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Élections municipales en Tunisie : Ennahdha donné en tête

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Élections municipales en Tunisie : Ennahdha donné en tête
Selon un premier sondage, le parti islamiste Ennahdha arriverait en tête avec 25 % des voix. Mais la participation, de 33,7 %, fait de ces premières élections municipales libres un revers pour la classe politique

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8 years ago

Par Maryline Dumas à Tunis

C'est la première fois que toute la population tunisienne est appelée à voter pour des élections municipales. L'article 131 de la Constitution, promulguée en 2014, prévoit en effet que les municipalités couvrent « l'ensemble du territoire de la République », ce qui n'était pas le cas auparavant.

Ainsi 3,5 millions de Tunisiens ont été intégrés dans le tissu urbain, totalement modifié avec la création de 86 municipalités et l'élargissement du territoire de 191 villes. La Tunisie compte donc aujourd'hui 350 communes. 

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« C'est un travail qui a duré trois années », explique à Middle East Eye Mokhtar Hammami, président de l'instance de prospective et d'accompagnement du processus de décentralisation. « Nous avions reçu 992 demandes de modification. Notre objectif était de faire un maximum de fusions. » 

Pour cela, plusieurs critères ont été pris en compte : la population, l'indice de développement, la densité, la surface... 

« En 2015, la moyenne d'habitants par ville était de 28 000. Il y avait 70 municipalités qui étaient en dessous de ce taux. Aujourd'hui, elles ne sont plus que 40. Il y a donc une volonté de former des cités plus grandes », note Bilel Manai de Al Bawsala, une ONG spécialisée dans le suivi de la gestion de l'État.

Pour les futurs élus de ces nouvelles communes ou des communes étendues, le défi sera important. Seules 40 des 86 nouvelles villes ont commencé à travailler. Et dans certaines villes étendues, on grince déjà des dents.

Feriana, dans le gouvernorat de Kasserine, a par exemple intégré trois hameaux alors que son budget a baissé de plus de 100 000 dinars (33 800 euros) entre 2016 et 2017. « Nous sommes en train de les doter en ressources humaines », indique Mokhtar Hammami, qui estime que tout sera prêt lors de la prise de fonctions des élus.