Téhéran promet de protéger la population de l’impact économique du virus
Téhéran a promis lundi de protéger la population de l’impact économique de l’épidémie de COVID-19 alors que le bilan officiel a dépassé les 4 500 morts en Iran, pays le plus frappé par le virus au Proche et Moyen-Orient.
Les autorités ont annoncé 111 décès supplémentaires provoqués par le nouveau coronavirus au cours des dernières 24 heures, faisant monter à 4 585 morts le bilan officiel dans la République islamique.
Lors de son point de presse quotidien, le porte-parole du ministère de la Santé, Kianouche Jahanpour, a fait part de 1 617 nouveaux cas de contamination, portant le nombre de cas confirmés à 73 303 dont 45 983 se sont rétablis.
Depuis l’annonce des premiers décès liés au nouveau coronavirus en février, le gouvernement n’a pas décrété officiellement de confinement mais a mis en place progressivement des restrictions en fermant écoles, universités, mosquées, lieux de culte, cinémas, centres culturels, stades et autres lieux de regroupement.
Il a souligné l’importance de trouver un équilibre entre les mesures visant à freiner la propagation du virus et celles prises pour remettre l’économie sur les rails.
L’objectif est « la protection de la santé et de la vie de la population face au coronavirus et ses conséquences économiques et sociales », a déclaré le porte-parole du gouvernement, Ali Rabii lors d’une conférence de presse télévisée.
Selon lui, « la distanciation [sociale] intelligente poursuit le même objectif : en établissant un équilibre, nous pouvons assurer la santé de la société tout en préservant la vie sociale et économique du [pays] ».
« La priorité sera toujours donnée aux politiques sanitaires », a-t-il ajouté.
Le président iranien Hassan Rohani a annoncé le 5 avril la réouverture des entreprises « à faible risque » de propagation du virus dans le but de protéger l’économie frappée par les sanctions américaines.
Cette décision est entrée en vigueur samedi dans les provinces et devrait être mise en œuvre à partir du 18 avril dans la capitale.
« Hausse de la circulation »
À Téhéran, où des panneaux d’affichage rendaient hommage aux médecins et infirmières en première ligne du combat contre l’épidémie, une nette hausse de la circulation automobile a été constatée ces derniers jours en dépit de restrictions toujours en vigueur.
Le président iranien a toutefois mis en garde contre toute négligence des mesures de confinement.
« En établissant un équilibre, nous pouvons assurer la santé de la société tout en préservant la vie sociale et économique du [pays] »
- Ali Rabii, porte-parole du gouvernement iranien
« La mise en œuvre des protocoles de santé devrait se poursuivre avec force et puissance », a déclaré Hassan Rohani.
« La tendance décroissante et régulière, constatée ces derniers jours pour les nouveaux cas de contamination, s’est poursuivie au cours des 24 dernières heures », a souligné Kianouche Jahanpour.
Mais « les gens doivent continuer à éviter tout déplacement inutile » afin de freiner la propagation du virus dans le pays.
À l’étranger, certains soupçonnent les chiffres officiels iraniens d’être sous-estimés.