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Coronavirus : suivez l’actualité dans la région MENA

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Coronavirus : suivez l’actualité dans la région MENA
L’épidémie du nouveau coronavirus bouleverse une région déjà sous tension. Suivez sur ce fil les derniers développements au Maghreb et au Moyen-Orient

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5 years ago
Une Iranienne passe devant une station de métro, à Téhéran, le 10 juin 2020 (AFP)
Une Iranienne passe devant une station de métro, à Téhéran, le 10 juin 2020 (AFP)

Téhéran a annoncé mercredi plus de 2 000 nouveaux cas de contamination par le nouveau coronavirus en Iran, où les autorités jugent que la tendance de hausse des cas confirmés depuis début mai est le résultat d’une intensification du dépistage.

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« Quand on mène plus de tests, alors, naturellement, on identifie davantage de cas », a déclaré le président iranien Hassan Rohani lors d’une allocution télévisée.

La hausse récente n’a rien de « négatif », a-t-il ajouté, « les gens ne doivent pas s’inquiéter ».

Entre mardi midi et mercredi à la mi-journée, les services sanitaires ont recensé 2 011 nouvelles personnes contaminées par le SARS-CoV-2 et 81 nouveaux décès provoqués par ce virus, a annoncé Sima Sadat Lari, porte-parole du ministère de la Santé.

Ces chiffres portent le bilan officiel de l’épidémie à 8 506 morts sur un total de 177 938 personnes contaminées en Iran, pays du Moyen-Orient de loin le plus touché par la pandémie de COVID-19.

À plusieurs reprises, les chiffres officiels ont été remis en cause par des experts étrangers ainsi que certains responsables iraniens qui les soupçonnent d’être largement sous-estimés.

Selon le ministère, plus d’un million de tests de dépistage de la maladie ont été réalisés en Iran depuis l’annonce des premiers cas dans le pays en février.

Les autorités ont levé progressivement depuis avril les restrictions qui avaient été imposées pour lutter contre la propagation de l’épidémie de pneumonie virale, au point que l’activité semble avoir repris un cours presque normal dans la majeure partie du pays.

Reconnaissant que la hausse des cas constatés pourrait aussi être due à un relâchement de la discipline et de la vigilance face au virus, plusieurs hauts responsables sanitaires iraniens ont fait part de leur craintes que la maladie continue de gagner du terrain et multiplient les appels enjoignant la population de se plier aux règles d’hygiène et de distanciation sociale.

5 years ago
L'hôpital du centre médical Sheba, à Tel-Aviv, le 3 juin 2020 (AFP)
L'hôpital du centre médical Sheba, à Tel-Aviv, le 3 juin 2020 (AFP)

Israël met fin mercredi au traçage par le service de sécurité intérieure des personnes possiblement infectées par le nouveau coronavirus faute de dispositif légal permettant sa poursuite, a annoncé une commission de Parlement (Knesset).

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Depuis mi-mars, lorsque le nombre de personnes contaminées par le virus a commencé à augmenter en Israël, le gouvernement a approuvé en mesure d’urgence l’utilisation des moyens du Shin Bet, d’ordinaire focalisé sur les activités antiterroristes, pour collecter des données sur les citoyens et géolocaliser les portables de malades potentiels.

Ce programme de surveillance controversé, dénoncé comme une atteinte à la vie privée par des associations de défense des droits humains, a été attaqué devant la Cour suprême qui a demandé au gouvernement de l’encadrer par une loi.

Un comité parlementaire avait accordé lundi 48 heures supplémentaires au gouvernement pour lancer des travaux législatifs mais ces derniers n’avaient toujours pas débuté mercredi.

« À partir de minuit aujourd’hui, il ne sera plus légal d’utiliser le Shin Bet pour localiser des téléphones dans le cadre de la lutte contre le coronavirus », a déclaré le président de la commission parlementaire des Affaires étrangères et de la Défense, Zvi Hauser.

« Le fait que le gouvernement a décidé à ce stade de ne pas faire progresser une législation qui aurait régulé l’utilisation du Shin Bet prouve que l’insistance de notre commission sur le recours à des alternatives a été prise en compte », a-t-il indiqué dans un communiqué.

Israël, qui compte une population d’environ neuf million d’habitants, a enregistré son premier cas de coronavirus le 21 février.

Depuis, plus de 18 180 cas confirmés de contaminations au nouveau coronavirus ont été rapportés, et 299 décès.

Plus tôt cette semaine, le chef du Shin Bet, Nadav Argaman, avait fait part de son mécontentement aux membres d’un comité parlementaire sur l’utilisation de ses services pour le traçage du virus, selon un responsable de sécurité.

5 years ago
Egypt
Opération de désinfection des pyramides de Guizeh, en Égypte, le 25 mars 2020 (AFP)

Des pyramides aux plages de la mer Rouge, en passant par les monuments du Caire, l’Égypte, qui se débat encore avec la pandémie de nouveau coronavirus, s’organise pour rouvrir le pays aux visiteurs.

En Égypte, « nous préparons le terrain pour que les touristes du monde entier trouvent une destination […] dans des conditions sanitaires exemplaires », assure le ministre du Tourisme Khaled El-Enani, lors d’un entretien avec l’AFP.

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Si les mesures de réouverture seront annoncées « dans les prochains jours », il affirme que les autorités ne sont « pas pressées ».

« On attend que la courbe [des contaminations] soit stable », dit-il, tout en se félicitant de chiffres « très bas par rapport aux pays de la région et du monde ».

L’Égypte a enregistré environ 33 000 cas de maladie COVID-19 dont plus de 1 200 morts, selon les statistiques officielles, que des experts jugent sous-estimés. Des chiffres élevés pour la région mais qui, comparés à sa population (100 millions d’habitants), présentent un faible taux de mortalité.

Selon le ministre, les premières destinations touristiques à rouvrir seront les stations balnéaires de la mer Rouge et les plages méditerranéennes à l’ouest d’Alexandrie.

Il annonce aussi la réouverture prochaine de certains hauts lieux du tourisme égyptien comme les pyramides de Guizeh, le temple de Karnak ou la tombe de Toutankhamon où seules 10 personnes pourront entrer à la fois.

Là où la densité de touristes au mètre carré risque d’être trop élevée, notamment dans des lieux clos, « cela viendra dans un second temps », dit-il. 

L’année touristique 2020 promettait une fréquentation record en Égypte, dans un secteur qui se remettait à peine de l’instabilité liée à la révolte populaire de 2011 et la chute du régime d’Hosni Moubarak.

Quelque 15 millions de touristes étaient attendus–contre 13 en 2019– avant que les vols internationaux ne soient suspendus le 19 mars en raison du nouveau coronavirus.

Aides financières

En mai, après plus de deux mois de fermeture, l’Égypte a rouvert des hôtels aux touristes égyptiens « avec une capacité de 25 %, augmentée le 1er juin à 50 % », indique le ministre.

Pour rouvrir, les hôtels doivent prendre des mesures sanitaires comme fournir aux clients des masques et du gel désinfectant, désinfecter les parties communes toutes les heures, n’utiliser les ascenseurs qu’à 50 % de leur capacité.

Sur 178 hôtels ayant demandé la réouverture en mai, seuls 73 y ont été autorisés, dit Khaled El-Enani.

« Je ne peux pas prendre de risques », assure-t-il. « Je préfère soutenir l’hôtel [financièrement], mais qu’il n’ouvre pas. »

En 2019, le secteur touristique avait généré 11,5 milliards d’euros de recettes, selon les chiffres officiels. La pandémie a causé un « coup de frein », reconnaît le ministre, sans donner d’estimation précise des pertes.

Début avril, la ministre de la Planification Hala El-Saïd avait évoqué publiquement des pertes possibles de l’ordre de 4,4 milliards d’euros en 2020.

Pour soutenir le secteur qui emploie directement plus d’un million de personnes, la banque centrale d’Égypte a autorisé des prêts dans le secteur, « jusqu’à 50 milliards de livres égyptiennes (2,7 milliards d’euros) à des intérêts très réduits, 5 % environ », selon Khaled El-Enani.

Les fonds ont servi à « payer les salaires des employés à l’entretien et au développement des hôtels, des bus, des croisières, des agences de voyage », dit-il.

Des facilités accordées à condition que les entreprises « ne virent pas les employés », précise le ministre, qui assure avoir annulé les permis de travail d’hôtels ayant licencié des employés.

Tandis que l’économie se remet à peine d’une crise sans précédent, le gouvernement a multiplié les sources de financement.

En mai, le Fonds monétaire international (FMI) a accordé une aide d’urgence à l’Égypte de presque 2,8 milliards de dollars, soit 2,4 milliards d’euros. Vendredi l’institution a donné son accord de principe pour une autre aide de 5,2 milliards de dollars (4,6 milliards d’euros), toujours pour faire face à l’impact économique de la pandémie.

Et, bien que son inauguration fin 2020 a été reportée, le secteur du tourisme mise sur l’ouverture l’année prochaine du Grand Egyptian Museum (GEM), près des pyramides de Guizeh.

Le GEM « va être un atout touristique et un point d’attraction très solide », assure Khaled El-Enani.

Par Emmanuel Parisse, au Caire.

5 years ago
Le Grand d'Istanbul, le 1er juin 2020 (AFP)
Le Grand Bazar d'Istanbul, le 1er juin 2020 (AFP)

Le président Recep Tayyip Erdoğan a annoncé mardi la levée sous conditions du confinement imposé aux seniors et aux jeunes pour lutter contre la propagation du coronavirus.

Soumis à un confinement obligatoire respectivement depuis le 21 mars et le 4 avril, les personnes âgées de plus de 65 ans et de moins de 18 ans sont désormais autorisées à sortir de chez elles, a indiqué Recep Tayyip Erdoğan.

Pour les seniors, ces sorties peuvent se faire entre 10 h 00 et 20 h 00 (07 h 00 et 17 h 00 GMT) alors que les moins de 18 ans doivent être accompagnés de l’un de leurs parents, a-t-il précisé.

Il a en outre annoncé la réouverture des théâtres et des salles de cinéma à partir du 1er juillet dans le respect des règles d’hygiène.

La Turquie avait levé le 1er juin la plupart des restrictions qui étaient en vigueur pour lutter contre le nouveau coronavirus, qui a fait plus de 4 700 morts sur près de 172 000 cas officiellement recensés dans le pays.

Ainsi bibliothèques, restaurants et crèches ont pu rouvrir  et les déplacements entre les principales villes du pays, interdits ou restreints depuis deux mois, sont à nouveau autorisés.

En mai, la Turquie avait autorisé la réouverture des centres commerciaux et des salons de coiffure.

5 years ago
Des Marocains attendent avant de se faire tester pour la maladie de COVID-19, à Rabat, le 27 mai 2020 (AFP)
Des Marocains attendent avant de se faire tester pour la maladie de COVID-19, à Rabat, le 27 mai 2020 (AFP)

À l’issue d’un Conseil de gouvernement mardi soir, l’exécutif a annoncé la prolongation de l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 10 juillet et « l’assouplissement progressif des mesures de confinement », en « prenant en compte les « écarts sanitaires entre régions », selon un communiqué officiel. 

Le dispositif d’allégement des restrictions n’a pas été détaillé, mais le Premier ministre Saad-Eddine El Othmani est attendu mercredi au Parlement pour en présenter les grandes lignes. 

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Les restrictions avaient déjà été sensiblement assouplies fin mai, avec l’ouverture de certains commerces, bien que l’activité économique reste encore largement paralysée. 

Aucune annonce n’a été faite sur la réouverture des frontières, fermées depuis mi-mars, alors que plus de 30 000 Marocains sont bloqués aux quatre coins du monde, multipliant les appels pour rentrer chez eux. 

Jusqu’ici, quelque 1 100 personnes ont pu regagner leur pays depuis l’Algérie et les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla. 

« Le Maroc entamera dans 48 heures le rapatriement des Marocains bloqués en Espagne » suivis de ceux se trouvant en Turquie, en France, dans les pays du Golfe et en Afrique, a annoncé mardi le ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita. 

Quelque 91 000 personnes ont été interpellées pour violation de l’état d’urgence sanitaire et environ 4 000 d’entre elles placées en détention, selon le dernier bilan officiel publié fin mai.

L’ONG Amnesty international a dénoncé mardi des sanctions « disproportionnées », allant jusqu’à trois mois de prison, en citant « au moins cinq militants des droits humains et journalistes citoyens » poursuivis pour avoir « critiqué de façon pacifique la gestion de la crise du COVID-19 » par le royaume. 

Au total, 8 437 cas de contamination ont été enregistrés dans ce pays de 35 millions d’habitants, dont 210 décès et 7 493 guérisons, selon le bilan de mardi. Tous les patients sont traités à la chloroquine. 

De 2 000 par jour, le nombre de tests est passé à 17 500 quotidiennement. Une campagne « massive » de dépistage pour les salariés du privé vient d’être lancée par le patronat marocain et un laboratoire de dépistage mobile a été mis en place mardi dans la région de Casablanca, capitale économique et zone la plus touchée. 

Rabat a déployé toute une panoplie d’aides pour les entreprises paralysées, les salariés en arrêt de travail temporaire et les travailleurs de l’informel. 

5 years ago
Le président iranien Hassan Rouhani (à droite) au nouveau parlement, à Téhéran, le 27 mai 2020 (AFP)
Le président iranien Hassan Rouhani (à droite) au nouveau parlement, à Téhéran, le 27 mai 2020 (AFP)

Près de 15 millions d’Iraniens pourraient avoir été contaminés par le nouveau , a rapporté mardi l’agence iranienne Isna, en citant un médecin membre du comité national de lutte contre la maladie.

« Selon les résultats [de diverses études], environ 15 millions d’Iraniens pourraient avoir connu une contamination par ce virus », écrit Isna en citant le Dr Ehsan Mostafavi.

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Ce chiffre correspondrait à un peu moins de 19 % de la population de l’Iran (environ 81 millions d’habitants), où, selon les derniers chiffres officiels 175 927 cas de contaminations par le coronavirus ont été confirmés.

Mais il doit être pris « avec précaution », car il s’agit d’une extrapolation à partir de tests sérologiques réalisés sur des patients ayant guéri de la maladie (afin d’identifier leurs anticorps), et « il convient aussi de mentionner que ce résultat est relativement semblable à ceux d’autres études réalisées dans le reste du monde », écrit Isna en citant le même médecin épidémiologiste. 

Pour le Dr Mostafavi, cela montre néanmoins que le virus est « nettement moins mortel que ce que nous ou le monde avions prévu », ajoute Isna.

L’Iran, qui a déclaré ses premiers cas de contamination en février est le pays du Moyen-Orient le plus touché par la pandémie de COVID-19.

Selon la nouvelle porte-parole du ministère de la Santé, Sima Sadat Lari, 74 personnes ont succombé à la maladie entre lundi et mardi, ce qui porte à 8 425 morts le bilan de l’épidémie en Iran.

Dans le même temps, les services sanitaires ont confirmé 2 095 nouveaux cas de contamination, a ajouté Sima Sadat Lari lors d’une conférence de presse télévisée.

Nommée mardi pour remplacer Kianouche Jahanpour, Sima Sadat Lari s’est vu recommander par le ministre de la Santé, Saïd Namaki, d’« éviter de politiser » les dossiers dont elle a la charge et de se coordonner avec lui « avant de faire la moindre déclaration sur les réseaux sociaux ou à la presse », selon un communiqué officiel.

Kianouche Jahanpour s’était retrouvé sous le feu des critiques début avril après avoir déclaré que les statistiques chinoises sur la maladie COVID-19 étaient une « plaisanterie de mauvais goût ».

Contraint de se rétracter, il avait loué le soutien « inoubliable » de Pékin à la République islamique « en ces temps d’épreuve » après que l’ambassadeur de Chine en Iran fut monté au créneau sur Twitter pour dénoncer ces propos.

La Chine est un partenaire vital pour une République islamique à l’économie mise à mal par les sanctions américaines.

5 years ago
Une photo distribuée par la présidence égyptienne, montre le président Abdel Fattah al-Sisi (à droite), lors d'une visite d'une base militaire, au Caire, le 7 avril 2020
Une photo distribuée par la présidence égyptienne, montre le président Abdel Fattah al-Sisi (à droite), lors d'une visite d'une base militaire, au Caire, le 7 avril 2020

Le Fonds monétaire international et le gouvernement égyptien ont trouvé un accord de principe sur le versement de 5,2 milliards de dollars d’aide d’urgence pour faire face à la pandémie de coronavirus.

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Cette aide d’urgence, assortie d’un programme de réformes économiques de 12 mois, sera versée dans le cadre de ce que le Fonds appelle un accord de confirmation, l’instrument financier de base de l’institution de Bretton Woods, précise l’institution dans un communiqué.  

Le conseil d’administration devra « dans les semaines à venir » donner un feu vert définitif au programme mais il suit en règle générale les recommandations des équipes de spécialistes.

Uma Ramakrishnan, qui dirigeait la délégation du FMI et a mené les négociations par téléconférence avec les autorités égyptiennes, du 19 mai au 5 juin, s’est félicitée que l’accord « aide aux efforts des autorités pour maintenir la stabilité macroéconomique en plein choc lié au COVID-19, tout en poursuivant des réformes structurelles clé ».

Pour Uma Ramakrishnan « cela permettra à l’Égypte de préserver les avancées de ces trois dernières années tout en renforçant la capacité du pays à afficher une reprise durable, une croissance et une création d’emplois plus inclusives sur le moyen terme ».

Le Fonds indique que le programme doit aussi aider aux dépenses en matière de santé et de réduction de la pauvreté tout en stimulant le secteur privé.

5 years ago
Le médecin yéménite Sami al-Hajj, répond à des appels téléphoniques dans la capitale Sanaa, le 2 juin 2020 (AFP)
Le médecin yéménite Sami al-Hajj, répond à des appels téléphoniques dans la capitale Sanaa, le 2 juin 2020 (AFP)

Au Yémen, pays ravagé par la guerre et désormais aussi confronté à l’épidémie de COVID-19, un médecin parcourt Sanaa en voiture pour soigner les plus pauvres, un geste salué sur les réseaux sociaux.

« Arrêtez-moi si vous avez besoin d’un docteur »: sur la vitre arrière de son 4x4, le Dr Sami Yahya al-Hajj a placé un autocollant pour indiquer qu’il offre des consultations médicales gratuites. À côté, un portrait dessiné la représente avec sa barbe et ses lunettes carrées. 

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Alors qu’il dispense conseils et prescriptions aux plus pauvres de la capitale, son téléphone ne cesse de recevoir messages et appels de patients qui tentent de lui expliquer leurs symptômes.

Le Dr Hajj dit avoir commencé à donner des consultations gratuites sur les réseaux sociaux mais a décidé de passer à la vitesse supérieure pour atteindre ceux qui n’ont pas accès à internet.

« J’ai pensé aux pauvres et à ceux qui sont dans le besoin et qui ne peuvent pas obtenir d’avis médicaux ou n’ont pas l’argent pour se faire ausculter », a-t-il déclaré à l’AFP.

L’épidémie de COVID-19 s’ajoute à la pire crise humanitaire au monde selon les Nations unies, après plus d’une demie décennie de guerre entre le gouvernement et les rebelles Houthis, qui a fait des dizaines de milliers de morts dans le pays, pour la plupart des civils.

Le conflit a déplacé quelque quatre millions de personnes et exposé de nombreuses autres à la malnutrition et à la maladie.

D’après l’ONU, environ 24 millions de Yéménites– plus des deux tiers de la population– dépendent d’une forme ou d’une autre d’aide humanitaire.

Consultation improvisée

Le système de santé du pays s’est pratiquement effondré, le rendant très vulnérable à la propagation des épidémies.

À Sanaa, tenue par les rebelles, le Dr Hajj est interpellé dans sa voiture par un homme qui roule à ses côtés.

« Ma femme souffre depuis une semaine ou deux… », crie l’homme, avant que le médecin ne lui demande de s’arrêter pour une petite discussion.

La voiture du médecin yéménite Sami al-Hajj, à Sanaa, le 2 juin 2020 (AFP)
La voiture du médecin yéménite Sami al-Hajj, à Sanaa, le 2 juin 2020 (AFP)

Après une consultation improvisée au bord de la route, le Dr Hajj lui prescrit des vitamines pour sa femme.

« Nous, médecins, sommes en première ligne face à cette pandémie et nous devons donner nos conseils même en dehors des centres médicaux », affirme le médecin bénévole, suivi par près de 18 000 personnes sur Facebook.

« Nous devons sauvegarder la santé des pauvres car elle fait partie de celle l’ensemble de la communauté », poursuit-il.

Officiellement, les autorités n’ont annoncé que des centaines de cas de contamination au nouveau coronavirus, dont 112 décès.

Mais selon l’ONU, les tests restent limités et il est probable que la plupart des régions du pays soient touchées.

Sur Facebook, l’un des fans du Dr Hajj a salué « une noble et belle contribution du médecin (…) qui soigne gratuitement les pauvres dans les rues ».

« J’aimerais que tous les médecins yéménites fassent de même dans la situation actuelle », a ajouté l’internaute.

5 years ago
Les célèbres eaux virevoltantes de la fontaine de Dubaï, le le 5 juin 2020 (AFP)
Les célèbres eaux virevoltantes de la fontaine de Dubaï, le le 5 juin 2020 (AFP)

Virevoltant entre des tables distanciées, les serveurs d’un restaurant de Dubaï, gantés et masqués, versent du vin dans des gobelets en plastique pendant que les clients plantent des fourchettes jetables dans des steaks servis sur des assiettes en papier.

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« La prochaine fois, vous pouvez apporter vos propres couverts », conseille à un couple de clients un serveur de l’établissement qui a bâti jadis sa réputation sur la promesse d’une expérience gastronomique unique.  

D’autres restaurants ont cependant déjà ressorti assiettes et couverts de luxe au moment où Dubaï, le plus connu des sept membres de la fédération des Émirats arabes unis, entame un retour progressif à la normale.

Mais avec les restrictions toujours en place, le sentiment est que l’ambiance n’est plus ce qu’elle était.  

« Le luxe n’est plus si luxueux », ironise une expatriée suédoise de 31 ans. « Je ne pense pas que les choses vont revenir à la normale avant longtemps », confie-t-elle à l’AFP.

« Se réinventer »

Avec peu de ressources pétrolières par rapport à ses voisins, Dubaï, qui se targue d’avoir l’économie la plus diversifiée du Golfe, s’est forgé une réputation de centre financier, commercial et touristique.

La ville est connue pour ses gigantesques centres commerciaux, ses restaurants haut de gamme, ses clubs branchés et ses complexes hôteliers cinq étoiles, qui tous on été très affectés par la crise sanitaire.

Les habitudes devront changer, estiment Karen Young, chercheuse à l’American Enterprise Institute, à propos des façons de voyager, consommer et de se divertir. 

Le cinéma du Dubai Mall, à Dubaï, le 27 mai 2020 (AFP)
Le cinéma du Dubai Mall, à Dubaï, le 27 mai 2020 (AFP)

« C’est le bon moment pour explorer de nouvelles choses. Les restaurants et les clubs bondés ne sont plus à la mode, mais les chefs à domicile oui », dit-elle à l’AFP.

« Nous ne pouvons pas nous attendre à un retour à la normale de sitôt. La reprise va nécessiter de se réinventer. »

Si Dubaï assouplit progressivement les restrictions, le port d’un masque reste obligatoire à l’extérieur de la maison et un couvre-feu nocturne est toujours en vigueur. 

Les habitants peuvent se rendre à la plage, dîner dans les restaurants et faire des emplettes dans les centres commerciaux qui peuvent désormais fonctionner à 100 % de leur capacité. 

Les célèbres eaux virevoltantes de la fontaine de Dubaï « l’une des attractions les plus populaires de la ville » se sont aussi remises à danser au son de la musique et à l’ombre de la plus haute tour du monde, Burj Khalifa.

Mais les spectateurs doivent se tenir à bonne distance les uns des autres, en se positionnant sur des petits carrés jaunes marqués sur le sol.

« Prix ultime »

Le tourisme est un secteur clé de l’économie de l’émirat, qui a accueilli plus de 16 millions de visiteurs en 2019. Avant que la pandémie ne paralyse le trafic aérien mondial, les autorités tablaient sur 20 millions de touristes cette année. 

Selon le cabinet d’études STR Global, 30 % des emplois dans l’industrie hôtelière de Dubaï seront probablement perdus dans les mois à venir, jusqu’à ce que la demande reprenne. 

« Il y aura beaucoup moins de voyages de groupe », a indiqué le chef du département du tourisme de Dubaï, Hilal al-Marri, à Bloomberg fin avril. 

« C’est le bon moment pour explorer de nouvelles choses. Les restaurants et les clubs bondés ne sont plus à la mode »

Karen Young, chercheuse

« Cela affecte vraiment l’industrie hôtelière et du tourisme et ses revenus, donc il va y avoir des défis à relever », a-t-il souligné.

Les experts ont averti que les habitudes des buffets et des piscines bondées pourraient devoir être reconsidérées. 

Les hôtels de luxe et les centres de villégiature fonctionnent à capacité réduite, et nombre d’entre eux font des promotions en direction des résidents pour compenser l’absence de touristes étrangers.

Mais leurs bars en bord de piscine, qui attirent généralement des hordes de jeunes au coeur de l’été à la chaleur suffocante, restent fermés jusqu’à nouvel ordre.

Bien que les établissements et commerces travaillent à créer un environnement sur pour leurs clients, certains restent prudents.

« Je réfléchis à deux fois avant de dépenser pour une sortie, surtout quand ma santé pourrait en être le prix ultime », explique l’expatriée suédoise.

Par Dana Moukhallati, à Dubaï.

5 years ago
Mustapha Moulay, qui vit en Italie depuis 32 ans, prie devant la tombe de sa femme, décédée le 7 avril du COVID-19, dans la section musulmane d’un cimetière catholique de Bruzzano (AFP)

Frappés comme tout le monde par le nouveau coronavirus, les musulmans d’Italie ont été confrontés, parfois de façon dramatique, au manque de place pour leurs défunts dans les cimetières de la péninsule, une « souffrance » qui paradoxalement est peut-être le signe d’une plus grande intégration dans le pays.

« C’est Dieu qui a voulu ça », lâche Moustapha, recueilli devant une tombe de terre grisâtre du carré musulman du cimetière de Bruzzano, dans la banlieue de Milan (nord).

Ce quinquagénaire marocain pleure son épouse, décédée le 7 avril, à 55 ans, du COVID-19: « Elle a pris le virus à l’hôpital » de Milan où « elle avait été admise un mois plus tôt » pour une banale intervention à la jambe.

Pas de stèle, un bouquet esseulé au milieu d’un rectangle dessiné par des cailloux alignés à même le sol. Les sépultures les plus fraîches frappent par leur dénuement. Quelques tombes un peu plus fleuries et manifestement plus anciennes sont cimentées.

Ni rapatriement ni place dans les cimetières français, la détresse des familles musulmanes
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« Des situations dramatiques »

Il n’existe pas de statistiques officielles sur le nombre de musulmans, étrangers ou italiens, décédés pendant l’épidémie, qui a frappé la Lombardie (nord) de plein fouet et a fait près de 34 000 morts dans toute la péninsule.

Mais la minorité musulmane (près de 2,6 millions de fidèles en 2018, soit 4,3 % de la population totale, selon un récent ouvrage d’un sociologue italien) n’a pas échappé au fléau. Vivant pour l’essentiel dans le nord de l’Italie, ces musulmans sont à 56% étrangers (Maroc, Albanie, Pakistan, Bangladesh, Égypte) ; près de 44 % sont Italiens, un nombre en constante augmentation.

Pendant la pandémie, avec l’interruption de toutes les liaisons aériennes, les corps des musulmans décédés – du coronavirus ou autre – n’ont pas pu être rapatriés dans leurs pays d’origine, comme c’était majoritairement le cas jusqu’à récemment.

Le nombre de morts a augmenté en même temps que les demandes d’inhumation. « Cela a provoqué parfois des situations dramatiques, avec des cadavres dans les morgues pendant des jours, en raison notamment du manque de cimetières islamiques prêts à les accueillir », s’est ému récemment le quotidien La Repubblica.

Un cas notamment a défrayé la chronique : Hira Ibrahim, une Macédonienne qui a perdu sa mère du COVID-19 à Pisogne (nord), et s’est retrouvé obligée de conserver son corps à la maison pendant plus de dix jours.

« Des dizaines d’autres familles musulmanes se sont retrouvées à vivre le même cauchemar », assure le journal.

« Nous avons vécu la douleur [de la pandémie], mais celle-ci a été parfois décuplée quand certains ne trouvaient pas de place pour enterrer leurs défunts », confirme Abdullah Tchina, imam de la mosquée de Milan-Sesto.

« La semaine dernière, un musulman est mort ici à Milan-Sesto. Son corps a dû être transporté à 50 km pour être inhumé », raconte M. Tchina.

76 cimetières pour 8 000 communes

« Si certaines familles, à Brescia ou Bergame [nord], ont dû parfois attendre très longtemps, nous avons pu la plupart du temps trouver des solutions, grâce aux bonnes volontés des communes, des préfectures » et du ministère de l’Intérieur, observe pour sa part Gueddouda Boubakeur, président du Centre islamique de Milan.

« Nous ne regardions pas la distance, la première commune qui acceptait les corps on y allait, notre préoccupation était avant tout de trouver une place », se souvient-il.

« Nous ne regardions pas la distance, la première commune qui acceptait les corps on y allait »

- Gueddouda Boubakeur, président du Centre islamique de Milan

Selon l’Union des communautés islamiques d’Italie (Ucoii), la très catholique Italie compte 76 cimetières ou carrés islamiques, pour 8 000 communes. Le plus vieux a été construit en 1856, à Trieste. Celui de Rome en 1974. Quant à celui de Milan, il « est déjà plein depuis des années ».

« C’est peu », résume M. Boubakeur, alors que la « loi italienne veut que tout défunt soit enterré sur sa commune de résidence ». 

« La loi est claire, elle dit aussi que la commune doit prévoir un espace pour les sépultures des non-catholiques. Il faut donc une volonté politique » pour l’appliquer, souligne-t-il.

Les communes ont été sollicitées par l’Ucoii, « 150 ont répondu favorablement à nos demandes » d’aménager un carré musulman dans leurs cimetières », assure M. Boubakeur, qui reconnaît au passage que beaucoup n’ont pas donné suite.

L’urgence COVID-19 a révélé que la communauté musulmane d’Italie, en pleine évolution, est aujourd’hui plus enracinée, plus italienne, avec des fidèles désireux désormais d’être inhumés sur cette terre, selon La Repubblica, qui y voit un phénomène à la « signification profonde » pour la « deuxième religion du pays ».

« Avant, nous avions une cagnotte pour rapatrier les morts dans leur patrie d’origine, elle n’existe plus », constate M. Boubakeur. « Certains anciens veulent encore être enterrés au pays. Mais beaucoup ont des enfants, des petits-enfants en Italie, et préfèrent désormais être inhumés ici », confirme-t-il.

Quant aux jeunes, ils « veulent être enterrés en Italie parce qu’ils sont Italiens », qu’ils ont des liens forts avec ce territoire, estime ce responsable, se félicitant de cette « plus grande intégration ».

Par Miguel Medina, à Bruzzano, Italie.

5 years ago
Une Iranienne visite le sanctuaire Shah Abdol-Azim dans la capitale Téhéran le 25 mai 2020, après la réouverture des principaux sanctuaires chiites à travers la République islamique (AFP)

L’Iran a recommandé lundi à ses citoyens de porter des masques en public, les contaminations au nouveau coronavirus augmentant quotidiennement dans ce pays le plus touché par la pandémie au Proche et Moyen-Orient.

Kianouche Jahanpour, porte-parole du ministère de la Santé, a annoncé 70 décès supplémentaires provoqués par le virus et 2 043 nouvelles contaminations quotidiennes.

Ces derniers chiffres portent le bilan des décès à 8 351 et le nombre officiel de contaminations à 173 832, a-t-il précisé.

Restrictions progressivement levées

« Chacun doit porter un masque lorsqu’il fréquente des endroits comme des magasins ou tout autre lieu où il n’est pas possible d’observer attentivement une distanciation sociale », a-t-il recommandé, lors de son point-presse diffusé à la télévision d’État.

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Depuis l’annonce officiel des premiers cas en février, la République islamique tente de freiner la propagation du virus, sans jamais annoncer cependant de confinement de la population.

Depuis avril, les autorités ont progressivement levé les restrictions et l’activité a presque retrouvé son cours normal dans la majorité des 31 provinces du pays.

Mais, après avoir atteint un plus bas le 2 mai, les nouveaux cas de contamination augmentent de nouveau, ce qui inquiète les autorités, qui multiplient les avertissements et enjoignent la population à rester prudente.

« Une situation stable »

Les chiffres officiels sont par ailleurs remis en cause par des experts étrangers ainsi que certains responsables iraniens qui les soupçonnent d’être largement sous-estimés.

Dimanche, le ministère de la Santé a affirmé que la hausse des nouveaux cas recensés est dû à une campagne d’intensification des tests de dépistage, et non pas à une aggravation de l’épidémie.

M. Jahanpour a assuré lundi que « la majorité des provinces est dans une situation stable. »

La province du « Khouzestan [sud-ouest] est toujours rouge », a-t-il dit, précisant que huit autres étaient « en état d’alerte ». Il a appelé les Iraniens à éviter tout déplacement inutile dans les provinces « à risque ».

5 years ago
Les coiffeurs ont rouvert ce dimanche en Algérie (AFP)

Une partie des commerces a commencé à rouvrir dimanche en Algérie dans le cadre de l’assouplissement des mesures prises pour lutter contre le nouveau coronavirus, le confinement partiel restant en vigueur dans la majeure partie du pays jusqu’au 13 juin.

La « feuille de route » du gouvernement dévoilée jeudi prévoit une opération de déconfinement « progressive, flexible et adaptée à la situation épidémiologique » avec une reprise d’une partie des activités commerciales.

Sont notamment autorisés à ouvrir dès dimanche les agences de voyage, les agences immobilières, les entreprises du secteur du BTP, les coiffeurs pour hommes – pas pour femmes –, les artisans, les fast-food – uniquement la vente à emporter –, les galeries d’art, les boutiques de sport, de jeux et de jouets ainsi que les pâtisseries.

Couvre-feu maintenu

Tous les commerçants sont tenus de respecter de strictes mesures de prévention.

La seconde phase du plan de déconfinement, qui doit débuter le 14 juin, concernera d’autres activités comme les déplacements en taxi ainsi que la restauration. 

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Fin mai, le gouvernement a reconduit le confinement partiel à domicile jusqu’au 13 juin dans 44 des 48 wilayas (préfectures) d’Algérie et l’a totalement levé dans les quatre autres préfectures, dont trois dans l’extrême sud désertique du pays.

Les mesures de confinement se traduisent par un couvre-feu de 17 h à 7 h (16 h-6 h GMT) dans les seize wilayas les plus touchées, dont Alger et Oran, et de 19 h à 7 h dans les autres.

La fermeture des établissements scolaires et universitaires, des stades, des mosquées et des salles des fêtes reste en vigueur.

10 050 cas de contamination

Depuis le 19 mars, les autorités ont interdit les regroupements et suspendu tous les moyens de transport en commun publics et privés à l’intérieur des villes et entre les provinces, ainsi que le trafic ferroviaire.

Le port du masque sanitaire est obligatoire depuis le 24 mai et les contrevenants sont condamnés à de fortes amendes.

Selon le Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie, 10 050 cas de contamination ont été officiellement recensés en Algérie, dont 698 décès, depuis l’enregistrement du premier cas le 25 février.

5 years ago
Les artisanes de Salé travaillent à tisser des tapis, le 3 juin 2020 (AFP)

Les poteries, les vanneries, les meubles en fer forgé s’entassent dans les échoppes désertes du centre artisanal d’Oulja, situé à Salé, près de Rabat. Sans revenus depuis près de trois mois à cause de la pandémie de COVID-19, les artisans dépriment.

« Le coronavirus, c’est le KO final : sans aide, sans soutien, notre métier va disparaître », déplore Youssef Rghalmi, un potier de 49 ans qui vient de rouvrir le local où il expose le fruit d’un « savoir-faire transmis depuis des générations ». 

Dans l’atelier familial, l’argile se dessèche, le four est éteint, les neuf employés ne viennent plus. La dernière commande destinée à une cliente de France qui a annulé son séjour à cause de la fermeture des frontières prend la poussière dans un recoin.

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« On avait déjà du mal à survivre parce que les modes de vie ont changé, les métiers traditionnels se perdent parce que les jeunes ne veulent pas prendre la relève et là c’est le coup de grâce », renchérit Mohamed Touel, maître artisan de gebs – plâtre sculpté utilisé pour la décoration. 

Ce sexagénaire entreprenant a adjoint un petit restaurant à son échoppe mais a dû baisser le rideau à cause de l’état d’urgence sanitaire instauré depuis mi-mars.

Les touristes étrangers ont disparu, le confinement obligatoire a paralysé la vie économique et la clientèle locale, engluée dans la crise, « a d’autres priorités que d’acheter des tapis », se désole Ahmed Driouch dans son grand magasin encombré de lampes en cuivre, céramiques, poignards, bijoux, coffres en marqueterie et tapis. 

« Touché à 200 % par l’impact du virus », ce commerçant pense qu’il lui faudra « au moins deux ou trois ans pour retrouver une activité normale ».

À l’étage du magasin, quelques employés dépoussièrent un par un les quelque 10 000 tapis artisanaux en stock. « Il faut tout nettoyer même si, pour l’instant, personne ne vient », regrette l’un d’eux.

L’aide de l’État insuffisante

La ministre du Tourisme et de l’Artisanat Nadia Fettah a récemment évoqué des pistes de relance, comme la création d’espaces d’exposition dans les grandes surfaces, pour ce secteur qui emploie plus de deux millions de personnes – soit 20 % de la population active –, dont environ 230 000 artisans traditionnels. L’artisanat représente environ 7 % du PIB, avec un chiffre d’affaires à l’export de près d’un milliard de dirhams l’an dernier (91 millions d’euros). 

Malgré leur poids économique, les artisans travaillent dans des conditions précaires, sans couverture sociale, avec un réseau de distribution limité aux ventes occasionnelles et au bouche à oreille, comme tous les petits métiers au Maghreb.

La trentaine de femmes qui tissent des tapis pour la petite coopérative de « La femme créatrice » de Salé ont toutes perdu leurs maigres revenus.

Les tisseuses travaillent huit heures par jour pour moins de 100 euros par mois « quand les tapis se vendent » et elles « n’ont plus rien car il n’y pas eu une seule vente en trois mois », explique avec amertume Rachida Nabati. 

« Il faudrait vendre sur internet, mais on ne sait pas faire »

- Rachida Nabati, artisane

Cette quadragénaire énergique qui travaille depuis l’âge de 7 ans a « dû emprunter de l’argent à des connaissances », malgré l’appoint du potager qui jouxte sa bicoque misérable. Dans la coopérative, quelques-unes ont bénéficié des aides directes débloquées par l’État sur un fonds spécial « COVID-19 », d’autres « n’ont rien eu et ne parviennent plus à payer leur loyer ». 

« Il faudrait vendre sur internet, mais on ne sait pas faire », regrette cette mère de famille qui a appris seule à lire et à écrire. « Une plateforme numérique a été lancée pour les artisans il y a quelques années, mais ça ne marche pas », abonde le maître plâtrier Mohamed Touel.

En Tunisie, où la crise du nouveau coronavirus a plongé les petits artisans dans la même détresse, l’Office national de l’artisanat (ONAT) travaille sur une plate-forme électronique pour ouvrir des débouchés en Europe en fin d’année et compte multiplier les petites expositions dans les hôtels. 

L’ONAT encourage aussi les artisans à lancer des pages Facebook ou des sites électroniques. Mais les finances de Sabiha, une potière de Sejnane (nord) dont le savoir-faire est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, sont « en dessous de zéro » et « elle n’arrive même pas à charger son téléphone portable ».

Par Sophie Pons, à Rabat.

5 years ago
Le président iranien Hassan Rohani, à Téhéran, le 6 juin 2020 (AFP)

Le président iranien Hassan Rohani a averti samedi que l’épidémie de COVID-19 était encore loin d’être éradiquée et a appelé ses compatriotes à se préparer à vivre « longtemps » avec le virus.

Les gens ne doivent pas croire que « cette maladie sera éliminée dans quinze jours ou un mois : nous devons donc suivre les consignes [sanitaires] pour longtemps », a indiqué Hassan Rohani lors de la réunion hebdomadaire du Comité national de lutte contre la pandémie, diffusée à la télévision d’État.

La pneumonie virale a provoqué 75 décès supplémentaires en 24 heures, ce qui porte à 8 209 morts le bilan de l’épidémie en Iran, a déclaré samedi à la télévision d’État le porte-parole du ministère de la Santé, Kianouche Jahanpour.

Depuis un point bas touché le 2 mai, la tendance de hausse des nouveaux cas recensés de COVID-19 inquiète les autorités, qui multiplient les avertissements et enjoignent la population de ne pas oublier que la maladie est toujours là.

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« Nous n’avons pas une deuxième voie devant nous : nous devons travailler, nos usines doivent être actives, les magasins doivent être ouverts, et la lutte contre le virus doit également continuer », a ajouté le président.

Sous la pression économique liée notamment aux sanctions américaines ayant précipité l’économie iranienne en récession bien avant la crise sanitaire, les autorités ont progressivement levé depuis avril les restrictions destinées à enrayer la propagation du virus.

Depuis plusieurs jours, l’activité a retrouvé un cours presque normal dans la majorité des 31 provinces du pays.

Néanmoins, « nous devons mettre fin à tous les rassemblements, qu’il s’agisse de mariage, de deuil, ou de visite familiale, jusqu’à » nouvel ordre, a déclaré Hassan Rohani.

Le ministère de la Santé affirme également avoir enregistré 2 269 nouveaux patients souffrant de la maladie COVID-19 entre vendredi et samedi, ce qui porte à 169 425 le nombre officiel de cas confirmés de contamination par le virus SARS-CoV-2 en Iran depuis l’annonce des premières infections en février. 

Mais des experts étrangers ainsi que certains responsables iraniens soupçonnent les chiffres officiels d’être largement sous-estimés.

Hassan Rohani a également annoncé de nouveaux assouplissements des restrictions encore en place : les agences de voyages devraient pouvoir reprendre leurs circuits organisés dans le pays, pour des touristes iraniens seulement, à partir du 13 juin, tandis que cinémas et salles de concert devraient pouvoir rouvrir, au maximum à mi-capacité, à partir du 21 juin.