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Des mesures en faveur des étrangers en Tunisie

Des migrants africains au port de Zarzis, dans le sud de la Tunisie, le 1er août 2018 (AFP)
Des migrants africains au port de Zarzis, dans le sud de la Tunisie, le 1er août 2018 (AFP)

Les autorités tunisiennes ont pris des mesures en faveur des étrangers en Tunisie, notamment les Africains subsahariens, prolongeant les droits de séjour dans le pays en plein confinement général contre le nouveau coronavirus.

« Des mesures vont être appliquées pour permettre aux étrangers en Tunisie de mener une vie normale et d’être traités comme tous les autres citoyens en cette période de coronavirus », a indiqué mercredi à l’AFP Ayachi Hammami, ministre chargé des droits de l’Homme et des relations avec la société civile.

Aides financières

Selon la même source, il a été décidé que les titres de séjour valables au premier mars, étaient prolongés jusqu’à la fin de la crise. Il n’y aura donc pas de pénalités financières pour ceux qui auront dépassé la limite légale de séjour, ni pour les touristes restés plus de trois mois dans le pays.

Ces décisions font suite à une réunion mardi des ministres de l’Intérieur Hichem Mechichi, des Affaires sociales, Mohammed Habib Kchaou, et M. Hammami. 

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Des étrangers en grande difficulté pourront prétendre à des aides financières, a affirmé M. Hammami, soulignant que nombre d’entre eux sont sans papiers et travaillent d’une façon informelle.

Alors que de nombreux foyers se sont retrouvés sans aucun revenu après le confinement le 22 mars, des associations et particuliers se sont mobilisés, et une cellule COVID a été créée par des représentants des étudiants et travailleurs africains.

« Il faut respecter les droits et la dignité de toutes les personnes sans aucune discrimination. Ce virus touche toute l’humanité, et Tunisien ou étranger ont les mêmes droits pour être soignés et pour vivre dignement », a souligné M. Hammami, un ancien opposant au régime déchu de Zine El Abidine Ben Ali.

Les sans-papiers ne seront pas interpellés 

« Tunisiens ou étrangers, nous devrons tous être solidaires en cette période difficile », a-t-il encore souligné.

Environ 7 000 étudiants venus d’Afrique subsaharienne résident en Tunisie, a-t-il indiqué, tandis que des estimations font état de plus de 20 000 ressortissants de ces pays, dont nombreux sont sans papiers.

« Ce virus touche toute l’humanité, et Tunisien ou étranger ont les mêmes droits pour être soignés et pour vivre dignement »

Ayachi Hammami, ministre chargé des droits de l’Homme et des relations avec la société civile

Vu les circonstances, les sans-papiers peuvent désormais se déplacer sans crainte d’être arrêtés, a ajouté à l’AFP une autre source gouvernementale sous couvert d’anonymat.

Mais tout le monde doit respecter les consignes du confinement et du couvre-feu, a ajouté cette source.

Depuis début mars, 600 cas dont 22 décès dus au nouveau coronavirus ont été officiellement déclarés en Tunisie, où le confinement général est en vigueur jusqu’au 19 avril.