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Khadija Omri, du mariage forcé aux élections

par Maryline Dumas à Kasserine

Khadija Omri, 28 ans, est en septième position sur la liste du parti conservateur Ennahdha dans sa commune d'Echrayâ-Machrek

Son sourire et sa joie de vivre cachent un lourd passé. Mais, à 28 ans, Khadija Omri est tournée vers l'avenir. En septième position sur la liste du parti conservateur Ennahdha dans sa commune d'Echrayâ-Machrek Echems, dans le gouvernorat de Kasserine (à 300 kilomètres au sud-ouest de Tunis), cette professeure d'anglais, qui n'est pas encartée, rêve d'urbaniser sa région rurale et d'inspirer, par son parcours, d'autres femmes.

C'est en 2007 que la vie de Khadija bascule. Alors qu'elle obtient la meilleure moyenne de son établissement scolaire, à 17 ans, des oncles persuadent ses parents de la marier. « Ils disaient que j'étais belle et que je risquais de prendre un mauvais chemin », se souvient-elle. Elle épouse alors un homme de 37 ans et abandonne ses études. 

Un an plus tard, elle devient maman et décide de partir : « Cet environnement n'était pas bon pour ma fille. Je voulais l'éduquer selon certains principes, je ne voulais pas qu'elle grandisse avec cette image d'une femme passive dans une maison où la violence règne », explique avec pudeur Khadija Omri. 

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La jeune femme est soutenue par ses parents chez qui elle retourne vivre. Mais dans cette région rurale et conservatrice, cela fait scandale. « C'était ma révolution. Au début, beaucoup ont refusé mon divorce, puis ils s'y sont fait. Une autre femme a divorcé il y a deux ans. Un jour, cela deviendra normal. » 

En 2013, elle passe son bac puis enchaîne avec des études d'anglais qui lui permettent de devenir professeure. Parallèlement, elle travaille pour nourrir sa fille. Elle est notamment journaliste dans une radio locale.

Son parcours lui a fait prendre conscience de certaines choses. « Là où j'habite, il faut marcher 40 minutes pour rejoindre le bus qui mène au lycée. De nombreux jeunes abandonnent leurs études ou cessent de chercher un travail à cause de cela », regrette celle qui espère, dans un avenir proche, participer au développement des routes et des transports en commun de sa ville qui se compose de sixhameaux épars. 

Sous son voile vert, ses yeux affichent confiance en l'avenir : « Nous avons les cerveaux, mais pas les outils. »