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En Bosnie, le coronavirus empêche l'inhumation des victimes d'un massacre

La pandémie de coronavirus a empêché l’inhumation lundi en Bosnie d’une vingtaine de victimes musulmanes d’un massacre commis il y a près de 30 ans par les forces serbes dans la région de Prijedor, dans le nord-ouest du pays, les proches n’ayant pu se déplacer pour les obsèques.

Trente civils bosniaques (musulmans) tués en 1992, au début de la guerre intercommunautaire de Bosnie, devaient être mis en terre lundi à Kamicani, village proche de Prijedor.

Mais les restrictions dues au nouveau coronavirus ont empêché de nombreuses familles, dont plusieurs travaillent à l’étranger, d’être présentes et seules six dépouilles ont été enterrées, rapporte un photographe de l’AFP.

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« Ils ont attendu ce moment plus de vingt ans, ils vivaient pour cela, pour enterrer les dépouilles de ceux qu’ils aiment, et maintenant, ils ne peuvent pas le faire », a déploré à la télévision régionale N1 Mirsad Duratovic, qui dirige une association d’anciens prisonniers de camp.

Des centaines de personnes, masque sur le visage, ont assisté aux obsèques, dont de hauts responsables bosniens mais en l’absence de représentants des Serbes de Bosnie.  

Les restes de cinq des six victimes inhumées lundi, dont le plus jeune était un adolescent de 19 ans, avaient été retrouvés en 2017 dans une fosse commune dans la région montagneuse de Koricanske Stijene (centre).

Un des épisodes les plus macabres du conflit

Les victimes faisaient partie d’un groupe de plus de 200 civils, notamment des Bosniaques, mais aussi plusieurs Croates (catholiques), qui avaient été détenus dans un camp à Trnopolje, dans la région de Prijedor.

Le 21 août 1992, ils avaient été emmenés, officiellement pour un échange de détenus. Mais lorsque le convoi est arrivé à Koricanske Stijene, ils ont été sortis des bus, alignés en haut d’un ravin et exécutés, selon plusieurs verdicts prononcés par la justice locale contre des membres des forces serbes de Bosnie.

La sixième victime inhumée lundi a été découverte dans une fosse commune de la région de Prijedor.

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Il s’agit de l’un des épisodes les plus macabres du conflit intercommunautaire bosnien qui avait fait près de 100 000 morts, entre 1992 et 1995.

Mirsad Duratovic a espéré que les familles des 24 autres victimes pourront enterrer les leurs lors de la prochaine cérémonie annuelle d’inhumation des victimes identifiées, en 2021. 

Après leur prise de contrôle de la région de Prijedor, en avril 1992, les forces serbes y ont tué quelque 3 200 personnes, dont 250 femmes et une centaine d’enfants, selon des associations de victimes. Quelque 650 personnes sont toujours portées disparues.