgré les pénuries en Égypte.

Figurant parmi les pays les plus touchés d’Afrique, l’Égypte, pays de 100 millions d’habitants, a enregistré plus de 46 000 cas de COVID-19, dont près de 1 700 morts, selon les chiffres officiels.

Depuis fin mai, les autorités rapportent plus de 1 000 nouvelles infections quotidiennes, et le syndicat des médecins a mis en garde contre un « possible effondrement total » du système de santé, si les autorités ne réagissaient pas.

Le syndicat représente les quelque 110 000 médecins que compte le pays. 

Depuis le début de la crise, cette dernière a maintes fois interpellé les autorités sur le sort des soignants, sous-équipés et peu préparés à faire face au virus.

Elle a également appelé à mettre en place un confinement total afin d’enrayer la pandémie. Une mesure un temps considérée par Le Caire puis abandonnée.

En mars, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) avait prévenu que 13 % des contaminations en Égypte touchaient le personnel soignant.