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L’Irak fait face à une résurgence de maladies traitables, comme les gastro-entérites à rotavirus ou la grippe, en raison d’un manque d’accès aux vaccins provoqué par la pandémie de coronavirus, ont averti les professionnels de santé et les humanitaires.
Une médecin basé dans le sud de la province de Maysan, qui souhaite rester anonyme, raconte à Middle East Eye s’être rendue à Bagdad le 20 mars pour que sa fille de 4 mois puisse recevoir une série d’inoculations de base. Là, on lui a dit qu’il n’y avait pas de vaccin disponible à l’hôpital.
« Après cela, j’ai contacté un certain nombre de mes collègues pour savoir s’il était possible d’avoir les vaccins dans d’autres centres », poursuit-elle.
En raison d’une pénurie générale de vaccins dans l’ensemble du système de santé irakien, explique-t-elle encore, il est courant que les centres de santé n’ouvrent pas les kits de vaccins (souvent fournis par des agences telles que l’UNICEF) en deçà de cinq enfants en attente de vaccination afin de ne pas risquer de gaspiller les produits.
En conséquence, son bébé a déjà raté cinq rendez-vous de vaccination.
Selon la médecin, les parents ont également peur de se rendre dans les centres de santé par crainte de contracter le COVID-19 et certains centres de santé fonctionnent à 50 % de leur capacité ou sont complètement fermés, le personnel des centres les plus petits étant transféré vers les centres les plus importants.
Elle précise aussi que la pandémie limite la distribution du vaccin contre les infections à pneumocoques, utilisé contre la méningite et la pneumonie. « La pénurie de ce vaccin pourrait entraîner un risque d’épidémie », souligne-t-elle.
De nombreux parents ne savent pas où se rendre
Selon l’UNICEF, en Irak, seulement la moitié des enfants âgés de 12 à 23 mois sont complètement vaccinés contre des maladies mortelles telles que la poliomyélite et la rougeole.
Selon Zeina Awad, porte-parole de l’UNICEF en Irak, les enfants les plus à risque viennent souvent des communautés les plus pauvres des gouvernorats du sud de l’Irak tels que Bassorah, celles touchées par le conflit ou forcées de quitter leurs domiciles.
Khitam al-Khaykanee, directrice général de la Global Jothoor Foundation, un organisme de bienfaisance basé aux États-Unis, relève que certaines régions du pays sont restées des semaines sans vacciner les enfants.
Sur la base des discussions avec les mères et les professionnels de santé, elle remarque aussi que face au nombre de centres médicaux fermés, de nombreux parents ne savent pas où se rendre pour la vaccination.
« Le gouvernement n’a pas fourni d’alternative et n’a pas fourni d’informations fiables sur les endroits où les familles peuvent aller chercher les vaccins nécessaires », explique-t-elle à MEE. « Lorsque nous avons parlé à certains médecins, ils ont répondu : ‘’Nous n’avons pas de directives sur la manière de délivrer les vaccins sans propager davantage le coronavirus’’. »
MEE a contacté le ministère de la Santé pour obtenir des commentaires, mais n’a reçu aucune réponse au moment de la publication.
Traduit partiellement de l’anglais (original).
Les sonneries téléphoniques ne s’arrêtent jamais : dans le principal centre d’appels des services ambulanciers d’Istanbul, épicentre de l’épidémie de nouveau coronavirus en Turquie, on n’a jamais été aussi débordé.
« En temps normal, on reçoit ici environ 600 000 appels par mois. Après l’apparition du COVID-19, on a assisté à certains moment à des hausses de 50 %, voire 100 % », déclare à l’AFP le chef des services ambulanciers de la rive européenne d’Istanbul, Fatih Türkmen.
Plus de la moitié des cas ont été recensés à Istanbul, capitale économique du pays et mégalopole tentaculaire de seize millions d’habitants.
Et le centre d’appels des ambulances, situé dans le district de Bakırköy, est en première ligne pour constater l’ampleur de la catastrophe.
« Nous sommes placés avant même les hôpitaux, nous sommes au point zéro » de l’épidémie, souligne Fatih Türkmen, masque sur le visage.
« Lors du pic, nous avons connu des jours avec près de 40 000 appels. Actuellement, nous avons entre 30 000 et 35 000 appels quotidiens », indique-t-il.
Derrière lui, dans la ruche, des dizaines de standardistes affrontent le flux incessant des appels. Armés d’une liste de questions, ils cherchent à identifier les cas suspects.
Des médecins passent dans les rangées, prêts à intervenir en posant des questions plus précises si besoin, ou en donnant des conseils sur l’autoconfinement.
« Si nous avons le moindre doute, nous partons du principe qu’il s’agit d’un cas de COVID-19 et agissons en conséquence. Nous demandons à l’équipe qui va chez l’habitant de mettre tout le matériel de protection nécessaire », explique Fatih Türkmen.
À quelques encâblures de là, dans le quartier populaire de Bağcılar, une ambulance démarre sirènes hurlantes : à l’intérieur, deux ambulanciers en combinaison, masque et gants de protection qui viennent de recevoir l’adresse d ’une femme présentant des symptômes du virus.
Rare impact positif de l’épidémie, la circulation habituellement cauchemardesque à Istanbul est désormais fluide et l’ambulance arrive à destination en quelques minutes.
La patiente, une femme de 50 ans souffrant de diabète et d’hypertension, avait déjà été testée positive et renvoyée chez elle, un petit trois-pièces où vivent cinq autres personnes.
Mais elle continue de se plaindre de poussées de fièvre et de courbatures. « Comme ses symptômes persistent, nous allons l’emmener à l’hôpital », explique Dürdane Büyüksol, l’une des deux ambulanciers.
Sous les yeux de plusieurs voisins curieux accoudés au balcon, l’ambulance repart, direction un hôpital du quartier.
Comme la patiente prise en charge a été testée positive au virus, les ambulanciers devront jeter tous leurs équipements de protection, sauf les lunettes qui pourront être réutilisées après avoir été nettoyées.
L’ambulance sera entièrement désinfectée avant de pouvoir repartir en intervention.
Le Maroc a rejeté les allégations de brutalités policières dans le cadre de la lutte contre la propagation du coronavirus, alors qu’un responsable du bureau du Haut Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme l’avait inclus dans une liste de pays où les répressions ont soulevé des inquiétudes.
Michelle Bachelet a accusé les gouvernements d’utiliser les pouvoirs d’urgence pour faire face à la pandémie du coronavirus « pour étouffer la dissidence, contrôler la population et même perpétuer leur mandat ».
Elle n’a nommé aucun pays. Mais lors d’une conférence de presse à Genève, Georgette Gagnon, directrice des opérations sur le terrain du Haut-Commissariat des Nations unies, a inclus le Maroc parmi les quinze pays identifiés où les actions de la police pour faire appliquer les mesures de confinement étaient jugées les plus problématiques.
En réponse, la mission diplomatique du Maroc à Genève a déclaré dans un communiqué que les mesures adoptées par le Maroc pour contenir le coronavirus étaient conformes à « l’État de droit dans le plein respect des droits de l’homme ».
« Les fausses informations sur les violations présumées diffusées par certains médias ne sont pas fondées et n’ont été mentionnées dans aucun document officiel du Haut-Commissariat aux droits de l’homme », indique le communiqué.
La police marocaine a enregistré près de 77 000 violations des mesures visant à contenir le coronavirus et près de 41 000 personnes attendent d’être jugées pour cela, a indiqué une source marocaine à Reuters. Les procureurs ont déclaré que 5 % d’entre elles étaient en détention.
Le bilan officiel des contaminations au Maroc est de 4252 cas confirmés, avec 165 décès et 778 guérisons.
Sacs de boutiques de luxe dans des mains gantées : le plus grand centre commercial du monde, le célèbre et clinquant Dubai Mall, a rouvert ses portes mardi avec de très strictes mesures de restrictions imposées par l’émirat face à la pandémie du coronavirus.
Dans l’une des grandes entrées principales, où les clients ont l’habitude de confier leur 4x4 ou leur Porsche au portier, des employés arborent un t-shirt noir portant l’inscription « Welcome back ».
C’est avec le sourire et un pistolet thermique pointé sur le front qu’ils accueillent les visiteurs, pour prendre leur température, la fièvre étant l’un des principaux symptômes d’une infection au COVID-19.
Dubai Mall n’est pas qu’un centre commercial, c’est l’une des principales attractions de cet émirat pauvre en pétrole qui a bâti sa richesse et sa renommée mondiale sur ses projets pharaoniques et une économie diversifiée, allant du tourisme au transport international, en passant par la finance et l’immobilier.
Avec plus de 1 300 boutiques étalées sur plus d’un million de mètres carrés et environ 80 millions de visiteurs chaque année, c’est le centre commercial le plus grand et le plus fréquenté au monde selon son propriétaire, le géant immobilier Emaar.
Sa réouverture est donc un symbole et un enjeu de taille.
Loin de la foule habituelle, quelques expatriés en jeans et Émiratis en robes traditionnelles du Golfe déambulent dans les grandes allées éclatantes de chic tapageur. Parmi eux, Jamal, un étudiant émirati de 21 ans qui, avant la crise du coronavirus, y venait tous les weekends avec ses amis.
Tenant dans les mains deux sacs rouges d’une célèbre marque de bijoux française, il se réjouit de cette réouverture comme des mesures sécuritaires imposées à l’entrée.
« Cela montre qu’il y a du progrès dans la lutte contre le virus et que la vie va bientôt revenir à la normale », confie le jeune homme dont la petite barbe taillée est largement dissimulée par un masque chirurgical bleu.
Les Émirats ont officiellement enregistré plus de 11 000 cas d’infection et près d’une centaine de décès dus à la maladie.
Des caméras thermiques vissées sur le plafond et autour du centre commercial enregistrent également les ondes de chaleur émises par les passants, l’entrée des enfants de 3 à 12 ans comme des personnes de plus de 60 ans étant interdite.
Le centre commercial fonctionne à 30 % de sa capacité habituelle
Le port du masque de protection est obligatoire pour quiconque souhaite faire ses emplettes, dans les boutiques de prêt-à-porter ordinaires comme auprès des grandes marques de la mode française ou italienne. Ces dernières semaines, seules les épiceries et les pharmacies du Dubai Mall étaient restées ouvertes.
La semaine dernière, le pays a allégé le confinement en autorisant les boutiques malls, les restaurants ou encore les salons de coiffure à rouvrir avec des restrictions qui tiennent compte des règles sanitaires et de distanciation sociale.
Conformément aux directives imposées par les autorités, le cinéma, la patinoire ou encore la grande fontaine du Dubai Mall, un célèbre lieu touristique, resteront fermées jusqu’à nouvel ordre.
Le tourisme est un secteur clé de l’économie de Dubaï, qui a accueilli en 2019 plus de seize millions de visiteurs étrangers. L’émirat en espérait quelque vingt millions cette année, avant que n’éclate la crise mondiale du coronavirus.
Dans une interview à la chaîne Bloomberg mardi, le responsable du tourisme à Dubaï, Hilal al-Marri, a estimé que l’émirat pourrait se rouvrir au tourisme international « en juillet ».
La réouverture du Dubai Mall marque une première étape. « C’est une fierté surtout que nous travaillons main dans la main avec les autorités de santé et de sécurité », assure à l’AFP Najla Boujellal, responsable des relations avec les commerçants à Emaar.
« Les caméras thermiques ne sont pas une obligation [imposées par les autorités] mais nous avons tenu à les avoir comme un outil supplémentaire pour rassurer nos clients », explique-t-elle.
Au-delà des technologies, la distanciation sociale de deux mètres est de mise. Le centre commercial fonctionne à 30 % de sa capacité habituelle. Et chaque boutique affiche sur sa vitrine le nombre maximum de personnes qu’elle peut d’accueillir : de cinq à plusieurs dizaines de clients selon la superficie.
« On a des technologies pour contrôler le nombre de gens qui entrent. On a des rapports chaque heure », précise Najla Boujellal, ajoutant qu’Emaar espère une hausse progressive pour atteindre la fréquentation « normale » de 250 000 visites par jour, « voire plus ».
Pour Saad, un visiteur saoudien qui tient un petit paquet beige dans les mains, la réouverture du mall met un terme à une « période difficile », espérant que la situation « ira de mieux en mieux, inchallah ».
Par Aziz El-Massassi, à Dubaï.
Plus de 300 cas de personnes contaminées au COVID-19 ont été détectés dans trois prisons du Maroc, après une campagne de dépistage menée dans les 73 prisons du royaume, ont indiqué mardi les autorités pénitentiaires.
Sur 1 736 personnes soumises à des tests de dépistage dans les prisons, 313 cas de contamination ont été recensés jusque-là.
Dans la prison de Ouarzazate (sud) 303 cas positifs ont été recensés, selon un communiqué de la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR).
Les deux autres prisons touchées sont celles de Marrakech (centre) et de Ksar Kébir (nord) avec dix cas. Des tests de confirmation sont en cours pour deux employés et trois détenus de la prison de Tanger.
Au début de la pandémie, l’administration avait renforcé les mesures sanitaires, réduit les droits de visite et suspendu toutes les activités supposant des intervenants extérieurs.
En mars, des fonctionnaires des établissements pénitentiaires avaient aussi été soumis à des quarantaines.
La semaine dernière, la détection des premiers cas à la prison de Ouarzazate a conduit l’administration pénitentiaire à lancer des tests de dépistage sur des échantillons de population dans toutes les prisons.
Les détenus contaminés ont été placés dans des unités mobiles d’isolement, les fonctionnaires ont été hospitalisés et des tenues de protection ont été distribuées au personnel pénitentiaire, selon la DGAPR.
Pour limiter les risques de contagion, les autorités ont interdit le transfert des détenus vers les tribunaux et les hôpitaux publics, sauf en cas d’urgence extrême. Les prisons marocaines comptent près de 80 000 détenus.
Début avril, plus de 5 654 détenus ont été graciés par le roi pour réduire les risques de propagation du virus dans des prisons notoirement surpeuplées.
Dans le même temps, entre le 16 mars et le 21 avril, les prisons ont enregistré 5 484 nouveaux arrivants, selon les chiffres de la DGAPR.
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a dénoncé mardi l’impact des conflits au Moyen-Orient dans la lutte contre la pandémie de COVID-19, appelant les pays de la région à retarder leurs mesures d’assouplissement des restrictions imposées pour stopper la propagation de la maladie.
« La bataille est plus difficile avec l’apparition du virus dans des pays tels que la Syrie, la Libye ou le Yémen. Des années de conflit y ont laissé des systèmes de santé fragiles », a souligné le directeur régional de l’OMS pour la Méditerranée orientale Ahmed al-Mandhari, au cours d’une conférence de presse virtuelle.
Les difficultés économiques dans les trois pays, les bombardements et les combats qui se poursuivent à Tripoli en Libye et dans le nord-est de la Syrie notamment, constituent autant de défis, dans la lutte contre le coronavirus.
Au Yémen, plus de 13 millions des habitants dépendent de l’aide alimentaire pour leur survie et 8,8 millions d’entre eux ont besoin de soins médicaux, les rendant plus vulnérables encore à la maladie COVID-19, selon le responsable.
Par ailleurs, tandis que plusieurs pays de la région ont amorcé l’assouplissement des restrictions mises en place pour combattre le virus, il a mis en garde contre « la levée prématurée des mesures de distanciation sociale », qui selon lui pourrait entraîner la résurgence de la maladie.
Depuis la semaine passée, l’Égypte, l’Arabie saoudite et l’Irak ont notamment allégé leur couvre-feu pour le mois de jeûne de Ramadan.
Le Soudan risque un désastre humanitaire provoqué par le COVID-19 si les sanctions à son encontre ne sont pas levées et s’il ne reçoit pas d’aide financière, ont averti mardi les Nations unies.
Sans ce soutien international, l’actuelle transition du pays vers un État démocratique et stable risque d’être anéantie, estime dans un communiqué Michelle Bachelet, Haut-Commissaire de l’ONU pour les droits de l’homme.
« Le système de santé n’est pas équipé pour supporter une épidémie telle que nous la voyons ailleurs dans le monde. La seule façon pour éviter un désastre humanitaire est que les donateurs aident le Soudan », prévient-elle.
Khartoum est toujours sur la liste noire américaine des États soutenant le terrorisme, ce qui bloque les investissements étrangers et les aides internationales.
Ainsi, le pays ne peut bénéficier actuellement de l’aide financière apportée par la Banque mondiale et le FMI aux pays pour lutter contre l’épidémie du nouveau coronavirus.
Le gouvernement du Premier ministre Abdalla Hamdok a annoncé le 18 avril un couvre-feu sur 24 heures pour trois semaines.
Le pays a actuellement 237 cas déclarés pour 21 décès, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Depuis le renversement par l’armée du président Omar el-Bachir le 11 avril 2019, à la suite de longues manifestations dans tout le pays, le Soudan est toujours dans une grave crise économique.
Dans une tribune publiée dans le Washington Post, le roi de Jordanie, Abdallah II, a décliné ses idées sur l’aprés-coronavirus et sur la nécessité de « revenir à la mondialisation, mais cette fois, faisons-le bien », comme l’indique le titre de cette contribution.
« Cet ennemi aveugle aux frontières est apparu au moment même où le terme de ‘’mondialisation’’ entrait dans notre lexique – grâce à la montée du nationalisme, du protectionnisme et du scepticisme général concernant la coopération transfrontalière de toutes sortes », souligne le souverain jordanien.
Citant les drames qui ont touché l’humanité ces deux dernières décennie, du terrorisme à la crise financière en passant par les catastrophes naturelles, Abdallah II regrette que « les moments d’unité inspirés par ces événements n’ont jamais duré assez longtemps pour nous pousser à repenser fondamentalement les systèmes que nous avons en place ».
« L’échec d’un pays est l’échec de chaque pays »
Pour défendre son approche, le souverain de Jordanie en appelle à l’expérience de son pays face au terrorisme : « La Jordanie a compris la nécessité d’une plate-forme commune pour améliorer la coordination entre les parties prenantes régionales et internationales [pour lutter contre le terrorisme], et nous avons donc lancé le processus d’Aqaba pour permettre à tous les partenaires de lutter contre l’extrémisme et le terrorisme en mobilisant des ressources, en partageant des informations, en identifiant les lacunes et en évitant les redondances. »
Pour Abdallah II, la crise sanitaire actuelle « a jeté une lumière crue sur les lacunes de notre ordre mondial – lacunes causées par l’injustice sociale, l’inégalité des revenus, la pauvreté et la mauvaise gouvernance ».
Reconstruire après la pandémie reste possible, mais ce ne serait pas « suffisant » selon le roi de Jordanie, qui prévient contre les voix qui appellent à la « dé-mondialisation », appelant à une « remondialisation » : « cette fois, cependant, nous devons nous efforcer de bien faire les choses, en visant une intégration renouvelée de notre monde qui soit centrée sur le bien-être de ses habitants. Une remondialisation qui renforce les capacités au sein de nos pays et ouvre la voie à une véritable coopération plutôt qu’à la concurrence. Une remondialisation qui reconnaît qu’un seul pays, agissant seul, ne peut réussir. L’échec d’un pays est l’échec de chaque pays. »
Une des voies vers ce projet de « remondialisation » est de « reconfigurer les institutions internationales et en créer de nouvelles si nécessaire. Nous devons créer et maintenir de nouvelles organisations qui s’appuient sur les compétences et les ressources de différents secteurs, au-delà des frontières nationales ».
« Réunissez-vous et mettez-vous au travail »
« En tant que nations arabes, nous n’avons d’autre choix que d’agir ensemble pour atténuer l’impact sur nous tous »
- Abdallah II, roi de Jordanie
« En tant que nations arabes, nous n’avons d’autre choix que d’agir ensemble pour atténuer l’impact sur nous tous. Les ressources naturelles sur lesquelles nous comptions pour nous protéger ne suffisent plus. Nous devons mettre de côté nos différences et reconnaître que les rivalités d’hier n’ont aucun sens contre cette menace commune », appelle Abdallah II.
« Nous devons tirer parti des forces et des ressources de chacun de nos pays pour créer un filet de sécurité régional qui protège notre avenir collectif. Le chômage, la famine et la pauvreté nous attendent si nous n’agissons pas. Nous devons combler le fossé mondial des opportunités, y compris l’accès aux soins de santé, et repenser les modèles et les paramètres utilisés par les agences financières internationales dans les marchés émergents », plaide-t-il.
« Le COVID-19 est une menace à laquelle est confronté chaque leader. Mais si nous voulons la vaincre, nous devons faire ce qui semble contre-intuitif : mettre la politique et la popularité de côté. Nous devons également faire exactement le contraire de ce que les médecins ont ordonné : réunissez-vous et mettez-vous au travail. Pour faire face à cette seule menace, nous devons nous concentrer sur la survie et le bien-être des vies humaines partout dans le monde », conclut Abdallah II.
Le président Abdel Fattah al-Sissi a renouvelé mardi l’état d’urgence en Égypte pour trois mois en raison de la « situation sécuritaire et sanitaire critique » dans le pays, engagé dans la lutte contre la pandémie de COVID-19.
« Étant donné la situation sécuritaire et sanitaire critique [...] l’état d’urgence a été décrété dans l’ensemble du pays pour trois mois à compter du 28 avril à 01 h 00 du matin » (27 avril à 23 h 00 GMT), stipule le décret publié dans le journal officiel dans la nuit de lundi à mardi.
Cet énième renouvellement intervient tandis que l’Égypte a officiellement enregistré 4 782 cas de contamination au nouveau coronavirus, dont 337 décès.
Instauré en avril 2017 à la suite d’attentats meurtriers revendiqués par le groupe État islamique (EI) contre des églises coptes dans les villes de Tanta et Alexandrie (Nord), l’état d’urgence a été en vigueur trois ans sans discontinuer.
La législation d’exception élargit considérablement les pouvoirs de la police en matière d’arrestation, de surveillance, et peut imposer des restrictions à la liberté de mouvement.
Les organisations de défense des droits humains dénoncent régulièrement des atteintes aux libertés individuelles en Égypte, où le président Sissi poursuit depuis son arrivée au pouvoir, en 2014, une répression féroce contre toute forme d’opposition islamiste ou libérale.
La semaine dernière, le Parlement égyptien a ratifié des amendements à l’état d’urgence, élargissant les pouvoirs du président dans le cadre de « l’état d’urgence sanitaire » pour combattre le nouveau coronavirus.
Ce dernier peut désormais décider de la fermeture des écoles, des universités, des administrations ainsi que mettre des établissements médicaux privés au service de la santé publique.
La législation d’exception élargit considérablement les pouvoirs de la police en matière d’arrestation, de surveillance
Par ailleurs, le nouveau décret autorise les forces armées et la police à « prendre les mesures nécessaires pour lutter contre le terrorisme et son financement ».
Depuis la destitution par l’armée du président Mohamed Morsi en 2013, les autorités égyptiennes affrontent plusieurs groupes extrémistes violents, en particulier dans la péninsule du Sinaï (nord-est), où l’EI sévit depuis plusieurs années.
L’armée et la police égyptienne ont lancé en février 2018 une vaste opération « antiterroriste » dans la région, mais aussi dans certaines parties du désert occidental, entre la vallée du Nil et la frontière avec la Libye.
Plus de 50 millions de personnes vivent en exil dans leur propre pays après avoir fui la guerre ou les catastrophes, une population particulièrement vulnérable aux risques liés à la pandémie de nouveau coronavirus, alerte mardi l’Observatoire des situations de déplacement interne (IDMC).
Pas moins de 33,4 millions de personnes ont dû abandonner leur foyer en 2019 tout en restant dans leur pays, portant le nombre total de déplacés internes à 50,8 millions, un record, selon le rapport annuel de l’IDMC et du Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC).
Traduction : « La grande nouveauté du rapport : nous avons pour la première fois une estimation du ‘’stock’’ de personnes déplacées par les catastrophes : 5 millions fin 2019. D’un point de vue méthodologique, c'est une énorme réussite. »
Ce chiffre est très supérieur aux 26 millions de réfugiés hors des frontières de leurs pays.
« La pandémie mondiale de coronavirus les rend encore plus vulnérables » en ce qu’elle « fragilise leurs conditions de vie déjà précaires en limitant davantage leur accès aux services essentiels et à l’aide humanitaire », a-t-elle ajouté.
Sur les 33,4 millions de nouveaux déplacés, 24,9 millions ont été contraints de fuir à cause de catastrophes naturelles.
Parmi eux, 4,5 millions ont été jetés sur les routes par le cyclone Fani qui a balayé l’Inde et le Bangladesh, les cyclones Idai et Kenneth au Mozambique et l’ouragan Dorian aux Bahamas.
Deux millions ont fui les déluges de pluie et les inondations en Afrique.
L’immense majorité de ces personnes ont été évacuées avant la survenue des tempêtes et ont pu ensuite regagner leur domicile. Un peu plus de 5 millions de personnes étaient considérées déplacées du fait des catastrophes naturelles fin 2019.
Avec la pandémie, il risque d’être plus difficile d’évacuer les personnes avant une catastrophe météorologique car les entasser dans des abris augmente le risque de contagion.
La Cour suprême d’Israël a donné jusqu’à jeudi au gouvernement pour initier un projet de loi encadrant l’utilisation par les services secrets de technologies pour géolocaliser les téléphones portables de personnes possiblement infectées par le coronavirus.
Si le gouvernement ne présente pas d’ici jeudi un projet de loi, le Shin Beth, les services de renseignement intérieurs, devra mettre fin à ce traçage dénoncé comme une atteinte à la vie privée par des associations de défense des droits humains.
« Si l’État veut continuer à utiliser le Shin Beth après le 30 avril 2020, il doit initier un processus législatif qui devra être complété au plus tard dans les prochaines semaines », souligne une décision de la cour rendue tard dimanche soir et dont l’AFP a eu copie lundi.
La « participation » du Shin Beth a « contribué » à freiner l’épidémie en Israël qui recense 15 000 contaminations, dont un peu plus de 200 décès, a plaidé le ministre de l’Énergie, Yuval Steinitz, qui a jugé « quasi impossible » de respecter le calendrier imposé par la justice.
Mi-mars, le Premier ministre Benyamin Netanyahou avait donné son feu vert pour que le Shin Beth, d’ordinaire focalisé sur les activités antiterroristes, collecte des données sur les citoyens et géolocalise leurs portables dans le cadre de la « lutte » contre la pandémie de nouveau coronavirus.
Les données recueillies sont transmises au ministère de la Santé et ne seront pas sauvegardées par le Shin Beth, avait assuré son chef, Nadav Argaman.
Mais cette mesure avait provoqué de vives réactions au sein des organisations locales des droits humains et d’une partie aussi de la classe politique.
Le chef du parti Bleu-Blanc, d’ailleurs ancien n°1 de l’armée, Benny Gantz, avait mis en garde contre une « décision dangereuse ». Depuis cette annonce, Benny Gantz a paraphé un accord de partage du pouvoir avec son ex-rival électoral Benyamin Netanyahou.
Quelque 4,3 millions de familles tirant leurs revenus du secteur informel ou de métiers précaires vont bénéficier d’aides financières directes pour faire face à la crise liée à la pandémie du nouveau coronavirus, a annoncé lundi le ministre marocain de l’Économie.
Environ 1,8 million de foyers ont déjà touché ces aides financées par le fonds spécial d’urgence créé sous l’impulsion du roi du Maroc, a précisé Mohamed Benchaâboun lors d’un discours devant le Parlement.
Les aides allouées à ceux qui vivaient de petits boulots au noir ou de métiers indépendants sans couverture sociale (artisans, journaliers, vendeurs ambulants, coursiers, gardiens, femmes de ménage, ouvriers du bâtiment) vont de 800 à 1 200 dirhams (75 à 110 euros) par mois selon la taille du foyer.
À ces aides s’ajoutent un gel des factures d’eau et d’électricité et des reports de crédit à la consommation. Des distributions alimentaires ont aussi commencé dans toutes les régions du pays pour les plus démunis.
Le secteur informel représente près de 80 % des emplois au Maroc, selon un rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT), et les trois quarts des travailleurs ne bénéficient d’aucune couverture sociale d’après les statistiques officielles.
Ce pays de 35 millions d’habitants comptait un peu plus de trois millions de pauvres avant la crise, selon les statistiques officielles. La pandémie s’ajoutant à la sécheresse, près de dix millions de Marocains pourraient se retrouver dans une situation économique très difficile, selon la Banque mondiale.
La partie structurée de l’économie marocaine n’a pas été épargnée par la paralysie économique induite par les mesures de confinement imposés pour limiter la contagion.
Près de 142 000 entreprises (soit 57 % des sociétés recensées) ont arrêté définitivement ou temporairement leurs activités, la moitié de celles qui travaillent encore ont réduit leur production et quelque 800 000 salariés et employés se retrouvent au chômage.
Des facilités fiscales ont été prévues pour les entreprises et des prêts exceptionnels sont en cours de déblocage pour environ 9 000 petites et moyennes entreprises, selon le ministère de l’Économie.
L’apport de l’État et les dons des entreprises ont permis d’alimenter le fond à hauteur de 32 milliards de dirhams (2,9 milliards d’euros).
Couleurs vives, petits carreaux ou imprimés floraux, deux jeunes entrepreneuses bahreïnies apportent du style aux austères masques de protection qui font désormais partie du quotidien du monde entier face à la pandémie de COVID-19.
Avec leurs marques respectives, Noor Khamdan et Nada Alawi veulent chacune encourager la population du plus petit pays du Golfe à porter ce bout de tissu qui peut empêcher la transmission de la maladie.
Noor Khamdan y reproduit des symboles de la culture locale, allant du keffieh porté par les hommes dans le Golfe, appelé ghutra, au drapeau blanc et rouge de Bahreïn.
« Le masque que vous portez a pour but de vous protéger, vous et les autres, mais aussi d’apporter de la couleur et de la joie dans votre vie en ces temps difficiles », souligne à l’AFP Noor Khamdan, fondatrice de BH Masks.
« Certaines personnes veulent porter quelque chose qui leur donne un peu de bonheur, un peu d’inspiration »
- Nada Alawi, co-fondatrice de la marque de mode Annada
Pour cette mère de trois enfants, les masques « colorés et lavables » d’environ trois euros, permettent aussi de « réserver les masques chirurgicaux à ceux qui en ont le plus besoin, comme le personnel médical ».
À l’instar de nombreux autres pays du Golfe, Bahreïn a rendu le port du masque obligatoire dans les lieux publics, après avoir assoupli certaines restrictions liées au confinement, avec le début du Ramadan cette semaine.
Le pays a officiellement enregistré plus de 2 600 infections, dont huit décès.
Nada Alawi, co-fondatrice de la marque de mode Annada, transforme des foulards au design unique en masques, disant vouloir répondre aux exigences de ceux qui attendent « quelque chose de différent ».
« Certaines personnes veulent porter quelque chose qui leur donne un peu de bonheur, un peu d’inspiration », explique-t-elle à l’AFP.
Avec des masques qui dissimulent la moitié du visage, et donc de ses expressions, la mode devient, dit-elle, « une façon d’affirmer la personnalité de quelqu’un, quand il a de la couleur sur son visage », par exemple.
Les masques Annada sont emballés dans une boîte à cadeau bleu turquoise, nouée par un ruban gris. Vendus par lots de trois, ils coûtent environ 50 euros. Et 25 % des bénéfices sont reversés à des œuvres caritatives.
Un idée cadeau inattendue mais, pour Nada Alawi, « même dans des moments comme celui-ci, vous voulez être surpris et avoir l’impression de vous embellir ».
Le gouvernement israélien table sur une réouverture progressive des écoles dès dimanche 3 mai dans le cadre d’une stratégie de déconfinement visant à remettre l’économie du pays sur les rails, a annoncé lundi le bureau du Premier ministre Benyamin Netanyahou.
Ce dernier « a ordonné au ministre de l’Éducation de se préparer à la réouverture progressive des établissements scolaires et des maternelles à partir de dimanche à la condition que le taux de mortalité ne montre pas une tendance à l’aggravation », ont indiqué ses services dans un communiqué.
Pays d’environ neuf millions d’habitants, Israël a officiellement recensé un peu plus de 15 000 cas de personnes contaminées, dont environ 200 morts, et présente ainsi un des taux de mortalité les plus faibles parmi les pays frappés par la pandémie.
Le gouvernement doit encore valider cette décision vendredi, avant le congé hebdomadaire du shabbat.
Le plan prévoit de rouvrir les crèches, maternelles et classes de primaires en groupes restreints mais en excluant les secteurs dits « à risque », en référence à des quartiers et villes où vivent une majorité de juifs ultra-orthodoxes et considérés comme des foyers de l’épidémie en Israël.