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Face à la pandémie, Abdallah II de Jordanie appelle à la « remondialisation »

Pour le souverain jordanien, il est nécessaire de « reconfigurer les institutions internationales et en créer de nouvelles si nécessaire » (AFP) 

Dans une tribune publiée dans le Washington Post, le roi de Jordanie, Abdallah II, a décliné ses idées sur l’aprés-coronavirus et sur la nécessité de « revenir à la mondialisation, mais cette fois, faisons-le bien », comme l’indique le titre de cette contribution.

« Cet ennemi aveugle aux frontières est apparu au moment même où le terme de ‘’mondialisation’’ entrait dans notre lexique – grâce à la montée du nationalisme, du protectionnisme et du scepticisme général concernant la coopération transfrontalière de toutes sortes », souligne le souverain jordanien.

Citant les drames qui ont touché l’humanité ces deux dernières décennie, du terrorisme à la crise financière en passant par les catastrophes naturelles, Abdallah II regrette que « les moments d’unité inspirés par ces événements n’ont jamais duré assez longtemps pour nous pousser à repenser fondamentalement les systèmes que nous avons en place ». 

« L’échec d’un pays est l’échec de chaque pays »

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Pour défendre son approche, le souverain de Jordanie en appelle à l’expérience de son pays face au terrorisme : « La Jordanie a compris la nécessité d’une plate-forme commune pour améliorer la coordination entre les parties prenantes régionales et internationales [pour lutter contre le terrorisme], et nous avons donc lancé le processus d’Aqaba pour permettre à tous les partenaires de lutter contre l’extrémisme et le terrorisme en mobilisant des ressources, en partageant des informations, en identifiant les lacunes et en évitant les redondances. »

Pour Abdallah II, la crise sanitaire actuelle « a jeté une lumière crue sur les lacunes de notre ordre mondial – lacunes causées par l’injustice sociale, l’inégalité des revenus, la pauvreté et la mauvaise gouvernance ».

Reconstruire après la pandémie reste possible, mais ce ne serait pas « suffisant » selon le roi de Jordanie, qui prévient contre les voix qui appellent à la « dé-mondialisation », appelant à une « remondialisation » : « cette fois, cependant, nous devons nous efforcer de bien faire les choses, en visant une intégration renouvelée de notre monde qui soit centrée sur le bien-être de ses habitants. Une remondialisation qui renforce les capacités au sein de nos pays et ouvre la voie à une véritable coopération plutôt qu’à la concurrence. Une remondialisation qui reconnaît qu’un seul pays, agissant seul, ne peut réussir. L’échec d’un pays est l’échec de chaque pays. »

Une des voies vers ce projet de « remondialisation » est de « reconfigurer les institutions internationales et en créer de nouvelles si nécessaire. Nous devons créer et maintenir de nouvelles organisations qui s’appuient sur les compétences et les ressources de différents secteurs, au-delà des frontières nationales ».    

« Réunissez-vous et mettez-vous au travail »

« En tant que nations arabes, nous n’avons d’autre choix que d’agir ensemble pour atténuer l’impact sur nous tous »

- Abdallah II, roi de Jordanie

« En tant que nations arabes, nous n’avons d’autre choix que d’agir ensemble pour atténuer l’impact sur nous tous. Les ressources naturelles sur lesquelles nous comptions pour nous protéger ne suffisent plus. Nous devons mettre de côté nos différences et reconnaître que les rivalités d’hier n’ont aucun sens contre cette menace commune », appelle Abdallah II.

« Nous devons tirer parti des forces et des ressources de chacun de nos pays pour créer un filet de sécurité régional qui protège notre avenir collectif. Le chômage, la famine et la pauvreté nous attendent si nous n’agissons pas. Nous devons combler le fossé mondial des opportunités, y compris l’accès aux soins de santé, et repenser les modèles et les paramètres utilisés par les agences financières internationales dans les marchés émergents », plaide-t-il.

« Le COVID-19 est une menace à laquelle est confronté chaque leader. Mais si nous voulons la vaincre, nous devons faire ce qui semble contre-intuitif : mettre la politique et la popularité de côté. Nous devons également faire exactement le contraire de ce que les médecins ont ordonné : réunissez-vous et mettez-vous au travail. Pour faire face à cette seule menace, nous devons nous concentrer sur la survie et le bien-être des vies humaines partout dans le monde », conclut Abdallah II.