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Coronavirus : suivez l’actualité dans la région MENA

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Coronavirus : suivez l’actualité dans la région MENA
L’épidémie du nouveau coronavirus bouleverse une région déjà sous tension. Suivez sur ce fil les derniers développements au Maghreb et au Moyen-Orient

Live Updates

6 years ago

Parce que son fils avait « aimé » un message sur les réseaux sociaux, les voisins hindous de Gayur Hassan, un soudeur musulman indien, sont venus de nuit jeter des pierres sur la maison de sa famille et mettre le feu à son atelier.

Dans l’Inde des nationalistes hindous du Premier ministre Narendra Modi, les quelque 200 millions de membres de la minorité musulmane se sentent depuis plusieurs années l’objet d’une hostilité croissante. 

Une islamophobie de plus en plus désinhibée qui s’est intensifiée à l’occasion de la pandémie de coronavirus, en partie nourrie par un déluge de fake news.

La faute du fils de Gayur Hassan? Avoir « aimé » un message qui dénonçait les attaques contre les musulmans dans le pays de 1,3 milliard d’habitants depuis le début du confinement national en Inde (fin mars).

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« Mes ancêtres vivaient ici et je suis né ici », déplore le père, habitant d’un village où une dizaine de familles musulmanes sont installées au milieu de quelque 150 foyers hindous dans l’État de l’Haryana, à l’ouest de la capitale New Delhi.

« Nous vivions comme une famille et la religion n’a jamais été un problème ici », assure-t-il, mais désormais « il y a une atmosphère de peur et de haine partout ».

Deux hommes ont été arrêtés pour cette attaque. La famille a été la cible de menaces de représailles supplémentaires si ses hommes ne rasaient pas leur barbe et ne cessaient de porter la calotte musulmane, selon la police locale.

Cet incident n’est qu’un des huit de ce type enregistrés pour le seul État de l’Haryana depuis début avril. Au niveau national, au moins 28 attaques contre des musulmans ont été recensées entre le 30 mars et le 21 avril, selon l’étude d’un professeur de l’université du Michigan.

« Qui t’a envoyé propager le coronavirus ? »

Dans un autre incident, confirmé par la police, une vidéo sur Facebook montre un jeune musulman frappé par à coups de bâtons, ensanglanté et suppliant. « Qui t’a envoyé propager le coronavirus ? », lui demande un des assaillants, audible sur les images.

Dans certains villages, des affiches « Pas de musulmans » sont apparues. Un hôpital a annoncé qu’il n’accepterait pas de patient musulman sans un certificat prouvant qu’il a été testé négatif au nouveau coronavirus.

Dans une tentative d’apaiser les tensions, le Premier ministre Modi a appelé sur Twitter à « l’unité et la fraternité » des Indiens de différentes confessions.

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« Le COVID-19 ne reconnaît pas de race, de religion, de couleur, de caste, de croyance, de langue ou de frontières avant de frapper », a déclaré sur son compte officiel le chef de gouvernement, au pouvoir depuis 2014.

Lors du premier mandat du nationaliste hindou, le géant d’Asie du Sud a été le théâtre d’une crispation politico-religieuse et connu une hausse des crimes de haines contre les musulmans et les basses castes.

Après sa réélection au printemps 2019, son second mandat a débuté par la révocation controversée de l’autonomie constitutionnelle du Cachemire indien, seule région à majorité musulmane du pays, ainsi que la mise en place d’une loi sur la citoyenneté dénoncée comme discriminatoire envers les musulmans.

En février, la capitale New Delhi a connu ses pires émeutes intercommunautaires en plus de 30 ans. Les violences ont fait 50 morts, dont deux tiers de musulmans.

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Des activistes accusent les autorités de profiter de l’attention focalisée sur la pandémie pour intensifier les arrestations en lien avec ces émeutes, en interpellant principalement des musulmans. 

« Ils s’assurent que personne n’élèvera la voix pour la communauté une fois que la pandémie sera terminée », déclare à l’AFP K. Rahman Khan, ancien ministre des Affaires des minorités.

La minorité musulmane était déjà « vilipendée et décrite comme dangereuse par une propagande systématique », indique Shahid Siddiqui de l’organisation Indian Muslims for Progress and Reforms, récemment fondée pour combattre l’islamophobie.

Mais le coronavirus a donné une nouvelle dimension à cette hostilité, transformant les musulmans indiens en « intouchables », estime-t-il.

En ligne, des centaines de milliers de tweets ont dénoncé un soit-disant #CoronaJihad. Des comptes ont partagé en masse des vidéos, fausses ou douteuses, montrant des musulmans léchant des fruits avant de les vendre ou enfreignant les règles du confinement.

Le discours antimusulmans a gagné en virulence lorsqu’un centre de missionnaires musulmans s’est avéré avoir été l’un des principaux foyers de propagation du coronavirus en Inde. Certains présentateurs de télévision sont allés jusqu’à qualifier ses membres de « bombes humaines ».

« C’est une tentative délibérée des médias et du gouvernement de détourner l’attention du pays des crises pour laisser régner la politique de la haine », affirme Shahid Siddiqui.

Par Jalees Andrabi et Uzair Rizvi, à New Delhi.

6 years ago
En Israël, le Shin Bet, service de sécurité intérieure, a commencé à utiliser des technologies sophistiquées et des données télécoms pour pister les civils (AFP)

Mardi 5 mai, le Parlement israélien a prolongé de trois semaines les pouvoirs controversés du Shin Bet, le service de renseignement intérieur, pour suivre les personnes atteintes de coronavirus.

Le recours à la surveillance pour tracer les Israéliens est devenu un sujet brûlant dans le pays, où ces mesures invasives sont généralement réservées aux Palestiniens.

Le mois dernier, la Cour suprême avait fixé au 30 avril la limite de ces pouvoirs, à moins qu’ils ne soient inscrits dans la loi, le gouvernement étant autorisé à demander des prorogations au Parlement israélien, la Knesset.

Alors que le sous-comité des services secrets avait finalement fixé la date limite au 26 mai, le gouvernement avait demandé une prolongation de six semaines.

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« Je vois cela comme un bon équilibre entre le fait de ne pas utiliser cet outil pendant toute la période et garantir un processus législatif », a commenté Gabi Ashkenazi, président du sous-comité et député Bleu et blanc, à propos de cette décision.

La loi devrait être rédigée par le gouvernement d’ici au 18 mai.

Des questions ont été soulevées sur les motivations du Shin Bet à se doter de tels pouvoirs pour tracer les citoyens alors qu’Israël semble avoir passé le pire de la pandémie et commence à s’ouvrir.

En utilisant des données numériques liées à la localisation du téléphone mobile et aux achats par carte de crédit, le traçage cherche à identifier et à alerter les personnes qui ont été en contact étroit avec une personne souffrant du COVID-19. Le dispositif veut qu’ils soient ensuite placés en quarantaine.

Pouvoirs trop intrusifs

Sigal Sadetsky, cheffe du service de santé publique, a fait valoir au sous-comité que le traçage était particulièrement important alors que les Israéliens commencent à quitter leur domicile et à reprendre leur vie professionnelle.

Le conseiller à la sécurité nationale, Meir Ben-Shabbat, l’a rejointe, affirmant que « le potentiel de contagion [avait] en fait augmenté » malgré le déclin des cas.

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Selon les données présentées par Sigal Sadetsky et le procureur général adjoint Raz Nizri, 5 516 des 16 000 personnes identifiées comme atteintes par le coronavirus ont été retrouvées grâce au dépistage. Parmi elles, 3 835 ont été localisées par le Shin Bet.

Selon l’agence, 7 % des personnes qui ont été averties qu’elles avaient été en contact avec une personne infectée se sont par la suite révélées atteintes par le coronavirus. 

Mais  les détracteurs du gouvernement Yaïr Lapid et Moshe Ya’alon, du parti Yesh Atid-Telem, et Eli Avidar, d’Israel Beytenou, ont voté contre l’extension en faisant valoir que les pouvoirs étaient trop intrusifs dans la vie privée des gens.

« Si le Shin Bet pouvait surveiller la vitesse de toutes les voitures, cela justifierait-il de suivre tous les pilotes ? », s’est interrogé Yaïr Lapid.

Traduit de l’anglais (original).

6 years ago
Le personnel de l’UNRWA prépare des médicaments à livrer aux réfugiés palestiniens dans le camp d’Al-Wehdat à Amman, le 15 avril 2020 (Reuters)

L’UNRWA, agence onusienne d’aide aux réfugiés palestiniens, qui fournit soins de santé et éducation à des millions de Palestiniens, ne dispose de fonds que pour fonctionner jusqu’à la fin du mois, a déclaré un haut responsable.

Elizabeth Campbell, directrice de l’UNRWA à Washington, a dénoncé les coupes dans les aides de l’administration Trump à l’agence, affirmant qu’elles avaient un « impact corrosif » sur les réfugiés.

« Nous fonctionnons essentiellement sur une base mensuelle. En ce moment, nous avons des fonds pour payer nos 30 000 personnels soignants jusqu’à la fin de ce mois », a-t-elle annoncé lors d’une conférence téléphonique avec des journalistes, mardi 5 mai, comme l’a rapporté Reuters.

Traduction : « En cette période difficile, les réfugiés palestiniens ont plus que jamais besoin de notre soutien. Pour ce #GivingTuesdayNow, toutes les contributions à notre réponse contre le COVID-19 seront complétées. Faites un don aujourd’hui et doublez votre cadeau ! »

En 2018, l’administration américaine a réduit de 350 millions de dollars l’aide annuelle à l’UNRWA, qui répond aux besoins humanitaires d’environ cinq millions de réfugiés palestiniens. Auparavant, Washington était le plus grand donateur de l’agence.

Pour justifier ces coupes, l’administration Trump a avancé que cette opération n’avait pas vocation à durer dans le temps et qu’elle était « irrémédiablement viciée ». Il semblerait qu’en réalité, elle ait mis un terme à plusieurs programmes d’assistance aux Palestiniens afin de les forcer à accepter les conditions de l’« accord du siècle ».

« Une catastrophe humanitaire et un échec moral »

Au cours des événements qui ont conduit à la création de l’État d’Israël en 1948, plus de 700 000 Palestiniens ont été déplacés de leur domicile dans un exode connu sous le nom de Nakba (catastrophe).

Les survivants et leurs descendants, soit environ cinq millions de personnes, vivent toujours dans des camps de réfugiés à travers le Moyen-Orient et dépendent largement de l’UNRWA pour l’éducation et les soins de santé.

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Avec la propagation du coronavirus, les appels aux États-Unis à reprendre le financement de l’UNRWA ont été renouvelés. 

La semaine dernière, la députée américano-palestinienne Rashida Tlaib et son collègue juif américain Alan Lowenthal ont publié une tribune dans le Washington Post appelant Donald Trump à rétablir l’aide américaine.

« L’impact de la propagation de la pandémie à travers la Cisjordanie et Gaza serait, avant tout, une catastrophe humanitaire et un échec moral », ont écrit les députés. « Cela menacerait également profondément les perspectives d’une paix juste et durable et la stabilité de toute la région. »

Fin avril, 59 membres du Congrès ont également écrit une lettre à l’administration pour demander la libération de l’aide aux Palestiniens par le biais d’un programme d’assistance spécial.

« Ces fonds pourraient être utilisés instantanément pour soutenir l’action de santé publique, y compris les 3 300 personnels soignants qui pourvoient en personnel 144 cliniques de l’UNRWA désormais en première ligne dans la lutte contre cette pandémie », indique la lettre.

Traduction : « Les députés @RashidaTlaib et @alanlowenthal, dans une tribune publiée dans le @washingtonpost, appellent à la restauration du soutien humanitaire américain aux Palestiniens, y compris celui de l’@UNRWA, surtout au regard de l’augmentation des besoins engendrés par l’épidémie de COVID-19. »

« L’UNRWA travaille en étroite collaboration avec les autorités hôtes et l’Organisation mondiale de la santé [OMS] pour mettre en place un triage et des protocoles afin d’identifier les patients présentant des symptômes respiratoires. »

Mardi, Elizabeth Campbell a souligné que l’agence faisait face à sa « pire crise financière » depuis sa création en 1950. Cette année, elle n’a obtenu qu’un tiers de son budget annuel de 1,2 milliard de dollars.

Traduit de l’anglais (original).

6 years ago

La Jordanie continuera d’imposer un couvre-feu nocturne même si le coronavirus est « contenu », a déclaré un porte-parole du gouvernement s’inquiétant d’une éventuelle deuxième vague de COVID-19.

Amjad Adailah a ajouté mardi que même si les entreprises étaient autorisées à rouvrir et même si les restrictions de circulation étaient assouplies, le confinement, imposé le 21 mars après l’adoption de lois d’urgence, resterait en place.

« Nous avons contenu l’épidémie, mais le danger est réel et la possibilité de son retour est réelle et sérieuse », a-t-il déclaré.

La Jordanie présente un des bilans les plus bas au Moyen-Orient, avec 465 cas, dont neuf décès. Depuis, quelque 370 personnes infectées se sont rétablies.

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Lorsque la Jordanie a signalé son premier cas de coronavirus le 2 mars, le royaume a mis en œuvre l’une des interdictions les plus strictes au monde, provoquant des scènes de chaos à travers le pays.

Les habitants risquaient un an de prison s’ils quittaient leur domicile pour faire des achats à l’épicerie, visiter des pharmacies ou faire de courtes promenades.

Depuis, la Jordanie a assoupli certaines mesures, permettant à certaines entreprises de rouvrir et aux voitures de circuler pendant la journée.

Le Premier ministre du pays, Omar al Razzaz, a salué mardi les mesures de confinement, affirmant qu’elles avaient apporté des résultats bien meilleurs que prévu.

Le gouvernement n’a enregistré aucun cas de coronavirus pour le huitième jour consécutif, a-t-il déclaré à la télévision publique.

Traduit de l’anglais (original).

6 years ago
La compagnie aérienne du Golfe ne dessert plus que 35 destinations contre 170 en mars (AFP)

Qatar Airways a averti mardi que la compagnie n’échapperait pas à de « nombreux » licenciements alors que la demande pour le transport aérien s’est effondrée pour cause de pandémie liée au nouveau coronavirus, selon une note interne consultée par l’AFP.

En mars, la compagnie aérienne du Golfe desservait encore 170 destinations avec 234 appareils. Elle n’en dessert plus de 35.

L’Association internationale du transport aérien (IATA) a pronostiqué le mois dernier une chute de plus de 50 % du trafic aérien au Moyen-Orient et en Afrique du Nord cette année, à cause de la pandémie de COVID-19.

« La vérité, c’est que nous ne pouvons tout simplement plus nous permettre d’avoir autant d’employés qu’aujourd’hui, et que nous devrons procéder à de nombreux licenciements, y compris au sein du personnel navigant », a écrit le directeur exécutif de Qatar Airways, Abkar al-Baker, dans une note à ce dernier datée de lundi.

La note ne précise pas combien des quelque 30 000 employés seraient menacés.

6 years ago
Le marché central de Tunis, le 4 mai 2020, alors que la Tunisie a assoupli les mesures de confinement (AFP)

Tunis et Alger ont commencé à assouplir le confinement en place depuis mars pour limiter la propagation du nouveau coronavirus, la situation étant maîtrisée dans les hôpitaux et leurs économies à l’arrêt, mais les autorités mettent en garde contre un rebond de la pandémie.

Dimanche, à la veille d’un retour progressif au travail en Tunisie, le ministre de la Santé Abdellatif Mekki a dit avoir « des craintes mais aussi de l’espoir ». 

« Peur à cause du relâchement que nous observons ici et là, que ce soit par négligence ou par nécessité. Et dans cette situation, les autorités publiques ont la responsabilité de protéger la société, quitte à revenir à une quarantaine généralisée », a-t-il ajouté sur son compte Facebook.

En Algérie, les autorités ont fait refermer de nombreux commerces après quelques jours d’ouverture dans plusieurs régions, dont Alger, en raison du non-respect des règles d’hygiène et de distanciation sociale.

Selon l’Institut national de santé publique (INSP), l’Algérie a enregistré « une augmentation de 27 % des cas confirmés » entre le 24 avril, date du début du Ramadan, et le 30 avril.

La Tunisie, l’Algérie et le Maroc ont imposé des restrictions strictes dès l’apparition début mars des premiers cas de la maladie COVID-19 en provenance d’Europe, où l’épidémie battait déjà son plein.

Tandis que les pays du Maghreb ne comptaient que quelques dizaines de cas, les écoles ont fermé et le confinement a été imposé dès la troisième semaine de mars, peu après les pays de la rive nord de la Méditerranée.

Les commerces ont fermé, à l’exception des petites et moyennes surfaces alimentaires et d’autres services de première nécessité.

Au Maroc, où 5 053 cas ont été officiellement détectés, dont 179 décès, le déconfinement n’est envisagé qu’à partir du 20 mai.

Relâchement

Les autorités estiment que les mesures drastiques de confinement, la restriction des déplacements et le port obligatoire du masque, soutenus par des contrôles policiers étroits, ont contribué à limiter la contagion dans ce pays de 35 millions d’habitants. Des foyers sont cependant apparus dans des usines qui continuaient de fonctionner.

En Tunisie, le confinement précoce aurait permis de sauver 1 000 vies, selon des estimations. Le pays de plus de 11,5 millions d’habitants a officiellement détecté 1 018 malades, dont 43 décès, et compte chaque jour moins de dix nouveaux cas. 

En Algérie, quatre fois plus peuplée, près de 5 000 (4 838) cas ont été officiellement identifiés, dont 470 décès, et les contaminations continuent de progresser rapidement.

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Dans ces deux pays à la démographie très jeune, le nombre de morts restait stable ces deux dernières semaines, quelques uns par semaine en Tunisie, autour de cinq par jour en Algérie.

Mais pour le professeur algérien Idir Bitam, expert des maladies transmissibles, « on est en plein risque d’un rebond vu le relâchement des derniers jours ». « Ca va se sentir dans la prochaine semaine », prédit ce spécialiste, membre de l’IHU de Marseille (sud de la France).

Selon le professeur Bitam, qui développe le dépistage en Algérie, il n’est pas « possible de prévoir le pic » dans ce pays en raison du « manque de moyens de diagnostic ». 

« Nous n’avons pas atteint 1 000 tests par semaine. C’est trop peu », observe-t-il.

En Tunisie, « on a gagné la bataille, pas la guerre. On est arrivé à freiner l’épidémie mais il faut que le citoyen soit responsable », estime la docteure tunisienne Hanene Tiouiri Benaissa, membre de la commission nationale de lutte contre la maladie COVID-19 et cheffe de service des maladies infectieuses à l’hôpital public Rabta à Tunis.

Conséquences sociales désastreuses

« Le confinement est le principal facteur qui a aidé à surmonter la crise », affirme la professeure tunisienne Rim Abdelmalik, virologue dans le même hôpital. 

Mais des recherches sont en cours sur d’autres facteurs « qui peuvent expliquer cette courbe, y compris la vaccination » au BCG, un vaccin contre la tuberculose qui renforcerait l’immunité face au nouveau coronavirus, ajoute-t-elle, en référence au plateau épidémique atteint en Tunisie.

Les autorités ont donc lâché du lest et, dans certaines villes, la vie revient doucement à la normale.

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Lundi, le travail a largement repris avec officiellement 50 % des effectifs maximum dans le pays où de très nombreuses usines étaient à l’arrêt. Des embouteillages sont réapparus et la foule se pressait de nouveau dans les grands marchés.

À l’instar de l’Algérie, la distanciation sociale exigée par les autorités tunisiennes est difficile à respecter, du fait de la vétusté des transports en commun et de la difficulté d’encadrer une économie largement informelle.

La reprise est néanmoins nécessaire pour pallier les conséquences sociales désastreuses du confinement. 

Si la population, consciente de la fragilité des services de santé, a été rassurée par les mesures drastiques, le début du confinement a été marqué par quelques manifestations de Tunisiens, soulignant qu’à défaut de mourir de la maladie COVID-19, ils risquaient de mourir de faim.

Par Aymen Jamli, avec Abdellah Cheballah, à Alger.

6 years ago
« Bien que les chiffres soient limités, cela ne signifie pas qu’ils ne vont pas exploser soudainement en quelques jours, voire quelques semaines », a prévenu Bachar al-Assad (AFP)

Le président syrien Bachar al-Assad a dit craindre lundi que les mesures prises pour alléger le confinement imposé pour lutter contre le nouveau coronavirus n’augmentent les risques d’une « catastrophe » dans le pays en guerre.

Le gouvernement a jusqu’à présent enregistré officiellement 44 cas de contamination au nouveau coronavirus, dont trois morts, tandis que les autorités kurdes dans le nord-est de la Syrie ont fait état de trois cas dans les zones sous leur contrôle.

« Bien que les chiffres soient limités, cela ne signifie pas qu’ils ne vont pas exploser soudainement en quelques jours, voire quelques semaines », a prévenu Bachar al-Assad en s’adressant au comité gouvernemental luttant contre le virus.

« Cela nous mènerait à une véritable catastrophe qui pourrait submerger les infrastructures médicales et logistiques de l’État », a-t-il ajouté.

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La semaine dernière, le gouvernement a débuté l’allégement progressif du confinement décrété en mars et qui a lourdement pesé sur l’économie exsangue du pays, déchiré depuis mars 2011 par une guerre ayant tué plus de 380 000 personnes et poussé des millions de Syriens à l’exil.

Un couvre-feu reste imposé sur l’ensemble des territoires sous contrôle de Damas, et les habitants n’ont pas le droit de voyager d’une province à l’autre.

Les marchés ont repris leurs activités diurnes le 29 avril et les universités pourraient rouvrir leurs portes d’ici peu selon le gouvernement.

Le pays est en « phrase de transition », a indiqué Bachar al-Assad. « Outre le défi sanitaire, le défi auquel nous sommes confrontés pendant la pandémie de coronavirus, et même avant, est le défi économique », a-t-il souligné.

6 years ago
La fille de la princesse (en photo) aurait dit à sa famille que les autorités de la prison avaient signalé des cas de COVID-19 (capture d’écran)

Une princesse saoudienne, en détention depuis un an sans inculpation, a fait ce qui paraissait impossible en exposant son cas sur la place publique. Aujourd’hui, elle et ses proches disent craindre pour sa santé en prison face à la pandémie du nouveau coronavirus.

Basmah bint Saoud, membre de la famille royale longtemps perçue comme impliquée dans la défense des droits des femmes et d’une monarchie constitutionnelle, a mystérieusement disparu en mars 2019.

Le mois dernier, son compte Twitter s’est toutefois réveillé, par le biais notamment d’une lettre dans laquelle la princesse de 56 ans affirme avoir été « enlevée » et « jetée en prison » avec sa fille de 28 ans, Souhoud al-Charif.

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La lettre a été rendue publique via le réseau social, fait rarissime pour un membre de la famille royale saoudienne, où les affaires restent généralement contenues derrière les épais murs des palais.

Basmah bint Saoud y implore le roi Salmane et le puissant prince héritier, Mohammed ben Salmane (MBS), de lui venir en aide.

Elle dit en par ailleurs craindre « une grave détérioration de sa santé » qui « pourrait mener à sa mort » dans la prison de haute sécurité d’al-Hayer, située près de Riyad et connue pour accueillir des détenus politiques.

Quelques heures plus tard, ces tweets ont été supprimés. En réaction, deux sources proches de sa famille ont affirmé que le compte avait été brièvement piraté par quelqu’un en Arabie saoudite.

« Depuis, il n’y a plus eu aucun signe de la princesse ou de Souhoud », dit l’une de ces sources à l’AFP, sous le couvert de l’anonymat.

En écho aux craintes exprimées par la princesse elle-même, sa famille s’inquiète d’une propagation du nouveau coronavirus dans la prison d’Al-Hayer.

Deux sources proches de sa famille ont affirmé que le compte Twitter avait été brièvement piraté par quelqu’un en Arabie saoudite

Autorisée à passer un appel téléphonique par semaine, avant la publication des derniers tweets, la fille de la princesse aurait dit à sa famille que les autorités de la prison avaient signalé des cas de COVID-19.

Un employé de la prison a confirmé séparément à la famille une poignée de cas à al-Hayer, ont indiqué les deux sources à l’AFP.

Contactées par l’AFP, les autorités en Arabie saoudite, où plus de 25 000 cas de nouveau coronavirus ont été signalés jusqu’à présent, n’ont pas donné suite

Cette affaire est le dernier signe en date des remous qui agitent la très secrète famille royale saoudienne, après la détention en mars du frère et du neveu du roi Salmane.

La princesse Basmah, plus jeune enfant du défunt roi Saoud ben Abdelaziz, s’apprêtait à se rendre en Suisse à bord d’un jet privé en mars 2019 pour des soins médicaux lorsque des hommes disant travailler pour le roi ont débarqué chez elle à Djeddah (ouest).

Du tissu pour cacher les caméras

Selon les sources proches de la famille, ils ont dit être chargés de l’escorter pour une audience privée avec le monarque.

Ne voulant pas laisser sa mère y aller seule, Souhoud décide de l’accompagner, et les deux femmes sont emmenées directement à al-Hayer.

Sur des images de vidéosurveillance fournies par les mêmes sources, ont voit des hommes armés de pistolets arriver chez la princesse, avant de couvrir les caméras avec des bouts de tissu.

Dans un témoignage adressé aux Nations unies, la famille explique que la princesse Basmah a été emprisonnée probablement pour ses « critiques à propos des abus dans notre pays » ainsi que ses enquêtes sur une fortune appartenant au roi Saoud, gelée par l’État.

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Dans ce document consulté par l’AFP, la famille dit craindre une démarche destinée à « se débarrasser de la princesse », considérée comme une alliée de l’ancien prince héritier Mohammed ben Nayef, qui a été remplacé MBS en 2017.

Les princes Mohammed ben Nayef et Ahmed, un frère du roi, ont été détenus en mars.

Le gouvernement n’a pas communiqué sur cette affaire destinée, selon les spécialistes, à étouffer toute dissidence et à imposer une loyauté absolue au sein de la famille royale au prince héritier.

Selon son dossier médical consulté par l’AFP, la princesse Basmah souffre notamment de graves problèmes gastro-intestinaux. Les sources proches de sa famille ont indiqué qu’on lui avait refusé tout traitement médical en prison.

Sa détention à al-Hayer est sans précédent en Arabie saoudite, où les membres de la famille royale sont généralement assignés à résidence ou détenus dans des villas ou des hôtels de luxe. Sa famille a lancé un nouvel appel pour sa libération à l’occasion du Ramadan, resté sans réponse.

Les autorités du royaume sont très sensibles aux critiques publiques. 

Avant ses tweets, la princesse avait plaidé sa cause dans des doléances privées auprès du roi et du prince héritier, vues par l’AFP et qui sont restées sans réponse.

« Il n’y a pas eu de réponse, un silence total », résume l’une des sources proches de sa famille.

6 years ago
Au marché de Bayrampasa à Istanbul, le 17 avril 2020 (AFP)

Des pays du Moyen-Orient commencent à assouplir les mesures de confinement, alors que la région signale un taux d’infection plus bas et se lance sur une longue route vers la reprise économique et sociale.

En Turquie, le président Recep Tayyip Erdoğan a annoncé lundi un allègement graduel des mesures en vigueur pour lutter contre la propagation du coronavirus, autorisant notamment les seniors et les jeunes à sortir de chez eux une fois par semaine.

Soumis à un confinement obligatoire respectivement depuis le 21 mars et le 4 avril, les personnes âgées de plus de 65 ans et de moins de 20 ans seront autorisées à sortir de chez elles une fois par semaine pour une durée de quatre heures, a précisé M. Erdoğan.

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Les seniors bénéficieront de cet allègement chaque dimanche à partir de cette semaine. Les jeunes jusqu’à 14 ans pourront sortir chaque mercredi et ceux âgés entre 15 et 20 ans chaque vendredi à compter de la semaine prochaine.

M. Erdoğan a en outre annoncé que les centres commerciaux et les salons de coiffeurs étaient autorisés à rouvrir à partir de 11 mai en respectant des conditions d’hygiène qui seront établies par le ministère de la Santé, notamment le port d’un masque.

La Turquie a enregistré plus de 127 000 cas de coronavirus, dont 3 461 mortels, selon le dernier bilan publié lundi par le ministère de la Santé.

Réouverture des centres commerciaux en Israël

De son côté, le gouvernement israélien a annoncé lundi un nouvel allègement des mesures mises en place pour endiguer la propagation de l’épidémie de nouveau coronavirus.

Lors d’une allocution télévisée, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a annoncé, avec effet immédiat, la suppression complète des restrictions de mouvement des Israéliens.

Jusque là, ils ne pouvaient s’éloigner de plus de 100 mètres de leur domicile, sauf pour aller travailler, se rendre au supermarché, à l’hôpital ou à la pharmacie.

Seront également à nouveau permises les visites de famille aux grand-parents, interdites depuis début mars, a annoncé le Premier ministre.

Netanyahou a  prévenu que ces allègements pourraient être suspendus si la propagation du virus reprend

Les centres commerciaux et marchés en plein air pourront rouvrir dès jeudi, moyennant certaines restrictions, notamment l’interdiction de manger dehors, a-t-il dit.

Alors que seuls les rassemblements de moins de 10 personnes étaient autorisés, jusqu’à 20 personnes peuvent désormais se réunir. Les restrictions concernant les rassemblements pourraient être totalement abolies le 14 juin si l’épidémie continue à être sous contrôle, mais l’exigence d’observer deux mètres en chaque personne et le port du masque pourrait être maintenue, a également annoncé M. Netanyahou.

Après l’ouverture des petites classes de primaire dimanche, les écoles maternelles rouvriront leurs portes le 10 mai et l’ensemble du système éducatif devrait rouvrir mi-juin, a-t-il précisé.

Les centres sportifs devraient rouvrir prochainement, et les activités nautiques et sportives également reprendre, selon le Premier ministre.

M. Netanyahou a cependant prévenu que ces allègements pourraient être suspendus si la tendance favorable de ces derniers jours s’interrompt et que la propagation du virus reprend dans le pays.

L’Égypte tente de sauver son tourisme

En Égypte, les autorités ont annoncé leur intention de permettre la réouverture des hôtels pour les touristes nationaux, à condition qu’ils fonctionnent à une capacité ne dépassant pas 25 % jusqu’à la fin du mois de mai et mettent en œuvre une série d’autres mesures de santé pour se prémunir contre la maladie.

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Les hôtels doivent avoir une clinique avec un médecin résident, contrôler régulièrement la température et installer du matériel de désinfection.

Le secteur du tourisme a rapporté 12,6 milliards de dollars en 2019, le chiffre le plus élevé en près d’une décennie. Mais l’industrie, qui représente 12 à 15 % du produit intérieur brut, est paralysée par la crise des coronavirus depuis mars, après que l’Égypte a fermé ses aéroports à la majeure partie du trafic.

Les clients doivent être enregistrés en ligne et les employés doivent subir des tests rapides de coronavirus, tandis qu’un étage d’hôtel ou un petit bâtiment doit être affecté comme zone de quarantaine pour les cas positifs ou suspects.

À partir du 1er juin, les hôtels seront autorisés à travailler avec une capacité maximale de 50 %.

Lundi, le Liban a entamé la deuxième phase d’assouplissement du confinement, permettant aux restaurants d’opérer à une capacité de 30 % et autorisant les salons de coiffure, les terrains de jeux et les mécaniciens d’ouvrir pendant la journée.

6 years ago
Fermées pour la plupart depuis fin février, l’État a autorisé les mosquées à rouvrir leurs portes aux fidèles dans 132 comtés considérés comme à faible risque (Reuters)

L’Iran a rouvert des mosquées dans certains comtés du pays jugés moins touchés par la maladie de COVID-19, mais a enregistré lundi un net rebond du nombre de décès et des nouveaux cas de contamination au coronavirus.

Entre dimanche midi et lundi à la mi-journée, 74 décès supplémentaires ont été recensés, ce qui porte à 6 277 le nombre de morts dus au virus, a annoncé le porte-parole du ministère de la Santé, Kianouche Jahanpour.

Le nouveau bilan des décès représente un net rebond par rapport à la veille où la République islamique avait fait état de 47 morts, bilan quotidien le plus bas enregistré en 55 jours.

Selon Kianouche Jahanpour, 1 223 nouveaux cas d’infection ont été enregistrés au cours des dernières 24 heures, ce qui porte le total des cas confirmés à 98 647.

Fermées pour la plupart depuis fin février, l’État a autorisé les mosquées à rouvrir leurs portes aux fidèles dans 132 comtés considérés comme à faible risque de propagation du virus.

Le comté est une subdivision de la province : l’Iran compte ainsi 434 comtés répartis sur 31 provinces.

Selon le ministère de la Santé, les fidèles doivent porter des masques et des gants avant d’entrer dans les mosquées et ne peuvent y rester qu’une demi-heure au moment de la prière en utilisant leurs outils de prière personnels.

Les mosquées doivent également s’abstenir d’offrir de la nourriture et des boissons, doivent fournir des désinfectants pour les mains et désinfecter toutes les surfaces, selon un communiqué cité par l’agence semi-officielle Isna.

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D’après Kianouche Jahanpour, 79 397 des patients hospitalisés depuis l’annonce des premiers cas de nouveau coronavirus en février, ont quitté l’hôpital tandis que 2 676 malades sont dans un état critique.

Il a affirmé que l’Iran figure parmi les « cinq premiers pays du monde » avec le plus grand nombre de rétablissements.

À l’étranger, mais aussi à l’intérieur même du pays, certains soupçonnent les chiffres officiels d’être largement sous-estimés.

Le président Hassan Rohani a lui affirmé lundi que l’Iran « avait réussi à empêcher efficacement la propagation de ce virus dans de nombreuses » régions du pays.

La réponse de l’Iran face à l’épidémie « a été jugée parfois comme étant au-delà des normes internationales », a déclaré le président durant une réunion par visioconférence du Mouvement des pays non alignés, retransmise à la télévision d’Etat.

6 years ago
De grandes tentes blanches, entourées de sable, abritent des rangées de lits d’hôpital ainsi qu’un laboratoire, une pharmacie et des appareils médicaux (AFP)

Après avoir transformé un parking en unité de soins intensifs pour les patients atteints du nouveau coronavirus, Bahreïn a inauguré lundi son deuxième hôpital de campagne, érigé sur une île artificielle, dans l’est du plus petit pays du Golfe.

L’établissement temporaire compte 55 médecins, 250 infirmières et 154 lits, le tout mis en place, selon les autorités, en quatorze jours.

De grandes tentes blanches, entourées de sable, abritent des rangées de lits d’hôpital ainsi qu’un laboratoire, une pharmacie et des appareils médicaux.

Rattaché à un camp de quarantaine, l’hôpital fait partie des cinq installations que le pays a prévu de construire, en cas d’aggravation de la pandémie. Bahreïn a officiellement enregistré près de 3 500 cas d’infection et huit décès dus à la maladie, sur une population de 1,5 million d’habitants.

La plupart des malades, des travailleurs migrants

« C’est une mesure de précaution pour les patients atteints du COVID-19 au cas où ils auraient besoin d’une ventilation et ensuite de soins en unité de soins intensifs », a déclaré à la presse le médecin Nayef Louri, qui chapeaute le projet.  

Un portail clôturé, gardé par deux voitures de police, constitue le seul accès à un chemin de terre qui mène à l’île artificielle, destinée à des projets de développement. 

L’établissement temporaire compte 55 médecins, 250 infirmières et 154 lits, le tout mis en place, selon les autorités, en quatorze jours (AFP)

La plupart des personnes actuellement touchées par l’épidémie à Bahreïn sont des travailleurs migrants, qui comme ailleurs dans le Golfe représentent une part importante de la population.

Mais, ne figurant pas dans la catégorie des personnes à risques, peu ont nécessité des soins intensifs, selon cheikh Khaled ben Ali Al Khalifa, chef des services médicaux du royaume. 

D’autres hôpitaux de campagne seront installés si les établissements actuels atteignent un taux d’occupation de 50 %. « Il vaut mieux prévenir que guérir », a lancé le responsable aux journalistes.

Le mois dernier, Bahreïn a ouvert son premier hôpital de campagne, transformant un parking situé à l’extérieur de l’hôpital des forces armées, près de la capitale Manama, en une unité de soins intensifs de 130 lits.

6 years ago
Taleen Hindeleh, lauréate d'un concours de talents organisé par le ministère jordanien de la Culture, joue du piano chez elle à Amman, le 30 avril 2020 (AFP)
Taleen Hindeleh, lauréate d'un concours organisé par le ministère jordanien de la Culture, joue du piano chez elle à Amman, le 30 avril 2020 (AFP)

La question taraude une partie du monde : comment occuper les esprits de la jeunesse confinée du fait de la pandémie du COVID-19 ? En Jordanie, c’est un concours de talents artistiques qui a été lancé. Et celui-ci attire des dizaines de milliers de participants.

« Je veux voler, personne ne peut couper mes ailes, le chant des oiseaux, je chante le rêve dans mes chansons », entonne Taline Hindeleh, 20 ans, dans une courte vidéo filmée depuis sa chambre, reprenant un air de la vedette libanaise Hiba Tawaji.

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Avec ces paroles, Taline est l’une des gagnantes du concours organisé par le ministère jordanien de la Culture, qui décerne chaque semaine cent prix allant de 100 à 1 000 dinars (127 à 1 270 euros).

Pour participer, il faut avoir moins de 25 ans et enregistrer une vidéo accompagnée du mot-clé « Mon talent chez moi » puis la publier sur les réseaux sociaux, où les comptes Facebook et YouTube du ministère de la Culture la reprennent. Certaines sont même diffusées à la télévision.

Le concours a pour objectif d’encourager les jeunes Jordaniens à rester chez eux, alors que le pays a enregistré officiellement 461 cas de nouveau coronavirus, dont neuf décès.

Pour contenir la propagation du virus, les autorités ont instauré le 21 mars un couvre-feu total, partiellement assoupli depuis. Elles ont aussi fermé écoles et universités, salles de cinéma, gyms et restaurants.

Mais qu’à cela ne tienne : le « couvre-feu est une occasion unique pour les jeunes et les enfants de développer leurs talents à la maison », assure Taline à l’AFP.

Chant, musique, poésie, dessin...

Lancé fin mars, le concours se poursuivra jusqu’à la fête de l’Aïd al-Fitr, qui célèbre la fin du mois de jeûne du Ramadan, fin mai.

Parmi les talents mis en valeur figurent le chant, la musique, la poésie, le dessin et le conte, avec deux groupes d’âges, les 10-14 ans et les 15-25 ans.

Et le ministère de la Culture a déjà recensé plus de 67 000 participants ayant récolté près de 18 millions de vues sur les réseaux sociaux.

Étudiante en littérature anglaise et française, Taline est confinée avec sa famille à Amman.

Ebaa Akroush, joue de la flûte sur son balcon dans la ville de Fuheis, au nord-ouest de la capitale Amman, le 27 avril 2020 (AFP)
Ebaa Akroush, joue de la flûte sur son balcon dans la ville de Fuheis, au nord-ouest de la capitale Amman, le 27 avril 2020 (AFP)

« J’ai développé mon talent durant le couvre-feu, surtout avec la présence de mon père [chanteur également]. Il me guide et m’entraîne », explique celle qui joue du piano et chante depuis ses sept ans.

Pour attribuer les récompenses, un comité de cinq artistes regarde les vidéos, dont le nombre de vues est pris en considération. Puis les noms des heureux élus sont annoncés sur le site du ministère et lors d’une émission télévisée le dimanche.

Ebaa Akrouch, un diplômé en musique de l’Université jordanienne de 24 ans, a reçu un premier prix la première semaine du concours en interprétant un morceau à la flûte.

Il avait initialement posté une simple vidéo sur Facebook pour ses amis, mais a finalement ajouté le mot-clé « Mon talent chez moi ». « Je ne m’attendais pas à gagner car la vidéo était de faible qualité », confie cet habitant d’al-Fouheis, près d’Amman.

Piano ou « kanoun »

Dans un quartier populaire d’Amman, Mahmoud Azazi, étudiant en cuisine de 22 ans, a lui été récompensé pour sa reprise du tube « Sway », chanté des décennies plus tôt par le célèbre artiste américain Dean Martin. De quoi l’encourager à poursuivre dans le chant, confie-t-il.

Face aux nombreux participants privilégiant les instruments « occidentaux », comme le piano, Nabil al-Rabadhi, 25 ans, a opté pour un « kanoun », une sorte de cithare.

Sur cet « ancien instrument oriental », le jeune homme a interprété un grand air de la cantatrice égyptienne Oum Kalhtoum, remportant l’un des prix.

« Grâce au couvre-feu, je passe plus de temps chaque jour à jouer », affirme l’homme originaire d’Ajloun, au nord d’Amman.

D’autres se contentent d’être de simples spectateurs, comme Issa Qayssar, un arrangeur musical de 24 ans, qui espère que la compétition « se poursuivra car il y de grands talents artistiques qui méritent de gagner et d’être soutenus ».

Pour Roula al-Jmaili, une femme au foyer de 45 ans, le concours a déjà le mérite de « distraire les gens du couvre-feu et de l’ennui ».

Par Mussa Hattar, à Amman, Jordanie.

6 years ago
Une photo distribuée par l'Expo 2020 le 17 février 2020 montre Vince Reffet, connu sous le nom de Jetman, participant à un vol dans la ville émiratie de Dubaï
La ville émiratie Dubaï, le 17 février 2020 (AFP)

L’Exposition universelle de 2020 à Dubaï va être reportée d’un an, en raison de la pandémie de coronavirus, a annoncé lundi le Bureau international des expositions (BIE), la résolution en ce sens ayant d’ores et déjà obtenu la majorité requise des pays membres. 

« Le report de l’Expo 2020 Dubai au 1er octobre 2021 – 31 mars 2022 sera formellement approuvé par le Bureau International des Expositions (BIE), la résolution ayant obtenu à ce jour plus du seuil des deux-tiers requis », indique un communiqué de l’organisme. 

Le BIE avait recommandé fin avril ce report, mais soumis la décision au vote de ses États membres, qui ont jusqu’au 29 mai pour s’exprimer.

En raison de la pandémie, les Émirats arabes unis avaient officiellement demandé début avril le report d’un an de l’Exposition universelle.  

La cité-État de Dubaï a dépensé des milliards pour organiser cette foire internationale et comptait sur sa tenue pour attirer quelque 25 millions de touristes et stimuler son économie.

L’économie de l’émirat dépend fortement du commerce, du tourisme et de l’immobilier, et les restrictions ont frappé durement les entreprises.

Dubaï accueille également des millions de travailleurs étrangers, dont certains se sont retrouvés sans emploi ou sans rémunération en raison de l’épidémie de nouveau coronavirus et des difficultés économiques.

Les Émirats arabes unis ont jusqu’à présent enregistré officiellement plus de 14 000 infections et 126 décès.