Des Égyptiens bloqués au Qatar rentrent au Caire malgré l’embargo
Des travailleurs égyptiens bloqués au Qatar à cause de la crise du nouveau coronavirus sont retournés lundi au Caire avec le premier des 18 vols de rapatriement prévus malgré la rupture des relations officielles entre les deux pays depuis trois ans.
Les 174 passagers ont quitté Doha en fin de journée dimanche en direction de Mascate, à Oman, d’où ils ont voyagé jusqu’au Caire, une escale destinée à respecter l’interdiction faite par l’Égypte du trafic aérien direct entre les deux pays, ont rapporté les médias égyptiens.
« Les premiers vols d’évacuation égyptiens ont décollé du Qatar », a écrit l’Association égyptienne de Doha, un groupe communautaire sur Facebook.
Il s’agit d’une rare coordination entre ces deux États rivaux, depuis que l’Égypte, aux côtés de l’Arabie saoudite, des Emirats arabes unis et Bahreïn, a rompu ses relations diplomatiques et économiques avec le Qatar en juin 2017.
Les quatre alliés reprochent au riche petit émirat gazier de soutenir les mouvements islamistes, de trop se rapprocher des rivaux régionaux– Iran et Turquie– et de semer le trouble dans le monde arabe avec la chaîne d’information Al-Jazeera. Doha nie toutes ces accusations.
Les 174 ressortissants égyptiens, parmi les 300 000 résidant au Qatar, sont arrivés au Caire, a rapporté lundi le site du journal gouvernemental Al-Ahram.
Il s’agit du premier des « 18 vols extraordinaires » mis en place par Le Caire pour rapatrier quelque 3 000 de ses ressortissants bloqués au Qatar, selon le ministère de l’Émigration égyptien.
Ce premier vol intervient deux semaines après une rare manifestation d’Égyptiens brandissant leur passeport devant l’ambassade inoccupée de leur pays à Doha.
Des milliers de travailleurs immigrés au Qatar, où 90 % de la population est étrangère, ont perdu leur emploi avec le ralentissement économique provoqué par la pandémie du nouveau coronavirus.
Beaucoup n’ont pas pu rentrer chez eux en raison de la suspension du trafic aérien mondial.
L’Inde, qui compte une importante communauté au Qatar, a rapatrié près de 6 000 de ses citoyens bloqués dans l’émirat.
Les secteurs clé de l’énergie, l’hôtellerie et l’aviation ont été particulièrement affectés par la crise du COVID-19. Dans ce contexte, de grandes entreprises comme Qatar Airways et Qatar Petroleum ont averti que des licenciements importants auraient lieu.