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Algérie : 879 millions d’euros de pertes pour les entreprises publiques

« L’Algérie fait face à une situation économique difficile inédite », selon le Premier ministre algérien, Abdelaziz Djerad (AFP)
« L’Algérie fait face à une situation économique difficile inédite », selon le Premier ministre algérien, Abdelaziz Djerad (AFP)

Le Premier ministre algérien, Abdelaziz Djerad, a affirmé samedi que les mesures préventives pour endiguer la propagation de la pandémie avaient occasionné un « grand préjudice » à l’économie du pays, confrontée également à l’effondrement des cours du pétrole.

« L’Algérie fait face à une situation économique difficile inédite en raison de plusieurs facteurs, notamment la crise structurelle héritée de l’ancien gouvernement, la chute des cours des hydrocarbures et enfin la crise due à la pandémie du nouveau coronavirus », a déclaré M. Djerad cité par l’agence officielle APS.

Il s’exprimait lors d’une réunion du gouvernement avec les partenaires sociaux et les opérateurs économiques au cours de laquelle le ministre des Finances, Aymen ben Abderahmane, a annoncé que les pertes des entreprises publiques totalisaient plus de 879 millions d’euros. Les pertes du secteur privée n’ont pas encore été chiffrées.

Une récession de -5,2 % en 2020

Ces pertes ont touché notamment selon lui les entreprises dans les secteurs du transport (135 millions d’euros) et de l’énergie (188 millions d’euros).

Face à la grave crise financière qui menace le pays en raison de la chute des prix du pétrole, le gouvernement algérien avait déjà décidé début mai de réduire de moitié le budget de fonctionnement de l’État. 

Face au déclin pétrolier, l’Algérie en quête d’un nouveau modèle économique
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L’Algérie est tout particulièrement exposée aux fluctuations du prix du baril du fait de sa dépendance à la rente pétrolière – qui représente plus de 90 % de ses recettes extérieures –, et de la faible diversification de son économie.

Selon des prévisions du FMI, ce pays devrait connaître une récession en 2020 (-5,2 %) ainsi qu’un déficit budgétaire parmi les plus élevés de la région en raison de la crise pétrolière et de la pandémie de nouveau coronavirus. 

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a exclu, au nom de la « souveraineté nationale », de contracter des prêts auprès du FMI et des organismes financiers internationaux. 

Une commission chargée d’évaluer les incidences causées par la pandémie du nouveau coronavirus sur l’économie nationale a été installée samedi selon APS.

L’Algérie a battu ces derniers jours plusieurs records quotidiens de cas recensés (+601 samedi). Au total, près de 22 549 cas de COVID-19 ont été officiellement enregistrés sur le sol algérien depuis le premier cas le 25 février, dont 1 068 décès.

Un ancien ministre meurt du COVID-19

Par ailleurs, l’ancien ministre algérien des Télécommunications Moussa Benhamadi, proche du cercle du président déchu Abdelaziz Bouteflika et qui se trouvait en détention préventive, est décédé à 67 ans vendredi du coronavirus à Alger, a indiqué samedi à l’AFP l’un de ses frères.

« Moussa Benhamadi est décédé hier soir » vendredi, a déclaré Abdelmalek Benhamadi à l’AFP, précisant qu’il avait « contracté le coronavirus en prison ». « Il y a plusieurs jours, il a été évacué en urgence vers l’hôpital Mustapha Bacha à Alger », où il est mort.

La famille attend des informations concernant la restitution du corps pour préciser quand aura lieu l’enterrement.

Hocine Benhamadi, un autre frère, avait indiqué plus tôt au quotidien Liberté que l’ancien ministre « avait contracté le virus le 4 juillet et ce n’est que le 13 du même mois qu’il a été évacué en urgence vers un hôpital à Alger ». Il était poursuivi dans une affaire de corruption liée au groupe familial spécialisé dans le montage de produits électroniques Condor Electronics, dirigé par son frère Abderahmane.

Ce dernier, également soupçonné de corruption, a été libéré en avril de sa détention préventive. Un autre frère, Omar, directeur général de Condor, est toujours derrière les barreaux.