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Coronavirus : suivez l’actualité dans la région MENA

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Coronavirus : suivez l’actualité dans la région MENA
L’épidémie du nouveau coronavirus bouleverse une région déjà sous tension. Suivez sur ce fil les derniers développements au Maghreb et au Moyen-Orient

Live Updates

6 years ago
Des migrants africains au port de Zarzis, dans le sud de la Tunisie, le 1er août 2018 (AFP)
Des migrants africains au port de Zarzis, dans le sud de la Tunisie, le 1er août 2018 (AFP)

Les autorités tunisiennes ont pris des mesures en faveur des étrangers en Tunisie, notamment les Africains subsahariens, prolongeant les droits de séjour dans le pays en plein confinement général contre le nouveau coronavirus.

« Des mesures vont être appliquées pour permettre aux étrangers en Tunisie de mener une vie normale et d’être traités comme tous les autres citoyens en cette période de coronavirus », a indiqué mercredi à l’AFP Ayachi Hammami, ministre chargé des droits de l’Homme et des relations avec la société civile.

Aides financières

Selon la même source, il a été décidé que les titres de séjour valables au premier mars, étaient prolongés jusqu’à la fin de la crise. Il n’y aura donc pas de pénalités financières pour ceux qui auront dépassé la limite légale de séjour, ni pour les touristes restés plus de trois mois dans le pays.

Ces décisions font suite à une réunion mardi des ministres de l’Intérieur Hichem Mechichi, des Affaires sociales, Mohammed Habib Kchaou, et M. Hammami. 

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Des étrangers en grande difficulté pourront prétendre à des aides financières, a affirmé M. Hammami, soulignant que nombre d’entre eux sont sans papiers et travaillent d’une façon informelle.

Alors que de nombreux foyers se sont retrouvés sans aucun revenu après le confinement le 22 mars, des associations et particuliers se sont mobilisés, et une cellule COVID a été créée par des représentants des étudiants et travailleurs africains.

« Il faut respecter les droits et la dignité de toutes les personnes sans aucune discrimination. Ce virus touche toute l’humanité, et Tunisien ou étranger ont les mêmes droits pour être soignés et pour vivre dignement », a souligné M. Hammami, un ancien opposant au régime déchu de Zine El Abidine Ben Ali.

Les sans-papiers ne seront pas interpellés 

« Tunisiens ou étrangers, nous devrons tous être solidaires en cette période difficile », a-t-il encore souligné.

Environ 7 000 étudiants venus d’Afrique subsaharienne résident en Tunisie, a-t-il indiqué, tandis que des estimations font état de plus de 20 000 ressortissants de ces pays, dont nombreux sont sans papiers.

« Ce virus touche toute l’humanité, et Tunisien ou étranger ont les mêmes droits pour être soignés et pour vivre dignement »

Ayachi Hammami, ministre chargé des droits de l’Homme et des relations avec la société civile

Vu les circonstances, les sans-papiers peuvent désormais se déplacer sans crainte d’être arrêtés, a ajouté à l’AFP une autre source gouvernementale sous couvert d’anonymat.

Mais tout le monde doit respecter les consignes du confinement et du couvre-feu, a ajouté cette source.

Depuis début mars, 600 cas dont 22 décès dus au nouveau coronavirus ont été officiellement déclarés en Tunisie, où le confinement général est en vigueur jusqu’au 19 avril.

6 years ago
Israel
Ultra-orthodoxe, membre du parti Judaïsme unifié de la Torah, le ministre de la Santé Yaacov Litzman a été testé positif au coronavirus (AFP)

Lui-même testé positif au nouveau coronavirus, le ministre israélien de la Santé Yaakov Litzman est sous le feu des critiques pour une gestion jugée « catastrophique » de la crise au sein de sa propre communauté ultra-orthodoxe, devenue l’incubateur national de la pandémie.

Le gouvernement israélien a été l’un des premiers le mois dernier à restreindre l’accès à son territoire pour lutter contre la propagation du virus, avant d’ordonner la fermeture des lieux publics et le confinement.

Mais dans certains secteurs ultra-orthodoxes, ces mesures strictes se sont heurtées à la réticence des habitants qui n’ont pas respecté la distanciation sociale et ont continué à se rendre dans les synagogues et les yeshivot (écoles talmudiques), que des rabbins n’ont d’abord pas fermé malgré l’ordre des autorités.

« Nous contre eux »

Sur les 9 000 malades officiellement recensés, plus du tiers sont ainsi des ultra-orthodoxes, une minorité religieuse représentant 10% de la population de l’État hébreu. Les autorités ont donc durci les règles sanitaires dans leurs quartiers, voire bouclé une ville comme Bnei Brak, près de Tel-Aviv, et dépêché l’armée pour assister les autorités civiles.

Pour certains observateurs, les difficultés de M. Litzman, 71 ans, à faire comprendre l’ampleur de la crise à ses pairs est symptomatique de la division de la société israélienne entre les ultra-orthodoxes et les autres.

« Il est incroyable d’avoir un ministre de la Santé dont l’idéologie repose au fond sur la mentalité ‘’nous contre eux’’ adoptée par les haredim (ultra-orthodoxes) vis-à-vis des Israéliens moins religieux », estime le rabbin Yehoshua Pfeffer.

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Selon cet expert de la communauté ultra-orthodoxe, M. Litzman est avant tout loyal aux rabbins de la secte hassidique Gur, à laquelle il appartient. Viennent ensuite son parti politique, « Judaïsme unifié de la Torah », allié du Premier ministre Benyamin Netanyahou, et le gouvernement.

Pour Dov Lipman, ancien député et également rabbin, le ministre de la Santé n’avait pas pour intention de nuire au reste de la société israélienne. Mais en ne communiquant pas la stratégie de son gouvernement à sa communauté, il est responsable d’« un échec catastrophique ».

Pourtant, la préservation de la vie est l’une des « valeurs les plus importantes » chez les haredim (littéralement « craignant Dieu » en hébreu), note M. Lipman. Pour sauver une vie, les juifs peuvent commettre tous les pêchés, sauf le meurtre, l’idolâtrie et l’immoralité sexuelle.

En ce sens, la fermeture temporaire des synagogues, pour protéger une communauté en temps de crise sanitaire, est tout à fait permise par la loi juive, soulignent des experts.

Une figure tragique

« Je peux dire en étant confiant à 100 % que si Litzman avait pris le temps d’expliquer aux rabbins la nature du virus, combien il est contagieux et létal, ils auraient décidé que le maintien de la vie était la priorité », affirme M. Lipman. 

Alors pourquoi le ministre de la Santé, qui jouit d’une grande influence au sein de sa communauté, n’a pas agi davantage pour assurer sa protection ? Pourquoi les mesures anticoronavirus ont-elles été moins respectées dans les milieux ultra-orthodoxes ?

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Certains remettent leur destin entre les mains de Dieu mais, pour M. Pfeffer, il y a une autre explication : le ministre n’a pas agi par peur d’annoncer des mesures qui déplaisent aux rabbins, comme la fermeture des synagogues et des yeshivot.

« Litzman, comme de nombreux leaders politiques orthodoxes, est une figure tragique », estime-t-il. « Comme les autres, il se sent limité dans ce qu’il peut dire (...), il sait que sa position ne peut être en porte-à-faux par rapport à celle des rabbins. »

Suivre les rabbins ou la science ? Pour Gideon Malach, spécialiste des ultra-orthodoxes à l’Isral democracy institute, un centre d’analyse de Jérusalem, le ministre « n’a tout simplement pas compris le danger ».

Vers une « réévaluation » de la relation avec les rabbins

Cette incapacité des leaders ultra-orthodoxes à se mobiliser rapidement face à la pandémie pourrait favoriser des « changements au sein même de cette communauté », avec une remise en question de la capacité des chefs à protéger la population.

Des premières indications suggèrent, selon M. Malach, que des ultra-orthodoxes s’informent désormais au-delà des médias communautaires et qu’ils ont étendu leur usage d’internet, laissant supposer qu’ils ne font peut-être plus autant confiance à leurs rabbins pour se tenir informés.

M. Lipman se remémore la première guerre du Golfe (1990-91), lorsque des ultra-orthodoxes avaient pris conscience qu’il leur était essentiel d’écouter la radio pour avoir des informations en temps réel sur les missiles Scud dirigés vers Israël par l’Irak de Saddam Hussein.

Après la pandémie, « il y aura une réévaluation de la relation avec les rabbins », avance-t-il.

Par Ben Simon à Jérusalem.

6 years ago
Le Maroc a recensé officiellement 1 242 cas de coronavirus, dont 91 décès (AFP)
Le Maroc a recensé officiellement 1 242 cas de coronavirus, dont 91 décès (AFP)

Le Maroc a annoncé mardi recourir à la Ligne de précaution et de liquidité (LPL) du Fonds monétaire international (FMI), à hauteur de trois milliards de dollars, une première qui vise à faire face aux conséquences de l’épidémie du coronavirus.

Ce tirage inédit est « remboursable sur cinq ans, avec une période de grâce de trois ans », a indiqué dans un communiqué la banque centrale du royaume, Bank Al-Maghrib.

Sa mobilisation intervient dans le cadre de l’accord au titre de la LPL conclu avec le FMI en 2012 et renouvelé pour la troisième fois en décembre 2018, pour une période de deux ans, avec l’intention de l’utiliser comme assurance contre les chocs extrêmes, a précisé la même source.

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La LPL est un instrument conçu « pour servir d’assurance ou aider à résoudre les crises, et ce dans un large éventail de situations », dit aussi le FMI sur son site internet.

Ce système sert de garantie aux pays fragilisés économiquement pour rassurer les marchés internationaux, et les pays bénéficiaires n’ont souvent pas besoin d’activer ces sommes.

Le royaume a décidé d’y recourir au moment où « la pandémie du COVID-19, d’une ampleur sans précédent, laisse présager une récession économique mondiale bien plus profonde que celle de 2009 », qui impactera en conséquence l’économie locale, a fait valoir Bank Al-Maghrib.

Ce recours « contribuera à atténuer l’impact de cette crise sur notre économie et à maintenir nos réserves de change à un niveau adéquat ».

Cette somme sera « affectée essentiellement au financement de la balance des paiements et n’impactera pas la dette publique, ce qui constitue une première dans nos transactions financières avec le FMI », souligne encore l’institution marocaine.

Le Maroc, qui comptait mercredi 1 242 cas officiellement déclarés au total, avec 91 décès, a pris des mesures drastiques pour limiter la propagation du COVID-19.

La pandémie du COVID-19 laisse présager une récession économique mondiale bien plus profonde que celle de 2009

Des aides pour les entreprises, salariés et travailleurs de l’informel affectés ont dans le même temps été mises en place, via un fonds spécial alimenté par des entreprises publiques et des dons du privé.

Un projet de décret-loi adopté lundi autorise le gouvernement à dépasser le plafond des financements extérieurs prévu par la loi de finances 2020 afin d’assurer ses besoins en devises, selon la presse.

Secteur clé de l’économie marocaine, le tourisme sera en particulier grandement touché, alors même que le risque de sécheresse inquiétait déjà le royaume, qui dépend fortement de son agriculture.

Le Haut-commissariat au plan (HCP), l’organisme statistique marocain, a dit mercredi tabler sur un recul de 1,8 % du PIB au deuxième trimestre, au lieu des +2,1 % initialement prévus avant la pandémie.

6 years ago
Des médecins contrôlent la température de passagers arrivant à l'aéroport de Djouba, au Sud-Soudan, le 31 janvier 2020 (AFP)

Alors que le Soudan a plus que jamais besoin de ses médecins, ceux luttant contre le coronavirus à travers le pays se sont retrouvés attaqués par des policiers et se sont mis en grève en signe de contestation. 

Des centaines d’autres menacent de rejoindre le mouvement tandis que la menace de violence agite les hôpitaux qui craignent de craquer sous la pression accrue après des années de sous-investissement.

Seuls dix cas de contamination ont été signalés à travers le pays jusqu’à présent, mais avec la transmission du virus au sein de la population, les autorités redoutent que le pire soit à venir. 

« Soudain, cinq hommes m’ont battu jusqu’à ce que je saigne du nez »

- Mohammed Faisal, médecin

Selon les plaintes du personnel médical, des policiers, en civil et en uniforme, ont attaqué à plusieurs reprises des médecins qui tentaient de faire leur travail. 

Le ministère de la Santé minimise le problème et promet d’élaborer une loi pour protéger ses travailleurs. 

La police a reconnu le problème mais attribue les agressions à des officiers isolés, soulignant que ses forces sont disciplinées et s’engagent à traiter convenablement les civils, dont les médecins. Pourtant, les attaques se poursuivent. 

Le Dr Mohammed Faisal rapporte à Middle East Eye qu’il était en train de traiter à un foyer de coronavirus à l’hôpital Jabal Awlia, dans la banlieue sud de Khartoum, lorsque cinq policiers – l’un d’eux en uniforme et armé – l’ont attaqué. 

Mohammed Faisal, 30 ans, tentait de convaincre des patients d’évacuer le bâtiment après le signalement d’un cas suspect de coronavirus et alors que le personnel cherchait à endiguer la situation. Certains patients ont refusé de coopérer. Il a alors tenté d’appeler la sécurité. 

« Mais l’un des patients était un policier armé. Il a tenté d’utiliser la force pour refuser les mesures », raconte le médecin. « Soudain, cinq hommes m’ont battu jusqu’à ce que je saigne du nez et j’ai été emmené aux urgences par mes collègues. Nous avons réussi à obtenir l’ouverture d’une enquête après de nombreuses obstructions de la part de la police au commissariat, mais je ne pense pas qu’ils seront punis. »

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Pour Mohammed Faisal, il ne s’agit-là que du dernier incident en date : un policier ivre avait tenté de le poignarder à l’hôpital six mois auparavant. 

Ghofran Awad, directrice médicale de l’hôpital Jabal Awlia, indique que l’ensemble de son équipe de médecins s’est mise en grève et refuse de traiter les cas non urgents. Selon elle, l’hôpital dessert des milliers de personnes à Khartoum et dans l’État du Nil blanc et la grève aura de graves répercussions. 

« Il existe au Soudan de nombreuses infections, pas seulement celles au coronavirus. Nous n’arrêterons pas de traiter les urgences et les cas ‘’brûlants’’. Mais la grève affectera la capacité totale de l’hôpital quoi qu’il en soit », assure-t-elle. 

« Les incidents de ce genre sont devenus fréquents. C’est particulièrement grave et devrait cesser immédiatement. Les médecins devraient être protégés en particulier au moment où le monde est à la recherche d’équipes médicales en renfort pour faire face à la propagation du coronavirus. »

Démentis de la police

La Commission centrale des médecins soudanais, un des syndicats qui ont mené les manifestations mettant fin au règne du président Omar el-Béchir en avril 2019, indique que les attaques contre les équipes médicales par les forces de sécurité et des civils sont devenues un phénomène courant, en particulier dans les urgences à travers le pays.

La Commission a joué un rôle essentiel dans le soulèvement l’année dernière, soignant les manifestants et publiant le bilan des victimes que tentait de dissimuler le gouvernement. 

Omer Ahmed Salih, secrétaire général de la Commission, précise à MEE que des centaines de médecins sont désormais en grève à cause de ces attaques.

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Bien que le syndicat comprenne la grève des médecins, il tente de les convaincre de continuer à travailler, alors que le Soudan et les pays du monde entier combattent la pandémie de coronavirus. 

« Les médecins dans les hôpitaux de Karthoum, entre autres Jabal Awlia, l’hôpital turc, Ahmed Gasm et Bahri, ont été confrontés à des incidents similaires ce mois-ci, comme d’autres en dehors de Khartoum dans les villes d’Al Jazirah, El Fasher, Atbara et El Obeid », énumère Omer Ahmed Salih à MEE

« Néanmoins, nous appelons les médecins à ne pas faire grève et nous réitérons cet appel une fois de plus dans ces circonstances exceptionnelles. Mais les autorités de leur côté doivent prendre leurs responsabilités et protéger les médecins. »

La semaine dernière encore, la Commission a rapporté qu’un autre médecin avait été placé en garde à vue pendant une nuit par la police, laquelle impose un couvre-feu et avait arrêté le médecin à un poste de contrôle malgré le fait qu’il essayait d’aller travailler. 

Malgré l’apparente régularité des attaques, la police dément toute agression intentionnelle à l’encontre du personnel du secteur médical et insiste sur le fait que ces incidents ne sont pas systématiques. 

Soudan médecins
Des médecins contrôlent la température de passagers arrivant à l’aéroport de Djouba, au Sud-Soudan, le 31 janvier 2020 (AFP)

Le capitaine Hamza Alnur, directeur du service de presse de la police, qualifie ces faits d’« incidents d’isolés » faisant l’objet d’une enquête et d’après lui, les coupables sont punis.

« On ne peut pas nier des cas d’affrontements entre des médecins et des citoyens, et à l’occasion avec les forces régulières, [mais] la police s’engage toujours et est formée à intervenir et à protéger les médecins ainsi que tous les citoyens », explique-t-il à MEE

« Chaque fois qu’un cas se produit, nous nous efforçons de protéger les civils, enquêtons sur l’incident, et toutes les personnes reconnues coupables sont tenues responsables et punies. »

Dans le même temps, la police s’efforce d’accroître la protection des installations médicales et de rendre les hôpitaux de la police disponibles le temps de l’épidémie, mettent en place des couvre-feux et assurant la sécurité des frontières. 

« Nous travaillons en étroite collaboration avec les autres parties prenantes, notamment le ministère de la Santé, sous l’égide de la haut comité pour combattre la propagation du coronavirus », assure-t-il. « Nous nous nous engageons à assurer la sécurité et les instructions médicales qui viennent de la Commission ou du ministère. »

« Un médecin pour 10 000 patients »

Avant les grèves, le Soudan souffrait déjà d’un manque de personnel médical. 

L’un des facteurs ayant conduit à une pénurie de personnel médical est la décision du ministère de la Santé de mettre fin au service des jeunes médecins qui font leur internat dans les hôpitaux après leur diplôme, d’après Omer Ahmed Salih.

Le ministère a décrété que la période actuelle ne compterait pas dans leur formation, ils sont donc dans l’incapacité d’achever le processus. 

Douze hôpitaux ont dû fermer ces derniers jours

Omer Ahmed Salih explique que cette décision a mis hors service plus de 1 000 professionnels du milieu médical et que douze hôpitaux ont dû fermer ces derniers jours. 

« Le ministère de la santé a décidé de suspendre le service des internes, ce qui a éjecté au moins 1 200 cadres médicaux du service actif alors que la situation est particulièrement compliquée », précise-t-il. « Tout de suite après cette décision, dans ces mêmes circonstances difficiles, au moins douze hôpitaux ont également été mis hors service et fermés. »

Le ministre de la Santé Akram Ali Altoum déclarait la semaine dernière dans un communiqué que la formation des médecins internes avait été suspendue, mais que les jeunes médecins auraient toujours le droit de se porter volontaires pour soutenir les efforts du ministère de la Santé dans la lutte contre la propagation du coronavirus. 

Cependant, Abu Bakr Almagbul, chef du département des épidémies du ministère de la Santé, a indiqué à MEE que cette décision avait été révisée par le ministère fédéral de la Santé. 

« Cette décision visait à donner une formation complète et appropriée aux médecins débutants, mais au vu de la situation actuelle et le risque de perdre les efforts de nombreux médecins dans l’urgence actuelle, le ministre est revenu sur cette décision », a-t-il déclaré. 

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Selon Omer Ahmed Salih, le système de santé du pays a été très mal géré par le gouvernement précédent, et l’administration actuelle a hérité d’infrastructures médiocres et de graves pénuries de personnel. 

« Il manque de tout dans le système de santé soudanais, et concernant la disponibilité des équipes médicales, c’est pire que tout, car nous n’avons qu’un médecin pour 10 000 patients, et c’est un taux très bas », déclare-t-il. 

« Le Soudan est confronté à des maladies qui présentent un danger et une probabilité de décès encore plus grands que le coronavirus. Avec l’apparition de cette pandémie, nous sommes vraiment dans une situation grave. Pour passer cette période en toute sécurité, nous avons besoin de chaque équipe, de mobiliser toutes nos capacités et de gérer parfaitement nos ressources limitées. »

Par Mohammed Amin, à Khartoum.

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.

6 years ago
Des égyptiens attendent devant un centre de l'ONG Egyptian Food Bank pour recevoir un colis alimentaire, au Caire, le 5 avril 2020 (AFP)
Des Égyptiens attendent devant un centre de l'ONG Egyptian Food Bank pour récupérer un colis alimentaire, au Caire, le 5 avril 2020 (AFP)

Accablé, épuisé, Sayed Chaaban, un journalier de 42 ans, fait la queue pour récupérer un colis alimentaire au milieu de dizaines de travailleurs cairotes, tous sans emploi à cause de l’épidémie du nouveau coronavirus.

« Vous voyez que je n’ai qu’un bras valide. Jusqu’ici, je gagnais de l’argent en servant des boissons mais, maintenant, je n’ai même plus une piastre [un centime] qui rentre », explique-t-il à l’AFP devant un centre de distribution alimentaire affilié à l’association caritative Egyptian Food Bank (EFB), au Caire.

Égypte : des millions de personnes face à « une mort lente » en raison de la pauvreté croissante
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En Égypte, pays le plus peuplé de la Méditerranée et du monde arabe avec ses 100 millions d’habitants, près d’un tiers de la population vit avec moins de 1,5 euro par jour, selon l’agence nationale des statistiques.

D’après les chiffres officiels, le taux de chômage atteint près de 10 %, et le nombre de travailleurs du secteur informel dépasse les cinq millions de personnes dépourvues de protection sociale, comme Sayed Chaaban.

Ce dernier, père de deux enfants et habitant du quartier populaire de Salam city, à l’est du Caire, était serveur dans un café jusqu’à ce que la pandémie le prive de son gagne-pain à la fin du mois dernier.

L’Égypte a pour l’heure enregistré officiellement 1 450 cas de nouveau coronavirus, dont 94 décès.

Pour lutter contre la propagation du virus, un couvre-feu a été décrété le 25 mars et les cafés ainsi que la plupart des lieux de sociabilité ont été fermés pour plusieurs semaines.

Depuis la mi-mars, l’EFB distribue de l’aide alimentaire pour pallier les effets ravageurs de ces mesures préventives sur les foyers les plus pauvres.

Égypte
Des bénévoles préparent des colis alimentaires dans le centre de l'ONG Egyptian Food Bank, au Caire, le 5 avril 2020 (AFP)

L’association prépare 10 000 colis de denrées de base par jour, selon son directeur, Mohsen Sarhan. 

Constitués de riz, de pâtes, de sucre, d’huile et de conserves de viandes, les colis sont distribués à des centaines de milliers de familles en difficulté.

Via un réseau de 5 000 associations partenaires réparties sur l’ensemble du territoire, l’organisation, basée au Caire, a prévu un premier lot de 500 000 colis dans les 27 gouvernorats d’Égypte.

Bien que l’EFB ait reçu des millions de livres égyptiennes de dons au cours du mois écoulé, elle croule sous les demandes d’aide.

« Nous devons nourrir des centaines de milliers de personnes durant plusieurs semaines. C’est une campagne humanitaire et le facteur temps est critique », prévient Mohsen Sarhan.

La crainte principale de Mohamed Said, 36 ans, menuisier et père de trois enfants, est de ne pas réussir à subvenir aux besoins de sa famille.

« On ne sait pas comment nourrir nos enfants. Dieu nous en préserve, mais s’il arrive quoi que ce soit à l’un d’eux, je ne pourrai pas payer les frais médicaux », confie à l’AFP Mohamed Said, l’air abattu devant le centre de distribution.

Un Égyptien transporte une boîte contenant des denrées alimentaires distribués par l'ONG Egyptian Food Bank, au Caire, le 5 avril 2020 (AFP)
Un Égyptien transporte une boîte contenant des denrées alimentaires distribués par l'ONG Egyptian Food Bank, au Caire, le 5 avril 2020 (AFP)

Lundi, le président Abdel Fattah al-Sissi a ordonné l’attribution d’une aide mensuelle de 500 livres égyptiennes (29 euros) durant une période de trois mois aux travailleurs dont l’activité est menacée.

Pour Adam Hanieh, chercheur en sciences politiques à la School of Oriental and African Studies (SOAS) à Londres, le nouveau coronavirus risque de fragiliser une part plus importante encore de la population active égyptienne.

La pandémie pourrait avoir « des conséquences inattendues » comme la « rupture des réseaux de solidarité », la « perturbation de l’approvisionnement alimentaire » ou une « énorme pression » sur le système sanitaire, estime l’expert.

« Cela va certainement engendrer une contestation sociale et, si l’on se fie à l’histoire de l’Égypte, une aggravation de la répression et l’usage accru de mesures autoritaires », ajoute-t-il.

Désemparé de ne plus avoir de source de revenus et inquiet face à l’apparition de nouveaux cas de contamination, Mohamed Said a le sentiment d’être dans une impasse.

« La situation me donne envie de tout plaquer mais je ne peux pas abandonner ma famille », dit-il. « Nous ne mendierons pas mais la vie s’est véritablement arrêtée. »

Par Farid Farid, au Caire.

6 years ago
Un travailleur portant un masque attend devant une boulangerie à Sharjah, dans les Émirats arabes unis, le 26 mars 2020 (AFP)
Un travailleur portant un masque attend devant une boulangerie à Sharjah, dans les Émirats arabes unis, le 26 mars 2020 (AFP)

Des organisations de défense des droits humains ont appelé mercredi trois monarchies arabes du Golfe à débloquer les appels par internet, pour permettre à leur importante population de travailleurs étrangers de rester en contact avec leurs familles au pays en pleine pandémie de coronavirus

Oman, le Qatar et les Émirats arabes unis (EAU) bloquent depuis des années plusieurs applications permettant d’effectuer des appels vocaux et vidéos, disant vouloir protéger les intérêts commerciaux de leurs services publics de télécommunications.  

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« Cela a causé de sérieux problèmes pour les habitants de ces pays, en particulier la majorité des travailleurs immigrés et les résidents étrangers qui ont besoin de joindre et de communiquer avec leurs familles à l’étranger », soulignent Human Rights Watch (HRW) et 28 autres organisations de la société civile dans un communiqué conjoint. 

Une majorité des quelque dix-sept millions de personnes vivant dans ces trois pays du Golfe sont des expatriés, en grande partie des travailleurs venant d’Asie faiblement rémunérés. 

Face à la pandémie de COVID-19, les Émirats arabes unis et Oman ont assoupli les restrictions imposées à certaines applications mais seulement de manière provisoire. 

Ils ont débloqué des applications permettant l’apprentissage à distance comme Microsoft Teams, Skype for Business, Google Hangouts, et Zoom. Microsoft Teams et Zoom sont également accessibles au Qatar. 

Les entreprises publiques de télécommunications dans les Émirats arabes unis ont introduit une nouvelle application, UAE Voice, qui permet de faire des appels audios et vidéos gratuits. 

« Refuser à la population du Golfe l’accès à ces plateformes met les gens en péril »

Human Rights Watch

Mais WhatsApp, Skype et FaceTime restent bloquées en dépit d’appels persistants pour un changement de politique face à la pandémie, soulignent les 29 ONG. 

« Refuser à la population du Golfe l’accès à ces plateformes met les gens en péril, car ils se retrouvent coupés de leur pays et des ressources dont ils auraient besoin dans une crise comme celle-ci », ajoutent-elles. 

Pour un pays qui ambitionne de devenir une importante puissance technologique, les Émirats arabes unis ont adopté des lois sévères sur la cybercriminalité et maintiennent ce que les organisations de la société civile considèrent comme un niveau élevé de restrictions et de surveillance d’internet. 

Le New York Times a accusé en décembre les services de renseignement émiratis d’avoir un accès direct aux données des utilisateurs de ToTok, une application de messagerie dont les développeurs sont basés à Abou Dabi.

6 years ago
Une internaute consulte la page Instagram de l'influenceuse Fouz al-Fahad, à Dubaï, le 7 avril 2020 (AFP)
Une internaute consulte la page Instagram de l'influenceuse Fouz al-Fahad, à Dubaï, le 7 avril 2020 (AFP)

Passées de selfies sur les côtes d’Amalfi ou de vidéos sur les plages de Dubaï à un confinement strict face au nouveau coronavirus, des « influenceuses » des pays du Golfe tentent de garder leur image chic et glamour entre quatre murs ou de se réinventer.

Oubliées les photos dans les aéroports des grandes capitales, les boutiques de luxe de Londres ou les cafés chics de Paris : à l’heure de la pandémie de COVID-19, le temps est à la famille, la cuisine ou la déco sans oublier d’encourager les abonnés, à rester à la maison.

Et pour cause : le nombre de cas d’infection continue de grimper dans les six monarchies du Golfe qui prennent des mesures de confinement de plus en plus strictes. 

Traduction : « Vous faites quoi de votre journée ? Avez-vous appris quelque chose de nouveau en restant à la maison ? De mon côté, j'ai appris à cuisiner »

La région, riche en pétrole et abritant des millions d’expatriés, compte officiellement plus de 9 000 personnes infectées et 67 morts.  

Au Koweït, les cérémonies de mariage ont été interdites. Mais cette mesure n’a pas empêché Fouz al-Fahad de célébrer le sien devant trois millions d’invités virtuels, soit le nombre de ses abonnés sur Instagram.

Propriétaire d’un salon de beauté, cette icône du glamour a partagé des images de son mariage le 17 mars, la montrant étincelante de bijoux et de maquillage, un large sourire au visage lorsqu’elle reçoit une énorme bague sertie de diamants des mains de son mari, dans un somptueux décor de fleurs blanches.

« Merci de nous faire oublier le coronavirus, ne serait-ce que pour un jour. J’ai eu les larmes aux yeux », s’est émue l’une de ses abonnées.

Des sommes astronomiques 

Ces dernières années, les influenceurs du Golfe ont joué un rôle dans la promotion d’événements dans la région.

En particulier en Arabie saoudite, où certains auraient été payés des sommes astronomiques pour adoucir l’image d’un pays régulièrement critiqué par les organisations internationales pour graves violations des droits humains.

Mais face à la pandémie, les événements culturels et sportifs prévus dans les pays du Golfe ont été reportés ou annulés. Et les influenceurs doivent se réinventer. 

« Ce n’est pas facile de créer du contenu et d’attirer des milliers, des millions [d’abonnés], il faut beaucoup de dévouement », affirme sur son compte Instagram Joelle Mardinian, une influenceuse basée à Dubaï et fondatrice d’une marque de cosmétiques. 

« J’aime partager avec vous des choses agréables, comme jouer avec [mon fils]… ou si ma fille fait quelque chose de mignon, ou si je prépare un plat dont je suis fière », confie-t-elle à plus de douze millions d’abonnés. 

Influenceuse
L'influenceuse libanaise Joelle Mardinian, basée à Dubaï, pose avec sa fille (Instagram/Joelle Mardinian)

Cette Libanaise, qui se présente comme « mère, entrepreneuse et présentatrice de télévision », encourage ses followers à « trouver des choses à faire à la maison », en publiant des vidéos de petits plats ou de meubles rénovés dans un jardin luxueux. 

Pour Rima Sabban, professeure associée de sociologie à l’université Zayed de Dubaï, les influenceurs jouent un rôle positif, mais ils devraient faire tomber leurs « masques sociaux », et éviter de donner à la situation un vernis qui peut rendre encore plus malheureux un public contraint à un confinement souvent moins glamour.

« En ce moment, il est important d’être honnête avec les gens », dit-elle à l’AFP. « C’est le moment de l’humanité, de laisser tomber ces masques et d’être courageux ».

Ragda Bakhorji, une influenceuse saoudienne de plus en plus suivie et qui compte plus de 14 000 fans sur Instagram, a saisi ce moment pour mettre, dit-elle, « l’authenticité » au premier plan.

Traduction : « Des moments comme celui-ci sont si précieux ! Restez à la maison, restez positifs... pour revivre ces beaux moments »

« Je pense qu’il est important d’être honnête et authentique, surtout en ce moment où nous devrions nous concentrer davantage sur l’humanité et être bienveillants, plutôt que de nous focaliser sur des choses insignifiantes », fait-elle valoir à l’AFP.

Pour Souad Naïm, responsable marketing à Dubaï, les vedettes des réseaux sociaux du Golfe ont été une source fiable de divertissement et d’inspiration. 

« Je vérifie mon téléphone matin et soir, et j’aime voir ce que les influenceurs ont fait ou prévoient pour la journée », confie à l’AFP cette jeune femme de 35 ans.

Ses stars d’internet préférées ont changé de contenu de manière spectaculaire pendant la crise, assure-t-elle. « J’apprécie leurs discussions en direct avec leurs fans et la façon dont elles s’adaptent aux circonstances ».

Par Dana Moukhallati, à Dubaï.

6 years ago

Viande trop grasse ou tache de café non nettoyée : habitués au luxe, des Koweïtiens se plaignent de la qualité du service dans les hôtels cinq étoiles où ils passent, nouveau coronavirus oblige, une quarantaine dorée à leur retour de l’étranger, suscitant l’indignation d’internautes.

Chambre trop petite, hygiène insuffisante ou nourriture de mauvaise qualité font partie des plaintes exprimées sur les réseaux sociaux par cette clientèle spéciale.

Les autorités de ce pays riche en pétrole ont imposé aux citoyens revenant de l’étranger de s’isoler pendant quatorze jours dans des hôtels de luxe avant de pouvoir rentrer chez eux. Le premier groupe a été rapatrié fin mars. 

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Le Koweït a adopté des mesures strictes pour lutter contre la propagation de la maladie COVID-19 dans le pays, qui a officiellement enregistré plus de 700 cas et un décès.

Quelque 60 000 Koweïtiens de retour d’Italie, d’Allemagne, d’Iran, d’Égypte ou du Liban doivent passer par le confinement grand luxe. Mais pour certains, les conditions d’hébergement sont moins que satisfaisantes.

« Cher ministre des Finances, la nourriture n’a pas de goût, elle est immangeable. Nous la jetons », s’exaspère une Koweïtienne dans une vidéo mise en ligne et dans laquelle elle dissimule son visage.

« Nous sommes émotionnellement fatigués et notre santé se détériore parce que la nourriture n’est pas bonne », fustige-t-elle en montrant les plateaux repas livrés dans sa chambre. « Ils nous ont servi une salade sans vinaigrette. Et tout le reste est également sec. »

Ses commentaires ont provoqué de nombreuses réactions en ligne, certaines indignées.

Le service de chambre met « trop de temps à nettoyer une tache de café sur le canapé »

« Je suis restée à l’hôpital pendant une semaine avec ma mère et je ne me suis pas plainte, je mangeais du pain et du fromage », rétorque une internaute sur Twitter.

Un autre a mis en ligne des images de personnes vivant visiblement dans un pays pauvre et faisant la queue pour boire de l’eau.

Parmi les établissements réquisitionnés pour les quarantaines figure l’Al-Kout Beach Hotel qui se vante d’être une « élégante propriété offrant un accès direct à une belle plage privée ».

Le Koweït, qui pompe 2,7 millions de barils de pétrole par jour, dispose d’un fonds souverain de plus de 600 milliards de dollars et le revenu moyen par habitant y est de 70 000 dollars par an, l’un des plus élevés au monde. 

« Il y a des médecins qui n’ont pas dormi depuis trois jours »

Beaucoup de ses 1,5 million de citoyens, qui ne représentent que 30 % de la population, sont habitués à une vie luxueuse, souvent en Europe où certains possèdent de belles demeures ou séjournent dans de grands hôtels.

Mais le Koweït abrite également une classe moyenne qui se plaint régulièrement de la mauvaise gestion des services publics. Les conditions sociales des travailleurs immigrés, la plupart venant d’Asie, font également souvent l’objet de critiques.

Dans une vidéo, un Koweïtien se plaint de ses bagages qui ne sont pas arrivés à sa chambre d’hôtel, qu’il décrit comme petite avec « le lit collé au placard ».

Dans une autre, une femme affirme que la viande servie a « trop de graisse » tandis qu’un autre juge que le service de chambre met « trop de temps à nettoyer une tache de café sur le canapé ».

Photo de la capitale du Koweït montrant les rues vides. Plus de 100 personnes ont été poursuivies pour avoir enfreint les règles du confinement (AFP)

À l’extérieur des hôtels de luxe, le Koweït a multiplié les mesures strictes pour contenir la pandémie et plus de 100 personnes ont été poursuivies pour avoir enfreint les règles du confinement. 

Les contrevenants risquent jusqu’à six mois de prison ou une amende de 10 000 dinars (près de 30 000 euros).

Toute personne reconnue coupable d’avoir intentionnellement propagé le virus peut être condamnée à une peine de dix ans de prison et à une amende de 30 000 dinars (environ 88 000 euros).

Malgré ce contexte de craintes et de tension, un Koweïtien revenant d’Allemagne n’a pas hésité à se moquer, dans une vidéo en ligne, des hôtesses de l’air en tenue de protection, les comparant à des « paysannes ».

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Ce commentaire a suscité l’indignation de certains internautes qui appellent au soutien des personnes en première ligne contre la pandémie, y compris les équipages des avions.

Le parlementaire koweïtien Ahmed Nabil al-Fadel a exhorté la population à la patience.

« Il est très fréquent que l’évier soit bouché ou qu’il y ait quelques problèmes [dans l’hébergement] étant donné qu’il y a eu peu de temps pour le préparer », souligne-t-il alors qu’il se trouve lui-même en quarantaine depuis son retour d’Espagne.

Ce responsable politique appelle les citoyens à la mesure : « Pouvez-vous être patients ? Il y a des médecins qui n’ont pas dormi depuis trois jours. »

6 years ago
Des camions de police tunisiens pulvérisent du désinfectant à l’extérieur de la cathédrale Saint-Vincent de Paul dans le centre de la capitale Tunis, le 1er avril 2020 (AFP)
Des camions de police tunisiens pulvérisent du désinfectant à l’extérieur de la cathédrale Saint-Vincent de Paul, dans le centre de la capitale Tunis, le 1er avril 2020 (AFP)

Couscous et huile mais aussi javel et savons : en Tunisie, la société civile s’est rapidement mobilisée pour fournir chaque jour des milliers de familles parmi les plus démunies et des hôpitaux, en pleine crise du nouveau coronavirus.

« Auparavant notre objectif c’était les orphelins, les veuves et les handicapés, actuellement s’ajoutent des familles qui ont perdu tout revenu », souligne Mohamed Matar Bacha, responsable du Croissant-Rouge à Hrairia, banlieue ouest de Tunis.

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Pas de vente à la sauvette, de chantiers, ni de collecte de déchets recyclables : les travailleurs journaliers sont aux abois depuis que le gouvernement a restreint fortement les déplacements le 22 mars à travers le pays, où 22 personnes sont décédées du nouveau coronavirus et 596 cas de contamination ont été recensés.

« Le nombre de familles dans le besoin augmente avec le confinement, ce qui nécessite de redoubler les efforts », a déclaré à l’AFP Abdellatif Chabbou président du Croissant-Rouge tunisien.

Mobilisation sur les réseaux sociaux

« Notre objectif est d’atteindre 200 familles » dans chacune des 24 régions du pays, « mais il y a certaines régions où plus d’un millier de familles sont dans le besoin, cela dépasse nos capacités », souligne-t-il.

De nombreuses organisations, mais aussi des footballeurs ou de simples citoyens se sont également mobilisés en ordre dispersé, parfois appuyés par des municipalités ou les forces de sécurité. 

« Si je ne travaille pas, je ne mange pas. L’épicerie nous fait crédit mais jusqu’à quand ? »

Ali Sahbeni, maçon à la journée

Des représentants des étudiants et travailleurs africains ont créé une cellule « COVID » pour soutenir ces étrangers exclus des aides de l’État.

Des groupes Facebook rassemblent les dons pour équiper des hôpitaux en thermomètres, moniteurs ou simples équipements de protection.

À Hrairia, le Croissant-Rouge distribue pâtes, riz, lait, harissa mais aussi eau de javel et produits de nettoyage pour ralentir la propagation du nouveau coronavirus.

« Maintenant j’ai la tête tranquille. J’ai des réserves », sourit Arroussia, une quinquagénaire malade dont le mari est chiffonnier, en recevant son colis. « Je vais les sortir petit à petit pour faire manger les enfants ».

Promesses d’aides

Un autre habitant, Ali Sahbeni, maçon à la journée, réclame lui aussi de l’aide. « Si je ne travaille pas, je ne mange pas. L’épicerie nous fait crédit mais jusqu’à quand ? », s’inquiète-t-il, disant ne pas avoir payé son loyer. 

Le gouvernement a promis 150 millions de dinars (50 millions d’euros) d’aides directes aux plus pauvres, et commencé à distribuer des primes exceptionnelles de 200 dinars (80 euros). 

Mais la Tunisie, sous le coup d’un programme du Fonds monétaire international (FMI), peinait déjà avant la crise sanitaire à répondre aux attentes sociales qui avaient déclenché la révolution de 2011.

Le président de la République s’est lui-même inscrit dans cette mobilisation citoyenne, donnant la moitié de son salaire et participant à un chargement de colis d’aide alimentaire sous l’œil des photographes.

6 years ago
Recep Tayyip Erdoğan a pour l’instant refusé de décréter un confinement, appelant plutôt les Turcs à « se mettre volontairement en quarantaine » (AFP)

Le président Recep Tayyip Erdoğan a renforcé ces derniers jours les mesures pour endiguer l’épidémie de nouveau coronavirus qui progresse rapidement en Turquie, mais son refus d’imposer un confinement général pour ne pas paralyser l’économie est de plus en plus critiqué.

Rassemblements interdits, déplacements entre villes restreints, port du masque obligatoire quasiment partout : le président turc a utilisé toutes sortes de leviers en dehors d’un confinement général, mais son répertoire s’épuise.

Le nombre de cas double désormais en moins d’une semaine

Signe que l’inquiétude grandit, le Parlement a commencé à étudier mardi un projet de loi défendu par le gouvernement visant à libérer jusqu’à un tiers des personnes détenues dans les prisons bondées du pays.

Avec plus de 34 000 cas dont 725 mortels, selon le bilan officiel mardi, la Turquie est le neuvième pays le plus touché par la pandémie. Mais facteur alarmant : la progression de la pandémie en Turquie, qui a officiellement enregistré son premier cas le 11 mars, est l’une des plus rapides au monde. 

Une des progressions les plus rapides au monde

Le nombre de cas double désormais en moins d’une semaine : de 7 400 le 28 mars, le bilan est passé à 15 000 le 1er avril, et a dépassé 30 000 lundi, selon les chiffres officiels. 

Le gouvernement turc a très tôt pris des mesures comme la fermeture des écoles et des espaces culturels, ou encore la suspension de vols avec des pays très touchés.

Celles-ci ont été graduellement renforcées avec un confinement pour les personnes âgées de plus de 65 ans ou de moins de 20 ans, ou encore le placement en quarantaine de dizaines de localités.

Mardi, le ministre de la Santé Fahrettin Koca s’est voulu rassurant en affirmant que le taux d’occupation dans les unités de soins intensifs n’était que d’environ 60 %.

Mais alors que le nombre de victimes s’envole, de nombreuses voix appellent désormais à suivre l’exemple de l’Italie ou de la France et imposer un confinement général de la population.

« Il faut absolument que chacun reste chez soi, il faut rendre cela obligatoire », déclare à l’AFP un médecin qui traite des patients en soins intensifs dans un hôpital d’Istanbul.

« On reçoit chaque jour de plus en plus de patients »

« On reçoit chaque jour de plus en plus de patients. On arrivera bientôt aux limites de nos capacités », ajoute ce médecin, demandant à rester anonyme par peur de représailles.

La plupart des partis d’opposition, des syndicats et des médecins ont eux aussi exhorté le gouvernement à interdire aux gens de sortir.

« Il sera impossible de maîtriser cette épidémie si des millions de personnes sortent pour aller travailler », a souligné mardi le président de l’Union des médecins de Turquie (TTB), Sinan Adıyaman , cité par les médias turcs.

Ekrem İmamoğlu, le maire d’Istanbul, a appelé à mettre en place un confinement général dans la capitale économique (AFP)

Dans un entretien avec l’AFP la semaine dernière, le maire d’Istanbul, Ekrem İmamoğlu, a appelé à mettre en place un confinement général dans la capitale économique où plus de la moitié des cas de COVID-19 ont été recensés.

« Même si seulement 15 % de la population sort, on arrive vite à deux millions de personnes. Cela pose potentiellement un risque sérieux », a-t-il souligné.

Si Recep Tayyip Erdoğan a pour l’instant refusé de décréter un confinement, appelant plutôt les Turcs à « se mettre volontairement en quarantaine », c’est pour ne pas stopper complètement une économie en pleine convalescence après des années de crise.

De nombreux Turcs sont revenus à la pratique ancestrale du panier en osier suspendu par la fenêtre pour s’approvisionner ou misent sur les services de livraison

La semaine dernière, le président a affirmé que la Turquie était « dans l’obligation de faire en sorte que les rouages [économiques] continuent de tourner, peu importe les circonstances ».

En attendant un hypothétique durcissement des mesures, de nombreux Turcs ont pris leurs précautions.

La plupart des grandes artères d’Istanbul, comme l’avenue Istiklal, sont quasiment vides. 

De nombreux Turcs sont revenus à la pratique ancestrale du panier en osier suspendu par la fenêtre pour s’approvisionner ou misent sur les services de livraison.

Le médecin de l’hôpital d’Istanbul salue le « bon sens » de ses concitoyens et les « bonnes mesures » qui ont été prises par le gouvernement, notamment l’augmentation du nombre de tests de dépistage (plus de 200 000 à ce jour).

Mais, prévient-il, « si le nombre de cas continue d’augmenter aussi vite, le résultat sera le même qu’ailleurs : de nombreuses pertes de vies. On a déjà perdu beaucoup de temps ».

Par Gokan Gunes, à Istanbul.

6 years ago
Selon Hichem Mechichi, si un malade contamine une autre personne et que la contamination entraîne la mort, il pourra être poursuivi pour homicide involontaire (AFP)

Le ministre de l’Intérieur tunisien Hichem Mechichi a souligné mardi que les personnes malades du COVID-19 pourraient être poursuivies pénalement si elles ne se pliaient pas aux exigences du ministère de la Santé, et contaminaient ainsi d’autres personnes.

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« Si un malade ne respecte pas l’isolement exigé et les instructions du ministère de la Santé, et qu’il contamine ainsi une autre personne, nous pourrons le poursuivre en vertu du code pénal, et si la contamination entraîne la mort, il pourra être poursuivi pour homicide involontaire », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.

Accompagné du ministre de la Santé Abdellatif Mekki, il a souligné l’importance de continuer à limiter strictement les sorties, alors que le confinement mis en place le 22 mars a été moins bien respecté ces derniers jours.

D’importantes foules se sont notamment rassemblées devant les bureaux de poste afin d’aller chercher la prime exceptionnelle promise par l’État pour les foyers démunis frappés de plein fouet par l’arrêt de nombreuses activités économiques.

Plus de 600 arrestations

La Tunisie a identifié officiellement par des tests 600 malades dont 22 sont morts. Certains malades asymptomatiques ont été sommés de s’isoler à domicile, mais « ça n’a pas été suffisant », a indiqué à l’AFP le Dr Mohammed Rabhi, responsable du confinement obligatoire. 

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Depuis le 5 avril, trois hôtels à Monastir (est), Sfax (est) et Médenine (sud) ont été équipés pour héberger systématiquement tous les malades non hospitalisés, avec un suivi médical. Ces hôtels abritent 120 personnes actuellement pour 1 500 places disponibles selon le Dr Rabhi.

Mais certains malades sont réticents à rester dans les hôpitaux ou les lieux de quarantaine obligatoire.

« Nous serons stricts dans l’application de la loi. Notre responsabilité est de protéger les gens », a assuré le ministre de l’Intérieur.

Hichem Mechichi a annoncé plus de 600 arrestations, et 70 assignations à domicile de personnes ayant violé le confinement général.

Les autorités avaient déjà annoncé l’arrestation d’un millier de personnes pour violation du couvre-feu nocturne.

6 years ago
Un membre du Croissant-Rouge iranien teste des personnes sur l’autoroute Alborz, Téhéran (AFP)
Un membre du Croissant-Rouge iranien teste des personnes sur l’autoroute liant Alborz à Téhéran (AFP)

Des responsables iraniens doutent ouvertement de la fiabilité des chiffres publiés par la Chine, qu’ils jugent sous-estimés, a rapporté mardi l’agence officielle iranienne Irna.

« Après la propagation du virus [dans le monde entier], il est apparu évident que [la réalité] ne correspond pas à ce qu’a publié la Chine », écrit Irna en citant Minou Mohraz, une responsable du ministère de la Santé et membre du Comité national de lutte contre le nouveau coronavirus.

« On ne peut pas faire confiance à leurs chiffres », a ajouté Mme Mohraz.

« Des données falsifiées »

Autre expert siégeant au même comité, Hamid Souri, médecin épidémiologiste, juge que sur la base du nombre de morts dans le monde et de la vitesse de la propagation du virus, les chiffres chinois sont « loin de la vérité », écrit Irna.

Et pour le Dr Souri, ajoute l’agence, « des données falsifiées mènent à une mauvaise prise de décision ». 

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La publication de ces remarques survient alors que le porte-parole du ministère de la Santé, Kianouche Jahanpour, a été contraint à corriger ses propos après avoir qualifié les chiffres chinois de « plaisanterie de mauvais goût » ayant amené les autorités sanitaires iraniennes à mal estimer le danger de la maladie COVID-19.

M. Jahanpour a été critiqué en Iran pour ces propos de nature à fâcher Pékin, partenaire vital pour une économie iranienne sous sanctions américaines et en plein marasme.

Chiffres largement sous-estimés

« Le soutien de la Chine à l’Iran en ces temps d’épreuves est inoubliable », a ensuite tweeté M. Jahanpour après avoir été sommé par l’ambassadeur de Chine en Iran, Chang Hua, de « respecter la réalité et les gros efforts du peuple chinois ».

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À ce jour, la maladie y a fait officiellement près de 3 900 morts.

Certains, à l’étranger, estiment que ce chiffre est largement sous-estimé. Washington, notamment, a reproché à Téhéran de maquiller ses chiffres et a fait le même reproche à Pékin.

6 years ago
Des volontaires portant un uniforme jaune dans le village de Doura al-Qara, le 6 avril 2020 (AFP)
Des volontaires portant un uniforme jaune dans le village de Doura al-Qara, le 6 avril 2020 (AFP)

Masque sur le visage et veste orange fluo sur le dos, Moayad Samha tend un thermomètre en direction d’un automobiliste. Ce Palestinien n’est ni policier ni secouriste, mais bénévole sur l’un des nombreux check-points improvisés qui barrent l’entrée de villages de Cisjordanie.

Pour tenter d’enrayer la propagation du nouveau coronavirus, qui a officiellement contaminé environ 250 personnes en Cisjordanie dont une est décédée, les autorités palestiniennes ont imposé un confinement depuis plusieurs semaines.

Mais en raison de budgets limités et de restrictions imposées par Israël, qui occupe ce territoire depuis 1967, la police palestinienne ne peut surveiller efficacement le respect du confinement. Des citoyens ont donc décidé de prendre les choses en main.

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À l’entrée d’Ein Yabroud, village situé dans le centre de la Cisjordanie, tous les automobilistes se font arrêter. Cinq bénévoles, dont Moayad Samha, vérifient leurs papiers d’identité et les documents du véhicule. 

Certains conducteurs, qui viennent de secteurs où de nombreux cas de coronavirus ont été recensés, n’iront pas plus loin. À d’autres, on prend la température.

Si elle est élevée, on leur demande de retenir leur respiration pendant 10 à 15 secondes, conformément aux recommandations du ministère de la Santé. Et s’ils éprouvent des difficultés à rester en apnée, des responsables de Ramallah sont appelés pour effectuer un test de dépistage.

« Nous tentons de détecter le virus autant que possible avec nos moyens limités », explique M. Samha, avocat de profession, à l’AFP.

« Certains automobilistes sont autorisés à entrer dans le village pour faire des courses, mais d’autres sont refoulés, dit Mohammed Hawih, qui chapeaute l’organisation de ce barrage routier.

Si aucun cas n’a été détecté jusqu’à présent à Ein Yabroud, plusieurs malades ont été recensés dans le village voisin de Daïr Jarir.

Accès limité 

Pour se coordonner entre eux et communiquer avec les bénévoles des villages alentours, ces sentinelles du nouveau coronavirus utilisent l’application mobile « Zello », qui marche comme un talkie-walkie.

Les autorités approuvent ces initiatives citoyennes, importantes pour lutter contre la propagation de la pandémie, selon un porte-parole du ministère de l’Intérieur palestinien.

Des bénévoles palestiniens se déploient sur le long des routes rurales en Cisjordanie occupée, pour contrôler la propagation de coronavirus, le 6 avril 2020 (AFP)
Des bénévoles palestiniens se déploient sur le long des routes rurales en Cisjordanie occupée, pour contrôler la propagation de coronavirus, le 6 avril 2020 (AFP)

La police palestinienne ne peut accéder à de nombreuses zones rurales de Cisjordanie sans en référer aux autorités israéliennes, qui n’accordent pas toujours les autorisations nécessaires. 

Conformément aux accords d’Oslo signés dans les années 1990, l’Autorité palestinienne administre les grandes villes de Cisjordanie mais 60 % de ce territoire, donc l’essentiel des villages, restent sous contrôle israélien. 

Or de nouveaux cas de contaminations sont apparus ces derniers jours dans des villages et des camps de réfugiés éloignés des principales villes, indique M. Hawih. 

Celui-ci assure empêcher, avec ses camarades, l’armée israélienne d’entrer dans le village et que des soldats ont même dû rebrousser chemin plus d’une fois.

Travailleurs venus d’Israël 

Dans le village de Doura al-Qara, collé à Ein Yabroud, les volontaires portent un uniforme jaune barré du nom de la municipalité.

Lorsque arrive un large camion, des jeunes vérifient l’identité du chauffeur, son origine et sa destination, lui demandent d’ouvrir la porte arrière et inspectent l’intérieur du véhicule, avant de le laisser passer.

Ils sont à la recherche d’éventuels travailleurs palestiniens venus d’Israël car des milliers d’entre eux sont rentrés en Cisjordanie ces derniers jours et doivent rester en quarantaine à leur domicile. 

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Avec plus de 9 000 cas de contamination officiellement recensés en Israël, de nombreux Palestiniens craignent que le retour de ces travailleurs ne soit synonyme d’accélération de la propagation en Cisjordanie.

« Nous entendons beaucoup de choses sur les travailleurs venant d’Israël, certains sont infectés, d’autres non », affirme Abdul Rahman Hussein, à l’entrée de Doura al-Qara, où aucun cas n’a été recensé.

Pour l’heure, rapporte-t-il, en coopérant avec les villages alentours, « nous avons appréhendé quatre malades » qui ne voulaient pas se soumettre à la quarantaine.

À Ein Yabroud, Mohammed Hawih l’assure : ces check-points d’un genre nouveau ne suscitent pas de tensions avec les automobilistes interpellés. 

Destinés à renforcer la protection de tous contre le virus, ils sont surnommés les « barrages de l’amour ».

Par Hossam Ezzedine à Ein Yabroud, Cisjordanie occupée.

6 years ago
Des travailleurs migrants font la queue pour monter dans un bus les transportant vers leur lieu de travail, à Dubaï, le 2 avril 2020 (AFP)
Des travailleurs migrants font la queue pour monter dans un bus les transportant vers leur lieu de travail, à Dubaï, le 2 avril 2020 (AFP)

Des groupes de défense des droits humains ont appelé les six monarchies arabes du Golfe à libérer militants et opposants et à abréger la détention de travailleurs migrants en situation irrégulière afin de limiter la propagation du COVID-19.

Des centaines de défenseurs des droits humains, de militants et d’opposants sont emprisonnés depuis des années dans les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG : Arabie saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Oman, Qatar, Koweït).

Ces riches monarchies détiennent aussi des milliers de travailleurs migrants en situation irrégulière.

« Alors que la pandémie de coronavirus fait rage, les États du Golfe devraient prendre rapidement des mesures pour protéger la santé et les droits des détenus et du personnel des centres de détention pour immigrés, en procédant à des libérations et en trouvant des alternatives à la détention », a souligné Human Rights Watch (HRW) dans un communiqué publié mardi.

Traduction : « De nombreux travailleurs migrants se trouvent en détention préventive prolongée dans des conditions surpeuplées et insalubres. Les États du Golfe ne peuvent pas justifier la poursuite de la détention dans un contexte de risques accrus pour la santé. »

Près de la moitié des quelque 52 millions d’habitants du CCG sont des étrangers venant pour la plupart d’Asie du Sud, des Philippines et du monde arabe.

Face à la pandémie, les pays du Golfe ont adopté des restrictions draconiennes : l’Arabie saoudite a imposé un couvre-feu de 24 heures dans la plupart des régions. Dubaï a réduit de façon drastique les déplacements et le Koweït a verrouillé deux zones densément peuplées d’étrangers.

Quelque 8 400 cas de coronavirus et 60 décès, principalement des étrangers, ont été signalés officiellement jusqu’à présent dans les États du CCG.

Un billet d’avion gratuit

Le 1er avril, le Koweït a proposé aux travailleurs migrants en situation irrégulière une amnistie d’un mois pour quitter le pays, avec un billet d’avion gratuit. Quelque 150 000 personnes devraient bénéficier de cette offre.

HRW a également exhorté les gouvernements du Golfe à envisager de prolonger les visas afin de s’assurer que les expatriés conservent leur résidence légale à un moment où ils ne peuvent pas rentrer chez eux.

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Un groupe de vingt organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International et HRW, a également exhorté Bahreïn à libérer immédiatement les militants. En mars, Bahreïn a libéré 901 prisonniers pour « raisons humanitaires ».

HRW a demandé aux Émirats de « libérer sans condition les personnes détenues illégalement, y compris pour dissidence ».

Amnesty International et le Gulf Centre for Human Rights se sont inquiétés du sort d’Ahmed Mansoor, un défenseur des droits humains détenu à l’isolement depuis trois ans aux Émirats.

6 years ago
L’impact de la fermeture des mosquées britanniques sera bien plus prégnant pendant le mois sacré du Ramadan (AFP)

Alors que les mosquées restent fermées pour cause de pandémie de coronavirus, la British Broadcasting Corporation (BBC) commence à diffuser des réflexions et prières islamiques sur quatorze stations de radio locales.

Selon des médias locaux, chaque vendredi à 5 h 50, un imam différent prendra la tête du programme, pour réciter un verset du Coran ou des propos du prophète Mohammed, puis les traduira et discutera de leur pertinence. Suivra une minute de prière.

« La radio locale a pour objectif de relier les communautés et nous espérons que ces réflexions hebdomadaires aideront les musulmans à ressentir l’esprit de communauté pendant leur isolement », déclare Chris Burns, directeur de BBC Local Radio.

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Le gouvernement britannique a ordonné la fermeture de tous les lieux de culte le 23 mars dans le cadre de ses mesures visant à endiguer la propagation du coronavirus.

Quelques jours avant cette annonce, plus de 375 mosquées et lieux de prières avaient suspendu leurs activités d’assemblée selon le Muslim Council of Britain (MCB).

« Protéger l’ensemble de nos communautés est primordial et il est rassurant que de tant de mosquées et lieux de prière aient pris les devants en essayant de faire de leur mieux pour minimiser la propagation du coronavirus », déclarait le mois dernier Harun Khan, secrétaire général du MCB.

La plupart des mosquées britanniques accueille des milliers de fidèles à la fois, notamment la mosquée d’East London, qui a une capacité de 7 000 personnes, la mosquée centrale de Londres avec plus de 5 000 personnes et la mosquée centrale de Birmingham, qui accueille régulièrement 2 500 fidèles au plus pour la prière du vendredi.

Moyens virtuels

Plusieurs mosquées et communautés musulmanes ont tenté de remplir le vide laissé par les fermetures par des moyens virtuels pour pratiquer leur spiritualité, bien que le manque de contact physique soit difficile à remplacer.

Néanmoins, l’impact de la fermeture sera encore plus prégnant pendant le mois sacré de Ramadan qui doit débuter la troisième semaine d’avril.

Harry Farley, journaliste à BBC Radio 4, a répondu aux critiques suscitées par cette annonce en rappelant que la BBC diffuse déjà les services chrétiens chaque dimanche.

Traduction : « Et à ceux qui se plaignent ou s’interrogent à ce propos, je vous rappelle qu’un service chrétien est diffusé chaque dimanche à 8 h sur l’ensemble des 39 stations de radio locales de la BBC. »

Le nombre de cas de COVID-19 au Royaume-Uni s’élève ce mardi à 50 000 cas et 5 400 morts.

Dans la lutte du pays contre le virus, les médecins et professionnels de santé musulmans sont parmi les premiers à mourir au front. 

Areema Nasreen, infirmière de 36 ans, est la dernière victime musulmane au Royaume-Uni. Cinq autres ont perdu leur vie en combattant la maladie.

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.