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Égypte : Amnesty dénonce la campagne de « harcèlement » contre les soignants

Des médecins égyptiens examinent la radiographie pulmonaire d'un patient à l'unité des maladies infectieuses de l'hôpital d'Imbaba, au Caire, le 19 avril 2020 (AFP)
Des médecins égyptiens examinent la radiographie pulmonaire d'un patient à l'unité des maladies infectieuses de l'hôpital d'Imbaba, au Caire, le 19 avril 2020 (AFP)

Amnesty International a appelé jeudi les autorités égyptiennes à mettre fin à leur « campagne de harcèlement » à l’encontre du personnel médical, dont plusieurs membres ont été arrêtés pour avoir critiqué la gestion par le gouvernement de la crise sanitaire liée au nouveau coronavirus.

Sous-équipés et peu préparés, les soignants représentent 11 % des contaminations en Égypte, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

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Depuis mars, huit soignants ont été « arrêtés arbitrairement par l’Agence nationale de la sécurité », principal organe de sécurité d’Égypte, après avoir émis des opinions critiques du gouvernement sur les réseaux sociaux, affirme Amnesty dans un communiqué.

Selon cette organisation de défense des droits humains, certains soignants racontent avoir subi des menaces de la part des services de sécurité, ainsi que de la part de leur hiérarchie.

« Ils obligent les médecins à choisir entre la mort et la prison », a confié un membre du syndicat des médecins, sous couvert d’anonymat, à Amnesty International.

L’ONG a appelé les autorités en Égypte à « cesser leur campagne de harcèlement et d’intimidation à l’encontre des […] travailleurs de la santé ayant fait part de préoccupations liées à leur sécurité personnelle [face au virus] ou critiqué la gestion de la crise de COVID-19 par le gouvernement ».

Le 14 juin, le syndicat des médecins égyptiens a demandé au Parquet de libérer cinq de ses membres arrêtés pour avoir critiqué le gouvernement, et qui ont été accusés « d’appartenir à un groupe terroriste » et de porter « atteinte à la sécurité de l’État ».

« Ces incidents à répétition propagent le désespoir et une peur croissante dans les rangs des médecins, à un moment difficile », a indiqué le syndicat dans une lettre adressée au procureur général.

Plus de 400 médecins ont été infectés dont 68 sont décédés de la maladie liée au virus, selon la même source.

Depuis fin mai, les autorités rapportent plus de 1 000 nouvelles infections quotidiennes, et l’organisation syndicale a mis en garde contre un « possible effondrement total » du système de santé.

L’Égypte, pays de 100 millions d’habitants, a enregistré près de 50 000 cas de COVIDo-19, dont plus de 1 800 morts, selon les chiffres officiels. 

« Les autorités égyptiennes gèrent la crise du COVID-19 selon leur tactique répressive habituelle », a dénoncé Philip Luther, responsable pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Amnesty International. 

Depuis l’arrivée au pouvoir en 2014 du président Abdel Fattah al-Sissi, une vague de répression impitoyable s’est abattue contre toute forme de dissidence, dans un pays qui compterait 60 000 prisonniers d’opinion, selon les ONG de défense des droits humains.