Coronavirus : suivez l’actualité dans la région MENA
Live Updates
De nombreux commerces, rouverts la semaine, dernière, ont dû fermer à nouveau ce week-end dans plusieurs régions d’Algérie, dont Alger, en raison du non respect des règles d’hygiène et de la distanciation sociale, selon les autorités locales.
Confrontés depuis le début du Ramadan à la non application des mesures de prévention par des commerçants et des habitants, une quinzaine de préfets (sur 48) ont ordonné la fermeture des commerces récalcitrants, notamment des magasins d’habillement et de chaussures, des boutiques de pâtisseries et de gâteaux traditionnels, très prisées durant le mois sacré, ainsi que des parfumeries et des salons de coiffures.
Les images de files s’étirant devant certaines enseignes ont provoqué la colère des autorités et des professionnels de santé.
Plus de 460 décès ont été recensés en Algérie depuis l’enregistrement du premier cas le 25 février, selon le Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie.
Au total 4 474 cas ont été officiellement déclarés.
Mais depuis le début du mois du jeûne, le 24 avril, 56 décès et 1 467 nouveaux cas ont été enregistrés, une nette augmentation.
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune avait menacé vendredi de durcir le confinement si un relâchement était constaté.
En autorisant la réouverture des commerces il y a une semaine, le Premier ministre Abdelaziz Djerad avait demandé aux Algériens de « continuer à observer en toute conscience et avec rigueur, les mesures d’hygiène, de distanciation sociale et de protection ».
Depuis le 24 avril, les autorités ont allégé le couvre-feu décrété dans neuf préfectures du pays.
Le gouvernement tunisien a annoncé dimanche qu’il allait reformuler un décret sur la levée progressive du confinement, après un tollé provoqué par une mesure qui enjoignait aux « mères d’enfants de moins de 15 ans » de rester à domicile.
Le confinement très strict mis en place le 22 mars pour lutter contre la pandémie va commencer à être levé lundi, avec une reprise de l’activité à 50 % des effectifs dans de nombreux secteurs non essentiels.
Dans un décret paru dans la nuit de samedi à dimanche au Journal officiel, le gouvernement prévoit que certaines personnes continuent de rester confinées, dont « les retraités de plus de 65 ans », les personnes atteintes de maladies chroniques ainsi que les femmes enceintes et « les mères dont l’âge des enfants ne dépasse pas 15 ans » —la mesure pour les enfants eux-mêmes n’est pas précisée.
Ce décret a déclenché un tollé, de nombreux internautes dénonçant un texte « patriarcal ».
« Cette exception outrageante traduit la vision machiste et patriarcale des rôles et des attributs sociaux de sexe qui fait porter aux seules femmes la responsabilité des enfants », ont déploré dimanche de nombreuses associations de défense des droits des femmes dans un communiqué commun, rappelant que l’égalité était inscrite dans la Constitution tunisienne adoptée en 2014, après le Printemps arabe.
« Au-delà des droits des femmes, le gouvernement devrait savoir qu’il y a des pères qui veulent s’occuper de leurs enfants et d’autres qui devraient le faire », a commenté Bochra Bel Haj Hmida, ancienne députée et ex-présidente de la Commission pour les libertés individuelles et l’égalité.
Dimanche, la présidence du gouvernement a fini par publier un communiqué sur les réseaux sociaux, évoquant une « erreur dans la rédaction finale du texte ». Celui-ci sera amendé et une nouvelle version publiée au JO.
Les femmes représentent officiellement environ 30 % de la population active en Tunisie, selon l’Institut national de la statistique, un chiffre sous-évalué selon certaines associations.
Des millions d’enfants au Moyen-Orient et en Afrique du Nord risquent de ne pas être vaccinés contre la polio et la rougeole en raison de la pandémie de COVID-19, qui a perturbé des campagnes de vaccination dans la région, a alerté dimanche l’UNICEF.
L’Agence des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) a indiqué que la plupart des pays de la région poursuivaient leurs campagnes de vaccination routinières, avec des mesures strictes pour prévenir la propagation du nouveau coronavirus.
Mais certaines campagnes de vaccination ont été suspendues en raison de la mobilisation du personnel médical dans la lutte contre la maladie COVID-19, selon l’agence onusienne.
Certaines campagnes de vaccination ont été suspendues en raison de la mobilisation du personnel médical
« Résultat, dix millions d’enfants âgés de moins de cinq ans, soit un enfant sur cinq, risquent de ne pas être vaccinés contre la polio », a indiqué l’UNICEF dans un communiqué.
« Près de 4,5 millions d’enfants âgés de moins de 15 ans risquent de ne pas être vaccinés contre la rougeole », d’après la même source.
« Il est absolument crucial que chaque enfant soit immunisé contre les maladies mortelles comme la polio, la rougeole, la diphtérie et l’hépatite », a indiqué Ted Chaiban, directeur régional de l’UNICEF.
D’après Ted Chaiban, avec des mesures de précaution telles que le port de masque et de gants et la distanciation sociale, la vaccination reste « possible pour les enfants, même à l’heure de [la maladie] COVID-19 ».
L’UNICEF et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont averti mi-avril qu’en raison de la réduction des campagnes de vaccination dans plusieurs pays engagés dans la lutte contre la pandémie de nouveau coronavirus, quelque 117 millions d’enfants à travers le monde risquaient de contracter la rougeole.
Malgré les amendes, mises en garde alarmistes et autres couvre-feux, les Irakiens rechignent toujours au confinement et au port du masque. Alors, des artistes tentent de sensibiliser dans un pays où une pandémie de COVID-19 pourrait faire s’écrouler le système de santé.
Mohammed Qassem, par exemple, a choisi de pasticher le cultissime feuilleton syrien Bab al Harra, connu dans tout le monde arabe et qui narre la lutte pour l’indépendance de la Syrie dans les années 1930.
Dans une vidéo reprise sur les réseaux sociaux, il interprète l’un des héros, Abou Issam, tout juste de retour après une longue absence – passée à combattre le mandat français dans l’original, en quarantaine sanitaire dans le pastiche.
À la porte de sa maison, son épouse, folle de joie de le retrouver, se précipite sur lui. « Quoi ? Des bisous et des câlins ! Mais c’est interdit en temps de coronavirus », s’écrit-il. « Et il est où ton masque ? », poursuit-il, coupant court à l’élan romantique du moment.
Le virus continue de se propager
« Avec la crise du nouveau coronavirus, on a décidé de consacrer tous nos efforts à la sensibilisation. On appelle les gens à respecter les mesures de désinfection ou à se laver régulièrement les mains comme le recommande le ministère de la Santé », explique à l’AFP le comédien en plein tournage d’une nouvelle vidéo.
Youssef al-Hajjaj, lui, joue le fils d’Abou Issam, un jeune bagarreur qui arrive au milieu d’un rassemblement pour le disperser et éviter toute contagion.
Une scène dans laquelle « on utilise la comédie pour que les gens prennent conscience du danger et restent chez eux », affirme le comédien, moustache en guidon collée sous le nez.
Une scène qui prend tout son sens à Bassora, la deuxième ville d’Irak avec plus de trois millions d’habitants où le virus continue de se propager, notamment dans des rassemblements.
Car dans la métropole pétrolière où des milliers de familles s’entassent dans des quartiers informels surpeuplés à quelques kilomètres de l’Iran – où le COVID-19 a fait officiellement plus de 6 000 morts –, les menaces des autorités ne semblent pas marcher.
En cette période de jeûne du Ramadan où les familles et les amis se retrouvent généralement la nuit, le couvre-feu de 18 h à 6 h et les interdictions de rassemblement ne sont pas dissuasifs.
Des vidéos pour sensibiliser
Rien que ces quatre derniers jours, la province de Bassora a annoncé une centaine de nouvelles contaminations, dont des familles élargies ou habitants d’un même quartier rassemblés par exemple pour des funérailles.
A travers ce pays de 40 millions d’habitants, les autorités ont officiellement recensé plus de 2000 malades du COVID-19, dont plus de 90 sont morts.
Elles ont aussi fermé aéroports, frontières, universités, centres commerciaux, restaurants et chantiers, privant des milliers de journaliers de leur gagne-pain alors que déjà 20 % de la population vit sous le seuil de pauvreté.
De quoi occuper et inquiéter forces de l’ordre et soignants qui savent à quel point hôpitaux et infrastructures sont exsangues.
« Quel que soit le nombre de nos soignants ou de nos équipements, on ne pourra pas faire face à un déferlement de cas », affirme d’emblée Moustafa al-Karkhi, 29 ans, qui, lui, réalise des vidéos à Bagdad.
« Quel que soit le nombre de nos soignants ou de nos équipements, on ne pourra pas faire face à un déferlement de cas »
- Moustafa al-Karkhi, vidéaste à Bagdad
« Les vidéos que nous faisons aident grandement à ce que le confinement soit respecté », assure-t-il à l’AFP, alors que pour son chef décorateur, Abdallah Khaled, 28 ans, il est « de la responsabilité des artistes » d’informer sur la pandémie, mais aussi de « remercier les soignants ».
« C’est une crise et ça va passer »
Dans une vidéo, diffusée par une chaîne de télévision locale, ils mettent ainsi en scène une médecin exténuée, qui reçoit la nuit tombée un appel de son mari, l’exhortant à rester auprès de ses malades.
« Ils ont plus besoin de toi que nous », lui assure-t-il, une marque de soutien d’autant plus notable alors que le taux d’emploi des femmes – 15 % – est l’un des plus bas au monde en Irak où l’idée de laisser son épouse travailler hors de la maison est loin d’être acquise par tous.
Wissam Daoud et Thaër Hazem, eux, sont encore plus clairs dans leur message : leur chanson s’appelle « Reste à la maison ».
« C’est une crise et ça va passer », chantonnent-ils, reprenant un célèbre proverbe dans un pays qui n’a cessé depuis 40 ans d’aller de conflit en embargo.
Par Dawood Salmane, avec Ayman Henna, à Bagdad.
Les mosquées iraniennes, fermées depuis mi-mars dans le cadre du combat contre la propagation du nouveau coronavirus rouvriront à partir de lundi dans 30 % des comtés du pays, a annoncé dimanche le président Hassan Rohani.
« Nous avons décidé aujourd’hui de rouvrir les mosquées dans 132 comtés à faible risque dès demain, et d’y recommencer la prière du vendredi tout en respectant les protocoles sanitaires », a-t-il déclaré lors de la réunion du Comité national de lutte contre la pandémie diffusée à la télévision d’État.
Le comté est une subdivision de la province : l’Iran compte ainsi 434 comtés sur 31 provinces.
« Respecter la distanciation sociale est plus important qu’assister à la prière collective », a encore souligné le président iranien.
À priori, la mesure ne sera pas applicable à la capitale, Téhéran, ni à Machhad et Qom, les deux principales villes saintes chiites du pays, qui font partie des zones les plus touchées par la pandémie.
La République islamique a enregistré officiellement 6 156 morts sur 96 440 cas de contaminations liés à la maladie COVID-19 depuis le 16 février quand les autorités ont annoncé les premiers cas de décès.
À l’étranger, mais aussi à l’intérieur du pays, des experts et des responsables soupçonnent les chiffres officiels d’être largement sous-estimés.
Depuis le 11 avril, l’État a autorisé une réouverture progressive des commerces et a levé les restrictions sur les déplacements à l’intérieur du pays.
Écoles, universités, cinémas, stades et autres lieux de regroupement restent néanmoins fermés dans tout l’Iran.
Pas de masques et à peine quelques centimètres de distance entre les clients : dans un marché bondé de Sanaa, les Yéménites en manque de qat sont plus occupés à vérifier la marchandise qu’à observer les règles de précaution contre le nouveau coronavirus.
Dans le pays le plus pauvre de la péninsule arabique, ravagé par plus d’une demi-décennie de guerre et confronté à la pire crise humanitaire au monde selon l’ONU, la consommation de ces petites feuilles vertes aux effets euphorisants fait partie du quotidien.
Ali al-Zubairi se rend tous les jours sur le marché du qat de Sanaa, la capitale. Pour lui, hors de question que le gouvernement ferme ce lieu d’approvisionnement, car « les Yéménites vivent du qat ».
Pour limiter la propagation du virus, il faudrait le « déplacer vers des lieux plus ouverts », concède-t-il à l’AFP. « Mais s’ils ferment le marché du qat, croyez-moi, 98 % des Yéménites rejetteront cette décision », insiste l’homme en chemise rose et veste noire.
La menace d’une catastrophe sanitaire plane pourtant sur le pays car le système de santé est aux abois. Et les pénuries d’eau comme les conditions de vie précaires dans les camps de déplacés ont déjà provoqué des épidémies, de choléra par exemple.
Sanaa n’a officiellement enregistré aucun cas d’infection mais le pays, qui ne dispose pas des moyens de mener des tests à grande échelle, a annoncé cette semaine ses deux premiers décès dus au virus, sur un total de six contaminations.
La guerre au Yémen oppose les forces du gouvernement reconnu par la communauté internationale, appuyées depuis 2015 par une coalition sous commandement saoudien, aux Houthis, soutenus par l’Iran, qui se sont emparés de pans du nord du pays, dont la capitale.
Depuis cinq ans, le conflit a tué des dizaines de milliers de personnes, essentiellement des civils, selon des ONG, et en a déplacé plus de trois millions. Quelque 24 millions de Yéménites, soit plus de 80 % de la population, dépendent de l’aide humanitaire selon l’ONU.
Vendre du qat pour s’assurer un revenu
Comme en Afrique orientale, surtout en Éthiopie, la popularité du qat reste vivace au Yémen. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que 90 % des hommes adultes en mâchent trois à quatre heures par jour. Le nombre de femmes consommatrices pourrait atteindre « 50 %, voire plus » et « 15 à 20 % des enfants de moins de 12 ans » en consomment quotidiennement.
L’OMS ne considère pas le qat comme une « drogue entraînant une grave dépendance » mais alerte contre ses effets, notamment la dépression voire la psychose.
Coincés entre des immeubles délabrés et sous des bâches chancelantes, les vendeurs du marché de Sanaa interpellent avec ardeur le chaland. L’un d’entre eux sort de petits sacs en plastique des feuilles de qat qu’il étale délicatement pour en montrer la qualité. Les clients, pour la plupart des hommes, se bousculent et tendent des billets.
Dans un pays à l’économie en lambeaux, beaucoup se sont mis à vendre du qat pour s’assurer un revenu. C’est le cas d’Ahmed Saleh, un ancien enseignant dans une école publique qui n’a pas été payé depuis quatre ans.
« Fermer le marché en raison du coronavirus entraînera la famine. Beaucoup de gens en dépendent », assure à l’AFP cet ex-fonctionnaire coiffé d’un turban blanc et rouge. Il est catégorique: le qat est la « source principale de revenus » de nombreux Yéménites.
À Sanaa, les Houthis ont pris des mesures de précaution contre la pandémie. Les écoles ont été fermées et les vols de l’ONU, les seuls qui y opéraient, suspendus. Mais toute décision sur le qat reste sensible.
Pour le responsable de la santé à Sanaa, Moutahar al-Marwani, « toute mesure qui affecte les sources de revenus de la population doit être soigneusement étudiée ». « Des solutions doivent être trouvées en cas de fermeture [du marché] pour que les gens puissent continuer à vivre », souligne ce membre des Houthis à l’AFP.
L’une des solutions déjà mises en oeuvre par certains vendeurs est la livraison à domicile, développée dans le monde entier face au confinement.
Parmi eux, Ghaleb al-Hasimi, confirme qu’avec la propagation de l’épidémie dans les pays voisins du Golfe, certains clients craignent d’être contaminés dans la foule. « Les gens exigent que personne d’autre que moi ne touche le qat que j’envoie chez eux », dit-il.
Omar al-Ibbi fait partie des clients prudents. « Cinquante personnes touchent le même sac de qat », fustige-t-il. « Mon qat arrive directement chez moi », ajoute ce consommateur régulier qui craint que les marchés ne soient « la première cause d’une propagation rapide du virus ».
Par Abdelkarim al-Marani, avec Shatha Yaish, à Dubaï.
Les mosquées étant fermées en Iran en raison de l’épidémie de nouveau coronavirus, les fidèles ont adopté la solution du drive-in pour pouvoir se rassembler pendant les cérémonies religieuses du mois de Ramadan.
Tous les rassemblements ont été interdits en Iran dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de COVID-19 qui a fait plus de 6 000 morts dans ce pays, le plus touché du Proche et Moyen-Orient.
Privés de la possibilité de prier dans les mosquées après « l’iftar », le traditionnel repas de rupture du jeûne après le coucher du soleil pendant le mois de Ramadan, les familles sautent dans leurs voitures pour assister à des cérémonies religieuses... sans quitter leurs véhicules.
Le drive-in, qui consiste à l’origine à regarder des films dans le confort de sa propre voiture, est un phénomène culturel américain qui n’avait jusque-là jamais pris en Iran.
Mais jeudi soir, dans un parking du parc d’attractions d’Eram, dans l’ouest de Téhéran, plus de 100 voitures étaient rassemblées devant un écran géant pour assister à une cérémonie religieuse.
« Pendant cette quarantaine avec les mosquées fermées, les cérémonies [religieuses] nous ont vraiment manqué », a confié à l’AFP Fatemeh, vêtue d’un tchador et installée dans une voiture avec sa famille.
« Quand j’ai lu sur Instagram que ceci avait été organisé, j’ai trouvé cela vraiment très créatif et beau », a ajouté la fonctionnaire de 28 ans.
Des organisateurs étaient présents pour guider les voitures vers des emplacements désignés face à un écran géant.
Intitulée les « nuits de l’aspiration », la cérémonie a débuté avec une vidéo en musique montrant les funérailles du général iranien Qassem Soleimani, tué dans un raid américain à Bagdad début janvier.
Devant les rangées de voitures, des hommes avec des masques chirurgicaux ont chanté sur scène des chants chiites, leur image projetée sur l’écran derrière eux.
De jeunes familles étaient installées dans leurs voitures, leurs visages illuminés dans le noir par l’écran géant.
Des phares s’allumaient parfois, avant de s’éteindre, pendant que les enfants grimpaient sur les toits des véhicules pour avoir une meilleure vue.
L’épidémie de nouveau coronavirus a fait 6 091 morts et contaminé 95 646 personnes depuis l’annonce des premiers cas mi-février en Iran.
Mi-mars, les mosquées ont été fermées et les prières du vendredi suspendues afin de tenter d’endiguer la propagation du virus.
Pour les fidèles, le drive-in est l’opportunité d’un certain retour à la normale tout en respectant les mesures de distanciation.
« Je crois que cette solution créative est un vrai exemple de gestion de crise, un bel exemple [...] alors que beaucoup sont privés de ce qu’ils désiraient et de ce dont ils rêvaient », se félicite Mohammed, un professeur venu assister à la cérémonie avec sa femme et son fils.
Maya et Rakan rêvaient d’un mariage féérique au Vatican, mais c’était sans compter un invité imprévu. Le nouveau coronavirus les a contraints à convoler en justes noces dans une église au Liban, sans tambour ni trompette et avec moins de dix convives.
Le printemps inaugure au Liban le bal des mariages, souvent extravagants, et met en branle la machine des « wedding planners », ces organisateurs dont certains offrent même leurs prestations dans les riches monarchies du Golfe.
Cette année toutefois la saison est bouleversée par la maladie de COVID-19. Et l’industrie du mariage, longtemps prospère mais déjà impactée par la crise économique, est aujourd’hui en berne.
Maya Khadra s’est résignée à une cérémonie dans une « église vide », dans le petit village de Chemlane au sud de Beyrouth.
À l’église Notre-Dame des Secours, le couple a célébré son union sous la pluie, en présence de leur famille restreinte.
« Le coronavirus a tout chamboulé, même notre mariage », déplore la jeune mariée de 26 ans aux grands yeux verts, coiffée d’une couronne de roses blanches.
« Le Vatican a appelé pour nous dire que tous les mariages étaient annulés pendant neuf mois. »
Avec son fiancé Rakan Ghossein, ils pouvaient choisir d’attendre. Ils ont opté pour des noces discrètes dans leur pays.
« Personne ne sait quand le coronavirus prendra fin, et puis reporter c’était perdre du temps », explique cette journaliste.
« Crédit mariage »
Dans un salon de l’église, la sœur de Maya enchaîne les appels vidéo sur WhatsApp, les amis voulant féliciter les époux. Leur absence est « la chose la plus difficile », déplore la mariée.
Dans la cour, le père du fiancé est insatisfait. Il aurait voulu inviter « mille personnes », comme il dit l’avoir fait pour ses six autres enfants.
Après la cérémonie même pas un déjeuner familial, chacun va rentrer chez soi. Mesures de confinement obligent.
Le Liban a enregistré officiellement 725 cas, dont 24 décès, multipliant les précautions : fermeture de l’aéroport et des restaurants, couvre-feu nocturne et interdiction des rassemblements dans les lieux de culte.
Et même si un plan de déconfinement en cinq étapes est prévu, les rassemblements restent interdits. Au grand dam des couples qui disent adieux aux célébrations, et de l’industrie du mariage.
Car au Liban, le coût des fêtes de mariage peut aller jusqu’à plusieurs centaines de milliers de dollars : la noce, animée par la musique des DJ ou les bouquets de feux d’artifice, immortalisée par des photographes et même des drones bourdonnant, s’accompagne de buffets gargantuesques.
Ces coûts hors-norme ont poussé les banques à proposer même un crédit mariage.
Le business est juteux, surtout avec les milliers de jeunes expatriés, installés parfois dans les pays du Golfe, qui aiment organiser la fête dans leur pays natal.
Chanel Fayad et son fiancé ont reporté leur mariage de quelques semaines. Avant la crise, ils avaient prévu un dîner dans un restaurant avec leurs amis.
Mais « nous allons seulement avoir une brève cérémonie », affirme la jeune institutrice de 29 ans par téléphone à l ’AFP.
Pour elle, la situation ne s’améliorera pas après la pandémie, le pays étant englué dans sa pire crise économique depuis la guerre civile (1975-1990). « On se dirige vers bien pire, économiquement parlant. »
« Plus fort que le coronavirus »
L’industrie du mariage génère annuellement des millions de dollars selon les professionnels du secteur, et entretient des milliers d’emplois, y compris dans les secteurs annexes -restauration, hôtellerie, art floral.
Mais Pamela Mansour Mhanna, copropriétaire de l’agence d’événementiel Mine, reconnaît que la situation est désastreuse.
« L’amour est plus fort que le coronavirus ou que la mort »
- Hanna Khadra, prêtre
« Plus de 75 % de nos évènements ont été annulés », déplore-t-elle, estimant que la pandémie et la crise économique représentent un « double défi ».
À l’avenir, elle souhaite capitaliser sur ses « activités à l ’étranger », après avoir fondé il y a quelques mois une filiale à Ryad.
Dans l’immédiat au Liban, elle espère un allègement des restrictions.
Pour le prêtre Hanna Khadra, qui a célébré l’union de Maya et Rakan, les mariages ne doivent être ni annulés ni reportés.
« L’amour est plus fort que le coronavirus ou que la mort », dit-il en souriant. « L ’amour ne saurait être reporté ».
Par Layal Abou Rahal, au Chemlane, Liban.
Des Iraniens de tous horizons se sont précipités pour vendre leurs bijoux personnels et leurs pièces d’or à la suite de la réouverture des commerces « à faible risque » dans le pays, a rapporté l’agence de presse Tasnim.
Le 18 mars, les bijouteries d’Iran ont été rouvertes après 50 jours de fermeture imposée par les autorités dans le cadre des mesures visant à contenir la propagation du coronavirus.
L’Iran compte le plus grand nombre de cas de COVID-19 au Moyen-Orient, avec plus de 6 000 décès signalés jusqu’à présent.
Selon le vice-président du syndicat des marchands d’or de Téhéran, Mohammad Kashtiaray, après 50 jours de fermeture, les bijouteries n’ont pas assez de liquidités pour acheter tout ce que les gens veulent vendre.
« Les vendeurs sont à la fois pauvres et riches », a déclaré Mohammad Kashtiaray à l’agence de presse iranienne.
« Les pauvres vendent leur or pour financer leurs besoins de base, et les riches ont besoin de cet argent pour rembourser leurs dettes et couvrir les chèques [qu’ils ont déjà émis]. »
L’achat de bijoux et de pièces d’or est un moyen traditionnel d’économiser de l’argent en Iran, en particulier après les sanctions internationales dévastatrices qui ont entraîné une forte dévaluation de la monnaie iranienne.
La police turque a arrêté vendredi plusieurs responsables syndicaux qui défilaient à Istanbul pour marquer la fête du Travail en dépit d’une interdiction de sortir visant à lutter contre la pandémie de nouveau coronavirus.
Une quinzaine de personnes, dont la dirigeante de la puissante confédération syndicale DISK, Arzu Cerkezoglu, ont été interpellées par la police, a constaté un photographe de l’AFP.
Elles faisaient partie d’un groupe d’environ 50 manifestants, parmi lesquels se trouvaient des députés d’opposition, qui marchaient en direction de l’emblématique place Taksim pour célébrer le 1er mai.
Pandémie de nouveau coronavirus oblige, les manifestants défilaient avec un masque sur le visage, mais sans respecter les règles de distanciation sociale.
Les autorités turques ont pris une mesure de confinement total de trois jours à compter de vendredi dans les 30 provinces les plus peuplées de Turquie, dont Istanbul, afin de limiter le risque de propagation du nouveau coronavirus.
Des tests récents ont indiqué que la propagation réelle du coronavirus en Arabie saoudite pourrait être considérablement plus élevée que les estimations officielles, affirment des sources médicales à Middle East Eye.
Trois sources médicales saoudiennes haut placées estiment que près de 70 % des plus de deux millions d’habitants de La Mecque seraient porteurs du virus, selon de récents tests aléatoires effectués dans la ville sainte.
L’Arabie saoudite a jusqu’à présent enregistré 21 402 cas et 157 décès. Ce sont les chiffres les plus élevés parmi les six pays membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG).
« La propagation réelle de la maladie pourrait être trois à quatre fois plus élevée que celle déclarée », assure une source à MEE sous couvert d’anonymat. « Les autorités sanitaires saoudiennes s’attendent à ce que le pic survienne en juin. »
Les patients ont initialement été admis dans les hôpitaux publics, mais « les instructions sont désormais de les soigner dans des hôpitaux privés, car les hôpitaux publics sont débordés », ajoute une source.
Le 2 avril, l’Arabie saoudite a imposé un couvre-feu de 24 heures dans les villes saintes de La Mecque et de Médine dans le cadre des mesures visant à contenir la maladie.
Le couvre-feu a été assoupli le 26 avril, après le début du Ramadan, mais des restrictions à La Mecque sont restées en vigueur.
Un confinement national a été instauré dans le royaume le 25 mars, et il s’est accompagné d’une interdiction d’entrée et de sortie de La Mecque, Médine et Riyad, ainsi qu’une restriction des mouvements entre les treize provinces.
Il est largement admis que La Mecque, où a été imposé le confinement le plus strict, est l’épicentre de l’épidémie dans le royaume. Le hadj, le pèlerinage annuel qui voit des millions de musulmans affluer à La Mecque, doit commencer en juillet mais devrait être annulé ou raccourci.
Selon une source médicale, d’autres gouvernorats pourraient revenir au confinement total si le nombre de cas augmentait de 20 %.
Cette source précise qu’un nouvel hôpital de 500 lits a été ouvert dans la ville de Djeddah, au bord de la mer Rouge, ainsi que deux autres établissements, pour traiter le nombre croissant de cas.
MEE a contacté les autorités saoudiennes pour obtenir une réaction mais n’a reçu aucune réponse au moment de la publication.
Des « dizaines » de membres de la famille royale infectés
Mercredi, le prince Turki ben Fayçal al-Saoud, membre de la famille royale et ancien chef du renseignement, a minimisé les informations des médias suggérant que l’épidémie était plus répandue que ce qui était dit officiellement.
Répondant à un article du New York Times publié le 8 avril, l’ancien diplomate a nié que 150 membres de la famille royale aient attrapé le virus, accusant le journal de faire de la désinformation et affirmant que le nombre réel de malades était inférieur à vingt cas.
Le quotidien américain a rapporté que les médecins de l’hôpital King Faiçal à Riyad, où les membres de la famille royale sont traités, préparent jusqu’à 500 lits pour faire face à l’augmentation attendue du nombre de patients atteints du COVID-19 dans la famille des Saoud.
Il a également écrit que l’hôpital comprenait une aile spéciale pour traiter les membres de la famille royale, en particulier le roi Salmane, 84 ans, et ses frères.
Le New York Times a ajouté que tous les membres du personnel malades seraient désormais traités dans un hôpital moins élitiste pour faire de la place à la famille royale susceptible d’arriver.
Selon l’article, des dizaines de membres de la famille, dont le prince Fayçal ben Bandar ben Abdelaziz al-Saoud, gouverneur de Riyad, ont été soignés.
Le mois dernier, MEE signalait que l’hôpital King Fayçal avait été temporairement fermé après le diagnostic positif effectué sur un membre du personnel.
« La vérité est que seulement moins de vingt membres de la famille al-Saoud ont été infectés. Et l’hôpital n’a pas été mis à leur service. L’hôpital traite tous les citoyens et tous les habitants », a écrit le prince Turki dans le quotidien saoudien Al-Sharq Al-Awsat.
Traduit de l’anglais (original).
L’Iran a annoncé jeudi avoir officiellement recensé 71 nouveaux décès dus à la maladie COVID-19 au cours des dernières 24 heures, portant le bilan total à 6 028 morts dans ce pays, le plus touché du Proche et Moyen-Orient par l’épidémie.
« Le nombre de morts de cette maladie a dépassé les 6 000 aujourd’hui », a annoncé le porte-parole du ministère de la Santé Kianouche Jahanpour, lors de son point-presse télévisé quotidien.
« Considérant que nous avons perdu 71 de nos concitoyens au cours des dernières 24 heures, un total de 6028 des personnes atteintes du COVID-19 sont décédées à ce jour », a-t-il ajouté.
Selon lui, 983 nouveaux cas ont été détectés au cours des dernières 24 heures, portant le nombre total de personnes ayant contracté la maladie à 94 640, dont plus de 75 100 se sont rétablies à la suite de leur hospitalisation. Quelque 2 976 sont toujours dans un état critique.
À l’étranger, mais aussi à l’intérieur du pays, certains soupçonnent les chiffres officiels d’être largement sous-estimés.
Le ministre de la Santé Saïd Namaki a reproché à certains iraniens de ne pas prendre l’épidémie au sérieux. « Vous croyez que la situation est normale », a-t-il accusé dans une allocution télévisée.
« Il est vrai que nous avons eu de très bons résultats au plus fort de la détresse économique, que le nombre de morts [quotidien] est passé en dessous de 100 et que les hospitalisations ont atteint un [seuil] minimum, mais cela ne veut pas dire que nous en avons fini avec le virus », a-t-il ajouté, précisant que l’Iran devait se préparer à une « vague simultanée de COVID-19 et de grippe » à l’automne et en hiver.
Reprise des prières en groupe
L’Iran, dont l’économie est étranglée par les sanctions américaines et encore plus fragilisée par le virus, a autorisé une réouverture progressive des commerces depuis le 11 avril et levé les restrictions sur les déplacements à l’intérieur du pays qui avaient été mises en place pour lutter contre la propagation de la maladie COVID-19.
Écoles, universités, mosquées, sanctuaires chiites, cinémas, stades et autres lieux de regroupement sont restés néanmoins fermés dans tout le pays, qui vit depuis samedi au rythme du Ramadan, le mois de jeûne sacré musulman.
Selon M. Namaki, son ministère élabore un protocole pour la reprise des prières en groupe, notamment celles du vendredi, dans les villes qui disposeront du feu vert des autorités. Il n’a pas précisé lesquelles.
Le Parlement israélien a prolongé jeudi de cinq jours le délai imparti par la Cour suprême au gouvernement pour légiférer sur le traçage par le service de sécurité intérieure des personnes possiblement infectées par le nouveau coronavirus.
Le Shin Beth peut continuer à géolocaliser les téléphones portables de malades potentiels sans dispositif légal jusqu’à mardi minuit, a décidé la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset (Parlement).
Le gouvernement devra ensuite encadrer d’une loi ce programme de surveillance « dénoncé comme une atteinte à la vie privée par des associations de défense des droits humains » sans quoi il sera mis à l’arrêt.
Le gouvernement doit se réunir dimanche sur cette question, a indiqué Gaby Ashkénazi à la tête de la commission parlementaire, précisant que le Parlement pourrait de nouveau prolonger le délai si le cabinet le demande.
Il a souligné la nécessité « d’examiner des technologies alternatives » pour traquer les malades potentiels, dans un communiqué.
Le 26 avril, la Cour suprême, plus haute juridiction du pays, avait donné jusqu’à jeudi au gouvernement pour initier un projet de loi, laissant toutefois la possibilité au gouvernement de demander au Parlement d’étendre ce délai.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait donné son feu vert mi-mars pour que le Shin Beth, d’ordinaire focalisé sur les activités antiterroristes, collecte des données sur les citoyens et géolocalise leurs portables dans le cadre de la « guerre » contre la pandémie de nouveau coronavirus.
Les autorités ont commencé à assouplir certaines mesures de confinement, autorisant par exemple la réouverture de magasins sous certaines conditions.
« Ce qui nous aide à tenir, c’est la satisfaction de voir des malades s’en sortir. » Amira Jamoussi, comme de nombreux soignants sur le front contre le nouveau coronavirus en Tunisie, se retrouve seule pour Ramadan, un sacrifice pour ne pas contaminer sa famille.
« Cela fait cinq semaines que je n’ai pas serré mes enfants dans mes bras », souligne Dr Jamoussi, avant d’enfiler blouses, masque et lunettes pour prendre sa garde au service de réanimation de l’hôpital Abderrahmane Memmi, à l’Ariana, près de Tunis.
Dans cet hôpital, l’un des principaux centres de référence pour l’épidémie COVID-19 en Tunisie, des infirmiers, femmes de service ou techniciens partent à chaque fin de garde avec leur valises.
Loin des siens
Dans les unités dédiées à la maladie, il y a plutôt moins de patients que d’habitude car la pandémie, qui a fait 40 morts en deux mois, n’a pas débordé les hôpitaux tunisiens jusque-là.
Mais les centaines de travailleurs hospitaliers mobilisés sont néanmoins considérés « en guerre ». Et pour épargner leurs proches dans ce combat, nombre d’entre eux vivent loin de leur famille alors que vient de débuter le mois sacré du Ramadan, habituellement rythmé par les retrouvailles autour des repas familiaux.
Pas de belles tables dressées pour la rupture du jeûne : « on s’est juste permis de petites sorties en famille pour tenir le coup, de courtes promenades sans contact », explique Dr Jamoussi.
« Ils me manquent mais on n’a pas vraiment le choix ». Cette joviale quadragénaire a un fils de sept ans et une fille de onze ans, « qui me demandent quand je vais changer de travail ».
Durant leur semaine de garde et les 5 à 14 jours de confinement qui suivent, le personnel des unités COVID est hébergé dans des chambres d’hôtel, des foyers ou de simples locaux publics, en isolement.
Ceux qui vivent seuls ou qui ont une toilette séparée peuvent continuer à habiter chez eux – une minorité, les praticiens publics étant payés 2000 à 3600 dinars (700 à 1200 euros) pour les médecins, et quelques centaines de dinars pour les autres corps de métier.
« J’ai eu très peur de contaminer ma famille, j’en faisais des cauchemars », raconte Dr Jamoussi, qui a quitté le domicile familial pour un petit appartement trouvé par ses propres moyens.
Certains soignants ont pu passer quelques jours en famille après leur quarantaine à condition d’être testés négatif et d’éviter les câlins.
« Pas toujours simple »
La vie confinée est devenue « particulièrement difficile avec le Ramadan », souligne Nawel Chaouch, cheffe du service pneumologie à l’hôpital Memmi. « Il y a beaucoup de femmes parmi le personnel et déléguer la préparation des repas au mari n’est pas évident. »
« Les soignants réclament sans cesse des tests pour pouvoir quitter le confinement le plus vite possible », ajoute-t-elle.
D’autant que les conditions sont parfois spartiates – des infirmiers et médecins ont partagé sur les réseaux sociaux des photos de chambres sales, de sandwiches à la harissa peu nourrissants, et certains personnels sont restés bloqués des heures durant la fin de leur service dans l’attente d’un hébergement.
« Les débuts ont été compliqués », reconnaît Dr Chaouch.
« Le plus dur c’est de voir certains collègues confinés dans de mauvaises conditions »
- Amira Jamoussi, médecin
Une centaine de soignants sont confinés hors de leur domicile dans la capitale, où se trouvent les principales unités COVID, selon le docteur Mohamed Rabhi, responsable du confinement obligatoire, sans pouvoir préciser le nombre de soignants confinés dans le reste du pays, où les conditions sont souvent plus précaires.
M. Rabhi reconnait qu’il n’est « pas toujours simple » de trouver des hébergements, d’autant qu’il y a selon lui de très nombreux confinements obligatoires en cours : outre les soignants, environ 150 malades non hospitalisés et 9000 personnes rapatriées de l’étranger.
Le gouvernement n’a pas réquisitionné d’hôtels, comptant sur le volontariat des hôteliers qui ont répondu présents. Mais certains commencent à être réticents vu les coûts engendrés.
« Le plus dur c’est de voir certains collègues confinés dans de mauvaises conditions », souligne Dr Jamoussi, tout en saluant les donateurs privés qui ont aidé à équiper son service et améliorer le quotidien des soignants de première ligne.
« On ressent alors un manque de gratitude! », confie-t-elle.
par Caroline Nelly Perrot, à Tunis