Les Palestiniens commémorent la Nakba en pleurant les morts de Gaza
Les Palestiniens commémoraient ce mardi le 70e anniversaire de la Nakba, la « tragédie » de la création d'Isräel sur les terres de la Palestine historique en 1948, qui contraint quelque 750 000 Palestiniens à l’exil, dépossédés de leurs biens et de leur patrie.
Le bilan des victimes du lundi 14 mai, la journée la plus meurtrière du conflit israélo-palestinien depuis la guerre de l’été 2014 à Gaza, a été révu à la hausse : 61 Palestiniens ont été tués, en majorité par des tirs de snipers israéliens et plus de 2 400 Palestiniens ont également été blessés.
Depuis le 30 mars dernier, date de la première "Grande marche du retour" qui se déroule tous les vendredis depuis, plus de cent Palestiniens ont été tués par l'armée israélienne.
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Le Premier ministre turc Binali Yıldırım a appelé mardi les pays musulmans qui entretiennent des relations avec Israël à les « reconsidérer » au lendemain de la mort de 60 Palestiniens sous les balles israéliennes.
Binali Yıldırım a en outre appelé à la tenue vendredi en Turquie d’un « sommet extraordinaire » de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), mais il n’était pas clair dans l’immédiat si une telle réunion se tiendrait effectivement au niveau des chefs d’État.
« Les pays musulmans doivent reconsidérer leurs relations avec Israël. Le monde musulman doit agir d’une manière collective et parler d’une seule voix face à ce massacre », a déclaré Binali Yıldırım lors d’une réunion à Ankara du groupe parlementaire du parti au pouvoir, l’AKP.
La Turquie est le président en exercice de l’OCI, qui s’était réunie en sommet à Istanbul en décembre à l’appel du président turc Recep Tayyip Erdoğan pour condamner la décision de son homologue américain Donald Trump de transférer l’ambassade américaine à Jérusalem.
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Un responsable du ministère turc des Affaires étrangères parlant sous couvert d’anonymat a affirmé que la nouvelle réunion de l’OCI se tiendrait vendredi à Istanbul.
Un rassemblement, qui s’annonce imposant, doit se tenir vendredi à 12 h GMT Istanbul à l’appel du président Erdoğan sous le slogan « Halte à l’oppression », en signe de solidarité avec les Palestiniens.
Ankara entretient des rapports délicats avec Israël. Si les autorités turques ont conclu en 2016 un accord de normalisation des relations avec Israël censé mettre un terme à plusieurs années de froid diplomatique entre les deux pays, elles continuent de critiquer régulièrement la politique israélienne.
Une caricature valant mille mots, plusieurs dessinateurs ont résumé la journée de lundi, la plus meurtrière depuis la guerre contre Gaza de 2014, et le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem en Israël par des caricatures largement partagées sur les réseaux sociaux.
Pour le caricaturiste Patrick Chappatte, « Jérusalem fête et Gaza s'enflamme »
D’autres caricaturistes ont opté pour la dérision, à l’instar d’Emmanuel Chaunu :
Le caricaturiste Christian Creseveur a commenté « Israël célèbre l'ambassade américaine à Jérusalem par un massacre à Gaza »
Le caricaturiste Plantu, dans le journal Le Monde, oppose la célébration dans la joie et la destruction dans le sang :
Enfin, le caricaturiste jordanien Nasser al-Jaafari décrit la persévérance des palestiniens qui marchent pour le retour dans leur partie. Une clé symbolique sur les épaules de plusieurs manifestants.
Traduction : « 70 ans depuis la Nakba »
BEIT EL, Cisjordanie occupée – Tessa Fox, correspondante de MEE, se trouve à proximité de Beit El, une colonie israélienne située au nord de Ramallah, en Cisjordanie occupée.
« Forte présence de l’armée israélienne devant la colonie de Beit El. Les soldats tirent à balle réelle et agissent de façon très agressive contre les manifestants non armés », a déclaré Fox.
« Je dirais qu’environ 500 manifestants sont présents ; ils ont été rapidement repoussés par les Israéliens loin de la colonie, et ce sans aucune raison. »
« Les Palestiniens ne sont pas revenus chez eux hier, mais les âmes de plus de cinquante martyrs si. Le plus important est que la question du retour est redevenue la plus importante malgré le chaos de la région et de ses guerres. Et cela, malgré l’abandon de certains Palestiniens et la trahison des ‘’arabes de Trump’’ » : le quotidien libanais Al Akhbar ouvre ainsi son dossier de plusieurs pages consacré aux événements sanglants de Gaza.
Pour le site Al Khalidj al-jadeed, « la décision stratégique saoudienne se dirige de plus en plus vers la suppression de la question palestinienne de son agenda (…) Le vrai gouverneur de l’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, voit que l’avenir sera bâti non seulement sur la reconnaissance d’Israël, mais sur beaucoup plus que cela : là on parle d’affection, de vivre-ensemble et de se fondre l’un dans l’autre ».
De son côté, le site Arabi21 cite la série de tweets de l’ancien Premier ministre du Qatar, Hammad ben Jassem qui affirme que « de grands pays arabes » ont « abandonné la cause palestinienne et Al-Quds occupée, tout en soutenant le deal du siècle ». « Malheureusement, les pays arabes ont emprunté un tunnel sombre, pas seulement concernant cette cause, mais concernant toutes nos questions internationales et régionales ».
Un éditorialiste du Huffington Post Algérie fait le parallèle, lui, avec la guerre d’indépendance algérienne et écrit : « L’Amérique et Israël peuvent compter sur la servilité des roitelets et des dictateurs arabes – il paraît que la Ligue arabe va se réunir mercredi, quelle pitoyable farce ! – mais ils ne devront pas compter sur la reddition des Palestiniens ».
« Jared n’a même pas songé à retoucher le texte de son allocution. Son regard brûlait d’une ferveur messianique : s’iI était là, c’était pour dispenser la vérité.
‘’Je suis tellement fier de me trouver ici aujourd’hui, à Jérusalem – cœur éternel du peuple juif ‘’, a-t-il commencé. ‘’Nous sommes ici ensemble parce que nous croyons tous deux [Amérique et Israël] en la liberté’’.
‘’Nous sommes ici ensemble parce que tous deux, nous croyons aux droits de l’homme. Nous sommes ici ensemble parce que nous croyons que cela vaut la peine de prendre la défense de la démocratie’’, a-t-il lourdement insisté.
Il était là non seulement en qualité de représentant du président des États-Unis, mais aussi de médiateur de paix. Voici ce que ce défenseur de la paix déclara au sujet du massacre qui se déroulait, en temps réel et à seulement 75 kilomètres de là : ‘’Ceux qui provoquent la violence font partie du problème, pas de la solution’’.
Les Kushner n’ont pas non plus l’excuse d’avoir été les témoins impuissants d’une tragédie, d’une foule en panique, par exemple. Il s’agit là de massacres avec préméditation. Les tireurs d’élite israéliens n’ont fait qu’obéir, littéralement, aux ordres du ministre de la Défense, Avigdor Lieberman, celui-là même qui, le 8 avril, avait déclaré au Jerusalem Post : ‘’À Gaza, personne n’est innocent’’. »
David Hearst, rédacteur en chef de Middle East Eye.
Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a constaté mardi que tout Palestinien manifestant à Gaza, qu’il représente une menace imminente ou non, pouvait être « tué » par les forces israéliennes.
« Il semble que n’importe qui puisse être tué », a déclaré aux médias à Genève un porte-parole du Haut-Commissariat, Rupert Colville, rappelant pourtant que « la force létale ne peut être utilisée qu’en dernier recours ».
Traduction : Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme condamne les terribles et meurtrières violences à Gaza hier au cours desquelles 58 Palestiniens ont été tués et près de 1 360 manifestants blessés avec des balles réelles par les forces de sécurité israéliennes. Il semble que tout le monde risque d’être abattu ou blessé : femmes, enfants, journalistes, secouristes, passants, et cela, presque n’importe où dans un rayon de 700 mètres de la barrière. »
L’usage disproportionné de la force par l’armée israélienne a été dénoncé par la communauté internationale. La Turquie et l’Afrique du Sud ont notamment rappelé leur ambassadeur en Israël et, dernièrement, Dublin a convoqué l’ambassadeur israélien en Irlande.
Les magasins sont fermés et les fonctionnaires restent chez eux aujourd’hui en Cisjordanie, à Gaza et à Jérusalem-Est alors que les Palestiniens célèbrent le 70e anniversaire de la Nakba.
Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a également appelé à la grève générale en hommage aux Palestiniens tués par les forces israéliennes à Gaza hier.
Des colons extrémistes israéliens ont pénétré ce matin sur l'esplanade des Mosquées, sous le regard des services de sécurité israéliens, selon plusieurs médias palestiniens (Facebook).
Suite au bilan meurtrier de 59 morts à Gaza, le gouvernement belge a réagi par la voix de son ministre des Affaires étrangères.
Sur la radio belge La Première, Didier Reynders a déclaré que les violences à Gaza étaient « inacceptables », soulignant également la responsabilité du Hamas.
« Le Hamas est totalement inconscient d’avoir envoyé les gens manifester suite à l’ouverture de l’ambassade américaine à Jérusalem. Le Hamas a cherché la provocation.
« L’usage de la force de la part d’Israël était aussi totalement disproportionné », a noté le diplomate, qui juge nécessaire l’ouverture d’« une enquête internationale ».
Didier Reynders a en outre rappelé que la Belgique était « totalement opposée au transfert de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem » et ajouté que « la décision de Trump [avait] provoqué des tensions sur le terrain ».
Le ministre a également plaidé pour « la reconnaissance de deux États ».
« Notre pays doit agir où il en a les moyens »
De son côté, le parti belge Écolo a insisté pour que la Belgique et l’Union européenne « condamnent ces violences sans équivoque. Mais au-delà de cette condamnation, notre pays doit agir où il en a les moyens ».
Les coprésidents d’Écolo, Zakia Khattabi et Patrick Dupriez, ont pour leur part déclaré : « Si la Belgique ne peut évidemment pas régler seule le conflit israélo-palestinien ni agir sur la localisation d’une ambassade étrangère, elle peut prendre des mesures qui montrent une ferme opposition aux politiques inhumaines en cours ».
Les États-Unis ont déployé des dizaines de Marines supplémentaires pour assurer la protection de leurs ambassades en Israël, en Jordanie et en Turquie suite aux tensions provoquées par la décision de transférer l’ambassade américaine en Israël à Jérusalem.
Des responsables du Département d’État américain et du Pentagone ont déclaré à NBC News qu’ils envisageaient de renforcer la présence militaire américaine dans les ambassades d’une demi-douzaine d’autres pays du Moyen-Orient.
La chaîne d’information a expliqué que les officiels américains anticipaient des violences même « s’ils disent que la question ne galvanise plus le Moyen-Orient comme elle le faisait dans le passé. Le transfert de l’ambassade, affirment-ils, finira par conduire à une plus grande stabilité régionale ».
La Ligue arabe tiendra une réunion d’urgence mercredi pour discuter du transfert par les États-Unis de leur ambassade à Jérusalem, qualifié par le secrétaire général de l’organisation panarabe de « violation claire du droit international ».
Cette réunion aura lieu « à la demande de l’État de Palestine » pour discuter « des moyens de faire face à la décision illégale des États-Unis », a annoncé lundi à la presse Saïd Abou Ali, secrétaire général adjoint pour les Affaires palestinienne de la Ligue arabe.
Peu après l’annonce de cette réunion, le secrétaire général de la Ligue, Ahmed Aboul Gheit, a qualifié la décision américaine de « violation claire et sérieuse du droit international et des résolutions du conseil de sécurité ».
Il est « honteux de voir des pays participer avec les États-Unis et Israël aux célébrations pour le transfert de l’ambassade » américaine, a-t-il jugé.
Les manifestants palestiniens ont été brutalement réprimés par les forces israéliennes hier à Jérusalem, juste devant la nouvelle ambassade américaine.
MEE a vu des dizaines de Palestiniens non armés être battus et arrêtés par les forces de sécurité israéliennes devant l’ambassade. Des violences accueillies avec joie par certains Israéliens venus soutenir l’inauguration du lieu.
« Brûlez-les, tirez-leur dessus, tuez-les ! », a-t-on pu entendre.
Les responsables israéliens se sont eux-aussi montrés insensibles face aux violences subies par les manifestants palestiniens, particulièrement à Gaza.
« Les amis, quel jour glorieux, souvenez-vous de ce jour », a déclaré le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou dans un discours triomphal. « C’est l’histoire, Monsieur Trump ; en reconnaissant l’histoire, vous avez fait l’histoire. »
L’ancien porte-parole de l’armée israélienne, Peter Lerner, a quant à lui déploré sur les réseaux sociaux que les décès de Palestiniens à Gaza étaient une tentative de gâcher la cérémonie d’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem.
Washington a bloqué lundi une résolution du Conseil de sécurité exigeant une enquête indépendante sur les événements sanglants à Gaza et condamnant les tirs israéliens contre les manifestants palestiniens.
Selon le quotidien Al-Quds al-Arabi, paraissant à Londres, qui rapporte l’information, le projet de résolution avortée appelait aussi les pays membres à fournir plus d’efforts pour faire cesser le blocus de Gaza et apporter une aide humanitaire d’urgence à la population gazaouie.