En Turquie, un projet de loi pour soulager les prisons
Trois personnes purgeant des peines de prison en Turquie sont décédées après avoir été atteintes du COVID-19, a annoncé lundi le ministre de la Justice, au moment où le Parlement examine une amnistie pour une partie des prisonniers.
« Dix-sept détenus dans cinq établissements pénitentiaires ouverts ont été testés positifs au COVID-19. Trois sont décédés lors des traitements », a déclaré à la presse le ministre, Abdulhamit Gül.
Les prisons dites « ouvertes » en Turquie sont soumises à des conditions de sécurité minimales. Les prisonniers y sont généralement transférés en vue d’une prochaine remise en liberté lorsque leur peine touche à sa fin et ils bénéficient de permissions de sortie.
Abdulhamit Gül a affirmé que les quatorze autres détenus étaient traités dans des hôpitaux et que l’un d’eux, souffrant par ailleurs d’une maladie chronique, était « en soins intensifs ».
« Aucun cas n’a été enregistré dans les prisons fermées », a-t-il ajouté.
Le Parlement turc a commencé la semaine dernière à débattre d’un projet de loi visant à faire sortir quelque 90 000 détenus – sous forme de libération anticipée ou de placement en résidence surveillée – pour soulager les prisons surpeuplées.
Mais les personnes condamnées pour « terrorisme », parmi lesquelles se trouvent de nombreux journalistes et opposants politiques, seront exclues de cette mesure, au grand dam des organisations de défense des droits humains.
Le projet de loi défendu par le gouvernement turc vise à limiter le risque de propagation de la pandémie de COVID-19 aux prisons turques, où quelque 286 000 personnes étaient enfermées en 2019.
De nombreux journalistes et opposants politiques, seront exclus de cette mesure
La Turquie a enregistré près de 57 000 cas de nouveau coronavirus, dont 1 198 mortels, selon le dernier bilan officiel publié dimanche.
Le projet de loi examiné par Parlement exclut aussi les détenus condamnés ou jugés pour acte de « terrorisme », homicide volontaire, trafic de stupéfiants ou encore crimes à caractère sexuel.