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Coronavirus : suivez l’actualité dans la région MENA

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Coronavirus : suivez l’actualité dans la région MENA
L’épidémie du nouveau coronavirus bouleverse une région déjà sous tension. Suivez sur ce fil les derniers développements au Maghreb et au Moyen-Orient

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6 years ago
Selon Adonis, « la plus belle des planètes risque d’être défigurée par ses propres enfants » (AFP)
Selon Adonis, « la plus belle des planètes risque d’être défigurée par ses propres enfants » (AFP)

Adonis, l’auteur de Prends-moi, chaos, dans tes bras, a dressé, dans le quotidien libanais Al Akhbar, un tableau pessimiste de l’humanité confrontée à la pandémie du nouveau coronavirus.

« Ô nature-mère-Terre, à qui devrons-nous nous adresser et comment ? Regarde avec nous l’uniformité dominante, jusqu’au totalitarisme de la maladie et son universalisme, car au lieu que les peuples témoignent les uns pour les autres de la compassion et de la solidarité, nous voyons des peuples en punir d’autres, leur interdisant même d’acquérir le traitement, tout en leur envoyant leurs ‘’aides’’ et des ‘’cadeaux’’ dans les avions de la mort et de la destruction ».

Le ton est donné. Adonis, Syrien exilé en France, ne déroge pas à sa verve rageuse contre les puissants du monde et les cerbères politiques et religieux.

« Les ‘’intérêts’’, aussi minimes soient-ils, prédominent sur les ‘’causes’’, aussi importantes soient-elles. Ces intérêts sont liés au pouvoir et à l’argent et étendent exagérément leurs influences jusqu’à effacer la présence humaine en elle-même pour imposer la présence de la machine », s’insurge le poète, considéré comme l’un des plus grands depuis la disparition du Palestinien Mahmoud Darwich.

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Pour Adonis, alias Ali Ahmad Saïd Esber, la véritable « pandémie universelle » est ce « néolibéralisme dans sa forme américaine qui dirige en chef d’orchestre les chorales de la domination ‘’culturelle’’ […] au nom de la mondialisation ».

Une « mondialisation de la vulgarité qui glorifie le marché et le quantitatif, la machine et la chose ». Et selon lui, cette glorification va très loin, vers une horreur : la « destruction de la Terre ». Mais aussi la destruction de « la relation entre l’homme et la nature ».

Ainsi, « la plus belle des planètes risque d’être défigurée par ses propres enfants » en y créant « asiles et cavernes » : « des hangars de la technique et de ses machines, des casernes pour envahir et piller, des conteneurs de déchets, en commençant par les déchets radioactifs… »

« Quel rôle peuvent jouer les Arabes ? »

Mais où en est l’« homme arabe » dans cette catastrophe planétaire ? « L’humanité entière fait face à la pandémie de coronavirus, sauf dans le monde arabo-islamique : ses peuples sont occupés, du nord au sud et d’est en ouest, à s’exterminer les uns les autres, individuellement et collectivement », lance le poète en regrettant que la pandémie ne soit appréhendée que dans une perspective fataliste.

« Les Arabes n’ont participé à aucune des grandes révolutions », poursuit Adonis en citant les révolutions matérielle, électronique et biotechnique.

« Depuis quatorze siècles, les peuples arabes continuent à vivre comme des ‘’enfants’’ dans des pays qui ne sont que des ‘’garderies’’ surveillées par la politique religieuse. »

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Une « stagnation » qui contraste avec « la gigantesque présence quantitative ‘’matérielle’’ des Arabes », leur « espace stratégique » et leurs « richesses économiques et financières ». Mais tout cela, finalement, « ‘’n’appartient pas’’ aux Arabes », souligne encore l’auteur de Feuilles dans le vent.

« Quel rôle peuvent jouer les Arabes, scientifiquement et moralement, dans le destin du genre humain ? Resteront-ils dans leurs ‘’garderies’’ où en sortiront-ils ? Et comment ? », interroge le poète, âgé aujourd’hui de 90 ans.

« Sur la base de quel droit, de quelle religion, les Arabes aujourd’hui refusent-ils la pensée et la rationalité, les droits civiques, les libertés ? Comment peuvent-ils accepter l’inégalité entre l’homme et la femme et la culture de l’excommunication ? N’est-ce pas là une négation de l’humain ? », poursuit-il.

Tout ce que peuvent les Arabes, selon Adonis, est offrir ce « nouveau veau d’or noir », ce « jus de cadavres », au « maître-esclave » fabriqué par le « libéralisme sauvage occidental ».

6 years ago
L'athlète iranienne Maryam Toosi s'entraîne sur le toit de son immeuble, à Téhéran, le 19 mai 2020 (AFP)
L'athlète iranienne Maryam Toosi s'entraîne sur le toit de son immeuble, à Téhéran, le 19 mai 2020 (AFP)

La pandémie de COVID-19 a forcé les sportifs du monde entier à tenter de se maintenir en forme malgré le confinement et la fermeture des installations sportives. L’athlète iranienne Maryam Toosi a elle décidé de s’entraîner sur le toit de son immeuble.

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Les exploits de la sprinteuse ont fait sa réputation en République islamique. Elle détient les records nationaux pour les épreuves du 100, 200 et 400 mètres et elle a remporté deux médailles d’or aux Championnats d’Asie en salle en 2012 et 2014.

Aujourd’hui âgée de 31 ans, l’athlète est confinée chez elle et se dit déterminée à garder la forme en s’entraînant sur le toit de son immeuble.

« Je m’entraîne chez moi, dans n’importe quel espace que je peux utiliser, comme le toit, mais aussi l’intérieur ou même l’allée à côté de l’immeuble », explique-t-elle à l’AFP.

« Il y a un espace vert là-bas et je m’y entraîne quand il n’y a personne », affirme la championne aux 159 000 abonnés sur Instagram.

Son appartement est situé à Shahr Ara, un quartier densément peuplé de Téhéran, capitale tentaculaire où peu d’espaces en plein air sont ouverts.

« Nous devons maintenir notre forme physique, car les compétitions commenceront plus tard et nous devrons relever ces défis », dit-elle.

Le nouveau coronavirus a coûté la vie à près de 7 200 personnes en Iran, pays le plus touché par l’épidémie au Moyen-Orient.

Le gouvernement a ordonné mi-mars la fermeture d’installations sportives dans le cadre de mesures visant à endiguer la propagation du virus et cela a poussé des athlètes à investir les parcs publics de Téhéran.

Un groupe de jeunes footballeurs a ainsi été contraint de s’entraîner dans un parc coincé entre les autoroutes de l’ouest de la capitale. 

« Ils nous ont appelés pour nous demander où ils pouvaient s’entraîner, car tous les terrains sont fermés », raconte l’entraîneur des gardiens de but Soheil Jelveh.

« Nous les avons conduits dans les parcs tout en observant les protocoles de santé et la distanciation sociale », explique-t-il à l’AFP. « Dès qu’il y a un peu d’herbe, on peut s’entraîner. »

6 years ago
Une médecin vérifie la radiographie pulmonaire d'un patient à l'unité des maladies infectieuses de l'hôpital d'Imbaba, au Caire, le 19 avril 2020 (AFP)
Une médecin vérifie la radiographie pulmonaire d'un patient à l'unité des maladies infectieuses de l'hôpital d'Imbaba, au Caire, le 19 avril 2020 (AFP)

Trois mois après le premier cas de nouveau coronavirus détecté en Égypte, le système sanitaire du pays le plus peuplé du monde arabe approche dangereusement du « seuil critique », mais est parvenu jusqu’à ce jour à faire preuve d’adaptabilité.

Avec plus de 13 000 cas et 600 décès officiellement enregistrés, l’Égypte, qui compte 100 millions d’habitants, a connu jusqu’à présent une propagation modérée de la pandémie de COVID-19.

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Si le nombre de décès reste stable, atteignant un maximum d’une vingtaine par jour, celui des contaminations augmente sensiblement avec un record de 720 cas pour la seule journée de mardi.

Or, les pénuries de matériel médical, le manque de soignants inquiètent les experts.

Début mai, les 17 hôpitaux d’isolement réservés aux patients atteints du virus sont arrivés à saturation, a annoncé à la presse locale Ahmed al-Sobki, adjoint à la ministre de la Santé.

Depuis lors, l’Égypte frise le « seuil critique au regard de ses capacités », affirme Ayman Sabae, chargé de la santé à l’Initiative égyptienne pour les droits personnels (EIPR), une ONG locale.

Avec un docteur pour 1 000 habitants, selon le syndicat national des médecins, le manque de soignants fragilise le système de santé.

À cela s’ajoute des carrières peu valorisées, une forte émigration des praticiens, et le degré d’exposition à la maladie : in fine, les soignants égyptiens subissent de plein fouet la crise sanitaire.

« Comment pourrai-je bâtir ma vie avec 1 800 livres (105 euros) par mois ? C’est impossible », confie Mohamed Ibrahim, infirmier de 26 ans au Centre d’oncologie du Caire qui travaille aussi dans le privé pour bénéficier d’un complément de salaire de 4 000 livres (234 euros).

« Capacité d’adaptation »

Dès le mois de mars, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a prévenu que 13 % des contaminations en Égypte touchaient le personnel soignant.

« On est terrifiés […]. Quand nous serons tous infectés, qui nous aidera ? », s’interroge encore à ce jour Mohamed Ibrahim, dont 17 collègues du Centre d’oncologie ont été contaminés.

Les doléances des soignants concernent aussi la difficulté à se faire dépister pour le COVID-19, selon Mona Mina, membre du comité des plaintes au sein du syndicat des médecins.

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Selon elle, ces derniers se voient refuser les tests PCR au profit de tests dits rapides, moins onéreux mais moins fiables.

Autre motif d’inquiétude, la pénurie de masques chirurgicaux, distribués au compte-goutte jusqu’en avril, n’est partiellement compensée « que par des dons » d’ONG, d’après Mona Mina.

Pour soigner son image, Le Caire n’a pourtant pas hésité à acheminer des tonnes d’équipement de protection médicale à l’international, un choix « incompréhensible », juge-t-elle.

Dans un pays où seul 1,2 % du PIB (soit 4,3 milliards d’euros) a été alloué à la santé en 2019-2020, loin des 3 % prévus par la Constitution, Ayman Sabae évoque aussi un problème de répartitions des financements. 

« Le gouvernement aime les choses qui se voient » et investit dans les infrastructures au détriment du corps médical, avance-t-il.

Malgré ces failles, Ayman Sabae souligne que le système sanitaire égyptien fait preuve d’une grande « capacité d’adaptation ».

Ainsi, l’État prépare depuis quelques semaines 35 hôpitaux, spécialisés dans les fièvres et maladies respiratoires, pour soigner les malades du Covid-19.

Des dizaines de centres de dépistage ont été ouverts et plus d’un million de tests, dont 105 000 PCR, avaient été réalisés à début mai, d’après Mohamed Awad Tageddine, conseiller santé auprès du président Abdel Fattah al-Sissi.

Doté d’environ 7 000 ventilateurs avant la crise, Le Caire a commandé de nouveaux appareils et commencé à en assembler, selon la même source.

« Approche »

Par ailleurs, l’armée égyptienne, qui s’est lancée dans la production de masques, pourra « construire des hôpitaux de fortune » en dernier recours, selon l’EIPR. 

Dès le 25 mars, l’Égypte a fermé ses aéroports, les lieux de sociabilité et décrété un couvre-feu.

Depuis, les chiffres officiels, comme ceux d’autres pays africains, ont montré un taux de contamination relativement faible au COVID-19.

La jeunesse de la population — 60 % des Égyptiens ont moins de 30 ans — et une possible immunité due à certains vaccins obligatoires ont été évoquées pour expliquer ce phénomène.

Dès fin avril, l’État égyptien a décidé d’assouplir les restrictions et envisage une réouverture progressive pour relancer l’économie. 

Au début du mois, le syndicat des médecins avait appelé le gouvernement à imposer un confinement total jusqu’à la fin du Ramadan. L’idée a finalement été évacuée par le Premier ministre.

« Il faut vraiment que les responsables changent d’approche car nous ne sommes toujours pas arrivés au sommet de la courbe », s’inquiète pour sa part Ayman Sabae. 

Par Hager Harabech, au Caire. 

6 years ago
L'hôpital Abderrahmane Memmi, où sont soignées les personnes infectées par le COVID-19, à Tunis, le 24 avril 2020 (AFP)
L'hôpital Abderrahmane Memmi, où sont soignées les personnes infectées par le COVID-19, à Tunis, le 24 avril 2020 (AFP)

La Tunisie a lancé mardi son application de traçage de contacts pour lutter contre la propagation du nouveau coronavirus, qui permet d’identifier via Bluetooth et prévenir les personnes ayant été en contact proche avec une personne diagnostiquée positive au virus.

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L’application E7mi, disponible sur Android et en cours de validation sur iOs, a été développée gracieusement par une start-up tunisienne qui crée habituellement des outils de marketing digital pour des entreprises étrangères, a indiqué le ministère de la Santé à l’AFP.

Tout comme l’application française StopCovid, E7mi n’est pas basée sur l’architecture proposée par Apple et Google.

Si une personne qui utilise l’application est testée positive, l’Observatoire des maladies émergentes (ONME) préviendra les autres usagers ayant croisé le chemin de son téléphone, en se basant sur les informations transmises par le téléphone à un serveur.

« Nous avons commencé dès le mois de mars, quand on a entendu parler de l’application Tracetogether à Singapour, mais on a voulu faire quelque chose d’adapté à la Tunisie », explique Akil Nagati, directeur de la start-up Wizz Labs.

Ainsi, les usagers « ne pourront pas se déclarer eux-mêmes malades, pour éviter toute fausse alerte et les notifications reçues par un usager ayant été en contact avec une personne malade seront suivies d’un appel téléphonique de l’ONME pour être sûr qu’il y ait un suivi », ajoute-il.

« Nous avons été plus rapides que beaucoup de pays », se réjouit le jeune ingénieur.

En France, le gouvernement souhaite lancer l’application de traçage StopCovid le 2 juin.

L’application tunisienne a été validée par le ministère de la Santé après trois semaines de tests.

« Une campagne de sensibilisation va inciter les gens à installer l’application, mais si on voit que le taux d’installation reste très bas, on envisagera de changer de stratégie », a indiqué à l’AFP Bassem Kchaou, chargé du numérique au sein du ministère de la Santé. 

Il pourrait ainsi devenir obligatoire de télécharger l’application avant de rentrer dans une grande surface.

Les données personnelles, archivées durant 14 jours sous le contrôle de l’Instance nationale de protection des données personnelles, ne pourront être consultées que par l’ONME pour les contacts des personnes testées positives au nouveau coronavirus, a assuré Akil Nagati. 

Plusieurs autres pays, dont le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Chine ou la Corée du Sud, développent ou ont déjà lancé des applications de traçage du virus.

6 years ago
La Grande Mosquée de Paris, le 20 avril 2020 (AFP)
La Grande Mosquée de Paris, le 20 avril 2020 (AFP)

La mosquée de Paris et le Conseil français du culte musulman (CFCM) se sont opposés mardi à la tenue de « grands rassemblements » pour la fin du Ramadan, malgré l’ordre donnée au gouvernement de lever l’interdiction de réunion dans les lieux de culte.

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Dans un communiqué, la Grande Mosquée de Paris a mis en garde : « au vu de la situation sanitaire encore très fragile, il est pour l’instant irréaliste d’évoquer l’idée de rassemblements pour la prière de l’Aïd al-Fitr, le 23 ou le 24 mai », notamment dans les régions encore très touchées par le nouveau coronavirus

Un avis partagé par le Conseil français du culte musulman (CFCM), selon qui cette décision du Conseil d’État « n’ouvre pas la voie à une reprise normale et immédiate des cérémonies religieuses ». 

Ainsi, Mohammed Moussaoui, le président du CFCM, a précisé mardi s’opposer à la tenue de cérémonies « à l’occasion de grands rassemblements tels que la fête de l’Aïd ou la prière de vendredi ». 

Le Conseil d’État, plus haute juridiction administrative de France, a ordonné lundi au gouvernement de lever l’interdiction « générale et absolue » de réunion dans les lieux de culte, mise en place dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire, faisant valoir notamment que cette interdiction était « disproportionnée », alors que les rassemblements de moins de 10 personnes sont tolérés « dans d’autres lieux ouverts au public ».

Le gouvernement doit lever cette interdiction sous « huit jours ».

L’Aïd-al-Fitr est la fête marquant la fin du Ramadan. Sa date exacte, samedi ou dimanche, sera déterminée à la Mosquée de Paris vendredi soir.

« Nous devons anticiper une fête de l’Aïd qui se déroulera sans les traditionnels rassemblements fraternels dans les mosquées », a déclaré le recteur de la mosquée Chems eddine-Hafiz. 

Les mosquées sont fermées depuis le début du confinement.

6 years ago
Des palestiniens accomplissent la prière du vendredi pendant le mois du Ramadan, à l'extérieur du complexe fermé de la mosquée Al-Aqsa, dans la vieille ville de Jérusalem, le 15 mai 2020 (AFP)
Des palestiniens accomplissent la prière du vendredi pendant le mois du Ramadan, à l'extérieur du complexe fermé de la mosquée Al-Aqsa, dans la vieille ville de Jérusalem, le 15 mai 2020 (AFP)

Après deux mois de fermeture liée à la pandémie de COVID-19, l’esplanade des Mosquées à Jérusalem rouvrira après l’Aïd al-Fitr, fête marquant la fin du Ramadan et prévue ce week-end, a annoncé mardi l’organisme gérant les lieux saints musulmans dans la Ville sainte.

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« Le conseil du Waqf a décidé de lever l’interdiction pour les fidèles d’entrer dans la mosquée al-Aqsa après les célébrations de l’Aïd al-Fitr », a indiqué cet organisme dans un communiqué, ajoutant qu’il allait annoncer plus tard les modalités de réouverture.

Le Dôme du Rocher, également situé sur l’esplanade, rouvrira aussi sur décision du Waqf.

Le directeur de la mosquée, cheikh Omar Al-Kisswan, a dit à l’AFP espérer qu’il n’y aurait pas de restrictions concernant le nombre de fidèles pouvant accéder à l’esplanade, troisième lieu saint de l’islam.

Les détails de la réouverture doivent être finalisés « pour éviter toute critique sur le manque de précautions sanitaires », a-t-il ajouté.

La fermeture fin mars de l’esplanade des Mosquées sur décision du Waqf était inédite depuis 1967, selon cheikh Omar Al-Kisswan.

Les forces israéliennes qui contrôlent tous les accès de l’esplanade et y pénètrent en cas de troubles, ont déjà fermé ce site ces dernières années après notamment des violences.

Constatant un ralentissement de la progression du virus, les autorités israéliennes ont allégé les mesures de confinement, dans l’espoir de remettre progressivement l’économie du pays sur les rails. Les plages  doivent rouvrir mercredi, puis les restaurants et les bars le 27 mai.

Des liaisons aériennes internationales doivent également reprendre dans les semaines à venir.

Plus de 16 600 personnes contaminées ont été officiellement recensées en Israël. Parmi elles, 277 sont décédées. En Cisjordanie occupée, les autorités palestiniennes ont officiellement recensé 366 malades dont deux sont mortes de la maladie.

Lieux saints

Au début de la pandémie, la mosquée Al-Aqsa avait été fermée par le Waqf mais les fidèles avaient été autorisés à prier en plein air, sur l’esplanade.

Désignée sous le nom de Noble sanctuaire par les musulmans et Mont du Temple par les juifs, l’esplanade des Mosquées est administrée par le Waqf de Jérusalem, organisme qui pour des raisons historiques, dépend de la Jordanie.

Située à Jérusalem-Est, partie orientale de la ville occupée et annexée par Israël depuis 1967, l’esplanade est un lieu de hautes tensions entre Israéliens et Palestiniens.

En mars 2019, la police israélienne l’avait fermée brièvement après des heurts entre les forces de l’ordre israéliennes et des Palestiniens.

Le mur des Lamentations, situé en contrebas de l’esplanade et site le plus sacré où les juifs peuvent prier, dont l’accès avait été considérablement restreint, a rouvert plus largement aux fidèles il y a une dizaine de jours, moyennant des restrictions liées à la distanciation sociale.

L’église du Saint-Sépulcre, considéré comme le lieu le plus sacré du christianisme où, selon la tradition, le Christ a été mis au tombeau après avoir été crucifié, reste quant à lui fermé au public.

6 years ago
Un Algérien achète des légumes sur un marché, à Alger, le 25 avril 2020 (AFP)
Un Algérien achète des légumes sur un marché, à Alger, le 25 avril 2020 (AFP)

Les autorités algériennes ont décidé de rendre le port du masque sanitaire obligatoire dans le cadre de nouvelles mesures visant à enrayer la pandémie de COVID-19, à l’approche de la fête musulmane de l’Aïd el-Fitr. 

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« Le port du masque est tout aussi efficace que le confinement sanitaire, d’où l’impératif de rendre son port obligatoire pour tous », selon un communiqué de la présidence algérienne publié lundi soir à l’issue d’une réunion du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie.

Le port du masque n’était pas requis jusqu’à présent dans les espaces publics en Algérie, qui compte 44 millions d’habitants.

Afin de faire face à la pénurie de masques, le ministre du Commerce Kamel Rezig a fait savoir lundi que l’État autorisait provisoirement la production des masques destinés au grand public sans qu’il soit nécessaire pour cela d’être immatriculé au registre du commerce, en raison du contexte sanitaire « exceptionnel ».

Des mesures complémentaires, qui doivent être détaillées, sont prévues à l’occasion de l’Aïd el-Fitr, fête marquant la fin du mois de jeûne du Ramadan, le 23 ou le 24 mai.

Ces mesures porteront sur les horaires du confinement, les déplacements en province ou encore la visite des cimetières. Lors de l’Aïd el-Fitr, il est de tradition d’effectuer des visites familiales et de se rendre sur les tombes des proches.

Ces nouvelles mesures vont s’ajouter à celles déjà prises dans le cadre du confinement sanitaire, comme l’instauration de couvre-feux, la fermeture des établissements scolaires et des mosquées, ainsi que l’interdiction de tous les rassemblements publics.

Ce dernier point a conduit à la suspension à la mi-mars des manifestations du « hirak », le mouvement de protestation antirégime dont le pays a été le théâtre pendant plus d’un an.

L’Algérie est l’un des pays les plus touchés en Afrique par le nouveau coronavirus. Plus de 550 décès y ont été recensés depuis l’enregistrement du premier cas le 25 février, selon le porte-parole du Comité scientifique, Djamel Fourar.

Au total 7 201 cas de la maladie COVID-19 ont été officiellement déclarés sur le sol algérien.  

6 years ago
Le Koweït a la plus grande proportion de polygames dans le Golfe (AFP)
Le Koweït a la plus grande proportion de polygames dans le Golfe, selon une étude du Doha International Family Institute (AFP)

« Ma vie est devenue si compliquée », se lamente Abou Othman. Comme des milliers de polygames koweïtiens, ce quadragénaire s’efforce de partager son temps entre ses deux épouses, non sans peine en raison du strict confinement lié à la pandémie de nouveau coronavirus.

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Pour assurer les besoins de ses deux foyers, et de ses dix enfants, il dit être « en mouvement constant », estimant difficile de choisir chez laquelle de ses deux épouses s’installer.

Dans le Golfe, le Koweït est le pays qui a adopté les mesures les plus strictes pour lutter contre la propagation du COVID-19. Le pays a officiellement enregistré plus de 15 000 cas d’infection dont 118 décès.

Les autorités imposent un confinement total jusqu’au 30 mai, suspendant toutes les activités à l’exception des plus essentielles. Les déplacements personnels sont soumis à des autorisations préalables et à des durées limitées.

La semaine dernière, un système électronique de permis de visite aux épouses a été mis en place pour les maris polygames. Les visites chez les « autres » épouses sont néanmoins limitées à une heure et deux jours par semaine.

« Urgence familiale »

Depuis 2006, Abou Othman est marié à deux femmes, qui vivent dans des maisons de la région d’Al-Jahra, à dominante bédouine, à l’ouest de la capitale. 

L’islam autorise les hommes à avoir jusqu’à quatre épouses, à condition que chacune d’elles soit traitée de manière équitable. La pratique est néanmoins limitée dans la plupart des pays musulmans — la Tunisie a été le premier pays arabe à bannir la polygamie, dès 1956.

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Le Koweït a la plus grande proportion de polygames dans le Golfe — 8,13% des hommes mariés —, selon une étude du Doha International Family Institute portant sur la période 2010-2015.

Abou Othman, qui dit ne pas vouloir que l’une de ses épouses se sente négligée, multiplie les déplacements entre ses deux foyers, bravant parfois le couvre-feu.

« Il est arrivé que les policiers me bloquent. D’autres fois, ils se montrent compréhensifs », dit-il, ajoutant avoir eu recours, avant l’introduction du permis de visite aux épouses, à des autorisations pour « urgence familiale ».

Le débat n’a pas échappé à la sphère publique.

« L’équité envers les épouses concerne les dépenses en argent et le bon traitement et non pas les relations sexuelles et l’amour », a argué dans la presse Ahmed al-Kurdi, membre du comité des fatwas (édits religieux) au ministère des Awqafs et des Affaires islamiques.

Selon lui, un mari bloqué chez l’une de ses épouses en raison du couvre-feu a deux options : obtenir l’aval de ou des autres femmes, ou alors « accorder le divorce » à celles qui en feraient la demande.

Un autre membre de cet organisme, Issa Zaki, est lui allé jusqu’à conseiller aux hommes de « tirer au sort » l’épouse avec laquelle ils resteront confinés puis, après la levée des restrictions, de « compenser » les autres femmes en passant un nombre de nuits équivalent chez elles.

« Rester avec moi »

Abou Othman a un avantage : ses deux femmes vivent à proximité, dans la même région.

Ce n’est pas le cas d’Abou Abdelaziz, 35 ans, qui vit avec ses parents, sa deuxième femme et leurs deux enfants à Al-Jahra alors que sa première épouse et leurs trois enfants habitent dans la région de Saad Al-Abdallah, à 15 kilomètres.  

« Pour la première fois, je n’ai pas vu certains de mes enfants », en raison du confinement, raconte à l’AFP Abou Abdelaziz.

« Je ne veux pas prendre le risque d’être arrêté en allant chez ma première femme. Alors j’ai décidé de rester avec ma seconde épouse », explique-t-il.

Les personnes qui ne respectent pas les mesures de restriction risquent jusqu’à trois mois de prison et des amendes allant jusqu’à 15 000 euros. 

« Mais je me suis assuré que ma première femme et mes enfants aient tout ce dont ils ont besoin », assure Abou Abdelaziz, selon qui sa première femme s’est montrée « compréhensive ».

Cette dernière confirme les dires de son mari, mais ajoute tout de même se sentir marginalisée. « Il aurait pu choisir de rester avec moi », déplore-t-elle sous couvert d’anonymat.

6 years ago
Un Tunisien boit de l'eau lors d'une manifestation, pour dénoncer les arrestations de personnes qui ne jeûnent pas pendant le Ramadan, à Tunis,  le 27 mai 2018 (AFP)
Un Tunisien boit de l'eau lors d'une manifestation, pour dénoncer les arrestations de non-jeûneurs pendant le Ramadan, à Tunis, le 27 mai 2018 (AFP)

Dans son sac à main, sous son lit ou derrière sa pile de vêtements : confinés chez leurs parents, des Tunisiens qui ne jeûnent pas durant le Ramadan ont dû redoubler d’astuces pour stocker de la nourriture et s’alimenter en douce.

La thématique n’est pas nouvelle, mais elle a pris un tour singulier avec le confinement et la fermeture des restaurants en raison de la pandémie de COVID-19

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« Comment dissimuler sa nourriture en journée et manger sans se faire repérer par ses parents? », s’interrogent des Tunisiens sur un groupe Facebook rassemblant des non-jeûneurs devant composer avec ce tabou social.

Seule une obscure circulaire met en cause le droit de déjeuner en public durant le Ramadan, mais l’assumer dans la sphère familiale reste compliqué.

Alors, toutes les astuces sont bonnes, y compris manger sous sa douche ou, pour les femmes, prétendre avoir ses règles -période durant laquelle il est permis de ne pas jeûner.

C’est ce qu’a fait Zahra, 23 ans, confinée à Tunis et qui a dû « se cacher de ses parents pour manger », comme beaucoup des 12 000 membres du groupe Facebook « fater », où les non-jeûneurs partagent leur quotidien durant ce mois sacré.

Sa mère s’est finalement douté de quelque chose, raconte-t-elle, amusée.

Étudiante engagée dans des associations féministes, Zahra explique avoir arrêté de jeûner il y a deux ans. « J’ai dit à ma mère que je n’étais plus musulmane, mais elle continue de faire comme si elle ne savait pas. »

« Beaucoup de gens ont peur d’être mis dehors, pas moi, mais si je le dis à mes parents, ils vont s’imaginer que je fais des choses » pires, poursuit-elle.

Sa voisine, Yasmine, une étudiante, a arrêté de jeûner il y a plusieurs années.

« J’ai peur d’être méprisée en l’avouant à ma famille […] Cette année, je ne prends que de l’eau car je suis confinée avec mes parents ».

Fossé générationnel

Imen, 26 ans, retournée chez ses parents à Nabeul (nord-est), évoque « un fossé générationnel ».

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Elle voulait « leur avouer » avoir renoncé au jeûne. « Mais tout le monde est hyper stressé avec le confinement », explique cette employée qui vit d’ordinaire seule à Tunis, où elle se sent plus libre.

« Ça ferait de la peine à  ma mère […]. Mon père sait, mais on n’en parle pas. »

Estimant les Tunisiens plutôt tolérants, elle pense néanmoins que « le Ramadan est une période particulière où les gens se sentent en droit de juger ».

Hors pandémie, la coutume à Tunis illustre cette ambigüité : quelques cafés restent ouverts mais collent des journaux sur les vitres pour protéger les non-jeûneurs des regards — et des policiers.

Pour Imen, l’interprétation de l’islam diffère selon les individus et il faudrait en débattre. « Les jeunes pensent autrement et les médias ne reflètent pas ça. »

Azer, 36 ans, est retourné chez son père, pour laisser sa mère, fragile, isolée chez lui.

« Il s’est rendu compte que je mangeais, mais il est ouvert d’esprit et a ri », raconte cet employé qui « d’habitude mange devant [ses] collègues, avec la sensation d’être « moins jugé » depuis quelques années.

Pour le fondateur du groupe Facebook, Abdelkarim Benadballah, c’est « moins un tabou social qu’avant ». Mais, souvent, les non-jeûneurs « ne peuvent pas manger chez eux par respect familial ».

Libertés

« Ça me pèse un peu d’être ‘’faux-cul’’ », confie Walid, 40 ans, confiné avec ses parents. « Je hais l’hypocrisie sociale. Ceux qui ‘’baisent’’, volent, boivent, deviennent subitement très religieux durant 30 jours. »

Tunisie : les non-jeûneurs réclament de vivre « dans un pays libre »
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S’il paraît difficile d’évaluer l’ampleur, tous, contactés par l’AFP via Whatsapp ou Messenger, disent connaître beaucoup de non-jeûneurs.

Les débats publics sur les libertés individuelles se multiplient grâce aux ONG défendant les acquis de la révolution de 2011, dont la « liberté de croyance » garantie par la Constitution de 2014.

De petites manifestations pour le droit de manger publiquement ont été organisées les années précédentes. Une campagne « diabolisée, on nous accuse de vouloir perturber le mode de vie tunisien », affirme Anoir Zayani, de l’Association de défense des libertés individuelles (Adli).

Lui et Oumayma Jabnouni, de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH), pointent « une montée récente du discours populiste et conservateur ».

Neuf ans après une révolution qui demandait « travail, liberté, dignité », les autorités « nous rétorquent que les libertés individuelles ne sont pas prioritaires ».

Chaque année, des policiers arrêtent des Tunisiens ayant mangé ou fumé durant le jeûne, en vertu de textes flous sur l’outrage aux bonnes mœurs ou d’une circulaire remontant à plusieurs dizaines d’années, censée avoir été abrogée.

« Si le cadre juridique change, la jeunesse actuelle bénéficiera de la liberté et, en voyant ses conséquences positives, elle sera plus tolérante », espère Anoir Zayani.

« Exercer la liberté ne touchera pas au mode de vie tunisien, mais créera une diversité enrichissante. »

6 years ago
Le président turc Recep Tayyip Erdogan lors d'réunion de coordination pour la lutte contre le nouveau coronavirus, au Palais Cankaya, à Ankara, le 18 mars 2020 (AFP)
Le président turc Recep Tayyip Erdoğan lors d'une réunion de coordination pour la lutte contre le nouveau coronavirus, au Palais Cankaya, à Ankara, le 18 mars 2020 (AFP)

La Turquie se remettait à peine de sa première récession en dix ans quand la pandémie de nouveau coronavirus a frappé. L’économie est sur le point d’y retomber et les choix du président Recep Tayyip Erdoğan sont limités.

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Chômage de masse, effondrement du tourisme, monnaie instable : « la situation est extrêmement mauvaise », résume Atilla Yesilada, économiste au centre de réflexion GlobalSource Partners.

Le président turc a dévoilé en mars un plan de relance et annoncé une levée progressive des restrictions en mai et juin pour éperonner la 19e puissance économique mondiale au produit intérieur brut (PIB) de 710 milliards d’euros.

Mais les économistes anticipent une récession douloureuse et certains d’entre eux évoquent même un recours au Fonds monétaire international (FMI), éventualité que Recep Tayyip Erdoğan a toujours rejetée.

« Talon d’Achille »

Si le nom de leur président a longtemps été synonyme de prospérité pour les Turcs, l’économie est devenue son « talon d’Achille », souligne Soner Cagaptay, du Washington Institute of Near East Policy, en raison d’une faible croissance (0,9 % en 2019), un chômage élevé (13,6 % en février) et une inflation à deux chiffres (10,97 % en avril).

C’est à cause de ces mauvais chiffres que Recep Tayyip Erdoğan a essuyé un retentissant revers aux élections municipales l’an dernier, perdant à Istanbul et Ankara.

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« Il n’y a pas de scrutin prévu en Turquie avant 2023 mais sa popularité s’érode et il sait que cela va être difficile […] d’ignorer les appels aux élections anticipées si l’économie chavire », relève Soner Cagaptay.

Alors qu’Ankara misait sur un taux de croissance de 5 % pour 2020, le FMI prévoit désormais une contraction du PIB de 5 % et un chômage de 17,2 %.

La dépréciation de la livre turque, d’environ 15 % face au dollar depuis le début de l’année, illustre la préoccupation des marchés. Début mai, elle a même atteint son plus bas historique, s’échangeant à 7,24 contre le billet vert.

Or, cela alourdit l’écrasante dette libellée en devises étrangères qui pèse sur le secteur privé.

Le tourisme, qui a rapporté plus de 31 milliards d’euros au pays l’an dernier, est fortement pénalisé par la suspension des vols depuis deux mois.

FMI, « dernier recours »

Pour ne pas stopper l’activité, Recep Tayyip Erdoğan a opté pendant l’épidémie pour des mesures ciblées, comme un confinement limité au week-end.

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Devant le sombre tableau affiché par la Turquie, des économistes estiment quelle n’aura bientôt d’autre choix que de demander l’aide du FMI.

Ankara y a déjà eu recours 19 fois dans son histoire. Mais pour Recep Tayyip Erdoğan, chantre de la souveraineté nationale, cela constituerait une humiliation.

« Ce sera son dernier recours […] Il va épuiser toutes les autres options avant de solliciter un plan de sauvetage », estime le cabinet de conseil Capital Economics dans une note.

Pour le moment, Ankara mise sur des accords de « swap », mécanisme de sécurité visant à éviter un défaut d’approvisionnement en devises, avec des banques centrales étrangères, notamment celle des États-Unis.

C’est ce qui explique l’ « offensive de charme » d’Ankara auprès de Washington avec notamment l’envoi d’équipements médicaux, souligne Soner Cagaptay.

Quelques atouts

Il reste aussi à Recep Tayyip Erdoğan quelques cartes à jouer.

La baisse des prix du pétrole devrait atténuer la poussée inflationniste, selon la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), qui s’attend à un « fort rebond » de la croissance turque en 2021.

Ankara pourrait aussi profiter de la volonté des entreprises européennes de rapprocher géographiquement leurs chaînes de production pour gagner des parts de marché et attirer des investissements.

« Cela crée des opportunités pour la Turquie. Elle a des salaires bas, une main-d’oeuvre qualifiée, et s’est toujours illustrée en livrant dans les délais des biens de qualité », souligne Atilla Yesilada.

Selon lui, en démontrant la solidité de son système de santé, la Turquie pourrait aussi bénéficier après la pandémie d’un boom du tourisme médical, en plein essor.

Le pays s’est en effet illustrée avec un nombre de morts liées au COVID-19 relativement faible : environ 4 200 décès pour 150 000 cas, selon le bilan officiel.

Par Gokan Gunes, à Istanbul.

6 years ago
Un membre de la municipalité d’Istanbul désinfecte la mosquée Kilic Ali Pasa, le 11 mars 2020 (AFP)

Le président turc Recep Tayyip Erdoğan a annoncé lundi la mise en place d’un confinement dans son pays pour toute la durée de l’Aïd el-Fitr, la fête qui marquera la fin du Ramadan, dans le cadre de la lutte contre la propagation du nouveau coronavirus

« Il y aura un confinement de la veille à la fin de la fête », a déclaré le président turc dans un discours à la nation, soit de samedi à mardi de la semaine prochaine.

Un tel couvre-feu a déjà été décrété par le passé pour une journée entière, un week-end et parfois même sur une plus longue période dans des dizaines de villes, y compris à Istanbul et dans la capitale Ankara, depuis que le COVID-19 a fait son apparition en Turquie.

Mais ce sera la première fois que l’ensemble de ses 83 millions d’habitants seront confinés pendant quatre jours d’affilée.

Les mosquées seront rouvertes à la prière à partir du 29 mai dans le cadre des mesures en vue de la normalisation de la situation annoncées par le chef de l’État turc.

Les écoles ne recommenceront en revanche à fonctionner qu’en septembre.

D’après les chiffres officiels rendus publics lundi, 4 171 personnes sont mortes du COVID-19 en Turquie qui a au total recensé 150 000 cas confirmés de cette maladie.

6 years ago
Abdelouahab Fersaoui (à gauche) et Ibrahim Daouadji (à droite) se tiennent la main lors de leur libération de la prison d'El Harrach, dans la capitale Alger, le 18 mai 2020 (AFP)
Abdelouahab Fersaoui (à gauche) et Ibrahim Daouadji (à droite) se tiennent la main lors de leur libération de la prison d'El Harrach, dans la capitale Alger, le 18 mai 2020 (AFP)

Un chef de file du mouvement antirégime en Algérie a appelé lundi à sa sortie de prison à la libération de tous les militants détenus et à la reprise du « hirak » après la pandémie de nouveau coronavirus.

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« Ma liberté ne sera complète qu’après la libération des autres détenus. Il y a encore des militants en prison. Nous devons rester mobilisés », a déclaré aux médias Abdelouahab Fersaoui, opposant et militant actif du mouvement antirégime « hirak », devant la prison d’El Harrach à Alger.

Arrêté en octobre 2019, Abdelouahab Fersaoui, président du Rassemblement-Actions-Jeunesse (RAJ), une association citoyenne en pointe au sein du « hirak », avait été condamné le 6 avril à un an de prison ferme pour « atteinte à l’intégrité du territoire national ». 

Dimanche, la peine a été réduite en appel à six mois ferme, qu’il a déjà purgés.  

« La libération des détenus ne doit pas nous faire oublier l’objectif principal du hirak, qui est le changement de régime et la construction d’un véritable État, un État de droit et de liberté », a expliqué Abdelouahab Fersaoui, un des fondateur du RAJ. 

« Nous n’avons pas encore atteint cet objectif et nous devons rester mobilisés », a ajouté l’universitaire de 39 ans, radieux malgré son masque sanitaire, donnant « rendez-vous à tout le peuple algérien après le virus pour continuer le hirak ».

Un autre militant du « hirak », Ibrahim Daouadji, condamné début avril à six mois de prison ferme, notamment pour « incitation à attroupement non armé », a également été libéré lundi après que sa peine a été transformée dimanche en sursis.

Nombre de « hirakistes » et d’analystes craignent que le pouvoir algérien —pratiquant la politique de la carotte et du bâton — ne profite de la maladie COVID-19 pour tenter d’enterrer une bonne fois pour toutes le mouvement populaire qui l’a ébranlé pendant un an.

Malgré la pandémie qui a contraint le « hirak » à suspendre ses manifestations depuis la mi-mars, la répression continue de cibler les opposants, journalistes et médias indépendants ainsi que des jeunes internautes.

Selon le dernier décompte du Comité national pour la libération des détenus (CNLD), une association de soutien, une cinquantaine de personnes sont actuellement en détention dans les prisons algériennes pour des faits liés au « hirak ».

6 years ago
Au Yémen, le conflit a provoqué la pire crise humanitaire dans le monde et suscité l’effondrement des infrastructures sanitaires locales (AFP)
Au Yémen, le conflit a provoqué la pire crise humanitaire dans le monde et suscité l’effondrement des infrastructures sanitaires locales (AFP)

Face à une importante hausse de la mortalité enregistrée récemment à Aden, ONG et professionnels de santé s’inquiètent d’une propagation du nouveau coronavirus dans cette grande ville du sud du Yémen en guerre, en l’absence de statistiques fiables sur la pandémie.

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Fin avril, le comité chargé de la lutte contre la maladie COVID-19 au ministère yéménite de la Santé a annoncé les premiers cas de contamination dans le pays, dont la majorité ont été recensés à Aden, ville de 550 000 habitants déjà frappée par des foyers de dengue, malaria ou chikungunya.

Le service des Affaires civiles, chargé de délivrer les certificats de décès, y fait actuellement état quotidiennement de dizaines de décès.

Pour la seule journée de samedi, Aden a connu « plus de 80 décès causés par différentes épidémies », a précisé à l’AFP Sand Jamil, à la tête du service, sans mentionner le nouveau coronavirus. Il a ajouté qu’en temps normal une douzaine de certificats de décès était délivrée chaque jour.

Le nombre quotidien de morts a été multiplié par sept, a estimé de son côté à l’AFP Saddam al-Haïdari, un médecin travaillant dans un hôpital public d’Aden.

« Catastrophe »

Si les différentes sources ne peuvent établir avec certitude que cette hausse est liée au nouveau coronavirus, l’ONG Save the Children évoque clairement la pandémie.

« Nos équipes sur le terrain voient des gens, respirant lourdement et s’effondrant même, être renvoyés des hôpitaux. Ces gens meurent parce qu’ils ne peuvent pas recevoir le traitement qui les sauverait », s’alarme Mohammed Alshamaa, directeur des programmes de l’ONG Save The Children au Yémen.

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Pour Yasser Bamallem, docteur à l’hôpital public Al-Joumouriah, l’heure est grave: « nous sommes face à une catastrophe à Aden. »

« On luttait déjà contre la dengue ou la chikungunya […] avec une mortalité en baisse », rappelle-t-il à l’AFP. « Mais le taux de mortalité a augmenté avec la propagation du nouveau coronavirus. »

Contrôlée par des séparatistes revendiquant l’indépendance du sud du pays, Aden n’observe pas de confinement. Les tests de dépistage à la maladie COVID-19 sont inexistants, tout comme les mises en quarantaine de personnes malades.

Des campagnes de désinfection ont eu lieu, mais faute d’être bien équipés, les hôpitaux ont cessé d’admettre les patients présentant des symptômes semblables à ceux de la maladie et les médecins ont déserté leur poste, selon plusieurs témoignages de personnels de la santé.

Dans un communiqué où elle cite des responsables locaux, Save the Children a fait état jeudi de la mort en une semaine de quelque 385 personnes présentant des symptômes semblables à ceux du nouveau coronavirus.

Trois médecins sont morts récemment, a précisé au quotidien local Al-Ayyam Sand Jamil, sans donner cependant les causes de leur décès.

Chiffres sous-estimés

Dans l’hôpital privé Al-Kubi, les consultations sont passées de 150 par jour il y a quelques semaines à plus de 400 actuellement, avec des équipes réduites, confie le directeur de l’établissement Yasser al-Nassiri.

Parmi les patients qui affluent, beaucoup présentent des symptômes proches de la maladie COVID-19, selon lui.

« Le conflit entre le gouvernement et le Conseil de transition du sud [STC - séparatiste qui a proclamé l’autonomie du Sud fin avril] ainsi que les combats à Abyane compliquent la situation », indique à l’AFP Yasser al-Nassiri, en référence à une province mitoyenne de celle d’Aden, où s’affrontent les forces des deux camps.

« Nous sommes face à une catastrophe à Aden »

Yasser Bamallem, docteur 

Le Yémen est déjà en proie à une guerre meurtrière depuis 2014 entre les rebelles Houthis, soutenus par l’Iran et qui contrôlent plusieurs régions du pays dont la capitale Sanaa, et le gouvernement appuyé par la coalition menée par l’Arabie saoudite à partir de 2015.

Compilé par l’AFP à partir de chiffres fournis par le gouvernement et les rebelles, le bilan de la nouvelle épidémie s’élevait dimanche à 124 cas d’infection et 19 morts dans l’ensemble du pays.

Mais ces chiffres sont largement sous-estimés, affirme Yasser Bamallem, car « la grande majorité des cas suspects ne sont pas testés » au virus à Aden et ailleurs en raison des faibles capacités de dépistage.

Seule une mobilisation internationale en faveur d’Aden peut enrayer la progression de la maladie, souligne ce médecin.

6 years ago

Le directeur d’un hôpital algérien a été démis de ses fonctions dimanche après le décès des suites du COVID-19 d’une médecin de 28 ans, enceinte de huit mois, à qui il avait refusé un congé, une affaire qui a suscité une vive émotion.

À la suite du décès de la docteure Wafa Boudissa et de l’enfant qu’elle portait, le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid a mis fin aux fonctions du directeur de l’hôpital de Ras el Oued (est), une sanction administrative, a indiqué à l’AFP une source proche du dossier qui a requis l’anonymat. Le nom du directeur n’a pas été divulgué.

Le ministre avait ordonné samedi l’ouverture d’une enquête administrative pour déterminer les circonstances du décès de la Dr Boudissa, chargeant, de manière exceptionnelle, l’inspecteur général du ministère de la Santé de mener les investigations.

À l’issue de l’enquête, le dossier est susceptible d’être transmis à la justice et, si une faute grave est avérée, le ou les responsables risquent d’être poursuivis pour homicide par négligence, a précisé cette source.

Âgée de 28 ans, cette docteure, décédée vendredi, était employée aux urgences chirurgicales de l’établissement public hospitalier de Ras El Oued à Bord Bou Arreridj, à 170 kilomètres au sud-est d’Alger.

Tollé sur les réseaux sociaux

Dans un reportage télévisé, le ministre de la Santé, en visite à l’hôpital, puis au domicile de la jeune femme, a manifesté son incompréhension devant le fait d’avoir laissé travailler une femme enceinte de huit mois. 

Les collègues de la victime ont fustigé, devant les caméras, les responsables de ce décès et exigé leur départ.

Une de ses consœurs a expliqué que la demande de congé de la Dr Boudissa avait reçu l’appui de tous ses collègues qui avaient signé en bas de sa requête.

Son décès a provoqué un vif émoi et un tollé sur les réseaux sociaux, d’autant que la jeune médecin était prioritaire pour bénéficier d’un congé exceptionnel.

Un décret présidentiel, visant à lutter contre la propagation du COVID-19, stipule que « sont considérées comme prioritaires au titre du congé exceptionnel les femmes enceintes et les femmes élevant des enfants ainsi que les personnes atteintes de maladies chroniques et celles présentant des vulnérabilités médicales ».

Plus de 542 décès ont été recensés en Algérie, selon le Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie, dont dix-neuf parmi le personnel médical et paramédical, selon le ministre de la Santé. Quelque 6 821 cas de contamination ont été officiellement déclarés.