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Des funérailles secrètes dans la région kurde d’Irak provoquent un pic de contaminations

Un agent de sécurité portant des gants de protection et un masque s’approche d’un homme à moto devant la citadelle d’Erbil (AFP)
Un agent de sécurité portant des gants de protection et un masque s’approche d’un homme à moto devant la citadelle d’Erbil (AFP)

Des funérailles secrètes qui ont eu lieu dans la ville kurde d’Erbil, à la fin du mois de mars, auraient provoqué une flambée des infections à coronavirus dans la région du Kurdistan irakien.

Les autorités du Gouvernement régional du Kurdistan (KRG) ont confirmé 41 nouveaux cas de COVID-19 dans la capitale, Erbil, lundi (17 femmes, 15 hommes et 9 enfants), ce qui marque le plus grand nombre d’infections en une journée dans la région autonome.

Les cas confirmés se répartissent comme suit : deux dans le district de Soran, trois dans le district de Sidakan, un dans le village de Halja Bchook, et les 35 autres cas dans neuf quartiers du centre-ville d’Erbil, selon un communiqué du ministère de la Santé du KRG.

Ces nouvelles infections portent à 277 le nombre total de cas signalés.

Selon le communiqué, 32 des 41 cas signalés sont la conséquence d’un contact avec une seule personne infectée lors de funérailles secrètes dans le quartier de Karizan à Erbil, le 21 mars.

« Nous demandons aux personnes qui se sont rendues aux funérailles de Fatah Hamad Salih et de Fatima Rahman Hussein à Karizan le samedi 21 mars 2020 de se rendre immédiatement dans un centre de traitement du coronavirus ou de contacter les équipes médicales pour subir un test de dépistage du coronavirus », a indiqué la direction de la santé d’Erbil, selon NRT.

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« Contre toutes les règles, deux familles d’Erbil ont tenu une cérémonie funéraire… ce qui a valu à 32 personnes ayant assisté aux funérailles de contracter le coronavirus, lesquelles représentent maintenant 35 % de tous les cas à Erbil », a ajouté la direction.

Les funérailles étant interdites par crainte du coronavirus. Le ministère de l’Intérieur du KRG a déclaré lundi que ceux qui y assistaient seraient poursuivis, y compris ceux infectés par la maladie.

Idris Zeyad Rafaat, un étudiant en médecine de dernière année à Erbil, a déclaré qu’il était profondément frustrant de voir des gens ignorer les règles édictées par le gouvernement.

« Les médecins, les infirmières, le personnel hospitalier et les forces de sécurité ont tous travaillé 24 heures sur 24 pour sauver des vies et demander aux gens de rester à la maison et de ne se rassembler en aucune circonstance car cela conduira à la propagation du virus », a-t-il déclaré à Middle East Eye.

« Certains étaient de leur propre famille et d’autres étaient des gens venus de différents quartiers, ils ont tous été infectés par le virus. »

Confinement

La hausse du nombre d’infections survient malgré l’imposition d’un confinement strict par le KRG.

Les autorités ont imposé un couvre-feu complet de 48 heures à partir de minuit samedi. Seuls les agents de santé de service et les forces de sécurité étant autorisés à se déplacer librement. Les écoles, les universités, les rassemblements publics et les funérailles ont tous été interdits.

Malgré cela, le 5 avril, la police d’Erbil a dispersé de force d’autres funérailles dans le district de Daratu et imposé la quarantaine aux personnes y ayant assisté.

Le KRG a tenu lundi une réunion par vidéoconférence présidée par le vice-premier ministre Qubad Talabani.

« Les médecins, les infirmières, le personnel hospitalier et les forces de sécurité ont tous travaillé 24 heures sur 24 pour sauver des vies et demander aux gens de rester à la maison et de ne se rassembler en aucune circonstance »

- Idris Zeyad Rafaat, étudiant en médecine

La commission a décidé que le couvre-feu actuel de 48 heures resterait en place jusqu’à minuit afin de reconsidérer l’ordonnance de couvre-feu précédente qui interdit de voyager dans toute la région kurde jusqu’au 10 avril.

Dans le cadre de cette réunion, le président du KRG, Nechirvan Barzani, a remercié le public et remercié tout particulièrement « nos héros, nos équipes médicales, nos soldats peshmergas, nos forces de l’ordre et nos agences de presse qui travaillent sans relâche pour sauver des vies. »

Les chiffres officiels publiés par le gouvernement central à Bagdad indiquent que l’Irak a enregistré 1 202 infections et 69 décès, bien que ce chiffre ait été remis en question dans certains milieux.

Idris Zeyad Rafaat a déclaré que, malgré les dommages causés par des incidents comme les funérailles, les Irakiens seraient en mesure de sortir de la crise.

« Les Irakiens ont dû affronter beaucoup de choses, y compris [le groupe] État islamique », a-t-il déclaré. « Ensemble, main dans la main, nous pouvons endiguer l’épidémie. Si nous travaillons tous ensemble, nous pourrons certainement vaincre ce virus. »

Par Azhar Al-Rubaie à Erbil, Irak.

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.