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Rentrés au pays juste à temps pour l’Aïd el-Fitr, des milliers de Tunisiens passeront cette fête pourtant loin de leur famille, obligés de s’isoler en quarantaine dans des hôtels, afin de lutter contre la propagation du nouveau coronavirus.
« C’est une précaution importante pour protéger mes amis et ma famille »
- Mohamed Khalil, rentré d’Arabie saoudite
« C’est une précaution importante pour protéger mes amis et ma famille », affirme Mohamed Khalil, 34 ans, revenu à Mahdia (est) avec son épouse après avoir perdu son emploi de chauffeur de bus à Riyad.
Il peine néanmoins à rester cloîtré dans leur chambre d’hôtel et arpente le hall où les légers rideaux soulevés par la brise laissent apercevoir une mer turquoise.
« On a eu très peur car parmi les voyageurs venus d’Arabie saoudite, il y a eu des prélèvements positifs », témoigne-t-il. « Ça nous aide à prendre les choses au sérieux : on met les masques, on se lave les mains. »
« Ils veulent rentrer chez eux pour les fêtes »
L’épidémie a marqué le pas en Tunisie, avec peu de nouveaux malades officiellement identifiés par semaine et 47 décès au total depuis le début de la pandémie. Les autorités ont en conséquence commencé à lever les mesures de confinement strictes, mises en place dès les premiers cas mi-mars.
Mais l’isolement hors du domicile reste obligatoire pour les personnes arrivant de l’étranger, tout comme pour les soignants en contact avec des malades du virus, même s’ils n’ont pas été hospitalisés.
Certains pays ont jusque là rejeté une quarantaine obligatoire pour les voyageurs – en France, le Conseil constitutionnel l’a qualifiée de mesure « privative de liberté ».
Beaucoup imposent un isolement à domicile, comme le Royaume-Uni, mais d’autres exigent le passage par des centres d’isolement, comme l’Algérie, l’Égypte ou le Kenya.
Parmi les onze personnes contaminées identifiées en Tunisie cette semaine, sept étaient déjà placées en quarantaine à la suite de leur arrivée de l’étranger.
Dans un hôtel voisin de celui de Mohamed Khalil, les confinés qui devaient sortir avant le week-end de l’Aïd el-Fitr, la fête marquant la fin du mois de jeûne du Ramadan, ont finalement été sommés de rester, l’un d’eux ayant été détecté positif après dix jours de quarantaine.
« C’est un peu tendu. À la fois ils ont peur d’être malades et ils veulent rentrer chez eux pour les fêtes », explique le Dr Samir Lahouel, responsable régional de la santé préventive.
« Mais leurs familles nous appellent aussi pour s’assurer qu’on ne les laissera pas sortir sans être sûrs qu’ils sont sains. »
Les voyageurs sont libérés après quatorze jours de quarantaine et deux tests négatifs, ou sept jours pour ceux qui ont effectué un test négatif avant le départ.
« On est très bien accueillis mais un peu inquiets, on attend avec impatience les tests », explique Atef Maherzi, médecin rapatriée mardi d’Arabie saoudite, en quarantaine dans le même hôtel que les époux Khalil.
Cette année, elle va passer l’Aïd dans sa chambre à faire les traditionnelles visites familiales « sur Skype » : « D’habitude, je suis la maîtresse de maison mais là, mon mari va recevoir les invités tout seul. »
L’ambiance n’est pas aux vacances
« C’est un sacrifice pour la santé », estime-t-elle. « Il vaut mieux prévoir d’en faire trop plutôt que de se retrouver avec des hôpitaux débordés. »
Plus de 70 hôtels ont été mis gratuitement à disposition pour accueillir les confinés : l’État ne paie que les repas qui leur sont fournis.
Médecins et infirmiers appellent chaque jour les 200 hôtes, guettant le moindre signe de fièvre ou de toux
Environ 15 000 Tunisiens sont passés par ces centres à leur retour de l’étranger. Plus de 3 500 y passeront la fête de l’Aïd el-Fitr.
Certains se sont retrouvés dans des hôtels de luxe, occupant de vastes suites avec vue sur mer. Mais d’autres ont atterri dans des unités désaffectées depuis plusieurs mois à la propreté douteuse.
Dans les chambres feutrées de l’hôtel El Mouradi, à Mahdia, les confinés ont le droit de se promener seuls sur la plage mais l’ambiance n’est pas aux vacances.
Chacun fait son ménage et sa lessive. Médecins et infirmiers appellent chaque jour les 200 hôtes, guettant le moindre signe de fièvre ou de toux, et intervenant pour qu’ils ne quittent pas leur chambre.
Des organisations de défense des droits humains comme l’Instance nationale de lutte contre la torture, ont visité des centres de quarantaine, insistant pour que les confinés aient le droit de sortir une heure par jour de leur chambre, ce qui n’est pas toujours le cas.
Une enquête a néanmoins été ouverte pour détention arbitraire après la plainte d’un homme d’affaires et de sa femme, qui s’étaient enfuis de quarantaine et y ont été ramenés manu militari par la police, selon des médias tunisiens.
Par Caroline Nelly Perrot, à Mahdia.
Un détenu est interrogé par visioconférence par un procureur, un autre assiste à une audience virtuelle de son jugement, un troisième dialogue avec un proche grâce à Skype. Face à l’épidémie de COVID-19, une prison de Dubaï a recours à la technologie moderne.
Les Émirats arabes unis, dont Dubaï est membre, ont fait état de plus de 26 000 personnes contaminées par le virus, dont 233 décès.
Après l’apparition de la pandémie, les visites aux détenus ont été supprimées dans les prisons comme celle d’Al-Awir, située en plein désert, à environ 35 kilomètres du centre de Dubaï.
« Nous essayons d’empêcher tout contact direct avec les détenus […] en utilisant beaucoup la technologie moderne », a déclaré à un journaliste de l’AFP le brigadier Ali al-Chamali, directeur général des institutions pénitentiaires de Dubaï, lors d’une visite à Al-Awir.
« Une poignée » de cas
« Nous pouvons être sûrs qu’un détenu n’est pas contaminé mais comment savoir si quelqu’un qui vient de l’extérieur ne l’est pas ? », a-t-il indiqué.
Les prisonniers peuvent désormais parler à leur famille grâce aux technologies de visioconférence.
Ali al-Chamali s’est refusé à dire combien de détenus avaient été infectés par le coronavirus, tout en parlant d’une « poignée » de contaminés.
Il a par ailleurs assuré qu’il ne s’agissait que de cas bénins qui ne nécessitaient pas plus que « l’isolement et un simple traitement ».
Tous les détenus et l’ensemble du personnel pénitencier ont été testé « sans exception », en coordination avec les autorités sanitaires officielles, a assuré Ali al-Chamali.
Le port du masque et de gants est obligatoire et certains ateliers ont été fermés ainsi que le gymnase.
« Nous cherchons à réduire les contacts et notre principale préoccupation est de continuer à fournir la même qualité de service », a déclaré à l’AFP Badr Sultan, médecin de la prison, depuis son bureau, ajoutant que les consultations médicales se faisaient désormais par visioconférence.
Dans un centre de soins de la prison, un dermatologue demande à un détenu qu’il voit sur un écran de lui décrire son problème, regarde sa peau infectée puis lui prescrit une pommade.
Dans une autre salle, un psychiatre tente de rassurer, en ligne, un détenu angoissé.
Libérations
Pour freiner au maximum les risques de contagion, les autorités de Dubaï ont libéré des centaines de personnes emprisonnées pour des petits délits ou incapables de payer leur caution.
« Il y a 30 à 35 % de prisonniers en moins », a déclaré Ali al-Chamali, sans précision de chiffres.
« Nous voulons encore réduire le nombre de prisonniers en libérant ceux qui ont commis des délits mineurs et ne garder que ceux accusés de crimes graves », a-t-il ajouté.
Les mesures prises pour endiguer la pandémie ont été parfois difficiles à être acceptées par les détenus, dont certains passaient leurs journées en groupe, par exemple dans des ateliers.
Dans la prison Al-Awir, sept détenus travaillaient notamment à la confection d’une réplique en carton de la grande mosquée Cheikh Zayed d’Abou Dhabi, dont une vaste partie se dresse déjà une salle haute de plafond.
Mais le projet a été suspendu en raison de la libération de certains de ces prisonniers.
« La réalisation de la réplique est à l’arrêt », déplore l’un des détenus toujours incarcéré et qui espère bien que son oeuvre sera inscrite au livre Guinness des records.
Par Mohamad Ali Harissi, à Dubaï.
« En temps normal, quelque 200 personnes seraient venues pour les funérailles », soupire Ahmet Ucukcu, entouré d’une poignée de proches autorisés à assister à l’enterrement de son père dans un cimetière d’Istanbul, où, comme ailleurs en Turquie, le coronavirus a bouleversé les rites funéraires.
Plus de 700 personnes décédées du COVID-19 ont à ce jour été enterrées dans ce cimetière spécialement aménagé en mars comme lieu de sépulture pour les victimes des maladies contagieuses, dans le district de Beykoz sur la rive asiatique d’Istanbul.
Le père d’Ahmet, Ali, qui souffrait de comorbidités, est décédé à l’âge de 95 ans, après dix jours d’hospitalisation.
Rassemblés autour de la tombe, Ahmet Ucukcu et un petit groupe de parents, portant tous des masques, récitent des versets du Coran après que le cercueil renfermant le corps du nonagénaire a été introduit dans la fosse.
« Beaucoup de proches n’ont pas pu venir, seuls ses enfants et les parents de premier degré ont été autorisés, soit six ou sept personnes », explique Ahmet Ucukcu.
Avant d’être transporté au cimetière dans un corbillard, la dépouille d’Ali Ucukcu a été lavée à la morgue selon les rituels de toilette funéraires musulmans par des employés en tenue de protection, avant d’être mise en linceul.
« Même la mort a changé »
Le cercueil a ensuite a été placé sur un banc en bois dans la cour de la morgue où les proches, se tenant à bonne distance l’un de l’autre, ont accompli la prière funéraire collective.
Ces rites sommaires, sans prière de la mort à la mosquée et avec un nombre limité de proches au cimetière, sont devenus obligatoires dans le cadre des mesures mises en place par les autorités turques pour lutter contre la propagation du coronavirus, qui a fait plus de 4 200 morts dans le pays.
Les rassemblements ayant aussi été interdits, les traditionnelles veillées funéraires lors desquelles la famille du défunt reçoit les condoléances, ne peuvent avoir lieu non plus.
« Un virus qu’on ne peut voir qu’au microscope a tout bouleversé dans le monde, les usages, les traditions et les cérémonies funéraires. Même la mort a changé », souligne Ayhan Koc, qui dirige le département des cimetières à la municipalité d’Istanbul, une ville de près de 16 millions d’habitants.
Au cimetière de Beykoz, une femme et ses deux filles sont venues se recueillir sur la tombe du père de famille décédé la semaine dernière à 76 ans. S’ils cachent une partie de leur visage, les masques qu’elles portent mettent en évidence leurs yeux embués de larmes.
« Les mosquées sont fermées à cause de la pandémie. Nous ne pouvons pas enterrer nos morts comme nous le voulons », confie Filiz, l’une des filles du défunt. « Seulement six personnes ont pu participer à la prière funéraire, ce n’est pas ce que nous voulions ».
« Maudite maladie »
Même si les parents ne peuvent plus se séparer pour la dernière fois de leurs proches comme ils l’auraient souhaité, les restrictions en place ont été acceptées « sans objections », explique Ayhan Koc, le responsable municipal en charge des cimetières.
« L’objectif est d’éviter que des foules se forment et que la distanciation sociale soit respectée. Avec le temps, les citoyens s’habituent et de moins en moins de gens assistent aux funérailles », affirme-t-il.
« Un virus qu’on ne peut voir qu’au microscope a tout bouleversé dans le monde, les usages, les traditions et les cérémonies funéraires. Même la mort a changé »
- Ayhan Koc, responsable municipal
Selon les rites musulmans, le corps doit être inhumé enroulé dans un linceul sans être placé dans un cercueil comme c’est actuellement le cas.
Ayhan Koc explique que la mise en terre dans un cercueil vise à faciliter l’éventuel transfert de la dépouille vers un autre cimetière puisque les personnes décédées à Istanbul y sont obligatoirement enterrées actuellement en raison des restrictions de circulation en place, même si elles sont originaires d’autres villes.
Cengiz Aktas, a assisté seul à l’enterrement de sa grand-mère maternelle, Faize Kilic, emportée à 85 ans par le coronavirus.
« Personne d’autre ne pouvait participer. Ma mère ne peut pas quitter la maison en raison du confinement imposé aux plus de 65 ans », regrette-il. « Cette maudite maladie nous empêche même d’accomplir une propre prière funéraire à la mosquée ».
Par Fulya Ozerkan, à Istanbul.
Une vague de retour de résidents dans la bande de Gaza a plus que doublé le chiffre de personnes contaminées faisant craindre une flambée plus importante dans cette enclave sous blocus israélien.
Après avoir enregistré moins de 20 cas pendant des mois, ses frontières avec l’Égypte et Israël étant fermées pour éviter la propagation du virus, ces derniers jours, la situation a changé.
Environ 1 500 Palestiniens pris au piège en Égypte au cours des deux derniers mois ont été autorisés à rentrer cette semaine via le point de passage de Rafah, ainsi qu’un nombre plus restreint de personnes venant d’Israël.
Bien que placées en quarantaine dès leur arrivée, 35 nouveaux cas ont été signalés dont 25 ce jeudi, ont annoncé les autorités, portant le chiffre total à 55 personnes contaminées depuis le début de la pandémie.
Un responsable du ministère de la Santé à Gaza Youssef Aboul Rich, a affirmé que toutes les personnes revenues à Gaza avaient été mises en quarantaine. Une enquête a révélé toutefois que des personnes infectées avaient été « en contact avec des dizaines de personnes revenant [d’Égypte] et dans des centres de confinement ».
Il a ajouté que le ministère vérifiait si ces personnes infectées avaient été en contact avec d’autres personnes dans Gaza avant d’entrer en quarantaine.
Le Hamas qui contrôle le territoire envisage d’imposer un couvre-feu, a annoncé jeudi Khalil al-Haya, un haut responsable du mouvement islamiste palestinien, dans une conférence de presse.
La frontière avec l’Égypte pourrait être refermée jusqu’à mi-juin, a-t-il ajouté.
Ces dernières semaines, les autorités du Hamas ont assoupli leurs mesures préventives, permettant aux cafés et restaurants de rouvrir.
Israël impose un blocus à Gaza pour, dit-il, contenir le Hamas, alors que les deux ennemis se sont livré trois guerres depuis 2008. Les critiques dénoncent ce blocus comme une punition collective.
Les autorités tunisiennes ont décidé de rouvrir le 4 juin les mosquées et tous les lieux de culte ainsi que les cafés, les restaurants et les hôtels, après plus de deux mois de fermeture en raison de la pandémie.
Lors d’une conférence de presse commune, les ministres des Grands projets Lobna Jeribi, de l’Intérieur Hichem Mechichi et des Affaires religieuses Ahmed Adhoum ont ajouté que cette date pourrait être modifiée en cas de reprise de l’épidémie de coronavirus en Tunisie.
Hôtels et restaurants, fermés depuis le 22 mars, rouvriront à 50 % de leur capacité d’accueil. Un protocole sanitaire est en cours de finalisation pour détailler les mesures de prévention dans les établissements touristiques.
La levée de toutes les mesures de confinement est prévue le 14 juin, ont ils ajouté, appelant de nouveau au respect des mesures d’hygiène et de distanciation sociale et au port des masques.
Les déplacements entre les gouvernorats restent interdits, et des contrôles sécuritaires seront renforcées ce week-end pour l’Aïd al-Fitr, marquant la fin du mois du Ramadan et qui se traduit habituellement par des retrouvailles familiales.
Les écoles restent fermées jusqu’en septembre : seuls les cours de préparation au bac reprendront fin mai pour un mois. Crèche et garderies rouvriront également fin mai.
Depuis début mars, quelque 1 045 malades de coronavirus ont été officiellement déclarés dont 47 morts, et l’épidémie semble avoir marqué le pas ces derniers jours après des mesures rigoureuses prises par les autorités dès les premiers cas mi-mars.
« Nous n’avons pas perdu du temps et nous avons pris des décisions difficiles, audacieuses et parfois créatives », s’est félicité mercredi soir le Premier ministre Elyes Fakhfakh dans un discours télévisé.
Cette crise a toutefois « dévoilé des problèmes profonds que nous connaissons déjà mais que nous n’avons plus le droit d’ignorer » : « la pauvreté, la fragilité de l’économie et l’épuisement des structures publiques à commencer par celles de la Santé. »
Son gouvernement prépare actuellement une révision du budget 2020 et un programme de « réactivation de l’économie » devant être présenté fin juin au Parlement, prévoyant notamment la diminution de la bureaucratie, la numérisation de l’administration, la préservation des emplois et la lutte contre la corruption, a-t-il ajouté.
Le Fonds monétaire international a annoncé jeudi avoir approuvé une aide financière d’urgence d’environ 396 millions de dollars en faveur de la Jordanie pour lutter contre l’impact de la pandémie de COVID-19.
« Cette aide financière d’urgence aidera à répondre aux besoins » du pays qui voit ses dépenses de santé augmenter.
En outre, elle contribuera à aider les ménages et les entreprises les plus touchés par la crise, a précisé le FMI dans un communiqué.
Le Conseil d’administration du Fonds a approuvé le déboursement de ces fonds par le biais de son Instrument de financement rapide, qui permet d’accélérer le versement de fonds par rapport à d’autres moyens du FMI.
« La Jordanie a déployé des efforts proactifs depuis l’épidémie de COVID-19 pour protéger la sécurité de ses citoyens et réfugiés », a souligné le FMI, relevant en particulier la mise en place d’un couvre-feu « strict », la hiérarchisation des dépenses de santé et les mesures pour amortir l’impact du choc sur les entreprises et les ménages.
L’institution de Washington note que « les perspectives économiques à court terme de la Jordanie se sont considérablement dégradées depuis que le FMI a approuvé en mars » un programme d’aide de 1,3 milliard de dollars.
Sur ces 1,3 milliard de dollars approuvés en mars, les autorités jordaniennes avaient immédiatement reçu une première tranche de 139 23 millions de dollars.
Médecins sans frontières s’est alarmé jeudi de la « catastrophe » en cours au Yémen où la pandémie de nouveau coronavirus se propage faute de moyens humains et matériels dans un pays ravagé par cinq ans de guerre.
MSF a lancé un appel urgent aux Nations unies et aux pays donateurs pour « faire plus et le faire de toute urgence, non seulement pour Aden mais pour l’ensemble du Yémen ».
Les personnels soignants dans le pays doivent être payés, pourvus en équipements de protection individuelle et les centres de traitement doivent s’approvisionner en respirateurs.
Le nombre de décès dans le centre de traitement COVID-19 de MSF à Aden, la grande ville du sud où sévissent déjà la dengue, le paludisme et le chikungunya, « témoigne d’une catastrophe plus vaste » que ce que les chiffres officiels indiquent, prévient l’ONG dans un communiqué.
« Ce que nous voyons dans notre centre de traitement n’est que la partie visible de l’iceberg en termes de nombre de personnes infectées et mourantes dans la ville », s’inquiète Caroline Seguin, responsable des programmes MSF. « Les gens arrivent au centre trop tard pour être sauvés, et nous savons que beaucoup d’autres ne viennent pas du tout », ajoute-t-elle.
MSF affirme que 173 patients ont été admis dans son centre et au moins 68 sont décédés au cours des deux premières semaines du mois de mai.
« Se présentant tardivement au centre, beaucoup de patients souffrent d’un syndrome de détresse respiratoire aigu et leurs chances de survie sont limitées », précise l’organisation.
Elle constate en outre un grand nombre de soignants, dont ses propres personnels, parmi les malades et huit fois plus d’enterrements chaque jour la semaine dernière.
Le centre de MSF est l’unique structure consacrée au nouveau coronavirus dans le sud du Yémen. Les autres hôpitaux locaux refusent d’accueillir des malades présentant des symptômes de la maladie, faute d’équipement de protection pour leurs soignants.
« Ce que nous voyons dans notre centre de traitement n’est que la partie visible de l’iceberg en termes de nombre de personnes infectées et mourantes dans la ville »
- Caroline Seguin, responsable MSF
Contrôlée par des séparatistes revendiquant l’indépendance du sud du pays, Aden n’observe pas de confinement. Les tests de dépistage à la maladie COVID-19 sont inexistants, tout comme les mises en quarantaine de personnes malades.
Les chiffres de MSF sont supérieurs à ceux fournis par le gouvernement qui manque de tests pour évaluer précisément l’étendue de la pandémie.
« Mais si le nombre exact de cas ne peut être connu, il n’y a aucun doute sur le fait que c’est bien l’épidémie de COVID-19 qui entraîne une telle hausse de la mortalité », assure l’ONG.
Le Yémen est en proie à une guerre meurtrière depuis 2014 entre les rebelles Houthis, soutenus par l’Iran et qui contrôlent plusieurs régions du pays dont la capitale Sanaa, et le gouvernement appuyé par la coalition menée par l’Arabie saoudite à partir de 2015.
Ce conflit a provoqué la pire crise humanitaire dans le monde, selon les Nations unies, et suscité l’effondrement des infrastructures sanitaires locales.
Derrière les hauts murs de la prison marocaine d’Ain Sebaa, à Casablanca, Khalid, un détenu de 40 ans, se dit « fier » de participer à l’effort de lutte contre la pandémie de coronavirus, en travaillant dans un atelier pilote de fabrication de masques sanitaires.
« Nous avons le sentiment de contribuer à l’effort collectif, même derrière les murs de la prison », confie à l’AFP cet homme qui travaille en blouse blanche, protégé par un masque. La production maison sera bientôt distribuée aux 80 000 détenus du pays.
L’objectif du programme, lancé début mai à Ain Sebaa, la prison la plus peuplée du Maroc avec quelque 8 000 prisonniers, est aussi de « nourrir l’esprit citoyen » des détenus et de les « aider à gérer leur détention pendant le confinement », selon la direction de l’administration pénitentiaire.
Depuis l’instauration de l’état d’urgence sanitaire dans le pays mi-mars, les visites aux prisonniers ont été suspendues, tout comme les différentes activités impliquant des intervenants extérieurs. Les transferts vers les hôpitaux sont limités aux cas d’extrême urgence, ceux vers les tribunaux ont été suspendus et les audiences se tiennent à distance.
Khalid, lui, quitte sa cellule tous les jours pour rejoindre l’atelier de couture en passant par de longs couloirs imprégnés d’une forte odeur de désinfectant. Il passe la journée à s’occuper des finitions, tandis que d’autres découpent le tissu ou emballent les produits dans des sacs plastique.
Dans l’atelier de l’aile réservée aux femmes, Meriem, 35 ans, se dit aussi « heureuse de faire un travail utile aux autres », même avec une « contribution modeste ».
Actuellement, une centaine de prisonniers et prisonnières fabriquent chaque jour 20 000 pièces dans une vingtaine d’établissements pénitentiaires. Une goutte d’eau, comparé aux 10 millions de masques produits quotidiennement dans des usines du pays reconverties pour répondre aux nouveaux besoins nés de la pandémie.
Prévention sanitaire
Le Maroc a prolongé le confinement obligatoire jusqu’au 10 juin. Toute sortie est soumise à autorisation et port du masque, avec des contrôles policiers fréquents. Les contrevenants risquent jusqu’à trois mois de prison et/ou jusqu’à 1 300 dirhams d’amende (115 euros).
À ce jour, le royaume a enregistré officiellement 7 043 cas de contamination, dont 194 décès. Les prisons n’ont pas été épargnées avec plus de 300 cas chez les détenus et 70 chez le personnel, répartis dans quatre établissements, selon les chiffres officiels.
La prison d’Ain Sebaa, où aucun cas de la maladie COVID-19 n’a été recensé, applique « rigoureusement » les mesures de prévention sanitaire, souligne son directeur Abderrahim Kerrari.
Des bacs de désinfection sont disposés à l’entrée principale de l’établissement et dans les espaces menant aux cellules. Les détenus doivent systématiquement décontaminer leurs chaussures et des gels hydro-alcooliques sont disposés sur chaque table de l’atelier de confection.
« Solidarité »
Ceux qui fabriquent des masques ont reçu une formation de deux jours, mais tous suivaient déjà des ateliers de couture au sein de la prison. L’administration les a sélectionnés pour leur « bonne conduite », en privilégiant les courtes peines, selon Abderrahim Kerrari.
Car un des objectifs du programme pilote est de « préparer les détenus à réintégrer la société en leur inculquant des valeurs comme la solidarité », dit-il. Les participants perçoivent une rémunération, dont le montant n’a pas été précisé, en fonction du nombre de jours travaillés.
Parmi eux figurent des artisans qui travaillaient dans la couture avant leur arrestation. Comme Mustafa, 54 ans, heureux d’être « utile à la société », en tant que « patriote ».
Les détenus fraîchement formés se voient confier des tâches annexes comme la découpe du tissu. C’est le cas de Wafaa, 37 ans, qui s’est inscrite pour « développer ses compétences et acquérir de l’expérience ».
Dès l’enregistrement du premier cas de coronavirus au Maroc début mars, des défenseurs des droits humains ont exhorté les autorités à libérer des détenus pour limiter les risques d’infection dans des prisons notoirement surpeuplées, avec une moyenne de 1,8 m2 par détenu, la norme internationale étant de 3 m2. Début avril, plus de 5 000 détenus ont été graciés par le roi Mohammed VI.
Les autorités iraniennes ont appelé jeudi la population à éviter tout déplacement entre les provinces à l’occasion de l’Aïd al-Fitr, marquant la fin du mois de jeûne musulman du Ramadan, dans un pays où les cas de nouveau coronavirus sont en hausse.
La République islamique d’Iran est le pays du Proche et Moyen-Orient le plus touché par l’épidémie. Selon les derniers chiffres officiels, le nombre total des morts atteint 7 249 (+66) et celui des cas confirmés 129 341 (+2 392).
« Notre plus grande préoccupation » est d’avoir « de nouveaux pics de la maladie à cause du non respect des consignes sanitaires », a indiqué le ministre de la Santé, Saïd Namaki, cité par l’agence de presse Isna.
« Je demande donc au cher peuple iranien […] de ne pas voyager pendant les vacances de l’Aïd al-Fitr car de nouveaux voyages signifient de nouvelles infections au COVID-19 », a-t-il ajouté, en allusion aux déplacements entre les 31 provinces du pays.
L’Aïd al-Fitr est célébré dimanche et lundi prochains en Iran. Et à cette occasion les Iraniens se déplacent entre les provinces pour aller visiter leurs familles ou amis.
Selon le porte-parole du ministère Kianouche Jahanpour, parmi les nouveaux cas annoncés, 351 sont des patients hospitalisés et 2 041 sont des personnes proches des malades.
Il a par ailleurs indiqué qu’il n’y avait pas de nouveaux décès dans 12 provinces et que six autres provinces n’avaient rapporté qu’un seul mort du virus.
Saïd Namaki a déploré le fait que les citoyens ne respectaient pas les protocoles de santé dans les provinces les plus touchées. « Dans la province du Khouzestan (sud-ouest) et dans des provinces qui ont connu de nouvelles flambées des cas, nous avons constaté qu’ils n’avaient pas suivi les consignes. »
Le gouvernement du président Hassan Rohani a été critiqué pour sa gestion de la crise.
L’État a fermé écoles et lieux de culte et interdit les déplacements entre les villes lors des vacances du Nouvel An persan en mars. Mais il a autorisé un assouplissement progressif des restrictions.
Une campagne de dépistage menée par le groupe Renault a conduit à la détection de 32 cas de COVID-19 dans son usine de Casablanca (ouest), a annoncé jeudi un communiqué du groupe.
La première vague de tests, menée sur 300 collaborateurs, a permis de détecter 32 cas « asymptomatiques, écartant l’hypothèse d’une contamination du virus à l’intérieur de l’usine » Somaca, selon ce communiqué.
Des dépistages sont également en cours sur le site de Tanger (nord), l’objectif étant de tester tous les effectifs présents, a indiqué à l’AFP une porte-parole du groupe.
Le constructeur automobile qui emploie près de 12 000 personnes au Maroc, dont environ 1 500 à Casablanca, a partiellement relancé ses activités industrielles début mai, après environ six semaines d’arrêt lié à la pandémie et à l’instauration d’un état d’urgence sanitaire au Maroc.
Le groupe a vu ses ventes baisser de 25,9 % à 672 962 véhicules au premier trimestre sur un marché mondial en baisse de 24,6 %, selon les premiers résultats du groupe pour 2020.
Le plan d’économie de deux milliards d’euros que Renault doit dévoiler fin mai en réponse à l’effondrement de ses ventes a suscité des interrogations sur l’avenir des sites délocalisés dans la presse marocaine, alors que le gouvernement français souhaite avant tout préserver la production hexagonale.
Pour conquérir de nouveaux marchés et réduire ses coûts, la marque au losange s’est étendue progressivement à l’international, en particulier en Espagne, en Amérique du Sud, en Turquie, en Slovénie, puis au Maroc et en Algérie.
En 2019, quelques 400 000 véhicules sont sortis des usines Renault de Tanger et Casablanca, pour près de 90 % destinés à l’exportation, selon les derniers chiffres publiés par le groupe.
Le développement de l’industrie automobile en zones franches est un des grands axes stratégiques adoptés par le royaume pour diversifier son économie.
Les autorités marocaines ont décidé cette semaine de prolonger le confinement obligatoire jusqu’au 10 juin, invoquant une « situation sanitaire stable mais pas rassurante », du fait notamment des foyers de contamination qui « continuent d’apparaître » dans les familles et les sites industriels.
Le pays de 35 millions d’habitants décompte officiellement 7 185 cas de contamination, dont 196 décès, pour environ 110 000 tests menés.
Le gouvernement tunisien table sur une réouverture des hôtels avant la mi-juin et travaille à un protocole sanitaire pour y limiter les risques de contagion à la maladie COVID-19, a annoncé mercredi le ministre du Tourisme Mohamed Ali Toumi.
Il a également annoncé une ligne de crédit de 500 millions de dinars (159 millions d’euros) à taux bonifiés afin de soutenir le tourisme, secteur clé de l’économie, qui représente 8 à 14 % du PIB et 400 000 emplois.
Ces prêts seront réservés aux entreprises qui ne sont pas déjà surendettées, et continuent à payer leur personnel.
Bien que la Tunisie n’ait enregistré que 47 morts du coronavirus et 1 044 malades identifiés depuis début mars, la crise sanitaire « va entraîner un manque à gagner de 6 milliards de dinars », soit 2 milliards d’euros, a indiqué à l’AFP Ali Toumi.
Après un début de saison en hausse, le tourisme a été brutalement arrêté par le confinement mis en place en Europe comme en Tunisie dès la mi mars, et la suspension des vols commerciaux qui devrait se poursuivre jusqu’à l’automne.
La Tunisie tablait avant la crise sur des rentrées de 7 milliards de dinars, a précisé le ministre.
Le ministre du Tourisme a indiqué espérer que les hôtels pourraient rouvrir avant la dernière étape de la levée du confinement, prévue le 14 juin, mais la décision, qui relève du comité de suivi du coronavirus, dépend de la situation épidémiologique.
Un protocole sanitaire en cours de finalisation détaille comment les hôtels pourront fonctionner tout en respectant les mesures de prévention contre le coronavirus.
« Il y aura une limitation de la capacité d’accueil des hôtels, des mesures de distanciation dans les restaurants, à la piscine et la plage », a expliqué Ali Toumi.
La Fédération tunisienne de l’hôtellerie a appelé à une mise en œuvre rapide de ce protocole, et à autoriser les déplacements entre les régions du pays pour encourager le tourisme local, qui représente 20 % du marché.
La Tunisie « a montré qu’elle est capable malgré ses petits moyens de faire face à une épidémie internationale », a souligné Ali Toumi.
C’est « un atout pour qu’elle soit inscrite sur la short list des pays vers lesquels les pays européens peuvent envoyer leurs ressortissants », a-t-il ajouté.
Aucune date de réouverture des frontières n’a encore été évoquée.
Un Marocain sur deux vit avec « anxiété » le confinement obligatoire décrété mi-mars par les autorités pour contenir la pandémie du nouveau coronavirus, selon une enquête officielle menée fin avril et publiée mercredi à Rabat.
« Le confinement et la menace sanitaire du COVID-19 sont susceptibles d’avoir un fort impact psychologique sur la population », estime cette étude du Haut-commissariat au plan (HCP), en charge des statistiques officielles.
Les autorités ont décidé lundi de prolonger le confinement obligatoire jusqu’au 10 juin, invoquant une « situation sanitaire stable mais pas rassurante », du fait notamment des foyers de contamination qui « continuent d’apparaître » dans les familles et les usines.
Cette prolongation a suscité des flots de message de déception sur les réseaux sociaux.
Si l’anxiété est le sentiment dominant éprouvé par 49 % des confinés, beaucoup mentionnent la peur (40 %), la claustrophobie (30 %), la multiplication des phobies (25 %) et les troubles du sommeil (24 %), selon cette enquête menée pendant le mois de jeûne du Ramadan.
L’inquiétude est nourrie par la crainte d’être contaminé (48 %), de perdre son emploi (21 %), de mourir (10 %), de ne pas pouvoir subvenir aux besoins alimentaires du ménage (10 %) et enfin l’avenir scolaire des enfants (5 %).
Huit ménages sur 10 estiment qu’un appui matériel est « le moyen le plus efficace pour réussir le confinement ».
L’État a déployé toute une panoplie d’aides directes ou indirectes pour soutenir les entreprises paralysées, les 950 000 salariés en arrêt de travail temporaire et les 4,3 millions de familles privées des revenus tirés du secteur informel ou d’emplois précaires.
Cependant, du fait des délais de mise en place, seuls 40 % de ceux ayant dû stopper leur activité disaient fin avril avoir reçu une aide de l’État ou de la part de l’employeur, selon le HCP.
Les ménages parviennent à se ravitailler en aliments de manière normale, mais la moitié d’entre eux (51 %) n’ont pas de produits désinfectants et plus du quart (27 %) ne disposent pas de masque.
Depuis mi-mars, toute sortie est soumise à autorisation et port du masque, avec des contrôles policiers fréquents. Le non-respect des restrictions est passible d’un à trois mois de prison et/ou d’une amende maximale équivalent à 115 euros.
La Coupe du monde de football 2022 au Qatar sera « accessible » financièrement pour les supporters, a promis mercredi le patron du comité d’organisation, craignant qu’une récession consécutive à la pandémie de coronavirus n’empêche des supporters de faire le voyage.
« Nous avons toujours dit, depuis le premier jour, que ce sera une compétition accessible. Nous voulons que tous ceux qui le souhaitent puissent venir à la Coupe du monde », a déclaré Hassan Al-Thawadi.
« Nous avons démontré pendant la Coupe du monde des clubs [en 2019], en accueillant des supporters de tous les clubs participants, que le séjour était accessible du point de vue des vols, du point de vue du logement », a-t-il assuré lors d’une visioconférence.
Il a cependant admis s’inquiéter d’une récession mondiale provoquée par la pandémie de COVID-19, qui pourrait amener des supporters à renoncer de se rendre au Qatar pendant le Mondial, à l’automne 2022.
« Nous entrons dans une récession, et il ne fait aucun doute qu’il y a des inquiétudes quant à l’économie mondiale, et la capacité pour les supporters de payer le voyage », a expliqué Hassan Al-Thawadi.
« Le problème que nous avons aujourd’hui, c’est de savoir à quoi va ressembler la reprise? », a-t-il encore dit.
Plus de 32 000 contaminations au nouveau coronavirus ont été recensées dans ce petit pays du Golfe, soit 1,2 % de l'ensemble de la population de 2,75 millions d'âmes. Le virus a également fait 15 morts.
Les deux mois de confinement imposé au Maroc pour lutter contre la pandémie de coronavirus représentent six points de produit intérieur brut (PIB), a annoncé mardi le ministre marocain de l’Économie.
« Cela se traduit par la perte de 1 milliard de dirham [environ 930 millions d’euros] pour chaque jour de confinement », a précisé Mohamed Benchaâboun devant le Parlement.
Le Maroc, qui a enregistré officiellement 7 023 cas de contamination et 193 décès au total, a imposé un confinement général le 20 mars, prolongé jusqu’au 10 juin et renforcé par un couvre-feu nocturne pendant le ramadan.
Les milieux économiques préconisaient de lever le confinement le plus rapidement possible mais leurs préconisations n’ont jusqu’ici pas été suivies.
Durant les quatre premiers mois de l’année, les exportations ont baissé de 61,5 %, avec une moyenne de 90 % en avril pour l’automobile, l’aéronautique, le textile et l’électronique, a déclaré le ministre.
Autre secteur clé de l’économie du royaume, le tourisme a vu ses recettes plonger de 60 % en avril, alors que le pays a verrouillé ses frontières à la mi-mars et suspendu tous ses vols internationaux.
Les pertes pour les recettes du trésor sont, elles, estimées à 500 millions de dirhams (46 millions d’euros) pour chaque jour de confinement, a dit Mohamed Benchaâboun.
À la paralysie économique provoquée par la pandémie s’ajoute une « baisse de la valeur ajoutée agricole » en raison d’un déficit pluviométrique, a rappelé le ministre.
Un plan de relance de l’économie et un projet de loi de finances rectificative sont en préparation, a-t-il dit.
Dans un communiqué conjoint, les ministères de l’Intérieur et de l’Industrie ont déclaré mardi leur intention de « relancer les différents secteurs économique après l’Aïd-al-Fitr », la fête marquant la fin du Ramadan, prévue le 24 ou le 25 mai.
Les dérogations spéciales sur les restrictions de déplacements permettaient théoriquement aux entreprises de fonctionner normalement.
Mais environ 950 000 salariés sont temporairement en arrêt de travail et au moins 4,3 millions de familles privées de revenus tirés du secteur informel ou d’emplois précaires.
Toute une panoplie d’aides financières ont été déployées par l’État marocain pour les entreprises, salariés et travailleurs du secteur informel.
Un vol transportant du matériel médical, le premier publiquement annoncé de ce type, a eu lieu mardi entre les Émirats arabes unis (EAU) et Israël, à destination des Palestiniens afin de les aider à lutter contre la pandémie de coronavirus.
« Le 19 mai, Etihad Airways a effectué un vol cargo humanitaire entre Abou Dabiet Tel Aviv pour fournir du matériel médical aux Palestiniens », a indiqué un porte-parole de la compagnie aérienne d’Abou Dabi, capitale des Émirats.
« Le vol n’avait pas de passagers à bord », a-t-il précisé dans un communiqué envoyé à l’AFP.
La Jordanie et l’Égypte sont les seuls pays arabes à avoir reconnu Israël, qui s’est néanmoins rapproché ces derniers mois des États du Golfe en raison de leur inimitié commune à l’encontre de l’Iran, notamment à travers des événements sportifs et culturels.
La livraison de « quatorze tonnes de matériel médical urgent » vise à « soutenir les efforts pour contenir la propagation de la pandémie de COVID-19 et son impact dans les territoires palestiniens occupés », a précisé l’agence de presse émiratie officielle WAM.
« L’aide comprend des équipements de protection individuelle [EPI] et des équipements médicaux, dont dix respirateurs », a-t-elle ajouté, précisant que cette opération a été menée en collaboration avec l’ONU.
Etihad Airways a souligné l’existence « de nombreux vols humanitaires » destinés aux pays qui figurent dans le réseau couvert par la compagnie.
Les pays arabes ont fait du règlement du conflit israélo-palestinien une condition à la normalisation des relations avec Israël.
La Ligue arabe dénonce régulièrement la colonisation illégale d’Israël en Cisjordanie occupée ainsi que la situation dans la bande de Gaza.
Mais les États arabes du Golfe ont récemment donné des signes de rapprochementavec Israël. Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou s’est rendu à Oman en 2018.