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Tunisie : face au coronavirus, mobilisation massive de la société civile

Des camions de police tunisiens pulvérisent du désinfectant à l’extérieur de la cathédrale Saint-Vincent de Paul dans le centre de la capitale Tunis, le 1er avril 2020 (AFP)
Des camions de police tunisiens pulvérisent du désinfectant à l’extérieur de la cathédrale Saint-Vincent de Paul, dans le centre de la capitale Tunis, le 1er avril 2020 (AFP)

Couscous et huile mais aussi javel et savons : en Tunisie, la société civile s’est rapidement mobilisée pour fournir chaque jour des milliers de familles parmi les plus démunies et des hôpitaux, en pleine crise du nouveau coronavirus.

« Auparavant notre objectif c’était les orphelins, les veuves et les handicapés, actuellement s’ajoutent des familles qui ont perdu tout revenu », souligne Mohamed Matar Bacha, responsable du Croissant-Rouge à Hrairia, banlieue ouest de Tunis.

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Pas de vente à la sauvette, de chantiers, ni de collecte de déchets recyclables : les travailleurs journaliers sont aux abois depuis que le gouvernement a restreint fortement les déplacements le 22 mars à travers le pays, où 22 personnes sont décédées du nouveau coronavirus et 596 cas de contamination ont été recensés.

« Le nombre de familles dans le besoin augmente avec le confinement, ce qui nécessite de redoubler les efforts », a déclaré à l’AFP Abdellatif Chabbou président du Croissant-Rouge tunisien.

Mobilisation sur les réseaux sociaux

« Notre objectif est d’atteindre 200 familles » dans chacune des 24 régions du pays, « mais il y a certaines régions où plus d’un millier de familles sont dans le besoin, cela dépasse nos capacités », souligne-t-il.

De nombreuses organisations, mais aussi des footballeurs ou de simples citoyens se sont également mobilisés en ordre dispersé, parfois appuyés par des municipalités ou les forces de sécurité. 

« Si je ne travaille pas, je ne mange pas. L’épicerie nous fait crédit mais jusqu’à quand ? »

Ali Sahbeni, maçon à la journée

Des représentants des étudiants et travailleurs africains ont créé une cellule « COVID » pour soutenir ces étrangers exclus des aides de l’État.

Des groupes Facebook rassemblent les dons pour équiper des hôpitaux en thermomètres, moniteurs ou simples équipements de protection.

À Hrairia, le Croissant-Rouge distribue pâtes, riz, lait, harissa mais aussi eau de javel et produits de nettoyage pour ralentir la propagation du nouveau coronavirus.

« Maintenant j’ai la tête tranquille. J’ai des réserves », sourit Arroussia, une quinquagénaire malade dont le mari est chiffonnier, en recevant son colis. « Je vais les sortir petit à petit pour faire manger les enfants ».

Promesses d’aides

Un autre habitant, Ali Sahbeni, maçon à la journée, réclame lui aussi de l’aide. « Si je ne travaille pas, je ne mange pas. L’épicerie nous fait crédit mais jusqu’à quand ? », s’inquiète-t-il, disant ne pas avoir payé son loyer. 

Le gouvernement a promis 150 millions de dinars (50 millions d’euros) d’aides directes aux plus pauvres, et commencé à distribuer des primes exceptionnelles de 200 dinars (80 euros). 

Mais la Tunisie, sous le coup d’un programme du Fonds monétaire international (FMI), peinait déjà avant la crise sanitaire à répondre aux attentes sociales qui avaient déclenché la révolution de 2011.

Le président de la République s’est lui-même inscrit dans cette mobilisation citoyenne, donnant la moitié de son salaire et participant à un chargement de colis d’aide alimentaire sous l’œil des photographes.