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Craintes d’un « cauchemar » dans les camps Rohingyas du Bangladesh

Des Rohingyas dans le camp de réfugiés de Kutupalong, à Cox’s Bazar, au Bangladesh (AFP)
Des Rohingyas dans le camp de réfugiés de Kutupalong, à Cox’s Bazar, au Bangladesh (AFP)

Les autorités du Bangladesh sont sur le qui-vive vendredi au lendemain de la découverte d’un premier cas confirmé du nouveau coronavirus dans la population des immenses camps de réfugiés Rohingyas, qui fait craindre un « scénario cauchemar ».

Les épidémiologistes redoutent depuis plusieurs mois une flambée de maladie COVID-19 dans les camps de Rohingyas du sud du Bangladesh. Près d’un million de membres de cette minorité musulmane ayant fui les persécutions en Birmanie voisine y vivent dans une pauvreté extrême et s’entassent dans la promiscuité à l’intérieur de cahutes sommaires.

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Les autorités locales et l’Organisation mondiale pour la santé (OMS) ont annoncé jeudi la découverte d’un premier cas officiel du nouveau coronavirus parmi les réfugiés Rohingyas. Un deuxième cas a été aussi détecté dans une clinique des camps, mais il s’agit d’un Bangladais habitant les environs venu s’y faire soigner.

Des équipes d’enquêteurs sont déployées pour retracer les contacts des deux hommes afin de prendre des mesures de quarantaine et effectuer des tests de dépistage du COVID-19, a indiqué à l’AFP Catalin Bercaru, porte-parole de l’OMS.

Une zone abritant près de 5 000 personnes dans l’un des camps de réfugiés a aussi été bouclée par mesure de précaution. « Nous avons complètement fermé le quartier, empêchant quiconque d’y entrer ou de sortir de leur maison », a déclaré à l’AFP Mahfuzar Rahman, un responsable local.

La détection du premier cas confirmé du coronavirus parmi les réfugiés fait craindre « la réalisation d’un scénario cauchemar », s’est alarmé Daniel Sullivan de l’ONG Refugees International.

Birmanie

En l’absence d’unités de soins intensifs dans les camps, « nous faisons face à la possibilité très concrète que des milliers de personnes meurent du COVID-19 » parmi les Rohingyas réfugiés au Bangladesh, a également estimé Shamim Jahan de l’organisation Save the Children.

Les camps Rohingyas, situés dans le district méridional de Cox’s Bazar, sont presque coupés du monde depuis début avril, les entrées et sorties étant réduites au minimum vital. Dacca a obligé les organisations humanitaires officiant sur place à réduire de 80 % leur personnel présent dans les camps.

Le Bangladesh compte à ce stade 283 morts du COVID-19 pour près de 19 000 cas confirmés, des chiffres inférieurs à la réalité selon les experts. Un confinement national est en vigueur depuis le 26 mars à travers cette nation d’Asie du Sud.