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Coronavirus : suivez l’actualité dans la région MENA

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Coronavirus : suivez l’actualité dans la région MENA
L’épidémie du nouveau coronavirus bouleverse une région déjà sous tension. Suivez sur ce fil les derniers développements au Maghreb et au Moyen-Orient

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6 years ago
Les autorités saoudiennes ont autorisé un nombre limité de fidèles à entrer dans la grande mosquée pendant le Ramadan, le 27 avril 2020 (AFP)
Les autorités saoudiennes ont autorisé un nombre limité de fidèles à entrer dans la grande mosquée pendant le Ramadan, le 27 avril 2020 (AFP)

L’Arabie saoudite va mettre en place un couvre-feu total durant les cinq jours de l’Aïd el-Fitr, la fête musulmane qui marquent la fin du mois sacré de jeûne du Ramadan, a indiqué tard mardi le ministère de l’Intérieur, face à l’augmentation des nouveaux cas de COVID-19.

Le royaume, pays arabe qui compte le plus d’infections dans le Golfe, tente d’endiguer l’épidémie et réimposera « un couvre-feu total pendant la période [de l’Aïd el-Fitr] du 23 au 27 mai », a indiqué le ministère dans un communiqué relayé par l’agence officielle saoudienne SPA

La plupart des régions du pays avaient été soumises à un couvre-feu total au début de l’épidémie mais le gouvernement avait assoupli la règle en autorisant la population à sortir entre 9 h et 17 h le mois dernier au début du Ramadan.

Les centres commerciaux et magasins ont été autorisés à rouvrir sauf dans certains cas, comme à La Mecque, première ville sainte de l’islam, où le nombre de cas n’a cessé d’augmenter malgré un strict couvre-feu.

Selon les derniers chiffres officiels du ministère de la Santé, l’Arabie saoudite a enregistré 42 925 cas d’infections, dont 264 décès et 15 257 guérisons.

En mars l’Arabie saoudite a suspendu la omra, le petit pèlerinage musulman mais les autorités n’ont pas encore annoncé si elles comptaient ou pas annuler le hajj, le grand pèlerinage et un des cinq piliers de l’islam, prévu à partir de fin juillet. 

Elles ont en revanche incité les musulmans à suspendre leurs préparatifs en vue du pèlerinage qui avait attiré plus de 2,5 millions de pèlerins en 2019. 

6 years ago
Un vendeur de café ambulant, à Beyrouth, le 5 mai 2020 (AFP)
Un vendeur de café ambulant, à Beyrouth, le 5 mai 2020 (AFP)

Le gouvernement libanais a décrété mardi un reconfinement total de quatre jours, à partir de mercredi soir, sur fond de reprise du nombre de contaminations au nouveau coronavirus avec l’assouplissement des restrictions. 

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Après avoir annoncé à la mi-mars une série de mesures visant à endiguer la propagation de l’épidémie, le Liban a amorcé fin avril un plan de déconfinement progressif.

Le pays a officiellement recensé 870 infections à la maladie COVID-19, dont 26 décès et, parmi ces contaminations, « 109 nouveaux cas ont été enregistrés en quatre jours », a indiqué le Premier ministre, Hassan Diab.    

Par conséquent, « le conseil des ministres a décidé la fermeture totale [du pays] durant quatre jours, de 19 h 00 ce mercredi […] à 05 h 00 du matin lundi », a annoncé la ministre de l’Information, Manale Abdel Samad, lors d’une conférence de presse au sortir de la réunion.

La décision exclut « les hôpitaux et établissements de santé ainsi que les secteurs alimentaire, agricole et industriel », a-t-elle précisé.

Hassan Diab a imputé la hausse des contaminations des derniers jours au « relâchement dans certaines régions » et à « la négligence et l’irresponsabilité de certains citoyens », estimant que l’ « exploit » réalisé depuis le déclenchement de l’épidémie était désormais « menacé d’effondrement ».

Le pays était rentré lundi dans la troisième phase d’assouplissement des mesures, avec en ligne de mire la réouverture progressive des établissements scolaires à partir du 25 mai et celle de l’aéroport le 8 juin.

Le pays est depuis l’automne en proie à une crise économique et financière sans précédent depuis trois décennies, qui a été amplifiée par la pandémie.

6 years ago
L'avenue Habib Bourguiba, à Tunis, le 12 mai 2020 (AFP)
L'avenue Habib Bourguiba, à Tunis, le 12 mai 2020 (AFP)

La Tunisie, où la pandémie de nouveau coronavirus semble marquer le pas, aura besoin de cinq milliards d’euros pour boucler son budget 2020, a estimé mardi le chef du gouvernement Elyes Fakhfakh, dont le pays pourrait connaître sa pire récession depuis son indépendance en 1956.

« Le budget prévoyait déjà un financement externe de 8 milliards de dinars, soit un peu plus de 2,5 milliards d’euros, je pense que ce chiffre-là va au moins doubler », a déclaré Elyes Fakhfakh dans un entretien télévisé à la chaîne internationale France 24.

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« Nous sommes en train de voir toutes les pistes aussi bien au niveau international que national », a-t-il ajouté. La loi de finances tablait initialement sur un budget de total de 47 milliards de dinars (15 milliards d’euros), dont quasiment un cinquième de ressources externes.

L’Union européenne (UE) a annoncé fin mars un don de 250 millions d’euros. Le Fonds monétaire international (FMI) a lui annoncé début avril un prêt d’urgence de 745 millions de dollars (685 milliards d’euros), estimant que le PIB du pays pourrait connaître une contraction de 4,3 % en 2020, la pire depuis 1956.

« Cela peut être pire, tout dépend de la reprise mondiale », a souligné Elyes Fakhfakh.

La confinement a notamment effacé le rebond jusque là observé dans le tourisme — un secteur clé en Tunisie et affecté par une série d’attaques terroristes — qui accuse d’importantes pertes sans perspective de reprise pour la saison estivale.

La Tunisie, qui a commencé à lever le 4 mai les mesures de confinement strictes mises en place dès la mi-mars, a enregistré lundi son deuxième jour consécutif sans aucun nouveau cas identifié, a indiqué mardi le ministère de la Santé.

« On se réjouit […] mais on reste malgré tout vigilants », a souligné Elyes Fakhfakh.

Le bilan reste stable depuis samedi, avec 1 032 cas identifiés depuis le 2 mars, dont 45 décès et 727 personnes officiellement guéries.

La Tunisie a fermé ses écoles, lieux de culte et commerces non essentiels dès la mi-mars, alors que le pays comptait moins de 20 cas. Le travail a repris le 4 mai avec officiellement 50 % des effectifs.

Un couvre-feu nocturne reste en place, et les écoles seront fermées jusqu’en septembre, à part pour les bacheliers, tandis que les soignants des unités dédiés à la maladie COVID-19, les malades et les personnes rapatriées sont placés en isolement hors de leur domicile.

6 years ago
Des réfugiés font la queue pour récupérer des colis alimentaires, à Kranídi, en Grèce, le 21 avril 2020 (AFP)
Des réfugiés font la queue pour récupérer des colis alimentaires, à Kranídi, en Grèce, le 21 avril 2020 (AFP)

Les risques d’une propagation du coronavirus dans les pays pauvres et d’une résurgence du groupe EI pourraient entraîner une augmentation des demandes d’asile « à moyen terme » vers l’UE, estime mardi l’agence européenne de l’asile.

Le Bureau européen d’appui en matière d’asile (EASO) avait rapporté fin avril une baisse de 43 % des demandes d’asile enregistrées en mars dans les 27 pays de l’UE, la Norvège et la Suisse, en raison des mesures d’urgence et fermetures de frontières décidées par ces pays pour lutter contre la pandémie. 

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Dans un rapport, l’EASO souligne cependant que la vulnérabilité face au COVID-19 des pays pauvres, d’où sont issus la majorité des demandeurs d’asile en Europe, les risques accrus de famine, d’insécurité et d’un regain d’activité du groupe État islamique (EI) « pourraient affecter la migration » vers l’Europe et « conduire à une hausse des demandes d’asile à moyen terme ».

Si la pandémie s’est jusqu’à présent « concentrée dans les pays développés », l’EASO avertit du « risque moyen à élevé que l’épidémie finisse par s’installer dans les pays d’origine et de transit » des demandeurs d’asile.

S’appuyant sur des données du Centre commun de recherche (CCR), service scientifique de la Commission européenne, l’EASO souligne le manque de moyens de ces pays pour faire face à la pandémie, citant l’Afghanistan, le Bangladesh, la République démocratique du Congo, l’Erythrée, la Somalie et la Syrie

Ces pays « ont aussi bien moins de lits d’hôpitaux et de médecins par habitant », indique le rapport, rappelant que le lavage régulier des mains n’est pas possible sans eau courante, et que 84 % des foyers n’y ont pas accès.

La distanciation physique n’est pas praticable pour ceux qui vivent dans des endroits surpeuplés, poursuit l’EASO, qui note qu’au Soudan 92 % de la population urbaine vit dans des bidonvilles.

L’agence européenne relève aussi que le retrait d’Irak des troupes de la coalition internationale anti-EI dans le sillage de la pandémie a laissé « un vide » que le groupe « cherche à exploiter ».

« Même si l’EI a perdu son chef [Abou Bakr al-Baghdadi] dans un raid américain en octobre 2019 [en Syrie] et a perdu beaucoup de territoire, il se retrouve avec plus de liberté pour opérer et une expérience des’’lockdowns’’ », note l’EASO. 

6 years ago
Dans le marché central de Tunis, le 4 mai 2020 (AFP)
Dans le marché central de Tunis, le 4 mai 2020 (AFP)

Le ministre tunisien de la Santé a appelé lundi la population à rester vigilante, même si aucun nouveau malade du COVID-19 n’a été enregistré pour la première fois depuis le 2 mars, une semaine après l’allègement d’un confinement strict et précoce.

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Le nombre de cas est resté inchangé dimanche à 1 032 cas identifiés, dont 45 décès « un chiffre stable depuis plusieurs jours » et 700 personnes officiellement rétablies.

« Il ne faut pas se contenter de ce chiffre, c’est vrai que cela remonte le moral, mais il se pourrait que demain il y ait un retour des cas », a toutefois averti le ministre de la Santé, Abdellatif Mekki.

Il s’exprimait lors d’une audition devant la commission de la Santé au Parlement, et a déploré à cette occasion que les règles aient été moins respectées ces derniers jours. 

Même avec le déconfinement, il faut continuer à respecter les règles d’hygiène et de distanciation, a insisté Abdellatif Mekki.

Sur 292 tests réalisés dimanche, seules 10 personnes déjà décomptées comme malades ont été testées positives.

La Tunisie a fermé ses écoles, lieux de culte et commerces non essentiels dès la mi-mars, alors que le pays comptait moins de 20 cas. 

Un couvre-feu nocturne est en place, et les écoles resteront fermées jusqu’en septembre: seuls les élèves passant le bac auront un mois de cours avant l’épreuve fin juin. 

Le personnel soignant des unités COVID tout comme les voyageurs rapatriés de l’étranger, doivent rester 14 jours en isolement dans des hôtels et foyers, et les malades non hospitalisés sont également en isolement obligatoire hors de leur domicile. Ils ne peuvent retourner chez eux qu’une fois testés négatifs.

Signe du ralentissement de l’épidémie : depuis fin avril, chaque malade contamine désormais moins d’une personne. 

Le taux de reproduction, qui mesure le nombre de personnes contaminées par un malade en moyenne est actuellement à 0,85, contre 3 début mars, selon le ministère de la Santé.

Les services hospitaliers dédiés au COVID, qui n’ont jamais été dépassés, tournent actuellement au ralenti : 11 personnes atteintes par le nouveau coronavirus sont actuellement hospitalisées, selon le ministère.

Les coiffeurs ont officiellement levé leur rideau lundi en Tunisie, et les cafés et mosquées doivent rouvrir le 24 mai.

6 years ago
Une femme iranienne portant un masque, passe dans une rue de la capitale Téhéran, le 09 mai 2020 (AFP)
Une femme iranienne portant un masque, passe dans une rue de la capitale Téhéran, le 09 mai 2020 (AFP)

L’Iran a mis en garde lundi contre un « retour en arrière » dans ses efforts contre le nouveau coronavirus en cas de non respect des consignes sanitaires, et annoncé 45 décès supplémentaires liés à la maladie COVID-19.

Les autorités ont rétabli les restrictions de déplacement dans la province du Khouzestan (sud-ouest), où la situation est jugée particulièrement inquiétante par le gouvernement.

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« Nous avons connu un retour en arrière au Khouzestan en raison de la hausse du nombre des personnes hospitalisées et du non-respect des protocoles » sanitaires, a indiqué le vice-ministre de la Santé, Aliréza Raïsi, à la télévision d’État.

« Cela peut arriver pour toute autre province si nous ne faisons pas attention », a-t-il ajouté, déclarant que des restrictions seraient réimposées dans d’autres endroits si nécessaire.

Les autorités ont refermé les services administratifs, banques et commerces non essentiels dans neuf comtés du Khouzestan.

Le porte-parole du gouvernement, Ali Rabii, a estimé que « moins de 50 % » des habitants de cette province avaient respecté les consignes.

Le ministère de la Santé a cessé de publier le bilan de la pandémie par provinces depuis près d’un mois, notamment pour limiter les déplacements entre régions.

La télévision d’État a de son côté diffusé lundi des images montrant de nombreux habitants de la capitale dépourvus du masque.

Avec 45 morts supplémentaires lors des dernières 24 heures, le bilan national des décès s’élève désormais à 6 685, selon le porte-parole du ministère de la Santé, Kianouche Jahanpour.

Dans le même temps, 1 683 nouveaux cas liés au virus ont été détectés, d’après Kianouche Jahanpour, portant le total à 109 286.

Parmi les personnes infectées, 87 422 se sont rétablies, tandis que 2 703 patients sont dans un état critique, a-t-il indiqué.

Samedi, l’agence officielle Irna avait rapporté la fermeture par les autorités de 1 300 sites internet, et l’arrestation de 320 personnes accusées d’avoir propagé des rumeurs sur le virus.

6 years ago
Israël accuse depuis des lustres Téhéran de chercher à se doter de l’arme atomique pour un jour peut-être l’utiliser contre lui
Israël accuse depuis des lustres Téhéran de chercher à se doter de l’arme atomique pour un jour peut-être l’utiliser contre lui (AFP)

Sous pression par la crise du nouveau coronavirus, l’Iran réduit-il son engagement militaire en Syrie ? La question passionne les milieux sécuritaires en Israël, où le nouveau gouvernement devra décider de sa stratégie pour tenter d’affaiblir son ennemi public N.1.

Après des mois de crise politique, un gouvernement d’union doit prêter serment mercredi sous les auspices du chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, qui vient à Jérusalem pour discuter notamment du dossier iranien avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le futur ministre de la Défense et ancien chef de l’armée Benny Gantz.

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Au cours des trois dernières semaines, et malgré la pandémie de Covid-19, au moins six frappes sur des cibles pro-iraniennes en Syrie, certaines meurtrières, ont été imputées à Israël. Sollicitée à chaque fois par l’AFP, l’armée israélienne a répondu par la même phrase succincte : « Nous ne commentons pas les informations des médias étrangers ».

Mais celui qui doit passer la flambeau à Benny Gantz à la Défense, Naftali Bennett, a lancé juste après les dernières frappes, qu’il n’a pas explicitement revendiquées, une charge au vitriol contre les ambitions iraniennes dans la région, et assuré que l’Etat hébreu « poursuivra » ses frappes tant que l’Iran « n’aura pas quitté la Syrie ».

« Dans un an, nous risquons de nous réveiller avec 10 000, 20 000 missiles nous menaçant. Pour eux [l’Iran], ce sera une aventure, ils seront à 1 000 km de chez eux… Mais pour nous c’est une question vitale », a-t-il déclaré.

L’État hébreu, qui partage avec Washington la doctrine d’une « pression maximale » sur l’Iran, voit aussi d’un mauvais oeil le soutien iranien au régime du président syrien Bachar al-Assad, en pleine guerre civile syrienne qui permet d’étendre l’influence de Téhéran à la frontière Israël/Syrie.

Réduire la facture

Depuis le début de l’année, l’Iran affronte des vents contraires avec la mort dans un raid américain du chef de ses opérations extérieures Qassem Soleimani, la crise du nouveau coronavirus qui en a fait le principal épicentre au Moyen-Orient avec plus de 100 000 cas, et la chute des cours du brut qui assèche ses caisses.

D’où la question de savoir si, sous pression, l’Iran réduit la facture de son engagement en Syrie.

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La presse israélienne a relayé ces derniers jours une citation mystérieuse attribuée à une source sécuritaire: « pour la première fois depuis son entrée en Syrie [dans la guerre civile], l’Iran y réduit le nombre de ses soldats et évacue des bases ».

Pour une source diplomatique américaine, « il serait logique que l’Iran veuille […] diminuer ses effectifs [en Syrie] afin de dépenser davantage pour sa propre population qui souffre terriblement du COVID-19 ».

Si l’Iran réduit actuellement la voilure, alors pourquoi y bombarder ses positions ?

« Les Iraniens sont toujours là », relève Amos Yadlin, ex-chef du renseignement militaire israélien. « Mais je suis prêt à considérer qu’ils changent la composition de leurs forces et leur positionnement sur le terrain », en se fiant davantage à des combattants locaux et des « milices chiites ». 

« Business as usual »

« Si j’adopte le point de vue iranien, je regarde la Syrie et je me dis : ‘’J’ai investi massivement ici, j’ai payé un prix élevé’’. Ils ne peuvent pas se retirer rapidement de Syrie sans obtenir le fruit […] auquel ils pensent avoir droit », affirme une source proche du dossier à Jérusalem.

« Ils doivent montrer que pour eux ‘’c’est business as usual’’ » malgré la pandémie, ajoute cette source.

Les Iraniens « se servent du virus comme une opportunité pour obtenir des fonds, mais que font-ils avec ces fonds ? Ils paient leurs supplétifs sur place » en Syrie, assure une autre source proche du dossier à Jérusalem.

Pour Yoram Schweitzer, analyste à l’Institut national des études stratégiques à Tel-Aviv, les frappes répondent soit à des opérations croissantes de l’Iran, soit à une volonté d’affaiblir un ennemi déjà miné par la crise du nouveau coronavirus.

À moins, dit-il, qu’il ne s’agisse des deux à la fois: affaiblir un ennemi qui accroît ses opérations pour signifier que la crise du coronavirus ne l’affecte pas…  

Dans ce contexte, « Israël a besoin d’un ministre de la Défense et d’un chef de l’armée qui peuvent continuer de miner la présence militaire iranienne en Syrie, sans créer une situation qui plongerait la région dans un nouveau conflit », note le quotidien israélien Yediot Aharonot.

Par Guillaume Lavallée, à Jérusalem.

6 years ago
L’Arabie saoudite est le pays arabe du Golfe le plus touché par la pandémie, avec plus de 39 000 cas d’infection et 246 décès dus à la maladie (AFP)
L’Arabie saoudite est le pays arabe du Golfe le plus touché par la pandémie, avec plus de 39 000 cas d’infection et 246 décès dus à la maladie (AFP)

L’Arabie saoudite, premier exportateur de brut au monde, a annoncé lundi un plan d’austérité dans lequel elle va tripler sa taxe sur la valeur ajoutée et cesser les allocations mensuelles à ses citoyens, après la chute historique du prix du pétrole et la pandémie du nouveau coronavirus.

Le pays espère tirer 100 milliard de riyals (24,61 milliards d’euros) de ces mesures, qui pourraient susciter un certain mécontentement dans l’opinion.

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« Il a été décidé la fin du versement de l’allocation de vie chère [versée au Saoudiens] à partir de juin 2020 et que la TVA passerait de 5 % à 15 % à compter du 1er juillet », a déclaré à l’agence de presse officielle SPA le ministre des Finances Mohammed al-Jadaan.

Par ailleurs, le gouvernement « annule, étale ou reporte » les dépenses liées aux grands projets de développement destinés à moderniser l’économie du pays et la rendre moins dépendante des exportations de pétrole, a-t-il ajouté.

Le ministre a affirmé que la décision avait été rendue nécessaire par la « baisse sans précédent » de la demande mondiale d’or noir et la « forte baisse des recettes pétrolières » pour le pays.

Il a également cité deux autres « chocs » pour l’économie saoudienne : le ralentissement de l’activité liée aux mesures de confinement et les dépenses publiques « non prévues » dans le secteur de la santé.

La semaine précédente, Mohammed al-Jadaan avait averti que des mesures « douloureuses » et « drastiques » pour le budget du pays seraient nécessaires.

Comme d’autres pays du Golfe, l’Arabie n’avait introduit de TVA qu’au 1er janvier 2018, en démarrant avec ce taux de 5 %, sur fond de baisses des prix du pétrole depuis 2014.

Pour compenser la hausse du coût de la vie pour les moins favorisés, elle avait alors créé une allocation, qui représente des milliards de dollars de dépenses chaque année.

« Contrôle des dépenses »

Le gouvernement estime que Ryad pourrait perdre la moitié de ses recettes fiscales liées au pétrole, lesquelles assurent 70 % du total.

Alors que les premiers effets économiques de la pandémie de coronavirus se faisaient sentir, en mars, l’Arabie saoudite s’était lancée dans une guerre des prix en augmentant sa production et en abaissant le coût de la livraison pour ses clients, dans l’espoir de préserver voire augmenter ses parts de marché. Cette stratégie risquée a divisé les cours du pétrole saoudien par trois environ depuis le début de l’année.

Le royaume saoudien prévoit d’emprunter près de 60 milliards de dollars sur l’année pour financer son déficit budgétaire. Après avoir longtemps été excédentaire, le budget de l’État a constamment été dans le rouge depuis 2014.

Le Fonds monétaire international (FMI) projetait en avril une contraction de 2,3 % du produit intérieur brut du royaume en 2020.

« Les citoyens saoudiens commencent à ressentir concrètement l’impact économique du virus », observe Yasmine Farouk, spécialiste de l’Arabie saoudite au centre de réflexion Carnegie Endowment for International Peace.

« Les difficultés [économiques] s’accompagneront d’un contrôle plus important des dépenses de l’Etat, notamment les millions dépensés pour […] des événements de divertissement », estime-t-elle.

« Les citoyens saoudiens commencent à ressentir concrètement l’impact économique du virus »

- Yasmine Farouk, spécialiste de l’Arabie saoudite

Si l’homme fort du royaume, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, a lancé un ambitieux programme de modernisation du pays, son financement dépendait fortement du pétrole. Or les cours n’ont pas pris la direction espérée.

L’un des projets emblématiques, consistant à bâtir de toutes pièces une mégalopole futuriste appelée Neom sur les côtes de la mer Rouge, dans le nord-ouest, semble ainsi compromis.

La question de son coût faramineux, pour 500 milliards de dollars, n’est pas la seule en jeu. Une résistance inattendue s’est élevée parmi la population locale, dans un pays peu ouvert aux voix discordantes.

En avril, la fronde a abouti à la mort d’un membre de la tribu Houweitat, tué dans une fusillade avec les forces de sécurité alors qu’il refusait de céder ses terres.

Par Anuj Chopra, à Ryad.

6 years ago
Les Praticiens à diplôme hors Union européenne (PADHUE) sont payés deux à trois fois moins que les médecins français, ne peuvent s’établir à leur compte et ont une évolution de carrière limitée (AFP)
Les Praticiens à diplôme hors Union européenne (PADHUE) sont payés deux à trois fois moins que les médecins français, ne peuvent s’établir à leur compte et ont une évolution de carrière limitée (AFP)

Il s’appelait Jean-Jacques Razafindranazy. Il est le premier médecin décédé du COVID-19 en France dans l’exercice de ses fonctions, le 21 mars 2020. Originaire de Madagascar, il est tombé malade au cours de gardes aux urgences dans l’Oise, un des départements français les premiers touchés par l’épidémie, dès le mois de février 2020.

Bien qu’étant à la retraite, ce médecin continuait à travailler au centre hospitalier de Compiègne, et avait tenu à prêter main-forte à ses collègues et confrères médecins submergés par le flot continu de patients contaminés par le coronavirus.

Le docteur Razafindranazy était l’un des nombreux Praticiens à diplôme hors Union européenne (PADHUE) en France.

Le personnel de l’hôpital de Compiègne rend hommage au premier médecin décédé du COVID-19 en France, le docteur Jean-Jacques Razafindranazy, le 23 mars 2020 (AFP)
Le personnel de l’hôpital de Compiègne rend hommage au premier médecin décédé du COVID-19 en France, le docteur Jean-Jacques Razafindranazy, le 23 mars 2020 (AFP)

Selon Farid Slimani, pharmacien PADHUE à l’AP-HP (Assistance Publique - Hôpitaux de Paris) et membre du bureau national du Syndicat des praticiens à diplôme hors Union européenne (SPADHUE), « entre ceux qui sont déjà régularisés par concours et ceux en cours de démarche », leur nombre est estimé à 25 000. 

Ces médecins, en situation de précarité, sont payés deux à trois fois moins que les médecins français, ne peuvent s’établir à leur compte et ont une évolution de carrière limitée.

Selon une étude de la Fédération des praticiens de santé datant de 2005, une grande majorité vient du Maghreb (16 % du Maroc et de la Tunisie, 14,3 % d’Algérie), soit près de 30 %. 12 % d’entre eux viennent d’Afrique subsaharienne et une part moins importante vient du Moyen Orient, essentiellement du Liban.

« Un long parcours semé d’embûches »

Pour ce pharmacien, diplômé en Algérie et arrivé en France en 2005, la situation difficile des médecins étrangers « existe depuis bien longtemps, mais elle est mise en lumière par la crise sanitaire provoquée par l’épidémie de COVID-19. Ce sont des choses que l’on répète pourtant depuis au moins 2017 », déplore-t-il.

Pour ces praticiens (médecins, pharmaciens, chirurgiens-dentistes, sages-femmes) diplômés hors Union européenne, c’est un « long parcours semé d’embûches » pour avoir une situation administrative stable, explique à Middle East Eye Farid Slimani.

Les conditions n’ont cessé de changer. Pour être reconnu et avoir l’autorisation d’exercer, il faut être inscrit à l’Ordre des médecins et passer avant cela un concours, suivi de trois ans de stages, puis d’un passage en commission pour valider le tout.

Traduction : « Le président français salue une équipe composée de jeunes médecins et chercheurs en demandant leurs origines : ‘’Vous êtes d’ou ?’’. La réponse a été surprenante : Tunisie… Maroc... Algérie... Liban… Sénégal… »

Avant 2016, pourtant, les candidats ne passaient qu’un examen, fait remarquer Farid Slimani. « Avec une note supérieure à dix, ils pouvaient passer aux trois années probatoires. En 2016, cet examen est remplacé par un concours, avec un nombre de postes disponibles très limité », poursuit-il.

La réussite au concours ne signifie pas forcément un succès. « Parfois, vous êtes refusé sans raison par la commission, alors que vous avez fait le nécessaire », affirme-t-il.

Les médecins ne peuvent tenter leurs chances au concours que trois fois.

Amir Youssari, 38 ans, a épuisé toutes ses chances. Arrivé en France en 2015 « pour raison familiale », ce cardiologue spécialisé en chirurgie cardio-vasculaire ne peut pas exercer malgré ses compétences et son diplôme. Pourtant, son CV a de quoi impressionner.

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Par Nadia Bouchenni, à Paris.

6 years ago
Des promeneurs sur la rue commerciale de Hamra à Beyrouth, le 7 mai 2020 (AFP)

Treize cas de nouveau coronavirus ont été détectés parmi des soldats exerçant au sein du tribunal militaire de Beyrouth, a rapporté dimanche l’armée libanaise, un programme de dépistage concernant désormais des dizaines de juges et d’avocats.

Au Liban, 845 cas de la maladie de COVID-19 ont été officiellement recensés, pour 26 décès. Le pays a initié un déconfinement mais, ces derniers jours, le nombre de cas annoncés quotidiennement est reparti à la hausse, notamment parmi des rapatriés.

Dans un communiqué, l’armée a elle rapporté « treize cas » de nouveau coronavirus « parmi les effectifs du tribunal militaire », soulignant que « toutes les mesures préventives et sanitaires nécessaires » avaient été « prises ».

« Les gens ont peur de sortir » : Beyrouth méconnaissable en pleine crise de coronavirus
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Quelque 40 avocats qui se sont rendus cette semaine au tribunal ont été soumis à un test de dépistage et les résultats sont attendus lundi, a rapporté l’agence étatique ANI.

Des dépistages sont également prévus dès lundi pour les juges et les autres soldats du tribunal, d’après la même source.

Avec une réouverture partielle des restaurants et des salons de coiffure, le Liban a entamé lundi dernier un allègement des mesures de confinement observées depuis la mi-mars.

Face à l’augmentation des cas de COVID-19 rapportés quotidiennement, le ministre de la Santé Hamad Hassan a mis en garde contre la propagation de la maladie et un retour à la case départ.

De son côté, le ministre de l’Intérieur Mohamed Fahmy a annoncé un durcissement du couvre-feu nocturne. Allégé ces dernières semaines, il débutera désormais à 19 h.

Le ministre a averti qu’en cas de laisser-aller, les commerces seraient de nouveau fermés et la circulation interdite.

En cas de propagation à large échelle, le Liban craint que son système de santé ne soit pas capable d’endiguer la crise et se retrouve rapidement débordé.

Le confinement et le couvre-feu nocturne imposés face au virus ont un peu plus accentué les difficultés économiques qui touchent le pays, avec une paralysie totale de certains secteurs et la fermetures des commerces et des restaurants par exemple.

6 years ago
Des Iraniens font la queue devant un bureau de change à Téhéran, le 9 mai 2020 (AFP)

Alors que l’Iran accélère son retour à la vie normale avec la réouverture des commerces, des habitants de Téhéran craignent un nouveau pic de contaminations au nouveau coronavirus dans le pays, le plus touché par la pandémie au Proche et Moyen-Orient.

« La file des imbéciles », murmure Manouchehr, un commerçant, en regardant avec mépris une longue queue devant un bureau de change du quartier de Sadeghiyeh, dans l’ouest de Téhéran.

Dans la file d’attente, des Iraniens se pressent les uns contre les autres, dépourvus de masques.

Agacé, un agent de la circulation confie à l’AFP avoir assisté à de nombreuses scènes similaires depuis la reprise d’activité des bureaux de change. La plupart des clients ne respectent pas les consignes sanitaires de base, déplore-t-il.

Animation habituelle dans les rues

Après l’apparition du virus mi-février en Iran, écoles, universités, cinémas, stades et autres lieux de regroupement ont été fermés dès le mois de mars pour endiguer sa propagation.

Mais sous la pression économique, notamment en raison des sanctions américaines, l’État a autorisé le 11 avril une réouverture progressive des commerces dans les provinces puis, une semaine plus tard, dans la capitale.

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Les rues, les marchés et les centres commerciaux de Téhéran ont ainsi retrouvé leur animation habituelle après avoir été désertés pendant deux mois.

Les bureaux de change font partie des entreprises les plus sollicitées par les Iraniens : la dévaluation de la monnaie iranienne et l’inflation en incitent beaucoup à sauver leur épargne.

Mais « tous ces clients mettent nos vies en danger, nous qui sommes obligés de venir » au travail, dit Milad, employé dans un centre commercial tout proche d’un bureau de change.

Sans masque, le jeune homme de 22 ans s’inquiète aussi de voir les boutiques bondées le soir, lorsque les gens sortent faire leurs courses.

Téhéran est le « talon d’Achille » du pays, a reconnu samedi le vice-ministre de la Santé, Iraj Harirchi. 

Le gouvernement utilise désormais un système de couleurs (blanc, jaune, rouge) pour établir une échelle du risque (du plus faible au plus élevé) lié à la maladie dans les différentes provinces. 

Zone rouge

Avec une population de plus de 8 millions d’habitants et des centaines de milliers de travailleurs qui y affluent depuis d’autres provinces, la capitale a été placée en rouge.

Depuis le 4 mai, le nombre de nouvelles infections recensées officiellement est supérieur à 1 000 par jour, après une brève baisse observée la semaine passée.

Au total, le pays compte plus de 106 000 contaminations et 6 500 décès, selon les chiffres transmis par le gouvernement et qui, d’après certains experts à l’étranger et plusieurs responsables iraniens, sont largement sous-estimés.

« La prudence des gens a fait chuter le nombre des contaminations, mais dès que la maladie a été jugée moins importante, nous avons constaté une augmentation des cas », explique Massoud Mardani, spécialiste en maladies infectieuses au ministère de la Santé.

L’État s’est engagé à réimposer des mesures si le nombre de contaminations continue d’augmenter

La hausse des infections « est en partie due à la réouverture [des commerces] et aux gens qui vont faire du shopping », juge-t-il auprès de l’agence Isna.

L’État s’est engagé à réimposer des mesures si le nombre de contaminations continue d’augmenter, mais beaucoup d’Iraniens sont obligés de reprendre le travail pour subvenir à leurs besoins.

« La vie coûte de l’argent, les gens doivent aller travailler », a dit à l’AFP Hamed, 22 ans, rappelant que « le virus est dans le pays depuis environ trois mois. »

« Les gens s’en moquent... »

Habitant de Qom, à 150 km de Téhéran, Hamed se rend tous les jours dans la capitale à la demande de son employeur. S’il refuse, il perdra son travail, craint celui qui ne porte pas de masque, car c’est « inefficace ».

Dans les rues voisines, des badauds, le plus souvent dotés de masques, achètent des légumes frais et des fruits secs.

Le visage nu, Mohammad, 58 ans, déplore quant à lui les prix élevés des masques et la difficulté de s’en procurer alors qu’il doit grimper dans un bus bondé tous les matins. « Ils auraient dû en donner gratuitement aux gens », tempête-t-il.

Pour Zahra, une comptable de 30 ans, « seulement la moitié de la population [de Téhéran] suit les mesures sanitaires ». 

« Soit les gens s’en moquent, soit ils n’ont pas la patience de porter un masque », estime-t-elle. 

Par Ahmad Parhizi, à Téhéran.

6 years ago
Dans le marché central de Tunis, le 4 mai 2020 (AFP)

Une ONG tunisienne a mis en place un système de bons d’achats par téléphone afin de permettre aux familles nécessiteuses de subvenir à leurs besoins en nourriture, une sorte de banque alimentaire à distance pendant la crise liée au nouveau coronavirus.

L’initiative, mûrie de longue date, a été lancée au début du jeûne du Ramadan fin avril, alors que des milliers de foyers ont perdu leur source de revenus en raison du confinement décrété le 22 mars pour lutter contre la propagation du nouveau coronavirus.

En coopération avec le ministère de la Femme, l’ONG « Banque alimentaire durable » a choisi 300 familles vivant dans les quartiers pauvres de Tunis pour bénéficier de bons d’achats, envoyés par SMS.

Autonomiser les familles

Chacune de ces familles reçoit un code lui permettant de dépenser 40 à 60 dinars (20 à 30 euros) par semaine chez un des épiciers de son quartier, à condition qu’il soit équipé de l’application « Viamobile ».

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« Avec le Ramadan et le confinement, je ne peux ni sortir ni travailler », confie Messaouda Raouafi, 49 ans, qui, grâce à ces bons, a pu acheter de l’huile, du lait, du café et de la farine.

« Je ne peux plus faire des ménages pour donner à manger à mes sept enfants, » explique-t-elle.

L’ONG, qui finance ces dons grâce aux concours d’entrepreneurs qui la composent, espère ensuite élargir cette initiative aux régions intérieures marginalisées.

Au-delà de ces aides, l’ONG souhaite également inciter ces familles à être plus autonomes, par exemple en leur apprenant à faire pousser des légumes dans leur arrière-cour, ou en vendant du pain fait maison.

Deux millions de Tunisiens ont besoin d’assistance

« En contrepartie, ces personnes s’engagent à accepter d’être encadrées pour qu’on puisse les intégrer socialement et professionnellement à travers différentes initiatives, » explique samedi à l’AFP Aïcha Zakraoui, l’une des initiatrices du projet.

Grâce à cette initiative, l’épicerie de Farah, située au Kram, une banlieue populaire de Tunis, n’a plus besoin de faire crédit au détriment de son équilibre financier : « l’argent nous est envoyé en avance, ensuite les clients font leur courses avec la somme qu’ils ont reçue. »

Son magasin a accepté cette initiative « parce que la zone où nous nous trouvons compte de nombreuses familles pauvres, des chômeurs », souligne-t-elle.

Estimant que deux millions des 11,5 millions de Tunisiens ont besoin d’assistance pendant le confinement, le gouvernement a versé à des milliers de foyers des aides exceptionnelles de 200 dinars (80 euros), dans l’espoir également de calmer la grogne sociale.

Les mesures de confinement ont commencé à être assouplies le 4 mai, la Tunisie ayant enregistré officiellement environ 1 000 cas, dont 45 morts.

6 years ago
Un agent de santé visite un appartement pour collecter des échantillons sur des personnes confinées, Istanbul, le 7 mai 2020 (AFP)

Équipés d’une blouse, de lunettes de protection et d’un masque, les deux médecins montent les marches quatre à quatre. Leur première mission du jour : tester une femme qui a eu des contacts avec un patient malade du coronavirus à Istanbul.

Visiblement intimidée par l’irruption de ces deux hommes aux allures de cosmonautes sur son palier, cette habitante du district populaire de Fatih répond à leurs questions avant de se soumettre au dépistage dont le résultat sera connu le lendemain.

En Turquie, près de 6 000 équipes de « traceurs » – tous des professionnels de la santé – pistent 24 heures sur 24 les cas potentiels de nouveau coronavirus en identifiant et suivant les personnes ayant eu des contacts avec des malades.

Le traçage « au cœur de la réussite »

En aidant à repérer rapidement les nouveaux cas pour les isoler et les traiter à un stade précoce, le traçage a permis selon le gouvernement turc de contenir l’épidémie et de limiter le nombre de morts.

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Même si des observateurs s’interrogent sur la fiabilité des chiffres officiels, le nombre de morts par rapport à celui de personnes infectées semble remarquablement faible : 3 689 décès pour 135 569 cas, selon le dernier bilan publié vendredi.

Lundi, le ministre de la Santé, Fahrettin Koca, a estimé que le traçage était « au cœur de la réussite » de la Turquie contre la pandémie.

Selon lui, chaque processus de traçage permet d’identifier en moyenne 4,5 personnes potentiellement contaminées car ayant été en contact avec un malade.

Le 29 avril, il avait indiqué que plus de 460 000 personnes avaient été contactées par les traceurs en Turquie.

Une méthodologie stricte 

Pour repérer des cas potentiels, les médecins accomplissent « un vrai travail de détective », souligne Melek Nur Aslan, directrice de l’agence publique de santé pour le district de Fatih.

Lorsqu’un malade est identifié, « nous essayons de retracer son parcours à partir de 48 heures avant l’apparition des premiers symptômes jusqu’au moment où il a été testé positif » au virus, explique-t-elle à l’AFP.

Pour cela, les médecins vont voir le patient avec une liste de questions : où s’est-il rendu ? Avec qui a-t-il parlé ? Portait-il un masque ?

Ils obtiennent ainsi une liste de personnes potentiellement contaminées qu’ils contactent pour leur demander de rester confinées pendant 14 jours. 

Si la personne présente des symptômes ou en développe pendant son confinement, alors ils effectuent un test de dépistage.

C’est justement sur un tel cas que viennent d’intervenir les deux médecins à Fatih : la femme qu’ils ont vue est fatiguée et a des migraines.

Faire de la pédagogie et apaiser

Une fois sortis de l’immeuble, ils retirent leurs équipements de protection qu’ils jettent dans un grand sac poubelle.

L’un d’eux porte une grosse boîte contenant l’échantillon prélevé qui sera envoyé au laboratoire dans la journée.

Si le test est positif, cette femme « apparaîtra comme un cas confirmé dans notre fichier, ce qui entraînera un nouveau processus de traçage », indique l’un des traceurs, Mustafa Sever, un médecin généraliste.

« Lorsqu’on se déplace au domicile des gens, ils voient que quelqu’un s’occupe d’eux, qu’ils ne sont pas laissés à l’abandon »

- Mustafa Sever,  médecin généraliste

Leur rôle sera aussi crucial pour éviter l’apparition d’une deuxième vague au moment où la Turquie s’apprête à assouplir les mesures restrictives, avec par exemple la réouverture des centres commerciaux et des coiffeurs à partir de lundi.

Contrairement à d’autres pays où le traçage suscite des débats sur la confidentialité et l’utilisation des données récoltées, la Turquie a appliqué cette mesure dès le début de la pandémie.

Melek Nur Aslan affirme que seuls les soignants chargés de tracer les potentiels cas de coronavirus ont accès aux données recueillies, via une application qui leur est dédiée.

Si l’opération de traçage actuelle est gigantesque en raison de l’ampleur de la pandémie, ce système n’est pas nouveau en Turquie.

Le docteur Sever explique ainsi qu’il a déjà mené des « enquêtes » similaires lors d’épidémies de rougeole à Istanbul.

Rien qu’à Istanbul, 1200 équipes de deux à quatre traceurs pistent en permanence les nouveaux cas potentiels de coronavirus, selon Mme Aslan.

En plus de traquer le virus, ces traceurs ont aussi pour rôle de faire de la pédagogie et d’apaiser les personnes qu’ils vont voir.

« Lorsqu’on se déplace au domicile des gens, ils voient que quelqu’un s’occupe d’eux, qu’ils ne sont pas laissés à l’abandon », explique le docteur Sever.

Et d’ajouter: « S’ils sont inquiets, on discute un peu avec eux pour les rassurer ».

Par Gokan Gunes, à Istanbul.

6 years ago
Des soldats de l’armée malienne patrouillent sur le site archéologique de la tombe d’Askia à Gao, le 10 mars 2020 (AFP)

Les « groupes terroristes profitent de la pandémie de COVID-19 pour intensifier leurs attaques » au Sahel, affirme dans un rapport le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, en réclamant une « coordination plus forte » entre les forces étrangères qui les combattent.

« Des preuves montrent une coordination et une coopération renforcées entre certains des groupes opérant au Sahel, de la Mauritanie au bassin du Lac Tchad »

- António Guterres, secrétaire général de l’ONU

Le défi posé aux autorités s’exerce notamment dans le triangle Liptako-Gourma, une zone dans laquelle Niger, Mali et Burkina Faso se partagent des frontières, précise le document remis cette semaine au Conseil de sécurité et obtenu vendredi par l’AFP.

« Des preuves montrent aussi une coordination et une coopération renforcées entre certains des groupes terroristes opérant au Sahel, de la Mauritanie au bassin du Lac Tchad », ajoute le secrétaire général.

4 000 décès en 2019

« La situation désastreuse dans la région du Sahel est encore aggravée par la propagation de la pandémie de COVID-19 en Afrique, avec des groupes terroristes qui l’exploitent à des fins de propagande et d’action, avec un impact potentiel grave sur la région », insiste-t-il.  

À cause de cette pandémie qui a entrainé la fermeture de la frontière entre Mali et Mauritanie, des opérations de la Force G5-Sahel ont été renvoyées à plus tard. « L’impact de la pandémie sur la capacité de la Force conjointe et des troupes internationales à mener des opérations dans les mois à venir est difficile à déterminer à ce stade et devra être étudiée avec soin », indique-t-il.

Son rapport retraçant l’évolution au Sahel depuis novembre souligne que « les morts dans des attaques terroristes » ont été multipliées par cinq depuis 2016 au Burkina Faso, au Mali et au Niger, avec plus de 4 000 décès en 2019 contre 770 en 2016.

Depuis novembre, la situation sécuritaire a encore subi une « détérioration au Mali et dans la région sahélienne », avec des « attaques terroristes de plus en plus complexes contre les forces de sécurité », s’inquiète aussi le chef de l’ONU.

Besoin de coordination

Tout en reconnaissant la nécessité de plusieurs acteurs face à ce défi, António Guterres affirme qu’« il y a un besoin pour une coordination plus forte entre les différentes forces et de clarté pour savoir qui commande et qui contrôle ». 

Outre les armées nationales, le Sahel est un théâtre d’opérations pour la force française Barkhane (5 100 militaires), la force G5-Sahel (5 000 militaires du Niger, Burkina Faso, Mali, Tchad et de Mauritanie) et la mission de paix de l’ONU, la MINUSMA (15 000 personnels).

Une nouvelle unité internationale, appelée Takuba, regroupant à l’initiative de la France des forces spéciales de différents pays, est aussi en cours de formation.

6 years ago
Rabih Medawar et sa femme Alona Aleksandrova, professeurs de yoga, s’exercent sur le toit de leur immeuble à Ain el-Remmaneh, Beyrouth (AFP)

Royaume des réservoirs d’eau et des antennes paraboliques, les toits d’immeubles au Liban sont depuis plusieurs semaines le théâtre de scènes improbables jouées par des résidents confinés en quête de liberté et d’air frais.  

Privés de leurs espaces de travail et leurs loisirs habituels en raison des restrictions imposées par les autorités pour endiguer l’épidémie de COVID-19, les Libanais sont nombreux à squatter les toits. 

Après avoir campé des semaines entières dans la rue à l’automne dernier pour crier leur colère contre une classe politique qu’ils jugent corrompue, certains ont désormais élu domicile sur ces terrasses qui surmontent leurs immeubles. 

Regarder la ville différemment

Dans ces nouveaux « paradis », dont certains offrent une vue imprenable sur la capitale Beyrouth aux rues désertes bercées par les couchers de soleil, des activités inhabituelles ont vu le jour. 

Le photographe de l’AFP Joseph Eid a passé des semaines à gravir des escaliers pour découvrir comment les habitants ont pris possession de ce nouvel espace qui offre un champ illimité de possibilités.

« Dès que le confinement a commencé, j’en pouvais plus et c’est là que l’idée du toit m’est venue », raconte Sherazade Mami, une danseuse tunisienne qui vit à Beyrouth depuis 2016. 

Chaque jour, cette jeune artiste se rend en haut de son immeuble de neuf étages, munie de son tapis de sport, un bouteille d’eau et sa musique pour s’étirer et s’entraîner. 

L’artiste libanaise Hayat Nazer dessine sur le toit de l’immeuble de sa famille à Tripoli (AFP)

À l’instar d’autres expatriés ou Libanais dont une partie de la vie se déroule désormais dans ce nouveau décor à ciel ouvert – autrefois chasse gardée des seuls gardiens, plombiers et électriciens –, Sherazade regarde désormais la ville différemment. 

« J’ai une vue sur tout Beyrouth, c’est magnifique. Il y a le silence total de la ville, on entend les oiseaux, il y a le soleil », se réjouit-elle.  

« C’est vraiment le paradis pour un artiste qui cherche un lieu, c’est presque mieux que le théâtre. C’est une sensation très agréable », renchérit la jeune femme.  

Ailleurs à Beyrouth, Rabih Medawar et sa femme Alona Aleksandrova, des professeurs de yoga, s’adonnent à des mouvements acrobatiques sur leur toit. 

« Je me sens libre »

Plus au nord, vers la ville côtière de Byblos, la gymnaste libanaise Karen Dib installe son tapis rouge qui fait désormais partie du décor de sa nouvelle salle improvisée au sommet de l’immeuble. 

Et à Tripoli, principale ville du nord du pays, l’artiste et militante Hayat Nazer peint à l’air libre sa dernière toile. 

« Les toits ont été sous-exploités. Vous pouvez y faire du sport, organiser des barbecues, faire la fête »

- Hayat Nazer, artiste et militante 

Outre les artistes, un nombre croissant de résidents ont installé une chaise ou un transat pour bronzer, lire ou fumer un narguilé. 

Hayat Nazer dit espérer que l’expérience du confinement laissera son empreinte sur le mode de vie urbain. 

« J’espère vraiment que les gens commenceront à planter et à verdir leurs toits », affirme-t-elle. « Les toits ont été sous-exploités. Vous pouvez y faire du sport, organiser des barbecues, faire la fête ». 

Sherazade affirme elle ne plus jamais vouloir abandonner son toit, même après le déconfinement. 

« J’ai découvert un endroit où je me sens libre et je continuerai de l’utiliser ».

Par Jean Marc Mojon et Joseph Eid, à Beyrouth.