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Protections faciales, masques N95, combinaisons et produits désinfectants : la Turquie envoie ce mardi 28 avril aux États-Unis un avion rempli d’équipements médicaux pour lutter contre la pandémie de nouveau coronavirus, a indiqué lundi le président Recep Tayyip Erdoğan.
Avec près de 55 000 décès et plus de 960 000 cas d’infections confirmées, les États-Unis sont le pays plus touché par la pandémie, même si la fiabilité des chiffres publiés par d’autres nations, comme la Chine, est mise en doute.
Traduction : « La Turquie envoie de l’aide médicale aux États-Unis. »
Le président Erdoğan met régulièrement en avant l’aide envoyée par son pays à l’étranger, répétant que la Turquie a mieux géré la crise que les pays occidentaux.
La Turquie est portant elle-même durement touchée par le nouveau coronavirus, avec 2 800 décès et plus de 110 000 cas de personnes infectées, selon le dernier bilan officiel publié dimanche. Le président a annoncé un confinement total du 1er au 3 mai, ajoutant que son gouvernement envisageait d’interdire les sorties tous les week-ends dans les semaines à venir.
Les restaurants et les cafés dans la bande de Gaza sont autorisés à rouvrir leurs portes après plus d’un mois de fermeture en raison de la pandémie de nouveau coronavirus, ont annoncé lundi les autorités locales.
Début mars, les frontières avaient été bouclées, puis restaurants, cafés, écoles et universités fermés dans l’espoir d’empêcher la propagation de l’épidémie dans l’enclave palestinienne.
À ce jour, dix-sept personnes, toutes en isolement, ont été contaminées par le virus mais aucun décès n’est à déplorer, selon le bilan du gouvernement local dirigé par le mouvement Hamas.
« Il a été décidé de permettre l’ouverture des cafés et des restaurants », à partir d’aujourd’hui (lundi), a annoncé dans un communiqué le ministère de l’Économie de Gaza, territoire palestinien paupérisé de deux millions d’habitants, séparé d’Israël par une large barrière hyper-sécurisée.
La bande de Gaza est sous blocus israélien depuis l’arrivée au pouvoir du Hamas en 2007.
Les cafés et restaurants devront s’assurer des mesures de distanciation sociale, ont ajouté les autorités. Et, en raison du Ramadan qui a débuté vendredi, les établissements ne seront ouverts que le soir, après la rupture quotidienne du jeûne.
Cette décision « fait suite à [notre] demande d’ouvrir les restaurants afin d’éviter de nouvelles pertes et une grave récession », a indiqué à l’AFP Salah Abou Haseera, directeur de l’Association des restaurants, hôtels et services touristiques de Gaza.
Avant le début de la pandémie, le taux de chômage était de 43 % dans la bande de Gaza, selon les données de la Banque mondiale. La réouverture des cafés et restaurants pourrait permettre à 2 500 personnes de retourner au travail, d’après Salah Abou Haseera.
En Cisjordanie, territoire palestinien contrôlé par le Fatah de Mahmoud Abbas, rival du Hamas, les restaurants et cafés ont ordre de rester fermés pour cause de pandémie, tandis qu’en Israël la majorité des établissements peuvent, depuis dimanche, servir des plats aux clients mais uniquement à emporter.
La police turque a arrêté depuis le mois dernier plus de 400 personnes accusées d’avoir fait de la « provocation » sur les réseaux sociaux en lien avec la pandémie de nouveau coronavirus, a indiqué lundi le ministère de l’Intérieur.
« Au cours des 42 derniers jours, 6 362 comptes sur les réseaux sociaux ont été repérés, 855 suspects ont été identifiés et 402 personnes ont été arrêtées », a déclaré le ministère dans un communiqué.
Les autorités turques traquent sans relâche les personnes soupçonnées de propager des rumeurs sur le virus ou qui critiquent la gestion de l’épidémie par le gouvernement.
Fin mars, le ministre de l’Intérieur avait rapporté que 410 autres personnes avaient été arrêtées sur la base d’accusations similaires à celles mentionnées lundi.
La Turquie a enregistré plus de 2 800 décès liés au nouveau coronavirus et fait état de plus de 110 000 cas de personnes infectées.
Ils sont plusieurs dizaines de milliers, et sans doute autant de mécontents : à Téhéran, les chauffeurs de taxi pleurent le client, que l’épidémie de COVID-19 a fait fuir.
« Plein de taxis mais pas de passagers », se désole Mohammad, chauffeur de 52 ans, en montrant les lignes de voitures jaunes espérant une course qui ne vient pas à la station Aryachahr, grand terminal de transport dans l’ouest de la capitale iranienne.
Avec l’épidémie qui frappe l’Iran de plein fouet, et Téhéran en particulier, la situation est « catastrophique » pour toute la profession, dit-il à l’AFP.
Désinfectant et cloison transparente
« Comment payer le loyer, la facture d’eau, d’électricité ou encore la voiture », louée ou achetée à crédit, se demande son collègue, Homayoun, 60 ans.
Mohammad en veut au gouvernement et à son insistance sur le respect des règles de distanciation sociale, qui selon lui incitent les gens à ne pas prendre les transports en commun.
À Aryachahr, la plupart des chauffeurs ont installé dans l’habitacle de leur véhicule une cloison transparente les isolant des passagers.
En rêvant de clients, tous passent un énième coup de désinfectant sur leur voiture.
Chanceux, Rouhollah, vient de remplir la sienne avec trois passagers. Encore quelques « pschitt » sur les poignées intérieures et il pourra partir.
Selon Aliréza Qanadan, responsable des licences à la municipalité de Téhéran, la capitale compte 80 000 chauffeurs de taxis autorisés par ses services.
Avec plus de 5700 morts et 90 000 cas de contamination depuis mi-février, selon les derniers chiffres officiels, l’Iran est de loin le pays du Proche et Moyen-Orient le plus touché par la pandémie.
Ceux qui souffrent le plus de la situation sont les quelque « 2000 chauffeurs de taxi attachés aux deux aéroports [de la capitale] et aux terminaux interurbains » assurant des liaisons longues distances vers d’autres provinces, explique à l’AFP M. Qanadan. « Leurs revenus ont chuté de près de 90 %. »
Pour lutter contre la propagation du nouveau coronavirus, les autorités ont interdit fin mars les déplacements interurbains. Depuis le 20 avril, les Iraniens sont de nouveau autorisés à se déplacer entre les provinces mais on est encore loin d’un retour à une activité normale pour les taxis.
Sur l’ensemble des chauffeurs de la capitale, les recettes quotidiennes affichent en moyenne « une baisse de 64 % » par rapport à leurs gains d’avant la crise sanitaire, dit M. Qanadan.
Les taxis circulant dans Téhéran souffrent du fait que de « nombreuses personnes utilisent leur propre voiture pour se rendre au travail par peur de la maladie », ajoute-t-il.
Chute des revenus
Une angoisse dont témoigne « Hamid », un internaute qui écrit sur Twitter : « j’allais toujours au boulot en taxi mais maintenant, avec le coronavirus, je suis obligé de prendre ma voiture et de partir de chez moi une heure plus tôt pour trouver une place où me garer ».
La municipalité favorise d’ailleurs le recours à la voiture individuelle : face au coronavirus, elle a levé les restrictions à la circulation dans les zones du centre de Téhéran, imposées en temps normal pour lutter contre la pollution.
Pour les taxis et les chauffeurs privés, la reprise progressive de l’activité économique autorisée depuis le 18 avril à Téhéran tarde à produire ses effets.
« Avant le coronavirus, j’attendais maximum dix minutes pour avoir un passager, mais ces jours-ci je dois parfois rester à un coin de rue pendant deux heures », témoigne Bahram, 37 ans, conducteur de Tapsi, un équivalent iranien d’Uber.
Depuis le Nouvel an iranien, le 20 mars, « je n’ai gagné que 1 200 000 tomans [environ 70 euros au taux du marché libre], moins du tiers de ce que je touchais sans difficulté auparavant » en un mois, raconte-t-il.
Autre chauffeur affilié à Tapsi, Aliréza, 49 ans, parle lui aussi d’une chute de revenu de la même ampleur. Il dit s’en sortir pour l’instant grâce à un prêt que lui a octroyé cette entreprise.
Pour aider les chauffeurs de taxi – travailleurs indépendants, dont 13 sont morts du COVID-19 selon les chiffres de la mairie –, la municipalité a prolongé gratuitement leurs licences de travail, indique M. Qanadan.
par Ahmad Parhizi à Téhéran
Le Premier ministre égyptien Moustafa Madbouli a annoncé dimanche que son gouvernement avait entamé des négociations avec le Fonds monétaire international (FMI) afin d’obtenir une aide financière d’un an, pour affronter la récession due à la pandémie de coronavirus.
« Nous avons entamé des discussions avec le FMI pour l’obtention d’une assistance financière en plus d’une assistance technique », a déclaré Moustafa Madbouli lors d’une conférence de presse télévisée au Caire, sans préciser le montant de l’aide demandée à l’institution financière basée à Washington.
En novembre 2016, le Caire avait déjà obtenu un plan de soutien de 12 milliards de dollars (10,7 milliards d’euros) auprès du FMI, dont la dernière tranche a été versée l’an dernier.
La directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, a précisé dans un communiqué avoir reçu de la part de l’Égypte une demande de soutien d’urgence via un « instrument de financement rapide » afin de permettre au gouvernement « de faire face à ses besoins immédiats en termes de balance des paiements et de venir en aide aux secteurs les plus affectés ainsi qu’aux catégories de populations les plus vulnérables ».
Le FMI travaille aussi avec le gouvernement égyptien « pour soutenir un ensemble solide de programmes économiques à travers un accord de confirmation », un prêt destiné à répondre rapidement aux besoins de financement extérieur des pays et à accompagner les politiques destinées à sortir des situations de crise.
Encensant la performance économique égyptienne avant l’apparition du nouveau coronavirus, Moustafa Madbouli a indiqué que la récente mise à l’arrêt des secteurs du tourisme et de l’aviation civile avait été déterminante dans cette nouvelle demande d’aide internationale.
En 2019, le tourisme, tout juste sorti de convalescence après plusieurs années d’instabilité politique et sécuritaire, a rapporté à lui seul près de 12,9 milliards de dollars à l’économie égyptienne.
« Nous ne savons pas quand cette crise se terminera [...] et nous souhaitons préserver les gains réalisés par notre économie », a expliqué Moustafa Madbouli, aux côtés d’autres responsables et ministres.
Par ailleurs, Tarek Amer, le gouverneur de la Banque centrale, a précisé que la pandémie avait fait chuter les réserves de change du Caire, passées de 45,5 milliards de dollars en février à 40,1 milliards en mars.
La ministre du Plan, Hala al-Saïd a, quant à elle, estimé que le PIB égyptien « atteindrait 4.5 % en 2020 », un taux qu’elle a jugé « parmi les meilleurs du monde », dans un contexte de « crise inédite ».
Depuis le soulèvement populaire de 2011 qui a chassé l’ex-président Hosni Moubarak du pouvoir, l’économie égyptienne a connu de grandes difficultés et peine à se rétablir.
Au pouvoir depuis 2014, le président Abdel Fattah al-Sissi mène sous l’égide du FMI une politique d’austérité très impopulaire visant à réduire le déficit budgétaire de l’État, en réduisant notamment les subventions au carburant, à l’électricité et aux denrées de première nécessité.
Dans le monde entier cette année, les musulmans vivent un mois sacré inhabituel, les mosquées ayant été fermées dans la plupart des pays sous la menace de la pandémie de COVID-19.
Dans le monde entier sauf… au Yémen, où les autorités ont signalé un seul cas de coronavirus dans l’Hadramaout le 10 avril (depuis présumé rétabli).
« Au cours des cinq dernières années, le Yémen a souffert pendant que le monde regardait nos souffrances à la télévision », rapporte à Middle East Eye Dhafer Murad, un commerçant d’une cinquantaine d’années, à Sanaa, la capitale. « Aujourd’hui, c’est le contraire qui se produit. Nous nous sommes adaptés à la souffrance et nous regardons le monde souffrir du coronavirus. »
Selon Murad, les habitants de Sanaa sont allés faire leurs achats dans des marchés bondés et ont prié dans les mosquées comme à n’importe quel Ramadan.
Les Yéménites, qui ont toujours organisé des iftars collectifs dans les mosquées, offrent des repas gratuits à ceux qui en ont besoin, car les dons caritatifs sont au cœur du Ramadan.
Walid Abdulhameed, 35 ans, raconte à MEE avoir passé la première nuit du Ramadan dans la rue avant d’aller chez un ami jouer aux cartes, une soirée de plaisirs simples désormais impensable pour beaucoup.
« Tout le monde, pas seulement les enfants, est heureux de célébrer le Ramadan, car ce mois sacré nous fait oublier nos souffrances et profiter des bons jours. »
« Aucune chance » que le virus entre au Yémen
Ahmed*, 38 ans, qui avait l’habitude de passer le Ramadan en Arabie saoudite où il a fui, explique à MEE que cette année, tout a changé.
« Chaque année, j’allais à La Mecque ou à Médine pour visiter la tombe de notre prophète Mohammed. Mais cette année, je passe le Ramadan à la maison. Nous ne pouvons même pas aller prier à la mosquée à cause du coronavirus. »
Ahmed, qui a perdu son emploi de journalier et ne peut plus envoyer d’argent à sa famille au Yémen regrette d’être parti en Arabie saoudite. « Je voudrais retourner au Yémen mais c’est au dessus de mes moyens », se désole-t-il.
L’OMS et d’autres organisations humanitaires internationales ont sensibilisé les Yéménites au risque de propagation du coronavirus.
Elles ont demandé aux gens d’éviter les endroits surpeuplés et de maintenir une distance suffisante entre les personnes. Mais la plupart des Yéménites n’ont pas tenu compte de ces conseils, estimant que le nouveau coronavirus ne représente pas une menace pour le pays.
« Même ceux qui ont adhéré aux mesures de précaution ont cessé de le faire », constate Riyadh al-Hammadi, médecin à Ta’izz. Il reconnaît toutefois que si la maladie frappait le Yémen soudainement, elle se propagerait de manière dramatique, car le système de santé du pays a été mis à rude épreuve par des années de guerre.
Dhafer Murad, le commerçant de Sanaa, estime qu’il n’y a pratiquement « aucune chance » que le virus entre au Yémen, précisément à cause de la guerre.
« Le Yémen est assiégé par l’Arabie saoudite depuis 2016 et l’aéroport de Sanaa est fermé. Comment le coronavirus pourrait-il arriver au Yémen ? »
Par le correspondant de MEE, à Sanaa.
*Le prénom a été changé.
Traduit partiellement de l’anglais (original).
À Istanbul, le confinement imposé par la pandémie de coronavirus fait des heureux : les dauphins du Bosphore.
La mégapole turque de seize millions d’habitants est sous confinement depuis jeudi et jusqu’à dimanche minuit, après deux précédents week-ends où Istanbul était déjà à l’arrêt sur ordre du gouvernement. L’épidémie a tué plus de 2 700 personnes en Turquie.
Traduction : « Incroyable. Les dauphins d’Istanbul traînent maintenant très près du rivage où se trouvent l’emblématique mosquée d’Ortaköy et le pont du Bosphore. »
Reliant la Méditerranée à la mer Noire en passant par le centre d’Istanbul, le détroit du Bosphore est une voie d’eau étroite (moins de 3 km de large) d’ordinaire très fréquentée.
Mais avec le confinement, il y a moins de trafic et davantage de poissons, ce qui attire les dauphins plus près des rives, à la grande joie des habitants.
À Sarayburnu, promontoire qui sépare la Corne d’or de la mer de Marmara, une bande de dauphins a été aperçue en train de nager avec une nuée de mouettes, pour le plus grand plaisir des photographes.
Traduction : « La nature récupère. À Istanbul, les gens restent chez eux et les dauphins sont de retour dans le magnifique Bosphore. Superbe. »
« La baisse du trafic maritime et humain dans le Bosphore a un impact important », souligne Erol Örkcü, président de l’association des pêcheurs amateurs d’Istanbul. « Les êtres vivants, aquatiques et terrestres, sont délivrés de la présence humaine. Ce qui permet aux dauphins de s’approcher plus près de la rive ».
Selon Toruk Isik, qui observe la navigation, l’absence d’humains, et non pas de bateaux, est une des raisons pour lesquelles les dauphins sont devenus si confiants.
Traduction : « Plusieurs groupes de dauphins sont apparus hier sous le pont de Galata à Istanbul. »
Les dauphins « se rapprochent parce que la terreur imposée par les pêcheurs incontrôlés sur le littoral s’est temporairement interrompue. Je parle de terreur parce que 90 % d’entre eux ne savent pas ce qu’ils font et causent une pollution environnementale incroyable », ajoute-t-il.
Avant la pandémie, des centaines de pêcheurs s’alignaient chaque jour le long des rives du Bosphore. Elles sont maintenant presque désertes.
Par Fulya Ozerkan, à Istanbul.
Plus de quatre millions d’élèves en Syrie ne reprendront pas les cours d’ici l’été et passeront directement en classe supérieure, a annoncé dimanche le gouvernement, une décision prise en raison de la pandémie de COVID-19, après de laborieuses semaines d’enseignement à distance.
Les épreuves du brevet et du baccalauréat sont en revanche maintenues pour plus de 557 000 élèves, selon le ministère de l’Éducation. Le gouvernement va augmenter le nombre des centres d’examens pour garantir « la distanciation », a précisé l’agence officielle Sana.
Damas a annoncé mi-mars la fermeture de toutes les écoles pour prévenir une propagation du COVID-19. Certains établissements, minoritaires, ont adopté l’enseignement en ligne tandis qu’une chaîne de télévision spécialisée du ministère de l’Éducation a lancé la diffusion des cours d’arabe, d’anglais, de mathématiques et de sciences.
Un plan à la rentrée
Mais dans un pays en guerre depuis 2011, ces mesures s’avèrent difficiles à généraliser : les territoires gouvernementaux continuent de vivre au rythme des coupures d’électricité quotidiennes, qui peuvent durer plusieurs heures, tandis que la consommation internet des foyers est plafonnée et très onéreuse.
« Tous les élèves de primaire et secondaire passent en classe supérieure », a en conséquence indiqué le gouvernement selon l’agence Sana.
Il a précisé prévoir « un plan à la rentrée pour compenser les lacunes » de certains élèves.
Les universités resteront fermées au moins jusqu’à l’Aïd el-Fitr, fête marquant la fin du Ramadan, d’après l’agence Sana.
Dans les territoires gouvernementaux, 42 cas d’infections au nouveau coronavirus ont été officiellement recensés, pour trois décès.
Les autorités ont adopté une série de mesures, avec la fermeture des commerces et des restaurants, un couvre-feu sévère et un appel à rester confiné, ou encore l’interdiction de se déplacer d’une province à l’autre.
Le conflit en Syrie, qui a fait plus de 380 000 morts depuis 2011, a aussi poussé des millions de personnes à l’exil.
Le ministre israélien de la Santé, un ultra-orthodoxe vivement critiqué pour sa gestion de la pandémie de COVID-19, a annoncé dimanche vouloir quitter son poste, et réclamé le portefeuille stratégique du Logement, à l’occasion de la formation du nouveau gouvernement.
« Après une décennie au ministère de la Santé et à l’approche de la mise en place d’un nouveau gouvernement, j’ai décidé de ne pas revenir au ministère de la Santé pour la quatrième fois et préfère trouver des solutions au manque de logements en Israël au sein du ministère du Logement », a déclaré Yaacov Litzman dans un communiqué.
Selon ses services, il a informé le Premier ministre sortant Benyamin Netanyahou de sa volonté de quitter le ministère de la Santé, et de diriger à la place celui du Logement.
Le chef du parti ultra-orthodoxe Judaïsme unifié de la Torah a dirigé le ministère de la Santé de 2015 à 2017 puis de nouveau à partir de décembre 2019. Il avait auparavant occupé le poste de ministre-adjoint.
« Je suis fier de la façon dont le ministère de la Santé gère la crise du coronavirus. Nous avons pris des décisions importantes pour le bien des citoyens israéliens », s’est aussi défendu le ministre.
Yaacov Litzman, 71 ans, est sous le feu des critiques pour une gestion jugée « catastrophique » de l’épidémie, notamment au sein de sa propre communauté ultra-orthodoxe, durement touchée par la pandémie, avec un taux important de personnes contaminées par rapport à l’ensemble de la population israélienne.
Le ministre avait lui-même été testé positif avant d’annoncer le 20 avril ne plus être porteur du virus.
Israël a annoncé son premier cas de nouveau coronavirus le 21 février et a depuis officiellement enregistré plus de 15 000 cas dont 199 décès.
Après seize mois de crise politique et trois élections n’ayant pas réussi à départager le Premier ministre de droite Benyamin Netanyahou et le centriste Benny Gantz, les deux hommes sont parvenus à un accord pour la formation d’un gouvernement d’union et d’urgence pour affronter la pandémie.
Le parti de Yaacov Litzman doit obtenir au moins un ministère important dans le prochain gouvernement et la question du logement est l’une des priorités pour les ultra-orthodoxes, dont la croissance démographique est très élevée.
Sur la vidéo, on entend les cris déchirants de Malak, 20 ans, alors que sa mère réclame de la morphine. Sous les bandages, se cache la dernière victime de la « pandémie des violences domestiques » en Irak, exacerbée par le confinement.
Ces dernière semaines, alors que les familles s’enfermaient chez elles sur ordre d’un gouvernement inquiet à l’idée de voir ses hôpitaux indigents trop vite débordés par des malades du COVID-19, militants et fonctionnaires internationaux n’ont cessé de voir grossir leur triste décompte.
« En une semaine, on a dénombré le viol d’une femme handicapée, des violences conjugales, des brûlures infligées à soi-même ou à autrui, des mutilations de femmes battues, des mineurs abusés sexuellement et un suicide, entre autres crimes », selon les agences onusiennes opérant en Irak.
Les violences domestiques ont augmenté de 30 %
Malak al-Zoubeidi « voulait seulement recevoir sa famille en visite », raconte à l’AFP Hana Edward, la militante des droits des femmes la plus active d’Irak depuis des décennies.
Cela faisait huit mois que son mari, policier, le lui refusait, alors le 8 avril, « emportée par l’émotion, elle a menacé de s’immoler par le feu ». « Son mari lui a répondu, ‘’Vas-y, fais-le’’ et elle l’a fait », continue Hana Edward.
« Il l’a regardé brûler pendant trois minutes », poursuit l’ONG Human Rights Watch (HRW) qui cite la mère de la jeune femme. « Et ne l’a emmenée à l’hôpital qu’une heure après ».
Dix jours plus tard, la jeune femme est décédée.
À travers le pays, depuis le début du confinement, les violences domestiques ont augmenté de 30 % – et même de 50 % dans certains endroits –, assure à l’AFP le chef de la section de police en charge des affaires familiales, le général Ghalib Atiya.
Pour Hana Edward, c’est parce que le confinement a privé des milliers de chefs de foyer d’occupation et surtout de revenus, et leur progéniture d’école.
« Les gens sont enfermés les uns sur les autres de longues heures à la maison et parfois les choses les plus insignifiantes mènent à des disputes qui font éclater des violences », rapporte-t-elle à l’AFP.
Dans la province de Wassit, frontalière de l’Iran à l’est, c’est un médecin de 58 ans qui a tué son épouse parce qu’elle refusait de le laisser vendre une terre à son nom pour s’accaparer l’argent, rapporte à l’AFP Sajjad Hussein, avocat des droits humains.
Éduquer et punir, ce sont les mots sur lesquels peuvent, jusqu’ici, jouer les juges
À Samarra, au nord de Bagdad, c’est le visage d’une fillette de 10 ans en larmes qui a secoué les réseaux sociaux. Les deux bras cassés sous les coups de son père, Saba suppliait : « Je ne veux plus voir mon père, il me tape tous les jours ».
« Il nous dit que c’est ‘’pour nous éduquer’’ », renchérit sa mère, divorcée.
Éduquer et punir, ce sont les mots sur lesquels peuvent, jusqu’ici, jouer les juges, tant la loi est peu claire dans un pays où pourtant, selon l’ONU, 46 % des femmes mariées disent avoir été victimes de violence domestique – pour un tiers d’entre elles de violences physique et sexuelle.
Or, indique l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), 85 % des hommes irakiens disent qu’ils empêcheraient une femme de leur famille de porter plainte.
Quant aux femmes, elles sont 75 % à affirmer qu’elles n’iraient pas parler à la police, de peur de nouvelles violences ou d’être vues et ostracisées ensuite.
Payer le prix du sang
À cela s’ajoute le fait que le manque de foyers ou de structures d’accueil force généralement les policiers à proposer aux femmes ayant porté plainte la prison comme hébergement alternatif.
En face, les auteurs de violences ont généralement le droit avec eux car l’article 41 du code pénal irakien donne le droit légal au mari de « punir » sa femme et ses enfants « dans les limites du droit et de la coutume » – et prévoit comme dans d’autres pays de la région des peines allégées pour les crimes dits « d’honneur ».
Depuis des années, Afrah al-Qaïssi et d’autres militent pour rendre la loi plus sévère envers les auteurs des violences mais, dit-elle à l’AFP, « à chaque fois, il y a un barrage des députés qui disent se réclamer du sentiment religieux et de l’islam ou alors prétextent vouloir désengorger les tribunaux ».
« L’impasse est totale », se lamente la militante.
« On ne devrait pas avoir besoin d’une pandémie pour que les députés s’occupent de l’autre pandémie, celle des violences domestiques », s’alarme Belkis Wille, de HRW. « Car s’ils ne le font pas, il y aura plus de morts ». Et surtout plus d’impunité.
Dans le cas de Malak, par exemple, si son mari, son beau-père et un oncle par alliance ont bien été arrêtés, ils pourraient ne risquer que six mois de prison pour « non assistance à personne en danger ».
Et surtout, comme souvent en Irak, ils pourraient court-circuiter la justice car ce sont généralement les tribus qui règlent les histoires familiales.
Les clans de Malak et de son époux pourraient organiser un conseil et décider du prix du sang ou surtout du poids de l’honneur de chacun dans cette affaire.
Par Ammar Karim, à Bagdad.
Le Premier ministre algérien, Abdelaziz Djerad, a émis, samedi une instruction à l’adresse des départements ministériels concernés ainsi que les walis (préfets) pour l’élargissement des secteurs d’activités et l’ouverture des commerces, « à l’effet de réduire l’impact économique et social de la crise sanitaire », induite par l’épidémie de coronavirus.
Il s’agit des activités et des commerces suivants : taxis urbains, salons de coiffure, pâtisserie, confiserie et gâteaux traditionnels, habillement et chaussures, commerce d’électroménager, commerce d’articles et ustensiles de cuisines, commerce de tissus, de mercerie et de bonneterie, bijouteries et horlogeries, commerce de produits cosmétiques et parfumeries, commerce de meuble et de mobiliers de bureaux, librairies et vente d’articles scolaires, commerce en gros et détails de matériaux de BTPH.
En ce qui concerne les activités de coiffure et ainsi que les commerces d’habillement et de chaussures, le communiqué affirme qu’il appartient aux walis « de définir les conditions de prévention sanitaire à respecter avec rigueur ».
Pour les taxis à l’intérieur du périmètre urbain, la reprise de l’activité est différée jusqu’à l’annonce par les pouvoirs publics des modalités liées à la sécurité sanitaire de ce moyen de transport, ajoute le communiqué.
L’Algérie, la Tunisie et la Libye ont annoncé l’allègement pour le mois de jeûne musulman du Ramadan, des couvre-feux décrétés en raison de l’épidémie du COVID-19.
En Libye, le confinement a été remplacé par un couvre-feu de 18 h 00 à 06 h 00 locales (16 h 00 à 04 h 00 GMT) pendant dix jours, a annoncé le gouvernement d’union nationale (GNA) basé à Tripoli et reconnu par l’ONU.
Jusque là, le confinement, en place depuis une semaine, n’avait été que peu respecté par les habitants de ce pays en guerre.
Les autorités tunisiennes ont elles raccourci de deux heures le couvre-feu nocturne imposé depuis le 22 mars. Il débute désormais à 20 h 00 locales, soit 19 h 00 GMT.
En Algérie, dans la wilaya (préfecture) de Blida, près d’Alger, où ont été enregistrés les premiers cas de nouveau coronavirus, le confinement a été levé, laissant place à un couvre-feu de 14 h 00 à 07 h 00 locales (13 h 00 à 06 h 00 GMT).
Et dans les neuf wilayas les plus touchées par la pandémie « dont celle de la capitale », les couvre-feux ont été réduits de deux heures.
Le Ramadan, qui commence vendredi dans ces trois pays d’Afrique du Nord, est traditionnellement un temps de partage, générosité et rassemblements.
Mais la plupart des pays musulmans ont fermé les mosquées et interdit toute réunion familiale pour le repas de rupture de jeûne (l’iftar), afin d’enrayer la propagation de la maladie COVID-19.
Les mesures de confinement obligatoire imposées jusqu’au 20 mai au Maroc pour lutter contre la pandémie du nouveau coronavirus vont être renforcées avec un couvre-feu nocturne pendant le Ramadan, selon un communiqué du gouvernement publié dans la nuit de jeudi à vendredi.
À partir de samedi, premier jour du Ramadan au Maroc, il sera « formellement interdit aux citoyens de se déplacer hors de leur domicile ou sur la voie publique » entre 19 h 00 et 05 h 00 locales, déclare le ministère de l’Intérieur dans ce communiqué.
« Les autorités locales et les services sécuritaires veilleront à l’application des mesures de contrôle strict », ajoute-t-il.
Traditionnellement, pendant le Ramadan, les Marocains sortent en foule dans les rues après la rupture du jeûne pour se rendre à la mosquée, prendre un café ou se promener dans les rues.
Le conseil des Oulémas, l’institution religieuse officielle, a émis cette semaine une fatwa appelant à respecter le confinement pendant le Ramadan, « la préservation de la vie contre tous les périls primant du point de vue de la charia [la loi islamique], sur tout autre acte, y compris la réunion pour les prières ».
Pour limiter la contagion, le Maroc a suspendu les liaisons aériennes, fermé les cafés, les restaurants, les commerces « non essentiels » et les mosquées, avant de déclarer un état d’urgence sanitaire le 20 mars.
Des barrages de police ont été déployés dans les villes et sur les routes du pays pour surveiller les déplacements soumis à des autorisations spéciales.
Plus de 61 000 personnes ont été interpellées lors des contrôles, selon le dernier bilan officiel.
Le dernier décompte du ministère de la Santé fait état de 3 568 cas confirmés de maladie COVID-19, avec 155 décès et 456 rémissions depuis le début des tests, mi-mars.
« Les mosquées sont fermées et ceux qui nous aident normalement traversent aussi des difficultés ». Pour Salah Jibril, un chômeur palestinien de Gaza, le Ramadan cette année s’annonce le plus dur de sa vie, la pandémie s’en prenant aussi à l’aide destinée aux plus démunis.
Le Ramadan, le mois de jeûne musulman sacré, qui commence vendredi dans nombre de pays, est traditionnellement une période de partage, de générosité et de rassemblements avec mosquées et associations caritatives se préparant des semaines à l’avance pour nourrir les plus démunis chaque soir pour l’iftar, le repas de rupture du jeûne.
Mais cette année dans la bande de Gaza, les rassemblements sont interdits en raison des restrictions liées au nouveau coronavirus, même si seuls 17 cas ont été officiellement recensés jusqu’à présent dans l’enclave palestinienne paupérisée de deux millions d’habitants.
La fermeture surtout des mosquées limite la tenue des iftars pour les plus démunis. Et plusieurs s’attendent à des dons privés en baisse en raison de la quasi paralysie de l’économie locale, déjà atone.
Accablée par un taux de chômage de 43 % avant la crise, la bande de Gaza dirigée par le mouvement Hamas est l’une des régions les plus pauvres du Moyen-Orient avec environ 80 % de sa population ayant recours aux aides selon l’ONU.
Salah Jibril, 47 ans, vit lui avec sa femme et leurs six enfants dans un petit appartement dans les faubourgs de Gaza al-Medina, la ville éponyme au coeur de l’enclave.
« Le Ramadan nous permet normalement de tenir toute l’année », grâce aux dons, explique-t-il. « Mais cette année il sera le plus dur et nous ne savons pas comment nous allons faire pour nous en sortir. »
« Pire que la guerre »
Cette semaine, pour calmer des ventres vides, les autorités du Hamas ont fait don de 100 dollars à 5 000 familles de l’enclave afin de les aider pour le ramadan.
Mais Salah Jibril ne faisait pas partie de ce lot.
Pour vivre, lui et sa famille comptent sur l’équivalent de 120 euros par mois en prestation du ministère des Affaires sociales du Hamas.
« Ce n’est pas assez pour payer l’électricité, l’eau, le gaz, la nourriture et les médicaments pour les enfants lorsqu’ils sont malades », affirme le chômeur palestinien.
À ses côtés, son épouse, Oum Mohammed, dit ne pas se souvenir de la dernière fois qu’elle a servi de la viande à table. Les temps sont durs et la viande est chère. « Le corona, c’est pire que la guerre », soupire-t-elle.
Pour « nos enfants »
Père de sept enfants, Abdallah Abou Al-Omrayn, anticipe lui aussi un ramadan difficile. « Nous recevons en général les dons des plus riches et aussi de la nourriture mais cette année tout est différent à cause du coronavirus. Ce sera dur pour tout le monde. »
Dans ce contexte, les Gazaouis exhortent Israël à lever son blocus sur l’enclave imposé lorsque le Hamas a pris le pouvoir sur place en 2007. Depuis, Gaza a été le théâtre de trois guerres entre l’État hébreu et le Hamas qui se sont toutefois entendus l’an dernier sur une trêve.
« Le corona, c’est pire que la guerre »
- Oum Mohammed, une mère palestinienne
Les autorités israéliennes ont fourni de l’aide sanitaire à Gaza pour affronter le nouveau coronavirus et laissent entrer les importations, mais la levée du blocus n’est pas à l’agenda à court terme.
Malgré un moral à plat, des Gazaouis décorent leurs maisons et appartements de lumières et de lanternes à l’instar de Moïn Abbas, propriétaire d’une crèmerie, qui tient à préserver et transmettre l’ambiance du Ramadan malgré tout. « Nous voulons que nos enfants ressentent l’atmosphère de ce mois sacré. »