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Yémen : « course contre la montre » face au virus et à la crise humanitaire

Un jeune yéménite récupère un colis alimentaire, à Sanaa, le 17 mai 2020 (AFP)
Un jeune yéménite récupère un colis alimentaire, à Sanaa, le 17 mai 2020 (AFP)

L’Arabie saoudite a lancé mardi une conférence virtuelle de donateurs avec l’espoir de lever plus de deux milliards d’euros pour le Yémen en guerre, le chef de l’ONU évoquant une « course contre la montre » face au désastre humanitaire et la crise du nouveau coronavirus.

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Cette conférence, organisée par Ryad et l’ONU, se tient alors que les organisations humanitaires s’inquiètent d’une propagation rapide du virus au Yémen. Ce défi sanitaire s’ajoute à la crise humanitaire, la pire au monde selon les Nations unies, après plus d’une demie décennie de guerre.

Depuis mars 2015, l’Arabie saoudite intervient au Yémen à la tête d’une coalition militaire qui appuie le gouvernement yéménite contre les rebelles Houthis, soutenus eux par l’Iran. Cette coalition est accusée de multiples bavures contre des civils au Yémen.

Les travailleurs humanitaires sont confrontés à une « course contre la montre » pour éviter une aggravation de la double crise dans le pays, le plus pauvre de la péninsule arabique, a averti mardi le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.

« Nous sommes dans une course contre la montre. Combattre le COVID-19 en plus de l’urgence humanitaire déjà présente requiert une action urgente », a-t-il martelé lors de cette conférence virtuelle.

« Catastrophe »

Pour l’ONG Médecins sans frontières (MSF), le Yémen se tient au bord d’une « catastrophe », ses infrastructures sanitaires étant trop fragiles pour faire face au nouveau coronavirus, mises à mal par des années de guerre.

Selon l’ONU, le virus est probablement déjà présent dans la plupart des régions du Yémen, où gouvernement et rebelles n’ont annoncé que quelques centaines de cas dans des bilans séparés.

« Le COVID-19 n’est que le dernier défi dans une situation qui se détériore », a affirmé Abdallah al-Rabiah, chef du Centre d’aide et de secours « Roi Salmane », chargé de l’assistance humanitaire saoudienne au Yémen.

Tout en menant ses interventions militaires contre les Houthis « ce qui a mené à une intensification du conflit », Ryad estime être l’un des principaux pourvoyeurs d’aide humanitaire au Yémen, assurant avoir déboursé des milliards d’euros.

« Nous sommes dans une course contre la montre. Combattre le COVID-19 en plus de l’urgence humanitaire déjà présente requiert une action urgente »

Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU

Aux yeux des rebelles, la visioconférence de mardi est une « tentative stupide [des Saoudiens pour cacher] leurs crimes », a affirmé l’un de leurs porte-paroles, cité par leur chaîne de télévision Al-Masirah.

La guerre a fait des dizaines de milliers de morts, pour la plupart des civils, et l’ONU affirme qu’environ 24 millions de Yéménites « plus des deux tiers de la population » dépendent d’une forme ou d’une autre de l’aide humanitaire.

Si la visioconférence de mardi ne parvient pas à susciter suffisamment de dons, près de 5,5 millions de Yéménites pourraient perdre l’accès à une aide alimentaire et à une eau potable, dans ce pays fréquemment menacé par le choléra, selon l’ONG Save the Children.

Et des infrastructures vitales, telles des cliniques mobiles, pourraient aussi devoir fermer.