L’UNRWA fonctionne « mois par mois » alors que les coupes budgétaires des États-Unis sont maintenues
L’UNRWA, agence onusienne d’aide aux réfugiés palestiniens, qui fournit soins de santé et éducation à des millions de Palestiniens, ne dispose de fonds que pour fonctionner jusqu’à la fin du mois, a déclaré un haut responsable.
Elizabeth Campbell, directrice de l’UNRWA à Washington, a dénoncé les coupes dans les aides de l’administration Trump à l’agence, affirmant qu’elles avaient un « impact corrosif » sur les réfugiés.
« Nous fonctionnons essentiellement sur une base mensuelle. En ce moment, nous avons des fonds pour payer nos 30 000 personnels soignants jusqu’à la fin de ce mois », a-t-elle annoncé lors d’une conférence téléphonique avec des journalistes, mardi 5 mai, comme l’a rapporté Reuters.
Traduction : « En cette période difficile, les réfugiés palestiniens ont plus que jamais besoin de notre soutien. Pour ce #GivingTuesdayNow, toutes les contributions à notre réponse contre le COVID-19 seront complétées. Faites un don aujourd’hui et doublez votre cadeau ! »
En 2018, l’administration américaine a réduit de 350 millions de dollars l’aide annuelle à l’UNRWA, qui répond aux besoins humanitaires d’environ cinq millions de réfugiés palestiniens. Auparavant, Washington était le plus grand donateur de l’agence.
Pour justifier ces coupes, l’administration Trump a avancé que cette opération n’avait pas vocation à durer dans le temps et qu’elle était « irrémédiablement viciée ». Il semblerait qu’en réalité, elle ait mis un terme à plusieurs programmes d’assistance aux Palestiniens afin de les forcer à accepter les conditions de l’« accord du siècle ».
« Une catastrophe humanitaire et un échec moral »
Au cours des événements qui ont conduit à la création de l’État d’Israël en 1948, plus de 700 000 Palestiniens ont été déplacés de leur domicile dans un exode connu sous le nom de Nakba (catastrophe).
Les survivants et leurs descendants, soit environ cinq millions de personnes, vivent toujours dans des camps de réfugiés à travers le Moyen-Orient et dépendent largement de l’UNRWA pour l’éducation et les soins de santé.
Avec la propagation du coronavirus, les appels aux États-Unis à reprendre le financement de l’UNRWA ont été renouvelés.
La semaine dernière, la députée américano-palestinienne Rashida Tlaib et son collègue juif américain Alan Lowenthal ont publié une tribune dans le Washington Post appelant Donald Trump à rétablir l’aide américaine.
« L’impact de la propagation de la pandémie à travers la Cisjordanie et Gaza serait, avant tout, une catastrophe humanitaire et un échec moral », ont écrit les députés. « Cela menacerait également profondément les perspectives d’une paix juste et durable et la stabilité de toute la région. »
Fin avril, 59 membres du Congrès ont également écrit une lettre à l’administration pour demander la libération de l’aide aux Palestiniens par le biais d’un programme d’assistance spécial.
« Ces fonds pourraient être utilisés instantanément pour soutenir l’action de santé publique, y compris les 3 300 personnels soignants qui pourvoient en personnel 144 cliniques de l’UNRWA désormais en première ligne dans la lutte contre cette pandémie », indique la lettre.
Traduction : « Les députés @RashidaTlaib et @alanlowenthal, dans une tribune publiée dans le @washingtonpost, appellent à la restauration du soutien humanitaire américain aux Palestiniens, y compris celui de l’@UNRWA, surtout au regard de l’augmentation des besoins engendrés par l’épidémie de COVID-19. »
« L’UNRWA travaille en étroite collaboration avec les autorités hôtes et l’Organisation mondiale de la santé [OMS] pour mettre en place un triage et des protocoles afin d’identifier les patients présentant des symptômes respiratoires. »
Mardi, Elizabeth Campbell a souligné que l’agence faisait face à sa « pire crise financière » depuis sa création en 1950. Cette année, elle n’a obtenu qu’un tiers de son budget annuel de 1,2 milliard de dollars.
Traduit de l’anglais (original).