Aller au contenu principal
Live Blog Update| Coronavirus

Au Yémen, les sites de mise en quarantaine surpeuplés représentent des foyers potentiels de coronavirus

Un petit Yéménite porte un masque de protection, à Sanaa, la capitale (AFP)

Dès que le nouveau coronavirus a commencé à se propager dans les zones progouvernementales du Yémen, qui se trouvent principalement dans les provinces du sud, les Houthis ont commencé à convertir des écoles situées aux frontières en sites de mise en quarantaine.

Les voyageurs des provinces infectées qui étaient envoyés vers ces sites avaient l’ordre d’y rester pendant quatorze jours avant d’être autorisés à entrer dans les zones contrôlées par les Houthis.

Selon des témoignages recueillis par Middle East Eye, ces sites n’ont pas été correctement préparés à recevoir les voyageurs si bien que les conditions de vie y sont terribles.

« Deux catastrophes à la fois » : le Yémen face à la réduction des aides et au coronavirus
Lire

« Ce n’est pas un site de mise en quarantaine, c’est une école où des centaines de personnes restent dans des salles de classe et des tentes et il n’y a pas de services de base », rapporte à MEE Ridhwan, chauffeur d’une société de transport, en parlant de son expérience.

Les femmes sont hébergées dans des salles de classe et leurs enfants dorment dans la même pièce. À 20 h, les superviseurs du site fournissent un dîner mais selon Ridwhan, tout le monde mange sa nourriture en groupe.

C’est en se rendant d’Aden, dans le sud contrôlé par le gouvernement, à Sanaa, fin avril, qu’il a été arrêté à un poste de contrôle houthi. Les Houthis ont ordonné à Ridwhan et aux autres passagers de sa voiture de se mettre en quarantaine.

Arrêter les mouvements de populations entre les provinces

« De nombreux passagers voyagent d’Aden à Sanaa par d’autres routes avec des passeurs, mais mon entreprise ne m’a pas autorisé à emprunter la route des passeurs, alors je suis tombé entre les mains des Houthis», explique encore Ridwhan.

Le gouvernement du Yémen, reconnu par la communauté internationale, a déclaré Aden, où il est temporairement basé, « ville infestée » le 11 mai, après avoir recensé des dizaines de morts.

Jusqu’à présent, il y a eu 212 cas confirmés, dont plus de 180 dans des zones progouvernementales, et 39 décès.

Au Yémen, le choléra tue, mais c’est le coronavirus qui provoque l’hystérie
Lire

Une source du ministère de la Santé de Sanaa, qui souhaite garder l’anonymat, confirme à MEE que les sites de mise en quarantaine pour les voyageurs n’avaient pas été correctement aménagés et que leur objectif principal était d’arrêter les mouvements de populations entre les provinces.

« Il existe de bons sites de mise en quarantaine à Sanaa et dans d’autres provinces, et ce sont soit des hôpitaux, soit des hôtels, mais nous ne les utilisons que pour les cas suspects », ajoute-t-elle. Selon cette source, de nombreuses personnes voyagent avec des passeurs dans les zones houthies au mépris des conseils des autorités.

« Malheureusement, les gens n’ont pas respecté les instructions du ministère de la Santé et ils continuent de voyager normalement, donc j’espère que les autorités pourront imposer de nouvelles restrictions aux passeurs. »

Traduit partiellement de l’anglais (original).