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Bangladesh : 15 000 Rohingyas en quarantaine dans les camps de réfugiés

« Nous sommes très inquiets car les camps rohingyas sont densément peuplés », a affirmé Mahbubur Rahman (AFP)
« Nous sommes très inquiets car les camps rohingyas sont densément peuplés », a affirmé Mahbubur Rahman (AFP)

Environ 15 000 Rohingyas sont placés en quarantaine dans les camps de réfugiés du Bangladesh, où 25 cas du nouveau coronavirus ont désormais été détectés, ont annoncé lundi les autorités locales.

Les épidémiologistes redoutent une flambée du COVID-19 dans les camps de Rohingyas du sud du pays. Près d’un million de membres de cette minorité musulmane ayant fui les persécutions en Birmanie voisine y vivent dans une pauvreté extrême et s’entassent dans la promiscuité à l’intérieur de cahutes sommaires.

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« Aucune des personnes infectées n’est dans un état critique. La plupart d’entre elles ont très peu de symptômes. Nous les avons néanmoins placées dans des centres d’isolement et mis leurs familles en quarantaine », a déclaré à l’AFP Toha Bhuiyan, un responsable sanitaire du district de Cox’s Bazar, où se trouvent les camps.

Près de 15 000 Rohingyas sont ainsi confinés à leur domicile dans trois zones des camps. La plupart des contaminations viennent de Kutupalong, le plus grand camp de réfugiés du monde, qui abrite 600 000 personnes.

Les premiers cas confirmés de nouveau coronavirus dans les camps rohingyas ont été détectés mi-mai. Les responsables sanitaires ont préparé des centres d’isolement capables, à l’heure actuelle, de traiter plus de 700 malades du COVID-19 en cas de propagation de l’épidémie.

Outre accroître la quantité de lits disponibles, les autorités bangladaises comptent aussi doubler le nombre de tests réalisés dans les camps. À l’heure actuelle, seuls 188 tests y sont effectués chaque jour.

« Nous sommes très inquiets car les camps rohingyas sont densément peuplés. Nous soupçonnons que la transmission communautaire a déjà commencé », a dit à l’AFP Mahbubur Rahman, responsable des services de santé de Cox’s Bazar.

Birmanie

Les restrictions pour accéder aux camps ont aussi été durcies. Toute personne arrivant de Dacca, la capitale du pays, doit effectuer une quarantaine de 14 jours avant d’être autorisée à pénétrer dans la zone des camps.

Un Français employé dans l’une des nombreuses ONG actives dans les camps rohingyas a fait part de l’« inquiétude » des travailleurs humanitaires sur place.

« Les travailleurs humanitaires ont peur et sont paniqués car beaucoup d’entre nous ont été obligés de travailler avec des protections insuffisantes », a déclaré à l’AFP cette source qui a requis l’anonymat pour des raisons professionnelles.

« La distanciation physique est presque impossible dans les camps. Malgré les efforts des organisations humanitaires, les réfugiés sont très peu sensibilisés à la maladie COVID-19 », a-t-il décrit.

Le manque d’informations est exacerbé par l’absence d’internet depuis septembre dans les camps rohingyas, coupé par Dacca au nom de la lutte contre les groupes criminels.

Le Bangladesh a connu lundi sa plus importante hausse quotidienne de cas de COVID-19, avec 1 975 nouvelles contaminations enregistrées. Le pays compte officiellement 501 morts pour 35 585 cas confirmés.