Skip to main content
Live |

Coronavirus : suivez l’actualité dans la région MENA

Live
Coronavirus : suivez l’actualité dans la région MENA
L’épidémie du nouveau coronavirus bouleverse une région déjà sous tension. Suivez sur ce fil les derniers développements au Maghreb et au Moyen-Orient

Live Updates

5 years ago
Des Marocaines, testées positives au COVID-19, sont transférées dans un centre médical (AFP)
Des Marocaines, testées positives au COVID-19, sont transférées dans un centre médical (AFP)

Le Maroc a annoncé vendredi un nouvel assouplissement des mesures de restrictions en vigueur depuis mi-mars pour lutter contre la pandémie de coronavirus en dépit d’une forte hausse du nombre de cas ces dernières 24 heures. 

Les autorités marocaines avaient décidé le 9 juin de classer le pays en deux zones : la première, englobant les petites villes, moins touchées par la pandémie, retrouvait une vie presque normale. La « zone 2 », regroupant les grandes centres urbains comme Rabat et la capitale économique Casablanca, restait soumise à de larges restrictions.

Vendredi soir, les ministères de la Santé et de l’Intérieur ont annoncé dans un communiqué conjoint le reclassement, le 24 juin à minuit, de la majeure partie du royaume dans la « zone 1 », à l’exception de cinq villes. 

Contrairement à ceux de la « zone 2 », les habitants de la « zone 1 » peuvent circuler sans permis spécial, accéder aux espaces publics en plein air, faire du jogging ou aller chez le coiffeur. 

Avec le maintien de l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 10 juillet, le port du masque reste toutefois obligatoire, les rassemblements interdits, les mosquées, salles de cinéma et théâtres fermés, les restaurants et cafés limités aux commandes à emporter.

Un foyer découvert près de Kénitra

L’annonce de ce nouvel assouplissement intervient alors que le Maroc a recensé vendredi 539 nouveaux cas de contamination, après la découverte d’un foyer dans des usines de conditionnement de fruits rouges près de Kénitra (ouest), qui reste dans la « zone 2 ».  

Il s’agit du bilan quotidien le plus élevé dans le royaume depuis l’annonce du premier cas début mars.

Le ministère de l’Intérieur a par conséquent annoncé vendredi soir le durcissement des restrictions à Kénitra et dans deux villes proches, « après l’apparition de nouveaux foyers épidémiologiques dans des unités de production ».  

Plusieurs communes rurales de la région ont été placées en quarantaine. Samedi, les routes étaient complétement vides, tout comme les champs de fraises, désertés par les ouvriers agricoles (principalement des femmes) en cette période de fin de récolte, a constaté un photographe de l’AFP. 

 Les autorités ont fermé « toutes ces unités » et mené des tests de dépistage pour « l’ensemble des employés », alors qu’une enquête a été ouverte pour « établir les responsabilités ».

Des tests de dépistage ont aussi été menés au domicile des habitants, invités à ne quitter leurs logements qu’en cas « d’extrême nécessité ».

Une dizaine d’ambulances, stationnées dans un grand parking, allaient ensuite chercher les cas confirmés, a constaté le photographe de l’AFP à Moulay Bousselham, une des communes placées en quarantaine. 

Un hôpital de campagne doit accueillir ce dimanche « près de 700 cas enregistrés » dans ces foyers.

Une crise sans précédent

L’apparition de ces foyers, au moment où le Maroc entame son déconfinement, a suscité une avalanche de critiques dans le royaume, des médias pointant du doigt la précarité des ouvrières agricoles et le « laxisme » des autorités. 

Mohammed VI reste indifférent à la crise des Marocains bloqués à l’étranger
Read More »

Pays de 35 millions d’habitants, le Maroc apparaît toutefois relativement épargné avec 9 839 contaminations au total, dont 8 223 guérisons et 213 décès officiellement recensés. 

Aucune annonce n’a été faite sur la date de réouverture des frontières, verrouillées depuis mi-mars, tandis que le tourisme, secteur clé de l’économie marocaine, est plongé dans une crise sans précédent. 

Le Maroc devrait connaître cette année sa pire récession depuis 1996, avec une contraction de plus de 5 % de son PIB, du fait de la pandémie de COVID-19 mais aussi d’un faible rendement agricole, selon la Banque centrale du royaume.

5 years ago

L’ONU a averti vendredi que ses vols humanitaires pourraient être massivement interrompus en juillet par manque de fonds, compromettant en grande partie les opérations d’aide.

Le Programme alimentaire mondial (PAM), qui supervise ces vols, a indiqué n’avoir reçu des donateurs que 178 millions de dollars de fonds ou de promesses de fonds sur les 965 millions dollars nécessaires en 2020 pour ses opérations.

« À moins que des fonds substantiels ne soient apportés par les donateurs d’ici la fin de la première semaine de juillet, le PAM n’aura d’autre choix que de clouer au sol la plupart de sa flotte humanitaire », a déclaré à des journalistes à Genève la porte-parole de l’organisation, Elisabeth Byrs.

Traduction : « La logistique est essentielle à la capacité de la communauté internationale à lutter contre les urgences telles que la pandémie de COVID-19. Le PAM travaille d’arrache-pied pour assurer le fonctionnement des lignes d’approvisionnement humanitaire, maintenir les vols et faire en sorte que les humanitaires puissent atteindre ceux qui en ont le plus besoin. »

Avec la persistance de la pandémie du nouveau coronavirus, la flotte humanitaire opère à une échelle sans précédent. « Il est crucial qu’elle ne s’arrête pas au moment où elle est le plus nécessaire », a souligné la porte- parole. 

Ainsi des hôpitaux de pays en développement ne recevraient plus le matériel médical dont ils ont désespérément besoin, a-t-elle averti.

Le PAM doit livrer 78 000 mètres cubes de fournitures médicales pour le compte d’une trentaine d’organisations humanitaires dans les six prochaines semaines mais les moyens actuels ne permettent d’en acheminer que 56 000.

Même si le trafic aérien commercial et cargo mondial reprend lentement et que le PAM peut parfois l’utiliser, cela ne saurait suffire, selon Elisabeth Byrs. En effet, les compagnies ne desservent pas certains endroits où le PAM doit envoyer de l’aide.

5 years ago
Le président iranien Hassan Rouhani prononce un discours, lors de la session inaugurale du nouveau parlement, à Téhéran le 27 mai 2020 (AFP)
Le président iranien Hassan Rouhani prononce un discours, lors de la session inaugurale du nouveau parlement, à Téhéran le 27 mai 2020 (AFP)

L’Iran a dépassé vendredi la barre des 200 000 cas de la maladie COVID-19, ont indiqué les autorités qui ont octroyé aux provinces le droit de rétablir elles-mêmes les restrictions pour lutter contre la propagation du virus.

La porte-parole du ministère de la Santé, Sima Sadat Lari, a fait état de 2 615 nouveaux cas ces dernières 24 heures, portant le chiffre total de personnes infectées à 200 262.

« Armageddon » : quand le coronavirus a frappé un hôpital de Téhéran
Read More »

Et 120 personnes sont décédées, ce qui augmente le bilan total des morts à 9 392, a précisé Sima Sadat Lari lors d’une conférence de presse télévisée, appelant ses concitoyens à respecter les consignes sanitaires, notamment la distanciation sociale.

Six des 31 provinces d’Iran -Azerbaïdjan oriental (nord-ouest), Bouchehr et Hormozgan (sud), Kermanchah (ouest), Khouzestan (sud-ouest) et Sistan-Balouchistan (sud-est)- ont été classées rouges vendredi, le niveau d’alerte le plus élevé concernant le risque de propagation de la maladie.

Elles étaient cinq jeudi.

« Chaque province [peut] décider elle-même » de rétablir les restrictions pour lutter contre la pandémie, a annoncé à la télévision d’État le vice-ministre de la Santé, Hossein Erfani.

L’Iran n’a jamais décrété de confinement obligatoire de la population mais a fermé des écoles, annulé les événements publics et interdit tout déplacement entre les provinces en mars avant de lever progressivement les restrictions à partir d’avril.

Pays du Proche et Moyen-Orient le plus touché par la pandémie de COVID-19, l’Iran a enregistré son plus bas bilan journalier début mai, avant d’être confronté ces dernières semaines à une nouvelle hausse, faisant craindre une deuxième vague épidémique, ce que les autorités réfutent.

À plusieurs reprises, les statistiques du gouvernement ont été remises en cause par des experts étrangers ainsi que certains responsables iraniens qui les soupçonnent d’être largement sous-estimés.

5 years ago
L'aéroport international Hamad, à Doha, le 28 avril 2020 (AFP)
L'aéroport international Hamad, à Doha, le 28 avril 2020 (AFP)

Qatar Airways va réduire les salaires des pilotes étrangers et en licencier d’autres pour compenser l’effondrement de son activité provoqué par la crise liée au nouveau coronavirus.

Crise du Golfe : les ouvriers d’Asie du Sud, « victimes oubliées » au Qatar
Read More »

Le fleuron du riche petit État gazier du Golfe, qui desservait avant la crise plus de 170 destinations avec 234 avions, a été lourdement frappé par la brutale suspension du trafic aérien imposée à travers le monde pour contenir la pandémie de COVID-19. 

Les pilotes étrangers les plus anciens « seront soumis à une réduction de 25% » de leurs salaires tandis que les plus jeunes subiront une baisse de 15%, a écrit le directeur des opérations aériennes Jassim al-Haroun dans une lettre datée du 4 juin qui leur est adressée.

« Ces réductions du salaire de base ne seront pas appliquées aux ressortissants qataris », a-t-il précisé.

De « nombreux » pilotes étrangers seront par ailleurs licenciés « dans les prochaines semaines », a indiqué Jassim al-Haroun, sans donner le chiffre exact des personnes concernées.

« C’est très triste. La communication n’a pas été claire. Nous ne savons pas si ce sera la dernière réduction ou s’il y en aura d’autres », a confié à l’AFP un pilote qui a requis l’anonymat. « Sans syndicat, ils peuvent faire ce qu’ils veulent de nos contrats », a-t-il déploré.

Début mai, la compagnie aérienne avait déjà averti le personnel navigant qu’un nombre « important » de licenciements auraient lieu.

L’économie du Qatar, un important exportateur de gaz, a été secouée par le ralentissement économique mondial et l’effondrement des prix de l’énergie.

Les compagnies aériennes du Golfe, qui ont connu une ascension fulgurante ses dernières années, recrutant des milliers d’employés étrangers, ont particulièrement étaient affectées par la pandémie mondiale.

Le trafic aérien au Moyen-Orient et en Afrique du Nord devrait diminuer au moins de moitié en 2020 à cause de cette crise, selon l’Association internationale du transport aérien (Iata).

Fin mai, la compagnie aérienne Emirates de Dubaï, la plus importante du Moyen-Orient, a annoncé son intention de procéder à des suppressions d’emploi, sans donner de chiffres précis.

L’entreprise publique, aux 100 000 salariés, avait procédé en mars à des réductions temporaires de 25 à 50 % des salaires de base de la plupart de son personnel.

Fin mai, Kuwait Airways, a annoncé le licenciement d’environ 1 500 employés expatriés, soit 25 % de son personnel étranger.

5 years ago
zoo palestine

Paons, autruches et babouins figurent parmi les nouveau-nés du zoo de Qalqiliya, où la nature a profité de l’absence d’humains pour s’émanciper. 

zoo palestine

Quinze animaux sont nés dans le minuscule zoo de Qalqiliya, en Cisjordanie occupée, pendant ses deux mois de fermeture aux visiteurs – trois fois plus que d’habitude selon les responsables du zoo. (Reuters/Raneen Sawafta)

zoo palestine

Les responsables du zoo espèrent maintenant que les attractions que sont les nouveau-nés suffiront à attirer de nouveaux visiteurs pour compenser les 200 000 visiteurs perdus pendant la fermeture. (Reuters/Raneen Sawafta)

Lire la suite.

5 years ago
Des médecins se rendent dans la capitale Tunis, pour rendre visite à un patient atteint du coronavirus,  le 6 avril 2020 (AFP)
Des médecins se rendent dans la capitale Tunis, pour rendre visite à un patient atteint du coronavirus, le 6 avril 2020 (AFP)

Plusieurs milliers de soignants ont entamé jeudi une grève générale en Tunisie, et manifesté dans la capitale, pour réclamer une amélioration de la gestion de l’hôpital public et une loi encadrant leur statut après la pandémie de COVID-19.

Infirmiers et techniciens travaillant dans les hôpitaux publics se sont rassemblés devant le ministère de la Santé, brandissant des banderoles où l’on pouvait lire « la santé publique est une richesse nationale » ou encore « les professionnels ne reculeront pas », ont constaté des journalistes AFP.

Malgré un secteur de la santé en crise, la Tunisie réussit à contenir la pandémie
Read More »

Les manifestants, font valoir qu’ils se sont investis dans la lutte contre le nouveau coronavirus, et ont continué à travailler pendant le confinement contrairement aux autres fonctionnaires, exigent une loi spécifique pour encadrer leur statut.

« Durant la crise du COVID, il y a eu 2 ou 3 secteurs qui n’ont pas cessé le travail et qui ont assumé leurs responsabilités pour le pays », a souligné Othmane Jallouli, un responsable syndical de la fédération générale de la santé. « Mais comme d’habitude, nous [les soignants] sommes en première ligne pour la guerre et les derniers pour les remerciements. »

Les dispositions actuelles, communes à tous les fonctionnaires, ne permettent pas d’organiser le travail d’une façon spécifique dans la santé, ni de rémunérer certaines heures supplémentaires, déplorent les manifestants.

La grève a été lancée dans tous les hôpitaux publics du pays à l’appel de la puissante centrale syndicale UGTT, selon qui seules les urgences fonctionnaient jeudi.

La Tunisie a levé cette semaine la plupart des restrictions mises en place dès la début mars, et le pays est parvenu à juguler l’épidémie, qui a fait 50 morts et n’a pas entraîné d’afflux massif dans les hôpitaux. 

Actuellement, aucun malade du COVID-19 n’est hospitalisé dans le pays. Quelques cas sont identifiés chaque jour, pour la plupart des personnes rapatriées via des centres de quarantaine.

Les soignants en contact avec des malades COVID ont vécu hors de leur domicile, effectuant des quarantaines de 7 à 14 jours avant de pouvoir retrouver leurs proches.

Si les médecins sont très bien formés, les hôpitaux publics tunisiens pâtissent d’un manque de moyens et de défaillances de gestion, alors que l’État a soutenu le développement d’un lucratif secteur privé.

Des scandales récurrents ces dernières années ont mis en lumière la nécessité de reformer le secteur, sans que cela ne se concrétise.

5 years ago
Le centre ville de Téhéran, le 3 juin 2020 (AFP)
Le centre ville de Téhéran, le 3 juin 2020 (AFP)

Téhéran a annoncé jeudi moins de 100 morts liées à la maladie COVID-19 en Iran pour la première fois en cinq jours alors que les autorités réimposent des restrictions dans certaines provinces pour lutter contre le virus.

Entre mercredi midi et jeudi à la mi-journée, 87 nouveaux décès dus au virus SARS-CoV-2 ont été recensés par les autorités sanitaires, ce qui porte le bilan de la pandémie à 9 272 morts en Iran, a déclaré à la télévision d’État la porte-parole du ministère de la Santé, Sima Sadat Lari.

« Armageddon » : quand le coronavirus a frappé un hôpital de Téhéran
Read More »

Dans le même temps, 2 596 personnes supplémentaires ont été testées positives au nouveau coronavirus, a ajouté Sima Sadat Lari. Le nombre total de cas confirmés officiellement dans la République islamique atteint désormais 197 647.

Cinq des 31 provinces du pays sont classées en rouge, le niveau de risque maximal en ce qui concerne la propagation du virus, a précisé Mme Lari. Il s’agit des provinces d’Azerbaïdjan-Oriental (nord-ouest), de Bouchehr et Hormozgan (sud), ainsi que de Kermanchah (ouest) et du Khouzestan (sud-ouest).

Selon la télévision d’État, la province d’Hormozgan a ordonné la fermeture de tous les commerces non-essentiels, des parcs et des administrations jusqu’à samedi, sur le modèle de ce qui se fait au Khouzestan (première province à être repassée en rouge) depuis avril.

Les déplacements entre villes sont aussi interdits dans ces deux provinces.

Selon l’agence officielle Irna, l’Azerbaïdjan-Oriental s’apprête également à rétablir des « restrictions », de nature non précisée.

D’autre provinces comme celles de Golestan (nord) et Kohguilouyeh-et-Bouyer-Ahmad (sud-ouest), bien que non classées en rouge ont décidé pour leur part de rétablir des barrages routiers avec prise de température à l’entrée des villes, selon la télévision d’État.

L’Iran a annoncé ses premiers cas de nouveau coronavirus en février. Les chiffres du gouvernement ont été mis en doute par des experts étrangers ainsi que des responsables iraniens, qui les soupçonnent d’être largement sous-estimés.

Les autorités iraniennes ont levé progressivement depuis avril la quasi-totalité des restrictions imposées pour lutter contre la propagation du virus.

Depuis le début du mois de mai, les chiffres officiels traduisent une tendance de hausse des contaminations.

Les autorités ont d’abord affirmé que cette augmentation était le résultat de l’intensification du dépistage.

Elles ont ensuite reconnu que le retour progressif à la normale avait aussi favorisé la propagation du virus, en reprochant à la population de ne pas respecter suffisamment les règles d’hygiène et de distanciation sociale.

5 years ago
Des médecins égyptiens examinent la radiographie pulmonaire d'un patient à l'unité des maladies infectieuses de l'hôpital d'Imbaba, au Caire, le 19 avril 2020 (AFP)
Des médecins égyptiens examinent la radiographie pulmonaire d'un patient à l'unité des maladies infectieuses de l'hôpital d'Imbaba, au Caire, le 19 avril 2020 (AFP)

Amnesty International a appelé jeudi les autorités égyptiennes à mettre fin à leur « campagne de harcèlement » à l’encontre du personnel médical, dont plusieurs membres ont été arrêtés pour avoir critiqué la gestion par le gouvernement de la crise sanitaire liée au nouveau coronavirus.

Sous-équipés et peu préparés, les soignants représentent 11 % des contaminations en Égypte, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Coronavirus en Égypte : des médecins sans protection au bord de la révolte
Read More »

Depuis mars, huit soignants ont été « arrêtés arbitrairement par l’Agence nationale de la sécurité », principal organe de sécurité d’Égypte, après avoir émis des opinions critiques du gouvernement sur les réseaux sociaux, affirme Amnesty dans un communiqué.

Selon cette organisation de défense des droits humains, certains soignants racontent avoir subi des menaces de la part des services de sécurité, ainsi que de la part de leur hiérarchie.

« Ils obligent les médecins à choisir entre la mort et la prison », a confié un membre du syndicat des médecins, sous couvert d’anonymat, à Amnesty International.

L’ONG a appelé les autorités en Égypte à « cesser leur campagne de harcèlement et d’intimidation à l’encontre des […] travailleurs de la santé ayant fait part de préoccupations liées à leur sécurité personnelle [face au virus] ou critiqué la gestion de la crise de COVID-19 par le gouvernement ».

Le 14 juin, le syndicat des médecins égyptiens a demandé au Parquet de libérer cinq de ses membres arrêtés pour avoir critiqué le gouvernement, et qui ont été accusés « d’appartenir à un groupe terroriste » et de porter « atteinte à la sécurité de l’État ».

« Ces incidents à répétition propagent le désespoir et une peur croissante dans les rangs des médecins, à un moment difficile », a indiqué le syndicat dans une lettre adressée au procureur général.

Plus de 400 médecins ont été infectés dont 68 sont décédés de la maladie liée au virus, selon la même source.

Depuis fin mai, les autorités rapportent plus de 1 000 nouvelles infections quotidiennes, et l’organisation syndicale a mis en garde contre un « possible effondrement total » du système de santé.

L’Égypte, pays de 100 millions d’habitants, a enregistré près de 50 000 cas de COVIDo-19, dont plus de 1 800 morts, selon les chiffres officiels. 

« Les autorités égyptiennes gèrent la crise du COVID-19 selon leur tactique répressive habituelle », a dénoncé Philip Luther, responsable pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Amnesty International. 

Depuis l’arrivée au pouvoir en 2014 du président Abdel Fattah al-Sissi, une vague de répression impitoyable s’est abattue contre toute forme de dissidence, dans un pays qui compterait 60 000 prisonniers d’opinion, selon les ONG de défense des droits humains. 

5 years ago
Le site de l'Expo 2020 en construction, à Dubaï, le 14 juin 2020 (AFP)
Le site de l'Expo 2020 en construction, à Dubaï, le 14 juin 2020 (AFP)

Employés malades, casse-tête logistique… rien n’y fait : malgré le report d’un an du fait de la pandémie de COVID-19, des bataillons entiers d’ouvriers masqués s’échinent pour terminer, dans les délais initialement prévus, les chantiers du gigantesque site de l’Expo 2020 Dubai.

Rues et centres commerciaux désertés : la peur du coronavirus plombe la saison touristique à Dubaï
Read More »

Dubaï a investi 8,2 milliards de dollars pour assurer le succès, durant six mois, de l’exposition universelle présentée comme le plus grand événement jamais organisé dans un pays arabe. Voulue comme un moyen de stimuler l’attractivité de la ville, l’exposition affiche déjà son logo partout dans l’émirat.

Aussi, malgré le report à octobre 2021, Dubaï semble vouloir mettre un point d’honneur à livrer dans les délais les principales infrastructures dédiée à l’événement.

Pourtant, les organisateurs font eux-mêmes face à des vents contraires, comme l’apparition de cas d’infections au nouveau coronavirus sur des chantiers.

« Le COVID-19 a affecté bien sûr la logistique et les processus de livraison de certains travaux », reconnaît auprès de l’AFP Ahmed al-Khatib, responsable du développement et des livraisons.

Mais ceux-ci « se poursuivent et certains pavillons ont atteint un stade final. 2020 est l’année de livraison », insiste-t-il.

25 millions de visiteurs ?

Sur le site de 4,5 km2, les pavillons ont commencé à prendre forme. Celui des Emirats arabes unis, en forme de faucon volant, est en voie d’achèvement. Le pavillon adjacent de l’Arabie saoudite ressemble maintenant à une immense fenêtre à ciel ouvert.

La récession économique va-t-elle transformer Dubaï en une ville fantôme ?
Read More »

Sous le thème « connecter les esprits, créer le futur », l’Expo, qui visait les 25 millions de visiteurs, verra la participation de 192 pays, dont Israël, qui n’a pourtant pas de relations avec les Émirats arabes unis.

Servi par une importante campagne de promotion avec des vedettes comme le footballeur Lionel Messi, l’événement avait vocation à servir de planche d’appel pour les secteurs de l’immobilier, du tourisme et du commerce, atones ces dernières années.

Mais la situation a au contraire été aggravée par le ralentissement de l’économie mondiale provoqué par le COVID-19.

Manal AlBayat, chargée de mission à l’Expo 2020 Dubai, veut rester optimiste: le report n’a pas eu d’impact sur « l’engagement à réaliser une exposition qui inspire le monde », assure-t-elle.

« Fort malheureusement, un certain nombre d’employés vont nous quitter. La décision a été très difficile à prendre », ajoute la responsable, en allusion à une vague de licenciements parmi le personnel de l’Expo 2020 Dubai car les budgets ne seront pas augmentés à la suite du report, approuvé en mai par le Bureau international des Expositions (BIE) basé à Paris.

Infections

Sur les chantiers, dans le sud de Dubaï, le COVID-19 n’a pas épargné un certain nombre d’employés et les Émirats arabes unis annoncent encore des centaines de nouvelles infections chaque jour.

Mais des tunnels ont été creusés, des routes pavées, un système de sonorisation et des antennes 5G installés. Et les manguiers et oliviers plantés continuent eux aussi de pousser sous un soleil brûlant.

Parmi les mesures de précaution prises dans le cadre de la lutte contre la pandémie figure la création de centres de tests sur le site et le lancement d’une campagne de sensibilisation, selon Manal AlBayat.

Un ouvrier nettoie le site de l'Expo 2020, à Dubaï, le 14 juin 2020 (AFP)
Un ouvrier nettoie le site de l'Expo 2020, à Dubaï, le 14 juin 2020 (AFP)

Là encore, si elle reconnaît « quelques cas positifs » au sein des ouvriers et parmi le personnel de l’Expo », aucun chiffre ne filtre. Toute personne infectée n’est acceptée sur le site qu’une fois totalement rétablie, enchaîne-t-elle.

Plus de la moitié des cas de coronavirus enregistrés dans les six pays arabes du Golfe, qui dépassent aujourd’hui les 355 000, concernent des travailleurs étrangers, lesquels vivent souvent dans des conditions d’exiguïté.

Pour contenir la pandémie, Dubaï s’est fermée en mars mais veut rouvrir ses portes avant le début de la saison touristique en septembre. L’an dernier, l’émirat avait accueilli 16,7 millions de visiteurs et visait les 20 millions en 2020.

Dans le « monde d’après », Dubaï devra-t-il revoir à la baisse ses objectifs de fréquentation pour son exposition universelle ?

« Nous travaillerons pour atteindre la meilleure fréquentation possible. (…) Un an de report signifie plus de marge de manoeuvre pour améliorer les choses », veut croire Ahmed al-Khatib.

Par Mohamad Ali Harissi, à Dubaï.

5 years ago
Un enfant portant un masque, court après des pigeons, à Rabat, le 16 juin 2020 (AFP)
Un enfant portant un masque, court après des pigeons, à Rabat, le 16 juin 2020 (AFP)

« Ennui », « traumatisme », « effet dévastateur »: de plus en plus de voix au Maroc s’interrogent, voire s’inquiètent, de la nocivité pour les enfants du confinement en vigueur depuis mi-mars et récemment prolongé dans les grands centres urbains.

Au Maroc, l’état d’urgence sanitaire révèle une fois de plus l’hégémonie du pouvoir central
Read More »

Au lendemain de l’annonce, le 9 juin, du maintien des mesures dans une partie du pays, assortie de la prolongation pour un mois de l’état d’urgence sanitaire, la Société marocaine de pédiatrie a adressé une lettre au ministre de la Santé pour « attirer son attention sur l’effet dévastateur » du confinement sur l’enfant.

Massivement reprise dans la presse locale, la lettre de cette association professionnelle appelle à prendre en compte « l’impact psychologique et le traumatisme qui en découlent ». Elle préconise de « prendre des mesures d’assouplissement afin que les enfants puissent sortir des domiciles » en respectant les « mesures barrière ».

« Nous ne remettons pas en cause […] les mesures qui nous ont permis de nous prémunir du COVID-19. Ce que nous demandons c’est […] que l’enfant puisse sortir une à trois heures par jour », explique à l’AFP son président, le Dr Hassan Afilal, arguant que les sorties en plein air sont en outre « peu risquées ».

Chez l’enfant, ce confinement prolongé peut engendrer une « perte de repères », avec des « troubles du comportement », une « irritabilité » et une « déstructuration du sommeil », souligne le spécialiste.

« Douche froide »

Depuis la parution de la lettre, les témoignages se multiplient sur les réseaux sociaux : « mon fils de huit ans est déprimé: il est enfermé depuis trois mois, pleure tout le temps et souffre de migraines chroniques », écrit un père de famille.

« Il n’en peut plus de rester enfermé. Il attendait le 10 juin avec impatience en espérant une levée du confinement mais ça a été la douche froide. Je n’ai plus les mots pour le consoler », témoigne un autre.

 « Au début du confinement les enfants étaient contents de ne pas aller en cours, ensuite l’ennui s’est installé et maintenant ils sont sous pression »

Selon Siham Rachidi, mère de deux enfants

Le Maroc, 35 millions d’habitants, reste à ce jour relativement épargné par le nouveau coronavirus, avec 8 985 contaminations et 212 décès officiellement recensés.

Mais si les autorités ont annoncé un « allégement progressif » du confinement, des restrictions ont été maintenues dans les grandes villes, dont Rabat, la capitale économique Casablanca et la principale destination touristique Marrakech.

Les déplacements y restent soumis à une autorisation, les espaces publics en plein air fermés, la pratique du sport en extérieur est interdite, tout comme les plages et les activités de loisirs, alors que l’été est désormais installé.

« Entre quatre murs »

Siham Rachidi, mère de deux enfants, marche dans le centre-ville de Rabat avec sa fille de huit ans, « qui sort pour la première fois depuis mi-mars afin de consulter un ophtalmologue, à cause du smartphone qu’elle ne lâche plus », dit-elle.

« L’impact psychologique est grand », murmure cette femme au foyer qui vit en appartement, « entre quatre murs ».

Selon Siham Rachidi, « au début du confinement les enfants étaient contents de ne pas aller en cours, ensuite l’ennui s’est installé et maintenant ils sont sous pression ».

Dans la capitale, des barrages policiers sont toujours déployés, mais les rues sont plus animées et la circulation a repris de façon presque normale, avec une tolérance manifestement plus grande des autorités.

Une mère marche avec son fils, à Rabat, le 16 juin 2020 (AFP)
Une mère marche avec son fils, à Rabat, le 16 juin 2020 (AFP)

Les violations de l’état d’urgence sanitaire restent passibles de trois mois de prison et/ou d’une amende maximale de 1 300 dirhams (environ 124 euros).

« Ma fille a presque trois ans et elle a besoin de dépenser son énergie pour dormir », juge aussi Rachid Ali El Adouani, un comédien de 36 ans rencontré dans le vieux centre de Rabat, entre bâtiments administratifs et immeubles Art-déco.

« Avec sa maman, on a multiplié les efforts en lui faisait faire beaucoup d’activités, mais dernièrement elle commence à saturer. Elle réclame d’aller à la plage, de sortir, d’aller au zoo », poursuit le jeune père de famille, assis sur sa grosse moto custom. 

Les autorités ont promis d’accélérer la levée du confinement à partir du 20 juin, avec une « plus grande mobilité des personnes » et la reprise d’activités culturelles, comme l’a lui-même relevé mardi le chef du gouvernement, Saad-Eddine El Othmani.

Par Hamza Mekouar, à Rabat.

5 years ago

Le syndicat des médecins égyptiens a demandé mardi aux autorités de libérer cinq médecins arrêtés pour avoir critiqué la gestion par le gouvernement de la crise sanitaire liée au nouveau coronavirus.

Dans une lettre adressée au procureur général et publiée sur sa page Facebook mardi, l’organisation a appelé à la « libération rapide » de ses membres arrêtés « après avoir publié leurs opinions sur la pandémie » sur les réseaux sociaux.

« Ces incidents à répétition propagent le désespoir et une peur croissante dans les rangs des médecins, à un moment difficile », a indiqué le syndicat dans sa lettre.

Accusés de « diffusion de fausses informations », d’appartenance à un groupe terroriste » et de porter « atteinte à la sécurité de l’État », les cinq praticiens sont toujours en détention provisoire, a indiqué une source sécuritaire, sous couvert d’anonymat.

« Nous n’avons pas de masques pour les médecins ni d’équipements de protection pour les équipes médicales en Égypte mais nous en offrons à la Chine et à l’Italie ?! », s’était offusqué l’un d’entre eux, Hani Bakr, sur sa page Facebook début avril, avant d’être arrêté.

Coronavirus en Égypte : des médecins sans protection au bord de la révolte
Read More »

Pour soigner son image à l’international, Le Caire avait acheminé des tonnes d’équipement de protection médicale en Italie, en Chine, au Soudan et même aux États-Unis, malgré les pénuries en Égypte.

Figurant parmi les pays les plus touchés d’Afrique, l’Égypte, pays de 100 millions d’habitants, a enregistré plus de 46 000 cas de COVID-19, dont près de 1 700 morts, selon les chiffres officiels.

Depuis fin mai, les autorités rapportent plus de 1 000 nouvelles infections quotidiennes, et le syndicat des médecins a mis en garde contre un « possible effondrement total » du système de santé, si les autorités ne réagissaient pas.

Le syndicat représente les quelque 110 000 médecins que compte le pays. 

Depuis le début de la crise, cette dernière a maintes fois interpellé les autorités sur le sort des soignants, sous-équipés et peu préparés à faire face au virus.

Elle a également appelé à mettre en place un confinement total afin d’enrayer la pandémie. Une mesure un temps considérée par Le Caire puis abandonnée.

En mars, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) avait prévenu que 13 % des contaminations en Égypte touchaient le personnel soignant.

5 years ago

Le Maroc devrait connaître en 2020 sa pire récession depuis 1996, avec une contraction de plus de 5 % de son PIB, du fait de la pandémie de COVID-19 mais aussi d’un faible rendement agricole, a annoncé mardi la Banque centrale du royaume.

« Au niveau national, pâtissant de l’effet conjugué de la sécheresse et des restrictions pour limiter la propagation du COVID-19, l’économie accuserait une contraction de 5,2 % en 2020, la plus forte depuis 1996 », a indiqué Bank al-Maghrib (BAM), au terme de sa réunion trimestrielle.

Même si l’institution a dit s’attendre à un rebond de 4,2 % l’an prochain, elle a mis en garde contre une « reprise plus lente de l’activité ou de la persistance de la faiblesse de la demande étrangère et des perturbations des chaînes d’approvisionnement. » Dans ce cas, « la récession serait beaucoup plus profonde », a-t-elle relevé.

Ahmed Azirar : « Les conséquences du coronavirus et de la sécheresse au Maroc seront lourdes, d’autant que Ramadan approche »
Read More »

L’an dernier, le Maroc avait enregistré un taux de croissance de 1,5 % contre 2,7 % en 2018, du fait, déjà, d’une mauvaise pluviométrie. L’agriculture est le premier secteur contribuant au PIB, devant le tourisme et l’industrie.

Face à la pandémie, le royaume a mis en place dès la mi-mars un confinement des plus stricts. À ce jour, il apparaît relativement épargné, avec moins de 10 000 contaminations et 212 décès pour un population de 35 millions d’habitants.

Début juin, les autorités ont toutefois annoncé un déconfinement très progressif, avec le maintien de restrictions dans les grandes villes et la prolongation de l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 10 juillet.

Sur le marché du travail, la Banque centrale marocaine, s’appuyant sur une enquête du Haut commissariat au plan (HCP), a par ailleurs fait état mardi d’une destruction de près de « 726 000 postes, soit 20 % de la main d’oeuvre des entreprises organisées ».

S’agissant des comptes publics, la BAM a dit prévoir un déficit budgétaire de 7,6 % du PIB en 2020, contre 4,1 % l’an dernier.

Dans ce contexte économique dégradé, elle a annoncé une nouvelle réduction de son principal taux directeur, « de 50 points de base », ce qui le ramène à 1,5 %.

5 years ago
Les pèlerins injectent chaque année 10,6 milliards d’euros dans l’économie saoudienne, selon le gouvernement saoudien (AFP)
Les pèlerins injectent chaque année 10,6 milliards d’euros dans l’économie saoudienne, selon le gouvernement saoudien (AFP)

Limiter le nombre de pèlerins ou annuler le hadj en raison de la maladie COVID-19 ? A quelques semaines du grand pèlerinage annuel à La Mecque, l’Arabie saoudite se trouve face à un choix délicat.

Épidémies, politique et conflits : les annulations du hadj au cours des siècles
Read More »

Prévu fin juillet, le hadj est l’un des plus grands rassemblements au monde. Mais alors que le temps presse, le royaume n’a toujours pas dit ses intentions.

En 2019, le pèlerinage, que tout fidèle musulman est censé accomplir au moins une fois dans sa vie s’il en a les moyens, a attiré quelque 2,5 millions de fidèles.

Une telle affluence semble exclue cette année : Ryad a demandé dès fin mars aux pays musulmans– chargés de sélectionner les pèlerins candidats, payer d’avance leurs frais d’hébergement et transports, etc…–de reporter leurs préparatifs.

« Cela va se jouer à pile ou face pour maintenir le hadj ou l’annuler complètement », soupire auprès de l’AFP un responsable d’un pays d’Asie du Sud.

« La décision sera bientôt prise et annoncée », assure de son côté un responsable saoudien.

L’Indonésie, pays musulman le plus peuplé, a pris l’« amère et difficile » décision de renoncer au hadj, tout comme la Malaisie et Singapour.

Le Sénégal a dit lui suspendre « toutes les formalités pour le voyage » des pèlerins. D’autres pays–de l’Égypte au Maroc en passant par la Turquie ou le Liban– attendent toujours une décision de Ryad.

En France, les fidèles ont été appelés par le Conseil français du culte musulman à « différer » leur pèlerinage à 2021.

« Gagner du temps »

En raison de la promiscuité entre pèlerins, le hadj peut devenir un énorme vecteur de contagion de la maladie COVID-19. 

Arabie saoudite : « Vision 2030 » à l’épreuve du COVID-19
Read More »

Mais toute décision pour limiter ou annuler le hadj pourrait susciter la colère de musulmans estimant que la religion doit être au-dessus des préoccupations sanitaires.

Et Ryad pourrait voir son rôle de gardien des lieux saints de l’islam remis en question alors qu’il s’agit d’une puissante source de légitimité politique, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur du royaume.

Déjà, des incidents mortels– dont une bousculade ayant fait en 2015 quelque 2 300 morts– avaient suscité des critiques sur la gestion du hadj par Ryad.

« Le retard dans l’annonce de sa décision montre que [l’Arabie saoudite] pèse les conséquences politiques de l’annulation du hadj ou de la réduction de son ampleur », estime Umar Karim, chercheur au Royal United Services Institute de Londres.

Le royaume « gagne du temps », juge le responsable d’un pays d’Asie du Sud.

« Si les Saoudiens disent, à la dernière minute, être prêts pour le hadj, de nombreux pays ne seront pas en mesure d’y participer », remarque-t-il.

De nombreux vols internationaux étant suspendus, un hadj n’accueillant que les personnes habitant en Arabie saoudite est un scénario possible, ajoute-t-il.

Avec 120 000 cas– dont plus de 1 000 décès– déclarés officiellement, le pays cherche toujours à contenir le nouveau coronavirus.

Les autorités ont ainsi renforcé les mesures de confinement à Jeddah (ouest), porte d’entrée de la Mecque.

« Cœur brisé »

Maintenu lors des épidémies d’Ebola et du MERS-CoV (syndrome respiratoire du Moyen-Orient), l’annulation du hadj serait une première depuis la fondation du royaume en 1932.

La beauté du hadj réside dans les pèlerins qui s’unissent contre vents et marées
Read More »

« Si l’Arabie saoudite le maintient, elle accentuera la pression sur son propre système de santé », juge Yasmine Farouk, du centre Carnegie.

Et si le virus se propage, « elle pourrait aussi en être tenue responsable », souligne-t-elle.

Un hadj annulé ou limité serait aussi une perte de revenus pour le royaume, qui subit déjà le double choc de la pandémie et de la chute des prix du pétrole.

Lors du hadj et de la oumra– le petit pèlerinage, qui peut s’effectuer toute l’année et qui a été suspendu en mars–, les pèlerins injectent chaque année 10,6 milliards d’euros dans l’économie saoudienne, selon le gouvernement.

En cas d’annulation du hadj, Ryad décevrait des millions de musulmans, qui consacrent parfois toutes leurs économies à ce pilier de l’islam.

« Je ne peux pas m’empêcher d’avoir le cœur brisé. j’attends depuis des années » ce moment, se désole, en pleurs, une fonctionnaire indonésienne Ria Taurisnawati, 37 ans.

Par Anuj Chopra, à Ryad.

5 years ago
L'aéroport international Hamad, à Doha, le 28 avril 2020 (AFP)
L'aéroport international Hamad, à Doha, le 28 avril 2020 (AFP)

Des travailleurs égyptiens bloqués au Qatar à cause de la crise du nouveau coronavirus sont retournés lundi au Caire avec le premier des 18 vols de rapatriement prévus malgré la rupture des relations officielles entre les deux pays depuis trois ans.

Les 174 passagers ont quitté Doha en fin de journée dimanche en direction de Mascate, à Oman, d’où ils ont voyagé jusqu’au Caire, une escale destinée à respecter l’interdiction faite par l’Égypte du trafic aérien direct entre les deux pays, ont rapporté les médias égyptiens.

« Les premiers vols d’évacuation égyptiens ont décollé du Qatar », a écrit l’Association égyptienne de Doha, un groupe communautaire sur Facebook. 

En Égypte, la pandémie enfonce les travailleurs pauvres dans la précarité
Read More »

Il s’agit d’une rare coordination entre ces deux États rivaux, depuis que l’Égypte, aux côtés de l’Arabie saoudite, des Emirats arabes unis et Bahreïn, a rompu ses relations diplomatiques et économiques avec le Qatar en juin 2017.

Les quatre alliés reprochent au riche petit émirat gazier de soutenir les mouvements islamistes, de trop se rapprocher des rivaux régionaux– Iran et Turquie– et de semer le trouble dans le monde arabe avec la chaîne d’information Al-Jazeera. Doha nie toutes ces accusations.

Les 174 ressortissants égyptiens, parmi les 300 000 résidant au Qatar, sont arrivés au Caire, a rapporté lundi le site du journal gouvernemental Al-Ahram.

Il s’agit du  premier des « 18 vols extraordinaires » mis en place par Le Caire pour rapatrier quelque 3 000 de ses ressortissants bloqués au Qatar, selon le ministère de l’Émigration égyptien.

Ce premier vol intervient deux semaines après une rare manifestation d’Égyptiens brandissant leur passeport devant l’ambassade inoccupée de leur pays à Doha. 

Des milliers de travailleurs immigrés au Qatar, où 90 % de la population est étrangère, ont perdu leur emploi avec le ralentissement économique provoqué par la pandémie du nouveau coronavirus.

Beaucoup n’ont pas pu rentrer chez eux en raison de la suspension du trafic aérien mondial. 

L’Inde, qui compte une importante communauté au Qatar, a rapatrié près de 6 000 de ses citoyens bloqués dans l’émirat. 

Les secteurs clé de l’énergie, l’hôtellerie et l’aviation ont été particulièrement affectés par la crise du COVID-19. Dans ce contexte, de grandes entreprises comme Qatar Airways et Qatar Petroleum ont averti que des licenciements importants auraient lieu.

5 years ago
Des chauffeurs de taxi algériens participent à une manifestation, à  Alger, le 15 juin 2020 (AFP)
Des chauffeurs de taxi algériens participent à une manifestation, à Alger, le 15 juin 2020 (AFP)

Une centaine de chauffeurs de taxi ont manifesté lundi à Alger pour dénoncer les conditions jugées « drastiques » de la reprise leurs activités, annoncée par le gouvernement dans le cadre d’une nouvelle phase de déconfinement en Algérie.

Cauchemar économique ou opportunité ? Le Maghreb face à l’après-coronavirus
Read More »

Les protestataires se sont rassemblés sans incidents devant le siège du syndicat national des chauffeurs de taxi à Alger, surveillés par des véhicules de la police.

« Nous avons consenti d’énormes sacrifices en raison de la pandémie. Et aujourd’hui, nous sommes étonnés de découvrir les conditions drastiques dictées par le gouvernement », a expliqué à l’AFP Saïd, un chauffeur syndicaliste d’Alger.

Le gouvernement a autorisé dimanche la reprise de la circulation des transports urbains (taxis, bus et tramways). Mais les conditions très strictes imposées par les autorités suscitent le mécontentement de chauffeurs de taxi inquiets pour leur budget.

Ces derniers doivent installer une séparation en plexiglas entre le chauffeur et le passager et mettre une solution hydroalcoolique à la disposition de leurs clients.

En outre, ils ne peuvent transporter qu’un seul client, qui doit s’installer sur la banquette arrière.

Pour Karim, 31 ans, père de cinq enfants, les autorités doivent payer « le coût de la mise en oeuvre de toutes les dispositions sanitaires dans les taxis ». 

« Si je dois payer pour le gel, le masque et le plexiglas, je ne pourrais jamais m’en sortir », a-t-il souligné.

Le port du masque sanitaire est obligatoire depuis le 24 mai et les contrevenants sont condamnés à de lourdes amendes.

« Mon frère, si tu as peur du corona, ben, c’est à toi de me fournir la vitre séparatrice, de refaire l’intérieur de la voiture », s’exclame Abdelkrim, un chauffeur âgé de 38 ans.

« Quand je fais une course de 50 dinars [0,50 euro], je dois fournir au client un masque de 80 dinars et du gel hydroalcoolique, combien je dois dépenser pour un client ? 200 dinars ? Ce n’est pas normal », expose-t-il.

Selon le dernier bilan officiel, 10 810 cas de contamination ont été officiellement recensés en Algérie, dont 760 décès, depuis le 25 février.