À Ennour, une liste de jeunes se rêve en Podemos
par Mathieu Galtier à Kasserine
La liste Ila Alaman (En avant) est composée exclusivement de jeunes. À sa tête : Shady Rabhi, 27 ans, licencié en biologie médicale mais surtout figure de proue de la société civile d'Ennour, ancien quartier de Kasserine (à 300 kilomètres au sud-ouest de Tunis), devenu commune par la grâce du nouveau maillage territorial.
« Pour nous, se présenter est une continuation logique de la révolution », explique le fils de Samir Rabhi, un syndicaliste très impliqué en 2011 dans cette région du sud-est, proche de la frontière algérienne. « Nous ne sommes pas contre les partis, c'est seulement qu'ils sont nuls », affirme-t-il.
Troisième sur la liste, Wael Garachi, architecte de 30 ans, illustre ce constat : « Si vous interrogez les candidats des partis politiques, ils vont vous parler des jardins publics, de la collecte des ordures, de l’éclairage public... mais ce n'est pas un programme ça, c'est le travail de base d'un conseil municipal ! »
Leur programme se décline trois points : compétence (avec l'informatisation et la formation des agents publics), culture (via la création de festivals, de jumelages et d'une maison de la culture), et transparence (grâce à un site internet où tous les citoyens d'Ennour pourront poser leurs questions, visualiser le cadastre de la ville, vérifier le budget, etc.)
Si les politiques en herbe ne disposent que de 800 dinars (271 euros) récoltés auprès des 24 candidats de la liste pour la campagne, ils peuvent compter sur le soutien des associations locales dont ils sont issus. Cette entrée en politique n'est pas ponctuelle. Ila Alaman se décline en association avec pour but d'essaimer dans la région et le pays. Leur modèle : Podemos en Espagne, leur ambition : avoir un candidat à la présidentielle de décembre 2019.