Alger condamne officiellement, mais la rue reste vide
par Adlène Meddi à Alger
Alger, où les manifestations publiques sont interdites, n’a pas connu de démonstration populaire de soutien aux Palestiniens au lendemain des événements du 14 mai.
Une sortie de l’ex-leader du Front islamique du salut (FIS), Ali Belhadj, a rapidement été interdite par la police lundi, alors que l’ex-imam voulait « marcher » vers l’ambassade américaine sur les hauteurs de la ville.
Par ailleurs, les policiers se sont massivement déployés dans les rues de la capitale pour faire avorter une marche des médecins résidents, en grève depuis plusieurs semaines.
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La solidarité des Algériens s’est manifestée autrement ce mardi, particulièrement sur les réseaux sociaux, via des commentaires sur les informations provenant des territoires palestiniens, pendant que les médias officiels ou privés proches des autorités diffusaient en boucle la visite du président Abdelaziz Bouteflika dans la capitale pour inspecter le nouveau siège d’une confrérie religieuse et le chantier de la Grande mosquée d’Alger.
Tard dans la matinée, les Affaires étrangères algériennes ont condamné « avec la plus grande vigueur le bain de sang perpétré à Gaza par les forces d’occupation israéliennes contre des manifestants palestiniens sans défense », selon les propos du porte-parole de la diplomatie algérienne.
Du côté des partis politiques, le Mouvement pour la société de la paix (MSP, tendance Frères musulmans) a publié sur son site web un communiqué condamnant le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem et « le silence arabe » face à cette décision.
Même position de la part d’Ennahda, un autre parti islamiste. De son côté, le Front de l’Algérie nouvelle a organisé une rencontre dans son siège à Alger pour dénoncer la politique israélienne.
Mais c’est la presse qui a le plus commenté et médiatisé les événements de Gaza.
« Alors qu'au même moment, l'armée sioniste tuait 52 manifestants palestiniens et en blessait 1 600 autres à Gaza et en Cisjordanie occupée, les pays arabes répondaient par un silence assourdissant, avec à leur tête le gardien des lieux saints et celui qui préside le comité Al-Quds, preuve que depuis l'élection du président américain actuel, la politique brutale de Benyamin Netanyahou s'est imposée non seulement dans les territoires occupés, mais aussi au-delà, jusqu'à profaner la ville sainte de l'islam », relève L’Expression.
Pour sa part, Le Quotidien d’Oran soulignait que « l'assassinat pratiquement en direct de plusieurs dizaines de Palestiniens en cette journée de veille de Nakba n'a pas provoqué de réaction d'un ensemble de pays arabes pourtant prompts à s'entredéchirer, mais qui pensent qu'Israël pourrait être une solution contre le problème iranien ».