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Coronavirus : suivez l’actualité dans la région MENA

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Coronavirus : suivez l’actualité dans la région MENA
L’épidémie du nouveau coronavirus bouleverse une région déjà sous tension. Suivez sur ce fil les derniers développements au Maghreb et au Moyen-Orient

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6 years ago
Des bénévoles distribuent des masques, à Alger, le 21 mai 2020 (AFP)
Des bénévoles distribuent des masques, à Alger, le 21 mai 2020 (AFP)

L’Algérie ne renoncera pas à l’utilisation controversée de la chloroquine dans le traitement contre le coronavirus, malgré la décision de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de suspendre les essais cliniques, a indiqué mardi un membre du Comité de suivi de la pandémie.

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« Nous avons traité des milliers de cas avec ce médicament avec beaucoup de succès à ce jour. Et nous n’avons pas noté de réactions indésirables », a déclaré à l’AFP le docteur Mohamed Bekkat, membre du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de COVID-19 en Algérie.

« Nous n’avons enregistré aucun décès lié à l’utilisation de la chloroquine », a précisé Mohamed Bekkat, également président du Conseil de l’ordre des médecins algériens.

L’Algérie a décidé fin mars de soigner les patients atteints du nouveau coronavirus avec un double traitement de chloroquine et d’azithromycine, un antibiotique.

Depuis, plus de 15 000 personnes contaminées ou suspectée de l’être ont reçu un traitement à base d’hydroxychloroquine, selon le docteur Djamel Fourar, porte-parole du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie.

L’OMS a annoncé lundi avoir suspendu « temporairement » les essais cliniques avec l’hydroxychloroquine qu’elle mène avec ses partenaires dans plusieurs pays, par mesure de précaution.

Cette décision fait suite à la publication d’une étude dans la revue médicale The Lancet jugeant inefficace, voire néfaste, le recours à la chloroquine ou à ses dérivés, comme l’hydroxychloroquine, contre le nouveau coronavirus.

Pour le docteur Bekkat, cette étude « prête à confusion » car elle « semble concerner des cas graves pour lesquels l’hydroxychloroquine n’est d’aucun secours ».

« Il y a lieu de constater que l’utilisation de la chloroquine par des pays arabes et africains s’est révélé efficace quand elle est utilisé précocement », a-t-il expliqué. 

L’Algérie est l’un des pays les plus touchés en Afrique par le virus. Au total, 8 503 cas et 609 décès y ont été officiellement recensés depuis le 25 février.

6 years ago
Il y a « un regain de surveillance et de graves intrusions dans l’intimité au nom du contrôle de l’épidémie », assure Khaled Fahmy (AFP)
Il y a « un regain de surveillance et de graves intrusions dans l’intimité au nom du contrôle de l’épidémie », assure Khaled Fahmy (AFP)

L’intellectuel égyptien Khaled Fahmy, professeur d’histoire à l’Université de Cambridge et spécialiste des épidémies, craint que les gouvernements ne profitent de la pandémie de nouveau coronavirus pour renforcer leur emprise sécuritaire sur les citoyens.

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« La façon dont les gouvernements vont pouvoir surveiller les faits et gestes de chacun est alarmante », déplore l’universitaire qui vit en exil en Grande-Bretagne.

« La crainte, c’est qu’une fois ces droits concédés aux gouvernements, il sera très difficile de les révoquer », dit-il en s’appuyant sur l’exemple égyptien.

Dans le pays le plus peuplé du monde arabe (100 millions d’habitants), le président Abdel Fattah Al-Sissi a entériné en mai une série d’amendements à la loi sur l’état d’urgence dénoncée par les défenseurs des droits humains comme renforçant les « pouvoirs répressifs » au nom de la lutte contre le coronavirus.

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Ces amendements autorisent le président à fermer les écoles, suspendre le secteur public, interdire les rassemblements publics ou privés, ou encore mettre en quarantaine les voyageurs arrivant sur le sol égyptien.

« Si vous comparez ce qui se passe en Égypte maintenant et l’épidémie de choléra de 1947, la grande différence ce sont les médias et la façon dont ils étaient ouverts à l’époque, alors qu’ils sont fermés maintenant en termes de couverture de l’épidémie », souligne Khaled Fahmy.

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Depuis le début de la pandémie, les autorités ont intensifié leur répression et arrêté plusieurs journalistes et militants.

« Ce à quoi nous sommes confrontés maintenant est beaucoup plus dangereux ».

Il y a « un regain de surveillance et de graves intrusions dans l’intimité au nom du contrôle de l’épidémie », assure l’universitaire, exilé depuis 2014 en raison de ses opinions critiques.

Il note aussi le sort inquiétant des quelque 60 000 prisonniers politiques du pays, selon plusieurs ONG, dont la santé est mise en danger par leurs conditions de détention dans des prisons surpeuplées en pleine pandémie. « Ils sont détenus de façon injuste et maintenant ils sont en danger ».

L’historien de l’Empire ottoman restitue la pandémie dans une longue chronologie de maladies qui ont ravagé l’Égypte. 

« Du XIVe siècle au début du XIXe siècle, la peste s’est abattue sur l’Égypte plus de 190 fois. En moyenne, l’Égypte a été affectée par la peste une fois tous les neuf ans. »

Selon Khaled Fahmy, les « quarantaines ont commencé à être imposées en Égypte de façon très stricte » après la pandémie de choléra de 1831, qui avait débuté en Chine avant de se propager au Moyen-Orient.

Son livre « All the Pasha’s Men » (Les hommes du Pacha) relate la façon dont Méhémet Ali, obscure gouverneur ottoman, s’est rendu maître de l’Égypte au XIXe siècle à travers la mise sur pied d’une puissante armée, impliquée dans tous les aspects de la vie publique, y compris la santé.

Le livre à succès, publié en 1997, se trouve encore chez les bouquinistes installés sur les trottoirs au Caire. 

L’historien y explique aussi comment l’armée conserve de nos jours un rôle de premier plan.

L’armée déployée

L’ancien général Sissi, devenu président en 2014, a encore renforcé ce rôle de l’armée dans la vie publique égyptienne.

Des unités militaires ont récemment été déployées pour désinfecter des rues et autres espaces publics. Les militaires ont aussi vendu du matériel de protection médicale aux Égyptiens à des prix abordables.

L’Égypte a enregistré à ce jour plus de 16 000 cas dont plus de 700 décès, et le nombre de nouvelles infections est à la hausse, avec des centaines de cas détectés au quotidien.

Lundi, le syndicat des médecins a mis en garde contre une « catastrophe sanitaire » à venir, en blâmant la « passivité » du ministère de la Santé.

« Ce qui est courant [dans les pandémies], c’est la façon de séparer les gens soit par quarantaine, soit dans des lieux d’isolation » comme les hôpitaux de campagne, commente pour sa part Khaled Fahmy.

Mais « tout cela met une pression énorme sur le système de santé public en place », ajoute l’historien.

Sur un plan personnel, Khaled Fahmy dit vivre le confinement comme un exil renforcé. 

« Je suis un égyptien qui ne peut pas revenir en Égypte pour des raisons diverses et le fait de me trouver en confinement est un autre niveau » d’exil.

Par Farid Farid, au Caire.

6 years ago
Des fidèles chrétiens allument des bougies dans l'église de la Nativité de Bethléem après sa réouverture, le 26 mai 2020 (AFP)
Des fidèles allument des bougies dans l'église de la Nativité de Bethléem, après sa réouverture, le 26 mai 2020 (AFP)

La basilique de la Nativité, lieu de la naissance de Jésus selon la tradition chrétienne, a rouvert mardi, plus de deux mois après sa fermeture en raison de l’épidémie de nouveau coronavirus.

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Une poignée de prêtres de différentes confessions chrétiennes ont surveillé l’ouverture mardi matin de la porte de la basilique à Bethléem, en Cisjordanie occupée, a constaté un photographe de l’AFP.

La basilique était fermée depuis le 5 mars, lorsqu’un foyer d’infection par le nouveau coronavirus avait été découvert à Bethléem.

Dans une première phase, seules 50 personnes seront autorisées à entrer dans la basilique, le visage protégé par un masque, et en observant les mesures de distanciation sociale, selon un communiqué conjoint des églises contrôlant le site.

Embrasser ou toucher les pierres, y compris dans la grotte où Jésus est né, selon la tradition chrétienne, sera interdit, ajoute le texte. 

Un groupe de touristes grecs infectés par le virus a visité début mars Bethléem et la basilique de la Nativité, créant un foyer d’infection dans la ville et poussant les autorités de la basilique à désinfecter le site.

Le gouvernement palestinien a pris des mesures rapides pour empêcher la propagation du virus et ces dernières semaines, peu de nouveaux cas ont été signalés en Cisjordanie occupée

Lundi, le gouvernement palestinien a levé le confinement de deux mois imposé à la Cisjordanie occupée pour lutter contre la propagation du nouveau coronavirus après une baisse régulière du nombre de nouveaux cas.

À Jérusalem, l’église du Saint-Sépulcre, bâtie sur le lieu où Jésus a été crucifié et mis au tombeau selon la tradition chrétienne, a partiellement rouvert ces derniers jours après sa fermeture le 25 mars.

La porte principale de l’église reste fermée pour empêcher la surpopulation, mais des groupes de fidèles peuvent entrer en coordination avec les autorités chrétiennes qui contrôlent le site, a déclaré un responsable de l’église.

6 years ago
Un policier du transport aérien à l'aéroport Chateauroux-Deols, en France, le 22 mai 2020 (AFP)
Un policier du transport aérien à l'aéroport Chateauroux-Deols, en France, le 22 mai 2020 (AFP)

La France va mettre en place trois vols quotidiens vers Alger et un « pont maritime » avec le Maroc pour rapatrier ses ressortissants toujours bloqués par la pandémie de COVID-19, a annoncé mardi le ministre français de Affaires étrangères.

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« Nous allons mettre en œuvre trois vols quotidiens sur Alger à partir du 27 mai [..] ce qui va permettre le triplement des capacités aériennes », a déclaré Jean-Yves Le Drian sur la radio France Inter. Seuls sept vols hebdomadaire relient actuellement Alger à Paris.

Les pays d’Afrique du Nord, destination prisée des touristes français et de nombreux binationaux, ont fermé leur espace aérien depuis la mi-mars. Des milliers de ressortissants français sont ainsi toujours bloqués en dépit des vols spéciaux déjà affrétés. 

Concernant le Maroc, « nous allons organiser, pour les camping-caristes en particulier, mais pas uniquement pour eux, une dizaine de liaisons maritimes dans les quinze prochains jours, a-t-il ajouté en évoquant un « véritable pont maritime ».

Un bateau partira mardi vers Sète, un autre mercredi vers Marseille, deux ports français sur la façade méditerranéenne, a-t-il précisé. Des traversées sont aussi prévues « la semaine prochaine » vers Malaga (Espagne), Sète et Marseille.

Assailli de questions sur la situation des  Français bloqués en Algérie et au Maroc, Jean-Yves Le Drian a concédé des « difficultés » mais a aussi pointé les réglementations très strictes qui compliquent les rapatriements depuis ces pays.

« Je comprends leurs frustrations, qu’ils comprennent aussi les difficultés auxquelles nous sommes confrontés. Nous faisons le mieux possible mais ce n’est pas toujours simple », a-t-il plaidé.

Depuis la mi-mars, 200 vols spéciaux ont permis le rapatriement de 30 000 Français du Maroc, soit « beaucoup, beaucoup plus » que les dispositifs mis en place par d’autres pays européens comme l’Allemagne ou le Royaume uni, a assuré Jean-Yves Le Drian. 

6 years ago
Un confinement national a été instauré dans le royaume le 25 mars, et il s’est accompagné d’une interdiction d’entrée et de sortie de La Mecque (AFP)
Un confinement national a été instauré dans le royaume le 25 mars, et il s’est accompagné d’une interdiction d’entrée et de sortie de La Mecque (AFP)

L’Arabie saoudite mettra fin à toute forme de couvre-feu à partir du 21 juin sauf dans la ville sainte de La Mecque, a annoncé mardi le ministère de l’Intérieur, après plus de deux mois de restrictions pour lutter contre le COVID-19.

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Les prières pourront aussi reprendre dans toutes les mosquées en dehors de La Mecque à partir du 31 mai, a précisé le ministère dans une série de décisions publiées par l’agence officielle SPA.

Le royaume, le plus affecté par la pandémie parmi ses voisins arabes du Golfe, a imposé un couvre-feu total de cinq jours dans tout le pays pendant l’Aïd al-Fitr, la fête musulmane qui marque la fin du mois de jeûne du Ramadan, célébrée à partir de dimanche.

Le ministère a déclaré qu’il commencerait à assouplir les restrictions de manière progressive cette semaine, en levant le couvre-feu entre 6 h 00 et 15 h 00 entre jeudi et samedi.

Le couvre-feu sera assoupli jusqu’à 20 h 00 à partir du dimanche avant d’être totalement levé 21 juin, selon le ministère.

« À partir de jeudi, le royaume entrera dans une nouvelle phase [de lutte contre la pandémie] et reviendra progressivement à la normale dans le respect des règles de la distanciation sociale », a déclaré lundi le ministre de la Santé Tawfiq Al-Rabiah.

Le ministère de l’Intérieur a également annoncé le maintien de la suspension du petit pèlerinage à La Mecque (Omra) décidé en mars et qui se pratique toute l’année.

Les autorités n’ont pas encore annoncé si elles comptaient ou pas annuler le hajj, le grand pèlerinage et un des cinq piliers de l’islam, prévu à partir de fin juillet. 

Elles ont en revanche incité les musulmans à suspendre leurs préparatifs en vue du pèlerinage qui avait attiré plus de 2,5 millions de pèlerins en 2019.

6 years ago
« Nous sommes très inquiets car les camps rohingyas sont densément peuplés », a affirmé Mahbubur Rahman (AFP)
« Nous sommes très inquiets car les camps rohingyas sont densément peuplés », a affirmé Mahbubur Rahman (AFP)

Environ 15 000 Rohingyas sont placés en quarantaine dans les camps de réfugiés du Bangladesh, où 25 cas du nouveau coronavirus ont désormais été détectés, ont annoncé lundi les autorités locales.

Les épidémiologistes redoutent une flambée du COVID-19 dans les camps de Rohingyas du sud du pays. Près d’un million de membres de cette minorité musulmane ayant fui les persécutions en Birmanie voisine y vivent dans une pauvreté extrême et s’entassent dans la promiscuité à l’intérieur de cahutes sommaires.

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« Aucune des personnes infectées n’est dans un état critique. La plupart d’entre elles ont très peu de symptômes. Nous les avons néanmoins placées dans des centres d’isolement et mis leurs familles en quarantaine », a déclaré à l’AFP Toha Bhuiyan, un responsable sanitaire du district de Cox’s Bazar, où se trouvent les camps.

Près de 15 000 Rohingyas sont ainsi confinés à leur domicile dans trois zones des camps. La plupart des contaminations viennent de Kutupalong, le plus grand camp de réfugiés du monde, qui abrite 600 000 personnes.

Les premiers cas confirmés de nouveau coronavirus dans les camps rohingyas ont été détectés mi-mai. Les responsables sanitaires ont préparé des centres d’isolement capables, à l’heure actuelle, de traiter plus de 700 malades du COVID-19 en cas de propagation de l’épidémie.

Outre accroître la quantité de lits disponibles, les autorités bangladaises comptent aussi doubler le nombre de tests réalisés dans les camps. À l’heure actuelle, seuls 188 tests y sont effectués chaque jour.

« Nous sommes très inquiets car les camps rohingyas sont densément peuplés. Nous soupçonnons que la transmission communautaire a déjà commencé », a dit à l’AFP Mahbubur Rahman, responsable des services de santé de Cox’s Bazar.

Birmanie

Les restrictions pour accéder aux camps ont aussi été durcies. Toute personne arrivant de Dacca, la capitale du pays, doit effectuer une quarantaine de 14 jours avant d’être autorisée à pénétrer dans la zone des camps.

Un Français employé dans l’une des nombreuses ONG actives dans les camps rohingyas a fait part de l’« inquiétude » des travailleurs humanitaires sur place.

« Les travailleurs humanitaires ont peur et sont paniqués car beaucoup d’entre nous ont été obligés de travailler avec des protections insuffisantes », a déclaré à l’AFP cette source qui a requis l’anonymat pour des raisons professionnelles.

« La distanciation physique est presque impossible dans les camps. Malgré les efforts des organisations humanitaires, les réfugiés sont très peu sensibilisés à la maladie COVID-19 », a-t-il décrit.

Le manque d’informations est exacerbé par l’absence d’internet depuis septembre dans les camps rohingyas, coupé par Dacca au nom de la lutte contre les groupes criminels.

Le Bangladesh a connu lundi sa plus importante hausse quotidienne de cas de COVID-19, avec 1 975 nouvelles contaminations enregistrées. Le pays compte officiellement 501 morts pour 35 585 cas confirmés.

6 years ago
Une médecin vérifie la radiographie pulmonaire d'un patient à l'unité des maladies infectieuses de l'hôpital d'Imbaba, au Caire, le 19 avril 2020 (AFP)
Une médecin vérifie la radiographie pulmonaire d'un patient à l'unité des maladies infectieuses de l'hôpital d'Imbaba, au Caire, le 19 avril 2020 (AFP)

Le syndicat des médecins égyptiens a mis en garde lundi contre une « catastrophe sanitaire » à venir, blâmant la « passivité et la négligence » du ministère de la Santé face à la propagation du nouveau coronavirus parmi le personnel soignant en Égypte.

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Le syndicat a averti d’un « possible effondrement total du système de santé qui pourrait mener à une catastrophe sanitaire […] si le ministère de la Santé persiste dans sa passivité et sa négligence ».

Plus de 350 médecins ont été infectés et 19 sont morts du nouveau coronavirus, a précisé le syndicat dans un communiqué. Quatre médecins sont décédés durant la seule journée de dimanche.

Dès le mois de mars, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a prévenu que 13 % des contaminations en Égypte touchaient le personnel soignant.

La « responsabilité » de la hausse des cas et des décès chez les médecins revient « entièrement » au ministère de la Santé, a estimé lundi le syndicat. L’organisation a également menacé le ministère de poursuites judiciaires pour ce qu’il assimile à un « homicide par négligence » à l’échelle de la profession.

L’Égypte compte officiellement 17 265 cas de personnes infectées par le nouveau coronavirus, dont 764 décès.

Depuis le début de la pandémie, le syndicat a maintes fois alerté les autorités sur le sort des soignants, à la fois sous-équipés et peu préparés à faire face au virus.

Le manque de matériel de protection, l’absence de formations pour les praticiens qui doivent traiter des patients atteints de la maladie COVID-19 et le refus de leur faire passer des tests figurent en première ligne de leurs griefs.

Le communiqué de lundi, sensiblement plus virulent que les précédents, a été publié par le syndicat après la mort samedi de Walid Yahya, un médecin âgé de 32 ans, des suites du virus sans avoir pu obtenir de lit dans un hôpital de quarantaine.

Parallèlement, la rapide admission à l’hôpital de Ragaa al-Guiddaoui, une star du petit écran touchée par la maladie COVID-19, a suscité la stupeur de nombre d’Égyptiens, qui dénoncent un traitement de faveur sur les réseaux sociaux.

Depuis début mai, les 17 hôpitaux d’isolement sont arrivés à saturation, selon le ministère de la Santé, qui prépare actuellement plusieurs dizaines d’autres établissements à accueillir des patients touchés par le virus.

Malgré les pénuries, Le Caire a acheminé ces derniers mois des tonnes d’équipement médical à plusieurs pays riches, dont les États-Unis.

6 years ago
Une famille palestinienne quitte une mosquée après avoir accompli la prière de l'Aïd al-Fitr, à Gaza, le 24 mai 2020 (AFP)
Une famille palestinienne quitte une mosquée après avoir accompli la prière de l'Aïd al-Fitr, à Gaza, le 24 mai 2020 (AFP)

Le gouvernement palestinien met fin à son bouclage de deux mois imposé pour lutter contre la propagation du nouveau coronavirus en Cisjordanie occupée, a annoncé lundi le Premier ministre Mohammed Shtayyeh après une baisse régulière du nombre de nouveaux cas.

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Les magasins et les entreprises fonctionneront normalement à partir de mardi, tandis que les employés du gouvernement retourneront au travail après les vacances de l’Aïd al-Fitr mercredi, a déclaré Mohammed Shtayyeh lors d’une conférence de presse.

Les mosquées, églises et parcs publics rouvriront également, avec des consignes de distanciation sociale et les transports publics fonctionneront de nouveau. Les cafés et restaurants pourront rouvrir mais seront soumis à des restrictions qui seront annoncées dans les prochains jours, a-t-il ajouté. 

« L’assouplissement des mesures et le retour progressif à la vie normale sont entrepris avec prudence », a déclaré Mohammed Shtayyeh, avertissant qu’une augmentation du nombre de cas pourrait entraîner le rétablissement des restrictions. 

L’Autorité palestinienne basée en Cisjordanie occupée par Israël, a déclaré l’état d’urgence en mars pour lutter contre la propagation de la maladie COVID-19. 

Plus de 400 cas ont été officiellement recensés en Cisjordanie occupée et à Gaza, avec trois décès. À Gaza, enclave palestinienne sous blocus israélien contrôlée par un gouvernement rival dirigé par le mouvement islamiste Hamas, l’assouplissement des mesures a commencé il y a plusieurs semaines. 

Le bouclage en Cisjordanie devait rester en vigueur jusqu’au 5 juin, mais a pris fin plus tôt avec peu de nouveaux cas annoncés ces dernières semaines.

6 years ago
Des fidèles musulmans lisent le Coran au sanctuaire du Shah Abdol-Azim, à Téhéran, le 25 mai 2020 (AFP)
Des fidèles musulmans lisent le Coran au sanctuaire du Shah Abdol-Azim, à Téhéran, le 25 mai 2020 (AFP)

L’Iran a rouvert lundi les principaux sanctuaires chiites du pays, fermés en mars pour lutter contre l’épidémie de nouveau coronavirus qui a fait plus de 7 000 morts dans la République islamique.

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À Téhéran, le sanctuaire de Shah-Abdol-Azim a commencé à recevoir des fidèles tôt le matin, a constaté un journaliste de l’AFP.

Ils ont dû marcher à travers un tunnel désinfecté et n’ont été autorisés à y accéder qu’avec des masques et après un contrôle de température. 

Le sanctuaire de l’imam Reza à Machhad, première ville sainte chiite dans le nord-est de l’Iran, et celui de Fatima Masoumeh, à Qom (centre), ont également rouvert leurs portes tout en observant les protocoles sanitaires, a rapporté l’agence de presse officielle Irna

C’est à Qom que les premiers cas de nouveau coronavirus avaient été détectés mi-février en Iran, pays le plus touché au Moyen-Orient avec plus de 135 700 personnes infectées.

La télévision d’État a diffusé des images de fidèles, tôt le matin, pleurant et courant vers le sanctuaire de l’imam Reza.

Dans une déclaration sur son site internet le sanctuaire a appelé les visiteurs à respecter les consignes telles que le port du masque et la distanciation sociale.

L’imam Reza est le huitième des douze saints imams du chiisme duodécimain, religion d’État en Iran depuis le XVIe siècle. Il est l’un des imams les plus révérés dans le pays.

Ces sanctuaires ainsi que les écoles, les universités et les commerces non-essentiels avaient été fermés en mars.

Depuis le 11 avril, Téhéran a autorisé une réouverture progressive des commerces, levant les restrictions sur les déplacements à l’intérieur du pays malgré une récente hausse des cas de COVID-19. 

Le bilan officiel de l’épidémie en Iran s’élève à 7 417 morts sur un total de 135 701 cas confirmés.

6 years ago
Souq Waqif, à Doha, le 17 mai 2020 (AFP)
Souq Waqif, à Doha, le 17 mai 2020 (AFP)

Une application de traçage des personnes infectées par le nouveau coronavirus, dont l’utilisation est obligatoire au Qatar sous peine de prison, a suscité un rare tollé, poussant les autorités à tenter de rassurer la population du petit émirat gazier.

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Plusieurs pays ont lancé des applications sur téléphone portable pour tracer les mouvements des personnes qui s’avèrent infectées par le virus et prévenir celles ayant été en contact avec elles, permettant aux autorités de surveiller la propagation de la maladie COVID-19.

Des militants pour la protection des données personnelles ont alerté des risques soulevés quant à l’utlisation de ce genre d’applications pour localiser les utilisateurs. 

Lancée en avril, la version qatarie requiert même des utilisateurs d’Android de permettre l’accès à leurs photos et vidéos ainsi que l’autorisation d’émettre des appels, ce qui a provoqué un tollé.

L’installation de l’application « Ehteraz » (précaution en arabe) a été rendue obligatoire vendredi pour tous les citoyens et résidents du Qatar qui compte l’un des taux d’infection par habitant les plus élevés.

Les mesures prises par ce petit émirat gazier pour contenir la pandémie sont parmi les plus strictes au monde. Une personne ne portant pas de masque de protection en public peut écoper d’une peine allant jusqu’à trois ans de prison.

Environ 44 000 des 2,75 millions d’habitants ont officiellement été testés positifs à la maladie COVID-19, soit 1,6 % de la population, et 23 décès ont été recensés.

« Faire preuve de compréhension »

L’obligation d’installer l’application intervient au moment où les autorités des pays musulmans ont averti d’une possible hausse des infections causée par les rassemblements de l’Aïd al-Fitr qui marque la fin du Ramadan.

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Toute personne ne l’ayant pas téléchargé peut écoper d’une peine allant jusqu’à trois ans de prison, mais les autorités ont toutefois indiqué qu’elles feraient preuve « de compréhension ».

Hiba Zayadin, chercheuse pour Human Rights Watch (HWR) soulève deux problèmes. D’abord, « de nombreux travailleurs migrants dans le pays n’ont pas de téléphones compatibles qui leur permettraient de télécharger l’application ».

« L’application est extrêmement envahissante avec un éventail d’autorisations permettant au gouvernement d’accéder à des choses qui ne sont pas nécessaires pour tracer les contacts […] et qui représentent une inquiétante atteinte à la vie privée », ajoute Hiba Zayadin.

L’interface simple de l’application présente des codes barres colorés contenant le numéro d’identité de l’utilisateur : vert pour en bonne santé, rouge pour les personnes positives au virus, jaune pour celles en quarantaine et gris pour celles suspectées d’être infectées ou ayant été en contact avec des cas.

Selon des médias locaux, les forces de sécurité ont vérifié l’installation de l’application dimanche lors de contrôles aux checkpoints installés à travers le Qatar. 

Justin Martin, professeur de journalisme basé au Qatar, a prévenu sur Twitter les autorités de ne pas « saper » la confiance des habitants en imposant l’utilisation d’« une application avec des autorisations inquiétantes ».

Portables jetables

Selon des internautes, l’application use la batterie et ne peut être installée sur d’anciens iPhone.

« Les gens dépensent de l’argent et font la queue pour acheter des téléphones mobiles jetables », écrit Janko, un ingénieur expatrié, dans un commentaire sur Google Play store.

Des informations ont également fait état d’utilisateurs classés par erreur comme « en quarantaine » ou « cas suspects ».

Les critiques contre le gouvernement sont rares au Qatar et la loi de lèse-majesté criminalise l’irrespect envers les hauts responsables.

Mais sur des groupes Facebook populaires parmi les expatriés de Doha, des personnes ont fait part de leur inquiétude concernant l’application et leur vie privée.  

« L’application est extrêmement envahissante avec un éventail d’autorisations permettant au gouvernement d’accéder à des choses qui ne sont pas nécessaires »

Hiba Zayadin, chercheuse 

« Pour que cela fonctionne, ils ont besoin d’un grand nombre de personnes l’utilisant. Si les gens sont dissuadés parce que l’application va trop loin, cela constituerait un problème », affirme à l’AFP l’avocat en technologies, Rahul Matthan.

« Il n’est pas nécessaire d’avoir accès aux photos et à d’autres choses. Mais cela pourrait être un bon outil. C’est une bonne manière de choisir les personnes à tester en priorité », dit-il.

Selon Mohamed ben Hamad Al-Thani, un responsable du ministère de la Santé, les données recueillies à travers ces applications sont « totalement confidentielles ».

Des sources officielles insistent sur le fait que ces données ne peuvent être consultées que par des personnes travaillant dans le secteur de la santé.

« Il y aura une mise à jour de l’application Ehteraz pour prendre en compte ces inquiétudes et améliorer son efficacité », a ajouté Mohamed ben Hamad Al-Thani dans une une interview jeudi à la télévision d’État.

Une nouvelle version de l’application est sortie dimanche sur Apple et Android, promettant des « corrections mineures ».  

Par Gregory Walton, à Doha.

6 years ago
Un petit Yéménite porte un masque de protection, à Sanaa, la capitale (AFP)

Dès que le nouveau coronavirus a commencé à se propager dans les zones progouvernementales du Yémen, qui se trouvent principalement dans les provinces du sud, les Houthis ont commencé à convertir des écoles situées aux frontières en sites de mise en quarantaine.

Les voyageurs des provinces infectées qui étaient envoyés vers ces sites avaient l’ordre d’y rester pendant quatorze jours avant d’être autorisés à entrer dans les zones contrôlées par les Houthis.

Selon des témoignages recueillis par Middle East Eye, ces sites n’ont pas été correctement préparés à recevoir les voyageurs si bien que les conditions de vie y sont terribles.

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« Ce n’est pas un site de mise en quarantaine, c’est une école où des centaines de personnes restent dans des salles de classe et des tentes et il n’y a pas de services de base », rapporte à MEE Ridhwan, chauffeur d’une société de transport, en parlant de son expérience.

Les femmes sont hébergées dans des salles de classe et leurs enfants dorment dans la même pièce. À 20 h, les superviseurs du site fournissent un dîner mais selon Ridwhan, tout le monde mange sa nourriture en groupe.

C’est en se rendant d’Aden, dans le sud contrôlé par le gouvernement, à Sanaa, fin avril, qu’il a été arrêté à un poste de contrôle houthi. Les Houthis ont ordonné à Ridwhan et aux autres passagers de sa voiture de se mettre en quarantaine.

Arrêter les mouvements de populations entre les provinces

« De nombreux passagers voyagent d’Aden à Sanaa par d’autres routes avec des passeurs, mais mon entreprise ne m’a pas autorisé à emprunter la route des passeurs, alors je suis tombé entre les mains des Houthis», explique encore Ridwhan.

Le gouvernement du Yémen, reconnu par la communauté internationale, a déclaré Aden, où il est temporairement basé, « ville infestée » le 11 mai, après avoir recensé des dizaines de morts.

Jusqu’à présent, il y a eu 212 cas confirmés, dont plus de 180 dans des zones progouvernementales, et 39 décès.

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Une source du ministère de la Santé de Sanaa, qui souhaite garder l’anonymat, confirme à MEE que les sites de mise en quarantaine pour les voyageurs n’avaient pas été correctement aménagés et que leur objectif principal était d’arrêter les mouvements de populations entre les provinces.

« Il existe de bons sites de mise en quarantaine à Sanaa et dans d’autres provinces, et ce sont soit des hôpitaux, soit des hôtels, mais nous ne les utilisons que pour les cas suspects », ajoute-t-elle. Selon cette source, de nombreuses personnes voyagent avec des passeurs dans les zones houthies au mépris des conseils des autorités.

« Malheureusement, les gens n’ont pas respecté les instructions du ministère de la Santé et ils continuent de voyager normalement, donc j’espère que les autorités pourront imposer de nouvelles restrictions aux passeurs. »

Traduit partiellement de l’anglais (original).

6 years ago
Manifestation étudiante à Nassiriya, le 1er mars 2020 (AFP)

Basma Haitham avait tout planifié. Dès la rentrée, elle avait acheté la robe qu’elle rêvait de porter pour sa remise de diplôme. Mais pour cette année universitaire en Irak, rien ne s’est passé comme prévu.

Le 1er octobre, une révolte populaire a éclaté, avec en tête de cortège les étudiants. Puis l’épidémie de coronavirus est apparue et le confinement a maintenu les portes des universités fermées.

Alors Basma, comme les 150 000 étudiants irakiens recensés par le ministère de l’Enseignement supérieur, a dû oublier le bal de promotion et repenser son avenir déjà bouché dans un pays où 36 % des jeunes sont au chômage.

« Depuis que je suis entrée à l’université je rêvais du jour où je tiendrai mon diplôme en main. J’avais même acheté une robe saumon pour la fête de fin d’études », se lamente la jeune femme de 23 ans. 

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« Je n’ai aucune idée de quand je pourrais la porter », poursuit l’étudiante en littérature anglaise à l’université d’al-Mustansiriyah de Bagdad, qui s’apprêtait à demander un visa pour finir ses études à l’étranger.

Car, même diplômés, les jeunes partent perdants dans un pays qui vit de sa rente pétrolière, en chute libre ces derniers mois, et dont le secteur public hypertrophié est inefficace.

Avec 60 % des 40 millions d’Irakiens âgés de moins de 25 ans et une des croissances démographiques les plus élevées au monde, le système actuel a déjà implosé.

Même si les mises à la retraite de fonctionnaires se sont multipliées, là où leurs parents obtenaient automatiquement un poste dans le public, les jeunes savent qu’ils ne peuvent désormais plus compter sur un État où la corruption a escamoté en dix-sept ans plus du tiers des revenus de l’or noir.

C’est pourquoi, comme Basma, ils sont sortis en masse dans la rue en octobre conspuer leurs dirigeants jugés « voleurs » et « incompétents ».

L’université a elle repoussé les examens du premier semestre et organisé des cours en ligne.

Année blanche… payante 

Mais avec l’épidémie de COVID-19, ces examens n’ont finalement pas eu lieu et le second semestre n’a jamais débuté. Quant aux promesses ministérielles d’un calendrier à venir « bientôt » pour des examens de fin d’année, personne n’y croit vraiment.

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Et cette année n’est pas la seule compromise. Selon l’ambassade des États-Unis à Bagdad, entre 200 et 250 étudiants devaient rejoindre cet été des universités américaines. Mais la pandémie a cloué les avions au sol et mis un terme aux rêves d’expatriation estudiantins.

À 23 ans, Mayyada Mohammed, elle, aimerait seulement pouvoir entrer dans l’atelier de sculpture de l’université des Beaux-Arts, à quelques pas de chez elle.

Cela fait deux mois qu’il est fermé et que son projet de fin d’études, unique moyen de valider son année, est à l’arrêt.

« On nous a dit récemment qu’on pourrait reprendre nos projets l’année prochaine et qu’on serait diplômés dans un an », dit-elle à l’AFP. 

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« Mais certains d’entre nous n’ont pas les moyens d’étudier une année de plus, nous avons besoin de travailler », ajoute Mayyada. En Irak, le taux de pauvreté, déjà de 20 %, pourrait doubler avec la crise économique actuelle.

Depuis des années, la famille de Sajjad Matar attendait l’été 2020, moment où cet étudiant en médecine de 22 ans devait commencer à gagner sa vie.

Il espérait un salaire d’un peu plus de 530 euros pour aider sa famille à Nassiriya, sa ville d’origine dans le sud. Mais aujourd’hui, au lieu de lui offrir ce nouveau revenu, Sajjad a dû demander plus d’argent à son père.

« Parce qu’en plus de tout ça, l’université nous réclame les frais de scolarité du deuxième semestre » d’environ 1 350 euros, lâche-t-il amer. 

« Cette année nous a filé entre les doigts », se lamente Mayyada, pourtant des plus enthousiastes au début de la « révolte d’octobre ».

Les lendemains qui chantent ne sont jamais arrivés et, ajoute-t-elle, « tout ce qu’on fait aujourd’hui, c’est regarder Netflix », quand internet et l’électricité sont au rendez-vous, pour oublier le long confinement.

Par Maya Gebeily, à Bagdad. 

6 years ago
Une vue de l’édicule dans l’église du Saint-Sépulcre, le 12 mars 2020 (AFP)

Après deux mois de fermeture liée à la pandémie de coronavirus, l’église du Saint-Sépulcre à Jérusalem n’a pas rouvert ses portes au grand public dimanche comme annoncé la veille par les autorités religieuses, a constaté une équipe de l’AFP.

« Pour des raisons de sécurité et afin d’éviter le risque d’une nouvelle propagation du COVID-19, le nombre [de visiteurs] sera d’abord limité à 50 personnes et la basilique sera accessible uniquement à ceux qui n’ont pas de fièvre ou de symptômes d’infection et qui portent des masques appropriés », avaient indiqué sur leur site internet les autorités religieuses qui gèrent l’accès à ce haut lieu saint du christianisme. 

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« Il sera également nécessaire de garder une distance minimale de deux mètres entre chaque personne et d’éviter tout acte de dévotion qui pourrait inclure un contact physique comme toucher et embrasser les pierres, les icônes, les vêtements et le personnel de la basilique », avaient-elles ajouté.

Mais des responsables religieux ont évoqué une ouverture reportée, sans fournir de date et faisant état à mots couverts des difficultés pour compter et contrôler les fidèles entrant dans ce lieu.

L’église du Saint-Sépulcre avait été fermée le 25 mars peu avant les fêtes de Pâques, dans le cadre de mesures sans précédent pour endiguer l’épidémie de coronavirus en Israël et dans les territoires palestiniens.

Plus de 16 600 personnes contaminées, dont 279 morts, ont été officiellement recensées en Israël. En Cisjordanie occupée, les autorités palestiniennes ont elles officiellement enregistré 368 malades et deux décès.

Selon la tradition chrétienne, le Saint-Sépulcre est l’endroit où Jésus a été crucifié et mis au tombeau. Le site se trouve à Jérusalem-Est, dans la Vieille ville, occupée et annexée par Israël. Chaque année, l’église est visitée par des millions de pèlerins.

Constatant un ralentissement de la progression du virus, les autorités israéliennes ont allégé les mesures de confinement, dans l’espoir de remettre progressivement l’économie du pays sur les rails. Les lieux de culte ont été autorisés à rouvrir mercredi mais leur accès est limité à 50 personnes. 

Le mur des Lamentations, site le plus sacré où les Juifs peuvent prier, dont l’accès avait été considérablement restreint, a rouvert plus largement aux fidèles début mai. 

L’esplanade des Mosquées à Jérusalem rouvrira après l’Aïd el-Fitr, selon l’annonce mardi de l’organisme gérant les lieux saints musulmans dans la ville sainte.

6 years ago
De nombreux pays ont renforcé les mesures de restriction après un certain relâchement pendant le Ramadan, interdisant notamment les prières collectives (AFP)

L’Aïd el-Fitr, l’une des fêtes les plus importantes du calendrier musulman, est traditionnellement célébrée par des prières à la mosquée, des visites familiales et des achats de vêtements, de cadeaux ou de friandises. 

Mais cette année, les célébrations doivent composer avec la pandémie de COVID-19. De nombreux pays ont renforcé les mesures de restriction après un certain relâchement pendant le Ramadan, qui a entraîné une hausse des infections selon les autorités.

De l’Égypte à l’Irak, en passant par la Turquie et la Syrie, plusieurs pays ont interdit les prières collectives. L’Arabie saoudite, qui abrite les lieux les plus saints de l’islam, a instauré un couvre-feu total de cinq jours à partir de samedi.

Pays le plus touché dans le Golfe, le royaume a vu le nombre d’infections plus que quadrupler depuis le début du Ramadan, pour atteindre environ 68 000. 

Les prières de l’Aïd se dérouleront dans les deux mosquées des villes saintes de La Mecque et Médine, « sans les fidèles », ont annoncé samedi les autorités. 

La mosquée al-Aqsa de Jérusalem, le troisième site le plus saint de l’islam, ne sera rouverte aux fidèles qu’après l’Aïd a déclaré son organe directeur.

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Au Liban, la plus haute autorité religieuse sunnite a annoncé la réouverture des mosquées pour les prières du vendredi uniquement. Les fidèles seront toutefois soumis à divers contrôles sanitaires, dont une prise de température.

Le nombre de décès dus au COVID-19 au Moyen-Orient et en Asie a été plus faible qu’en Europe et aux États-Unis, mais il augmente régulièrement, ce qui fait craindre que le virus ne submerge des systèmes de santé souvent sous-financés.

L’Iran, qui a connu l’épidémie la plus meurtrière au Proche et Moyen-Orient, a demandé à ses citoyens d’éviter de voyager pendant l’Aïd qui devrait avoir lieu lundi dans ce pays à majorité chiite, de même pour la communauté chiite irakienne.

« Notre plus grande inquiétude » est d’avoir « de nouveaux pics de la maladie à cause du non-respect des consignes sanitaires », a prévenu le ministre iranien de la Santé, Saïd Namaki.

Les Émirats arabes unis ont aussi renforcé le confinement, avec un couvre-feu nocturne commençant à 20 h au lieu de 22 h pendant le Ramadan. Mais cela n’a pas empêché des habitants de planifier des escapades dans des hôtels de luxe en bord de mer à Dubaï, Ajman ou Ras al-Khaimah.