Aller au contenu principal
Live Blog Update| Coronavirus

Syrie : premier décès du coronavirus dans les territoires kurdes (ONU)

Une membre de la sécurité intérieure kurde monte la garde pendant que les médecins du Croissant-Rouge kurde testent des passagers au COVID-19 à leur arrivée de Damas, sur un site mobile installé devant l’aéroport de Qamichli, dans le nord-est de la Syrie, le 7 avril 2020 (AFP)
Une membre de la sécurité intérieure kurde monte la garde pendant que les médecins du Croissant-Rouge kurde testent des passagers au COVID-19 à leur arrivée à l’aéroport de Qamichli, le 7 avril (AFP)

Un décès dû au nouveau coronavirus en Syrie a été rapporté vendredi par l’ONU dans le nord-est, le premier dans cette région dominée par les Kurdes dans ce pays morcelé par la guerre.

Un patient de 53 ans est décédé le 2 avril, mais l’administration semi-autonome kurde a accusé l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) de ne pas l’en avoir immédiatement informée, faisant porter la responsabilité d’une potentielle propagation du virus dans ses territoires à l’agence onusienne et au régime syrien.

Contactée par l’AFP, l’OMS n’a pas répondu dans l’immédiat.

« Il y a un risque élevé de propagation large du virus à cause du délai pris [par l’OMS] pour informer l’administration [kurde] »

- Croissant rouge kurde

Vendredi, le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) a assuré que l’OMS avait « fourni des informations indiquant qu’un décès le 2 avril à l’hôpital national de Qamichli, dans le nord-est syrien, avait par la suite été testé positif au COVID-19 ».

« Un autre membre de la famille [du défunt] serait actuellement à l’hôpital avec les symptômes du COVID-19. Les résultats du dépistage sont en attente », ajoute un rapport partagé vendredi par le compte Twitter d’OCHA-Syrie.

Même si la région est sous contrôle kurde, le régime syrien y maintient une présence et l’hôpital en question est tenu par le gouvernement de Damas.

Dans les territoires contrôlés par le régime, le nouveau coronavirus a officiellement contaminé 38 personnes et entraîné deux décès, annoncés le 29 et le 30 mars.

Les Kurdes et le gouvernement de Bachar al-Assad entretiennent des rapports tendus.

Par le passé, les autorités kurdes ont déploré être sous-équipées pour faire face à une propagation de la maladie COVID-19, manquant notamment d’appareils respirateurs, et assuré ne pas avoir de kits de dépistage.

« Ce virus est toujours moins douloureux que les bombes » : la crainte du coronavirus s’étend à Idleb 
Lire

Le Croissant rouge kurde syrien mais aussi l’administration kurde ont déploré vendredi le délai de deux semaines entre le décès et l’annonce des résultats du dépistage.

« Il y a un risque élevé de propagation large du virus à cause du délai pris pour informer l’administration », regrette le Croissant rouge kurde sur son site internet.

Les autorités kurdes « font porter à l’OMS la responsabilité d’une propagation du virus parmi nos concitoyens car elle a passé sous silence la présence d’un cas suspect », déplore l’administration dans un communiqué.

Par ailleurs, les Kurdes estiment que « les pratiques du gouvernement syrien […] mettent en danger la vie des citoyens du nord-est syrien », accusant le pouvoir de Damas de ne pas « coopérer » avec la minorité kurde.

Damas a adopté une série de mesures dans les territoires gouvernementaux pour prévenir la propagation du COVID-19, notamment la fermeture des écoles et des restaurants, un couvre-feu sévère et un appel à rester confiné.