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« Un endroit que je ne reconnais pas » : les Palestiniens commémorent 70 ans d’injustice israélienne

La plupart des discussions sur les réfugiés palestiniens se concentrent sur les millions de personnes vivant dans des camps à travers le Moyen-Orient – au Liban, en Syrie, en Jordanie et dans les territoires occupés par Israël en Cisjordanie et à Gaza. On oublie généralement les centaines de milliers de Palestiniens qui vivent encore en Israël et qui sont devenus des déplacés internes suite à la Nakba.

De nombreux habitants de Saffuriya, par exemple, ont échappé aux soldats israéliens en 1948 et se sont cachés à Nazareth et ailleurs, dans des lieux épargnés par les opérations d’expulsion, a noté Ilan Pappé, historien israélien et auteur de l’ouvrage Le Nettoyage ethnique de la Palestine, qui étudie la Nakba.

« Ils ont été contraints de subir une seconde indignité en regardant leur cher village disparaître pour être réinventé sous la forme d’un moshav juif »

– Ilan Pappé, historien

Lorsqu’il était devenu évident qu’ils ne seraient pas autorisés à rentrer chez eux, les réfugiés de Saffuriya se sont lentement réinstallés à la périphérie de Nazareth, dans un nouveau quartier qu’ils ont appelé Safafra en hommage à leur ancien village, sur une colline qui le surplombe.

« Ils ont été contraints de subir une seconde indignité en regardant leur cher village disparaître pour être réinventé sous la forme d’un moshav juif [la communauté agricole de Tzipori] », a indiqué Pappé à Middle East Eye.

Des manifestants marchent pour commémorer la Nakba le 15 mai 1960 à Damas (Syrie), où des milliers de Palestiniens ont fui après 1948 (AFP)

Presque du jour au lendemain, l’afflux de réfugiés de Saffuriya et d’autres villages détruits a doublé la population de Nazareth.

Les réfugiés se sont vu épargner une nouvelle expulsion seulement parce que le commandant israélien qui a attaqué Nazareth n’a pas réussi à en chasser les habitants.

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