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Avec la propagation du coronavirus qui touche des millions de personnes dans le monde, le mois sacré du Ramadan, qui a débuté ce jeudi, pourrait être très différent cette année.
Dans quelle mesure les prières seront-elles affectées durant la pandémie ?
Chaque soir pendant le Ramadan, des prières prolongées, appelées tarawih, ont lieu dans les mosquées du monde entier. Ces actes de culte communautaires sont organisés dans la conviction que les prières faites en communauté sont mieux récompensées.
Les mosquées se remplissent de fidèles pendant cette période : les lieux les plus populaires sont bondés, les fidèles suivant les prières depuis la cour et les rues voisines.

Mais cette année, de nombreuses mosquées du Maghreb et du Moyen-Orient, comme la mosquée du Prophète à Médine, en Arabie saoudite, ont fermé leurs portes afin de freiner la propagation du virus.
En France, le Conseil français du culte musulman (CFCM) et l’association Musulmans de France ont appelé les mosquées du pays à suspendre toutes les prières collectives jusqu’à nouvel ordre en raison du confinement.
De même, l’Exécutif des musulmans de Belgique (EMB) a demandé à toutes les mosquées du pays de fermer leurs portes au public et propose aux fidèles des vidéos de discours religieux.
Certaines mosquées, comme l’Atlanta Masjid aux États-Unis, ont commencé à diffuser en direct la « khutba », le sermon donné avant la prière communautaire du vendredi.
Ces assemblées virtuelles pourraient se poursuivre pendant le Ramadan afin que les fidèles puissent suivre les prières depuis chez eux, à l’abri.
Dans certaines régions du Maghreb et du Moyen-Orient, l’adhan, l’appel à la prière diffusé cinq fois par jour depuis les mosquées, sert désormais à encourager les gens à rester à l’abri.
Au Koweït, en Palestine ou encore au Maroc, l’appel a été modifié et les mots « priez chez vous » ont désormais remplacé la formule habituelle « venez prier ».
Par Nadda Osman.
Un total de 133 cas de contamination au nouveau coronavirus ont été décelés parmi les détenus d’une prison du sud du Maroc, selon un nouveau bilan rendu public jeudi par les autorités pénitentiaires marocaines.
Ces cas ont été enregistrés à la prison locale de Ouarzazate (sud), après des tests menés sur 309 de ses détenus, a indiqué la direction de l’administration pénitentiaire (DGAPR) dans un communiqué.
« Tous les détenus testés positifs ont été isolés dans un quartier spécial où ils seront soumis au protocole de traitement adopté par les autorités », selon la même source. Pour traiter les patients contaminés, le royaume utilise la chloroquine, un antipaludique actuellement expérimenté dans plusieurs pays.
Ce bilan s’ajoute aux soixante cas précédemment enregistrés à la même prison parmi ses fonctionnaires.
Une douzaine de cas ont aussi été décelés dans les prisons de Marrakech (sud) et de Ksar Kébir (nord).
Les cas de contamination dans les établissements pénitentiaires marocains, qui comptent près de 80 000 détenus, sont « limités » en raison « des mesures préventives » adoptées face à la propagation du nouveau coronavirus, selon la DGAPR.
Début avril, plus de 5 654 détenus ont été relâchés pour réduire les risques de propagation dans des prisons notoirement surpeuplées.
D’autres pays au Moyen-Orient et en Afrique du Nord ont fait de même, alors que la Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme Michelle Bachelet a appelé à la libération de détenus à travers le monde.
Au Maroc, 3 568 cas de contamination ont été officiellement décomptés, dont 155 décès et 456 guérisons, selon le dernier bilan jeudi soir.
Les autorités ont imposé des mesures de confinement et le port obligatoire de masque, sous contrôle étroit des forces de l’ordre qui ont interpellé plus de 57 000 personnes depuis mi-mars. L’état d’urgence sanitaire a été prolongé jusqu’au 20 mai.
Face à la crise du nouveau coronavirus, une université palestinienne a dévoilé jeudi un respirateur fabriqué avec les moyens du bord, dans une tentative de répondre au manque d’équipement médical dans les territoires palestiniens.
Environ 350 cas de personnes contaminées par la pandémie de COVID-19 ont été officiellement recensés dans la bande de Gaza et en Cisjordanie occupée, incluant quatre décès.
Après s’être rendu compte qu’il y avait moins de 200 respirateurs disponibles dans ces territoires, la faculté de médecine de l’Université Al-Quds à Abou Dis, faubourg de Jérusalem, a décidé de passer à l’action, explique son doyen, Hani Abdeen.
Une des difficultés a été de trouver les pièces nécessaires, dit-il à l’AFP. Et l’importation reste coûteuse et difficile, Israël contrôlant les frontières de la Cisjordanie, territoire palestinien qu’il occupe depuis 1967.
Alors, au début de la crise, des ingénieurs de l’université ont utilisé les matériaux et outils disponibles pour concevoir un respirateur artisanal, qui a été approuvé par les autorités palestiniennes mercredi. Celles-ci ont reçu le jour même quinze respirateurs de l’étranger via Israël.
L’appareil « Made in Palestine », dont le mécanisme est actionné par une pompe, est moins fiable que d’autres respirateurs mais il est moins cher, rapide à fabriquer et vital pour les situations d’urgence, selon Hani Abdeen, dont l’équipe compte produire 500 unités dans les prochains jours, à destination des hôpitaux palestiniens.
« Nous sommes actuellement dans l’urgence de produire pour les hôpitaux en Palestine. Nous pourrons par la suite voir si nous nous entendons avec des entreprises pour en produire davantage pour le reste du monde », soutient Imad Abou Kishek, le président de l’université.
Selon Hani Abdeen, cette innovation a été facilitée par la difficile situation des Palestiniens.
« Nous devions compter sur le savoir, l’expertise et les compétences d’innovation des scientifiques et médecins palestiniens afin d’aider notre communauté », estime le doyen.
« Cela prouve que dans la difficulté, on peut exceller ».
Pas d’afflux massif vers les hôpitaux. Un confinement salué par les professionnels. Pas de pénurie en matériel. Après un mois de confinement, la Tunisie, qui a pris très tôt des mesures fortes pour tenter d’empêcher la propagation de la pandémie de COVID-19, réfléchit à l’amélioration d’un système de santé dont la fragilité a aussi été mise en évidence par la crise.
« Il y a des pays comme certains pays africains qui n’ont pas suffisamment de moyens. Ce qu’on leur demande, c’est d’optimiser leurs moyens », confiait fin février à Middle East Eye Chokri Hamouda, à ce moment-là directeur général des soins de santé de base, alors que la Tunisie ne comptait aucun cas.
Dès le 24 janvier une politique de prévention a été lancée avec le suivi des voyageurs en provenance des zones à risque et l’incitation à l’auto-isolement pour éviter l’effondrement des infrastructures médicales, délaissées durant des années.
« Aucun gouvernement ne s’est intéressé au secteur, les budgets sont de plus en plus réduits », explique à MEE Samira Merai, ministre de la Santé entre 2016 et 2017, qui dirige désormais le service de pneumologie du CHU de La Rabta, à Tunis. « Mais aujourd’hui on a l’opportunité de lancer des réformes, on est mis à l’épreuve. »
Dans cette crise sanitaire où l’efficacité d’un système de santé est évaluée, entre autres, au nombre de lits de réanimation dont il dispose, la Tunisie peut mieux faire.
Pour rattraper ce retard, de l’aide est venue d’un peu partout. Des artisans ont travaillé gracieusement, des particuliers ont fait des dons, tout cela a permis d’augmenter, en quelques semaines seulement, les capacités de la Tunisie.
« À l’hôpital de La Rabta, on a été aidés par le secteur privé, les hommes d’affaires, pour équiper notre unité COVID », raconte Samira Merai. « On a réaménagé l’hôpital, on a pris les lits du service chirurgie et les respirateurs du bloc opératoire pour recevoir les malades. »
La riposte s’organise et aujourd’hui, le pays compte un nombre limité de cas et de décès. Il y en avait respectivement 909 et 38 au 23 avril.
« Par rapport au mois de mars, il y a une baisse du nombre de personnes qui consultent, du nombre de malades arrivant dans un état grave ou moins grave, une baisse des appels au SAMU et des demandes d’intervention à domicile », souligne le Dr Jalila Ben Khelil, adjointe du chef de service et membre de la commission scientifique conseillant le gouvernement, à l’AFP.
« On ne peut pas dire si on a passé un pic, mais parallèlement à cette diminution, il y a des indices épidémiologiques » évoquant une « maîtrise en cours », affirme-t-elle.
Disparités du système médical
À l’aide d’un plan anti-Ebola créé en 2014, « on a pris des mesures très en amont » et « prenant en considération ce qu’on voyait ailleurs, pour ne pas faire les mêmes erreurs », explique-t-elle.
« C’est une réussite de tout le monde. Les autorités locales ont bien compris la gravité de la situation, le ministère de la Santé a anticipé et le système de santé, qui est basé sur la prévention, a bien réagi. Il y a eu une certaine symbiose entre tout le monde », analyse Mohamed Hedi Souissi, le secrétaire général du syndicat national des médecins, des pharmaciens et des médecins dentistes de la santé publique, relevant de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT).
Il se dit « optimiste », tout en n’étant « pas satisfait à 100 % », et s’il laisse, pour l’instant, de côté les revendications de son secteur, il faudra bien aborder les sujets qui fâchent en sortie de crise, estime-t-il. Et sûrement faire le bilan de la mobilisation du secteur privé qui a pu sembler réticent à mettre ses moyens à disposition de l’État.
La pandémie, qui a tendance à renforcer les inégalités territoriales, a également mis en lumière celles liées au secteur de la santé. Entre le littoral développé du nord-est et les zones déshéritées du centre et du sud, les disparités du système médical sont criantes.
Face à cette réalité, les autorités ont opté pour une forme de décentralisation de la prise en charge. Le ministère de la Santé a appelé les autorités de chaque région à mettre en place une structure publique capable d’accueillir les patients gravement atteints, mais les moyens ne suivent pas.
À Sidi Bouzid (centre) par exemple, le docteur Bouderbala Nciri, médecin généraliste et président de la section locale de la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) se charge de l’inventaire, rapidement expédié : « On a six lits en réanimation à l’hôpital régional dont seulement deux sont fonctionnels », pour une population de plus de 400 000 habitants au sein du gouvernorat.
« Heureusement des hommes d’affaires de la région se sont mobilisés et ont fait des dons », explique-t-il à MEE. « Une clinique privée en cours de construction a mis à disposition un lit tout équipé et une ambulance. Une usine de produits laitiers a fourni deux lits. Des agences bancaires ont donné de l’argent pour aider au financement des infrastructures surtout en réanimation. »
Le gouvernement a annoncé un allègement à partir du 4 mai des fortes restrictions de sortie qui ont paralysé l’économie.
Par Fatima-Ezzahra Bendami, à Tunis.
Après l’arrestation de deux Françaises pour « escroquerie » présumée aux masques de protection FFP2, les autorités israéliennes ont annoncé jeudi avoir épinglé deux autres ressortissants français pour tentative de fraude sur des sociétés alimentaires basées en France.
« Les deux suspects se sont fait passer pour des responsables de ces sociétés et demandé des transferts d’argents importants sur leurs comptes bancaires », a indiqué la police israélienne dans un communiqué, sans détailler l’identité des deux prévenus ni expliquer le mécanisme précis de la fraude présumée.
L’arrestation a été effectuée à la demande des autorités françaises et a « permis d’éviter de graves dommages financiers à plusieurs sociétés françaises », car les complices tentaient de frauder depuis Israël des sociétés en France, selon la police.
Profiter « d’une situation de crise »
Les deux suspects, dont la garde à vue a été prolongée, habitent Raanana, ville du centre d’Israël où vivent de nombreux Franco-israéliens.
« Ce sont des gens qui profitent d’une situation de crise, avec le coronavirus, pour frauder, pensant que ce sera plus facile », a dit à l’AFP Micky Rosenfeld, porte-parole de la police israélienne.
Il a confirmé qu’il s’agissait bien de la seconde affaire d’arnaque présumée impliquant des citoyens français en Israël depuis le début de la pandémie.
Deux Françaises, suspectées d’escroquerie à la vente de masques de protection FFP2 à des sociétés en France, avaient été arrêtées la semaine dernière en Israël, avaient annoncé les autorités israéliennes et le procureur de la République de Rennes (France).
Âgées de 37 et 70 ans et appartenant à une même famille, elles avaient été interpellées par la police israélienne à Netanya, ville au nord de Tel-Aviv où vit une importante communauté française.
Enquêtes en cours
Ces deux femmes sont « suspectées d’être à l’origine de cette escroquerie à la vente de masques FFP2 et de gel hydroalcoolique sur le territoire français », avait indiqué le procureur Philippe Astruc.
Lors de leur arrestation, elles étaient « en possession du téléphone servant à démarcher en France [des] entreprises ciblées pour leur possible besoin en masques, en cette période de pandémie au COVID-19 », précise le procureur.
Ces arrestations ont été rendues possibles par la coopération entre la police israélienne et l’Office central de répression de la grande délinquance financière (OCRGDF).
« La police continuera de faire ce qu’il faut pour lutter contre les fraudes liées à la pandémie », a précisé le porte-parole de la police israélienne, ajoutant que les enquêtes sur ces deux affaires étaient toujours en cours.
Le président du Tadjikistan, pays qui assure être épargné par la pandémie du nouveau coronavirus, a néanmoins appelé jeudi 23 avril à ne pas jeûner pendant Ramadan pour ne pas se rendre vulnérable aux « maladies infectieuses ».
« Bien que cette maladie ne soit pas signalée dans notre pays, cela ne veut pas dire qu’il faut être négligent et rester sans rien faire », a déclaré Emomali Rakhmon dans une adresse à la nation marquant le début du mois de jeûne musulman du Ramadan, publiée sur le site de l’agence de presse étatique Khovar.
Selon le président qui gère d’une main de fer ce pays pauvre d’Asie centrale à majorité sunnite, le jeûne est dangereux pour les « fermiers, les éleveurs et ceux qui travaillent dur ». Il souligne que le ramadan coïncide cette année avec le début des récoltes.
« J’exhorte ceux qui travaillent dans les champs et qui produisent la prospérité à reporter leur jeûne à un autre moment plus favorable », écrit M. Rakhmon. Le jeûne rend « vulnérable aux maladies infectieuses », selon lui.
Le Tadjikistan, tout comme le Turkménistan, une autre république soviétique d’Asie centrale, affirment n’avoir recensé aucun cas du nouveau coronavirus. Des experts doutent de cette affirmation.
Les autorités du Turkménistan ont néanmoins annoncé mercredi avoir fait l’acquisition à l’étranger de tests et de respirateurs artificiels en prévision de l’arrivée du virus dans le pays.
« Je suis complètement franc ! S’il y avait un seul cas recensé de coronavirus au Turkménistan, nous informerions immédiatement l’Organisation mondiale de la santé et la communauté internationale », a assuré le ministre des Affaires étrangères turkmène, Rachid Meredov, lors d’une réunion gouvernementale.
Le Tadjikistan comme le Turkménistan ont été accusés par nombre d’ONG d’autoritarisme. Les États-Unis lui reprochent de violer la liberté de culte.
L’Égypte et une grande partie du reste du monde étant confinés sous la menace du coronavirus, Wael Abbas a voulu partager, au moyen de visites virtuelles, les trésors culturels et naturels de son pays à un public isolé.
Lundi, arrêté alors qu’il prenait des photos dans la réserve naturelle Wadi Degla au Caire, ses efforts ont été stoppés net.
Selon Abbas, ancien activiste et journaliste, il a quitté le commissariat de Qatameya lundi soir après plusieurs heures de détention en compagnie d’un certain nombre de gens qui participaient à une excursion dans cette vallée.
« Je ne sais pas pourquoi l’État tente littéralement de me détruire et de faire en sorte que les gens aient peur de moi au lieu de m’aider avec mon nouveau travail, bénéfique, qui soutient le tourisme et divertit les gens »
- Wael Abbas
Abbas dit avoir été accusé à tort de partager en ligne des photos d’individus sans autorisation et avoir été « diabolisé » par les autorités.
« J’ai été maltraité et discriminé car je suis un ancien activiste politique, bien que j’aie cessé mon activisme », estime-t-il dans une publication Facebook.
Il ajoute que son téléphone et son appareil photo ont été confisqués, contrairement à ceux des autres personnes arrêtées avec lui, et qu’il a été détenu séparément. Sa demande de traitement médical a été ignorée, précise-t-il.
« Mon véhicule a été fouillé comme si j’étais un dealer… tout ça parce que j’avais un appareil photo. »
Ce créateur de visites virtuelles dit regretter que les autorités continuent à le prendre pour cible malgré sa tentative visant à soutenir le secteur touristique du pays.
« Je ne sais pas pourquoi l’État tente littéralement de m’anéantir et de faire en sorte que les gens aient peur de moi au lieu de m’aider avec mon nouveau travail bénéfique qui soutient le tourisme et divertit les gens. »
Après sa sortie de prison en décembre 2018, Abbas a créé la page Planet Egypt sur Facebook, qui présente certains sites égyptiens parmi les plus beaux et les plus populaires. Il a passé sept mois en détention pour diverses accusations telles que la « propagation de fausses informations », accusation fréquemment portée contre les détracteurs du gouvernement.
Avant son arrestation en 2018, Abbas documentait les tortures et la brutalité policière en Égypte sur son blog et ses comptes sur les réseaux sociaux depuis 2004. Il a obtenu de nombreuses récompenses internationales pour son travail.
En raison du couvre-feu imposé par les autorités égyptiennes jusqu’au 23 avril afin d’endiguer la propagation du coronavirus, Abbas a posté une liste de visites, en réalité virtuelles, et des photos panoramiques gratuites des principales attractions touristiques pour que les gens puissent les apprécier en restant chez eux, en particulier pendant les fêtes de Pâques pour les Coptes.
Voici dix des expériences virtuelles partagées par Abbas, notamment les sites égyptiens antiques ainsi que certains sites les plus iconiques : mosquées, églises et cafés du Caire. Toutes les photos ont été prises avant le confinement.
Pyramide de Djéser
Sphinx
Mosquée Mohammed Ali
Église Sainte-Barbara
Souk Khan el-Khalili
Café El-Fishawy
Grotte de la Sainte Famille
Pyramide rhomboïdale
Église suspendue
Mosquée al-Hussein
Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.
La Syrie et l’Iran ont bloqué mercredi l’adoption par l’Assemblée générale de l’ONU d’une résolution sur le COVID-19 proposée par l’Arabie saoudite tandis que les États-Unis et l’Union européenne faisaient de même pour un texte de la Russie, également sur la pandémie, selon des diplomates.
Le texte saoudien reprenait en grande partie les conclusions du sommet le 26 mars du G20, présidé actuellement par l’Arabie, soulignant la nécessité d’une « coopération » dans le monde pour affronter la maladie et ses conséquences sociales et économiques.
Le texte de Moscou, qui avait déjà subi le 3 avril un rejet d’une proposition similaire demandant une levée de sanctions internationales pour faciliter le combat contre le COVID-19, réclamait un engagement des États membres de l’ONU « à faire face aux défis mondiaux en bons voisins, en s’abstenant d’appliquer des mesures protectionnistes et discriminatoires en contradiction des règles de l’Organisation mondiale du Commerce ».
Outre les États-Unis et l’UE, le projet russe a été bloqué, a indiqué à l’AFP une source diplomatique, par Israël et la Corée du Sud, deux proches alliés de Washington.
Empêchée de se réunir au siège de l’ONU à cause du confinement, l’Assemblée générale s’est dotée depuis fin mars d’une nouvelle procédure pour l’adoption de ses textes qui passe par l’instauration d’une période de silence sur un texte donné. À son issue, si aucun pays n’a émis d’objection, le texte est considéré comme approuvé. À l’inverse, il est rejeté et c’est ce qui s’est passé pour les propositions saoudienne et russe.
À la différence des votes organisés avant la pandémie, basés sur la majorité des voix, la nouvelle procédure revient à donner un droit de veto à chacun des 193 membres des Nations unies sur le texte d’un autre pays.
Près de 142 000 entreprises marocaines, soit 57 % des sociétés recensées, ont déclaré avoir arrêté définitivement ou temporairement leurs activités à cause de la pandémie du nouveau coronavirus, selon une enquête officielle publiée mercredi.
La moitié des entreprises qui continuent leurs activités malgré la crise sanitaire ont dû réduire leur production pour s’adapter à la situation, selon une étude publiée par le Haut-Commissariat au plan (HCP), en charge des statistiques.
Le Maroc a déclaré l’état d’urgence sanitaire le 20 mars dernier, avec un confinement obligatoire assorti de mesures de restriction des déplacements qui ont fortement affecté l’activité économique.
Les secteurs les plus touchés sont l’hébergement et la restauration, suivis par les industries textile et de cuir, les industries métalliques et mécaniques ainsi que la construction, selon l’étude du HCP qui n’inclut pas le secteur informel ni l’agriculture.
Cette étude centrée sur les « entreprises organisées » souligne un impact sur 726 000 « postes », ce qui correspond globalement au nombre de demandes de compensations financières déposées auprès de la sécurité sociale par des salariés touchés par le chômage.
Reste à mesurer les effets sur le secteur informel qui représente près de 80 % des emplois dans un pays où les trois-quarts des travailleurs ne bénéficient d’aucune couverture sociale.
Différentes mesures d’accompagnement fiscal et de facilités de crédit ont été prises pour aider les entreprises.
Pour faire face à l’urgence, les autorités marocaines ont aussi mis en place des aides financières directes pour les travailleurs précaires.
Le nombre de personnes concernées par ces dispositifs est en cours de recensement, selon un responsable du ministère de l’Économie.
Aux aides financières s’ajoutent un gel des factures d’eau et d’électricité et des reports de crédit à la consommation.
Parallèlement, des distributions alimentaires directes ont commencé dans toutes les régions du pays pour les foyers les plus démunis.
La pandémie s’ajoutant à la sécheresse, près de 10 millions de Marocains pourraient se retrouver dans une situation très difficile, selon une récente étude de la Banque mondiale.
Le coût des aides financières d’urgence, programmées à ce stade jusqu’à fin juin, est financé par un fonds spécial créé sous l’impulsion du roi Mohammed VI. Entre l’enveloppe débloquée par l’État et les dons des entreprises, plus de 33 milliards de dirhams (2,9 milliards d’euros) avaient été collectés mi avril.
La police marocaine utilise depuis quelques jours une application mobile pour suivre ceux qui ne respectent pas les restrictions de déplacement imposées dans le cadre de la lutte contre le nouveau coronavirus, a constaté l’AFP dans différents points de la capitale Rabat.
Le lancement de cette application, mise au point par des ingénieurs de la direction de la Sûreté nationale (DGSN), a été officiellement confirmé dans la nuit de mardi à mercredi par une dépêche de l’agence officielle MAP.
Le but est de permettre à la police « de s’informer sur les barrages de contrôle par lesquels le citoyen est passé, facilitant ainsi le processus de suivi de ses mouvements », précise le texte qui cite différents responsables de la DGSN.
Cette application, dans laquelle les policiers enregistrent les numéros de carte d’identité des personnes circulant, ne permet pas aux agents « d’accéder aux informations personnelles du citoyen » et le stockage des informations « se conforme aux critères rigoureux de sécurité, adoptés par la DGSN dans ses bases de données », selon la MAP.
Plus de 53 000 personnes ont été interpellées depuis l’instauration de l’état d’urgence sanitaire, le 20 mars, selon le dernier bilan officiel. Les interpellations sont suivies de garde à vue dans environ la moitié des cas, puis se traduisent par des condamnations en justice dont le prononcé n’est pas connu.
Le non-respect des restrictions de déplacement est passible d’un à trois mois de prison et/ou d’une amende équivalent à 115 euros.
La Commission nationale de la protection des données (CNDP) a indiqué sur son site internet avoir « pris connaissance, par voie de presse, de la volonté du gouvernement de mettre en place une application de contact tracing (traçage).
« Cette annonce a immédiatement généré une interrogation voire une inquiétude citoyenne autour des risques de déploiement d’un État de surveillance dans le cas où les usages permis par cette application n’étaient pas respectueux des droits humains et encadrés juridiquement », a souligné la CNDP en appelant les autorités à la « transparence » tout en louant leur « démarche pro-active » face à la pandémie.
La presse locale, dont le site d’information Yabilabi, a publié par le passé quelques articles sur l’appétit des autorités marocaines pour « les gadgets technologiques en matière de surveillance des citoyens » en citant différentes données rendues publiques à la suite de piratages informatiques.
L’ONG Amnesty international s’était inquiétée des méthodes de surveillance illégales visant des défenseurs marocains des droits humains, en pointant notamment l’utilisation du puissant logiciel espion du groupe israélien NSO Group dans un rapport publié en octobre dernier.
À Eilat, ville israélienne ultratouristique de la mer Rouge, la musique d’un manège tourne en boucle dans un parc d’attraction fermé. La comptine « Il était un petit navire » résonne dans le vide d’une ville confinée, que le nouveau coronavirus a plombé d’un chômage accablant.
Environ 2,5 millions de touristes gagnent chaque année Eilat, dans la pointe sud d’Israël coincée entre la Jordanie et l’Égypte, pour bronzer sur ses plages, plonger dans ses eaux cristallines et se balader sur la promenade faite de magasins de tongs et de barres d’hôtels avec piscines.
Et le printemps y est d’ordinaire délicieux, entre la fraîcheur hivernale et la canicule estivale.
Mais, à l’heure de la pandémie du COVID-19, les autorités israéliennes ont ordonné le confinement de la population et la fermeture des frontières et des lieux de loisirs pour éviter toute propagation. Alors les transats prennent la poussière.
Difficile d’imaginer que dans cette ville de 67 000 habitants baignée par le soleil, les 12 000 chambres d’hôtel sont toutes occupées la majeure partie de l’année.
Dans le hall d’un immense hôtel cinq étoiles défraîchi, les meubles ont été recouverts de draps blancs et les fontaines mises à l’arrêt. Le vaste escalier en colimaçon n’est plus foulé que par quelques employés veillant à la sécurité de l’établissement, qui compte normalement 500 salariés.
Lior Mucznik, qui dirige trois hôtels dont celui-ci, estime perdre des dizaines de millions de shekels par mois, soit des millions d’euros.
Sur son téléphone, il montre des photos des dégâts causés par des vents violents ayant balayé la côte mi-mars : fleurs arrachées, sable incrusté sur les terrasses. « Après la tempête, le coronavirus ! », se désole-t-il, regrettant de ne pas avoir reçu d’aide des autorités jusqu’ici.
La municipalité a reçu un soutien financier du gouvernement pour répondre à la crise, mais ce n’est pour l’instant qu’un « sparadrap sur une large plaie », explique le maire Meir Yitzhak Halevi.
Trois personnes sur quatre sont désormais au chômage, dit-il à l’AFP.
Samedi, le gouvernement a annoncé l’assouplissement de certaines restrictions, dont la réouverture de certains commerces, en réaction à une baisse du nombre de nouveaux cas de malades.
Mais « l’apport à la ville d’Eilat est très minime », regrette le maire, qui considère qu’il s’agit tout de même d’un « premier pas ».
Israël a annoncé son premier cas de nouveau coronavirus le 21 février et a depuis officiellement enregistré plus de 14 300 cas dont environ 190 décès. A Eilat, une vingtaine de cas ont été recensés.
Parce que la pandémie y constitue davantage une crise économique que sanitaire, la mairie appelle le gouvernement à formuler une réponse sur mesure pour la ville, explique Nora Bitton, employée municipale.
Sans tourisme, ce « petit coin de paradis » a vu son « tuyau d’oxygène coupé », déplore-t-elle.
Pour Josef Gez, qui se balade malgré le confinement, ce qui peut en théorie lui valoir une amende, « c’est comme si la ville était paralysée ».
« D’habitude, je déteste marcher mais je suis venu de l’autre bout de la ville histoire de prendre l’air, profiter du soleil et être en bord de mer », explique ce quinquagénaire sur le pont qui enjambe la marina. « En 32 ans de vie ici, je n’ai jamais vu ça », souffle-t-il. « On dirait qu’une bombe a été lâchée et que tout le monde a disparu ».
Un peu plus loin sur la plage, un couple de Français tente une expédition baignade. Mais à peine leurs pieds ont-ils effleuré le sable qu’une patrouille de police les interpelle.
Retour à la maison obligatoire pour les deux retraités, fâchés de devoir faire demi-tour et « attristés » de voir la ville vide à une période de l’année où il est habituellement difficile de se faire une place au soleil.
Accoudé à la barrière qui entoure l’une des trois piscines de son hôtel, Lior Mucznik explique que la saison de Pessah, la Pâque juive qui vient de se terminer, est l’une des plus importantes pour l’économie locale.
Pendant cette fête, les 375 chambres de son établissement sont d’ordinaire occupées, majoritairement par des Israéliens, et les prix en forte hausse. « Si nous ratons la deuxième haute saison haute, de juillet à septembre, alors ce sera une année catastrophique », dit-il.
Avant de se reprendre : « En fait, c’est déjà une année catastrophique. »
Par Claire Gounon, à Eilat.
La Society of Genetic Engineers, un regroupement de généticiens jordaniens, a publié une étude indiquant que les personnes originaires du Moyen-Orient seraient moins susceptibles de contracter le nouveau coronavirus car elles présentent une variation génétique qui les rend plus susceptibles de lutter contre la maladie.
Selon le chercheur Rami Fouda, la raison de la diminution du nombre de décès dans les pays arabes provient de la composition génétique de leur ADN, illustrant sa démonstration par le nombre plus élevé de cas en Israël qu’en Cisjordanie occupée.
« La théorie peut être prouvée sur la base du fait que le virus de la grippe est toujours plus mortel en Asie de l’Est et en Europe qu’au Moyen-Orient », a-t-il ajouté.
Toujours selon le chercheur, l’immunité provient de la différence des récepteurs pulmonaires entre les personnes d’origine moyen-orientale et ceux d’Asie de l’Est ou d’Europe.
« Pour un seul virus capté par une cellule pulmonaire ACE 2 d’une personne d’origine arabe du Moyen-Orient, 1 000 virus seront captés par la cellule pulmonaire d’une personne d’Asie de l’Est ou d’Europe. Le système immunitaire résistera donc mieux à un plus petit nombre de virus », explique le chercheur jordanien.
La Jordanie a géré l’épidémie de cas de coronavirus grâce à des mesures strictes, imposant un couvre-feu et mobilisant son armée.
« Désormais, ils meurent seuls », soupire Ishwar Kumar, responsable d’un crématorium hindou dans le sud de Dubaï, devant une ambulance où repose temporairement la dépouille d’un immigré indien mort du nouveau coronavirus, au cas où un proche souhaiterait lui rendre un dernier hommage.
Au bout d’une heure d’attente sans l’ombre d’un visiteur, quatre employés en combinaison de protection déplacent le corps enveloppé dans un sac en plastique blanc vers un des trois fours de crémation.
Dans un silence assourdissant, l’homme qui travaillait pour une agence de tourisme de Dubaï est réduit en cendres avant d’être placé dans une boîte argentée.
Aux Émirats arabes unis, fédération dont Dubaï est l’un des sept membres, hôpitaux, banques, chantiers de construction et usines tournent grâce aux millions de travailleurs étrangers venus, pour la plupart, d’Asie ou du Moyen-Orient.
Comme ailleurs dans les États riches du Golfe, beaucoup y sont employés depuis plusieurs décennies, ce qui leur permet de soutenir leur famille restée au pays, avec l’espoir de les rejoindre un jour pour ouvrir un commerce ou construire une maison.
La majorité des 166 décès dus au nouveau coronavirus dans ces pays du Golfe, qui ont officiellement enregistré 26 600 cas, sont des immigrés originaires d’Inde, du Pakistan, du Bangladesh, des Philippines et du Népal.
Avec la suspension des vols, l’une des mesures de précaution prises pour lutter contre la pandémie de COVID-19, les dépouilles ne peuvent pas être rapatriées. Elles sont incinérées ou enterrées au plus vite sur place.
« Le monde entier change. Plus personne ne vient, ni ne touche, ni ne dit au revoir » aux défunts, se désole Ishwar Kumar. Avant la pandémie, « entre 200 et 250 personnes venaient ici pour faire le deuil et apporter des fleurs », se souvient-il.
Quelques heures avant la crémation du travailleur indien, le corps d’une esthéticienne philippine de 40 ans a lui aussi été incinéré. Sur les certificats de décès, une même cause inscrite: « pneumonie COVID-19 ».
Les boîtes argentées, achetées dans un supermarché, sont remises à un proche, s’il en existe à Dubaï, ou à l’ambassade du pays de la personne décédée.
« Ils sont venus pour travailler, donc la plupart d’entre eux n’ont pas de famille sur place. Parfois, des collègues se déplacent », souligne Suresh Galani, un autre responsable du crématorium.
Tous ne sont pas morts du virus, certains ont été indirectement frappés par la pandémie. C’est le cas du frère de Vijay, Ram, mort d’une crise cardiaque à 45 ans, après une quarantaine imposée pour avoir été au contact d’une personne infectée.
« Ram a été testé négatif après être resté confiné pendant deux semaines. Il a souffert mentalement et est tombé en dépression du fait de la solitude », avance Vijay.
Employé dans une laverie, Ram, père de trois enfants, est mort dans l’ambulance qui le conduisait à l’hôpital. Au crématorium, quatre de ses collègues répandent des fleurs sur sa dépouille avant qu’elle soit incinérée.
« Nous reviendrons demain pour récupérer les cendres. Nous les enverrons à la maison quand les vols reprendront », dit Vijay.
Certains travailleurs étrangers, frappés par la paralysie économique provoquée par la pandémie, ont pu rentrer via les rares avions de rapatriement mis en place par les autorités du Golfe.
En Arabie saoudite, « jusqu’à présent, toutes les familles ont demandé d’enterrer les corps sur place », indique une source au sein du ministère de la Santé ayant requis l’anonymat.
Parmi eux, Wazir Mohammed Saleh, un Afghan de 57 ans qui vivait et travaillait à Médine (ouest) depuis les années 1980 après avoir fui son pays. Gérant d’une boutique de fournitures de bureau, il est mort du coronavirus la semaine dernière.
Seuls ses quatre fils ont assisté à son enterrement dans la ville sainte qui abrite le tombeau du prophète Mohammed. Son neveu Amed Khan, un commercial né dans le royaume, a dû se contenter de voir les images des funérailles sur son smartphone.
« Son rêve était d’être enterré à Médine et ce rêve s’est réalisé », confie-t-il à l’AFP. « Aucune personne qui meurt à Médine ne souhaiterait être enterrée ailleurs. Cette terre est connue pour faire partie du paradis. »
Par Mohamad Ali Harissi, à Dubaï.
Un premier cas de nouveau coronavirus a été enregistré dans un camp de réfugiés palestiniens dans l’est du Liban, a annoncé l’ONU, selon qui des tests vont être menés parmi la population locale.
La patiente a été transférée à l’hôpital public Rafik Hariri dans la capitale, a précisé tard mardi soir l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), qui n’a pas fourni d’indications sur son âge ou son état de santé.
D’après la même source, il s’agit d’une réfugiée palestinienne installée au Liban après avoir quitté la Syrie voisine, ravagée depuis près d’une décennie par un conflit meurtrier.
Elle vit dans le camp de Wavel (plus communément appelé en arabe « camp de Galilée »), près de la ville de Baalbek, dans la vallée de la Bekaa.
Une équipe d’experts médicaux se rend mercredi dans le camp « pour mener des tests » de dépistage du COVID-19, a indiqué l’UNRWA dans un communiqué.
La famille de la patiente et les personnes l’ayant fréquentée seront soumis à un dépistage, a précisé l’agence de presse officielle libanaise ANI.
Des tests seront aussi menés sur un échantillon de plus de 50 personnes sélectionnées de manière aléatoire « dans le camp et ses environs », d’après la même source.
Dès mardi soir, le camp a été bouclé par les factions palestiniennes en charge de sa sécurité qui y ont « interdit les entrées et les sorties », en coordination avec les forces de l’ordre libanaises, selon ANI.
Des véhicules ont circulé dans le camp pour appeler par hauts-parleurs la population à rester confinée et à éviter tout rassemblement, d’après la même source.
L’agence onusienne va faire le nécessaire pour « aider la famille de la malade à s’isoler dans leur domicile », souligne l’UNRWA. La patiente sera soignée aux frais de l’agence onusienne.
Plus de 2 000 personnes vivent dans ce camp, selon un recensement réalisé fin 2017 par le gouvernement libanais en coopération avec les Palestiniens. Mais selon l’UNRWA, le nombre d’inscrits auprès de l’agence onusienne est bien plus élevé.
La propagation du virus parmi les réfugiés syriens ou palestiniens vivant au Liban est une source d’inquiétude pour les ONG
Le Liban a officiellement recensé 677 personnes atteintes du nouveau coronavirus dont 21 décès à travers le pays.
Début avril, l’UNRWA avait indiqué qu’un réfugié palestinien ne vivant pas dans les camps avait été atteint de la maladie de COVID-19. Il s’était isolé à son domicile.
La propagation du virus parmi les réfugiés syriens ou palestiniens vivant au Liban est une source d’inquiétude pour les ONG, qui pointent la densité de population élevée dans les camps où les familles nombreuses s’entassent dans des espaces exigus.
Le Liban, petit pays de 4,5 millions d’habitants, accueille plus de 174 000 réfugiés palestiniens, selon un recensement officiel. Un chiffre en deçà des estimations, qui vont jusqu’à 500 000.
Le pays dit également accueillir 1,5 million de Syriens, dont près d’un million de réfugiés inscrits auprès de l’ONU.
L’Égypte a expédié mardi par avion du matériel médical aux États-Unis pour les assister dans leur lutte contre la pandémie de nouveau coronavirus, un renversement des rôles pour ce pays qui bénéficie d’une importante aide américaine.
L’Égypte est de longue date un allié stratégique de Washington. L’aide militaire américaine au Caire se monte à environ 1,3 milliard de dollars par an.
Des images de caisses portant les inscriptions « Du peuple égyptien au peuple américain », en anglais et en arabe, chargées à bord d’un avion cargo militaire, ont été diffusées dans une vidéo émanant du cabinet du président égyptien.
L’appareil a atterri sur la base aérienne militaire d’Andrews, près de Washington, a précisé Dutch Ruppersberger, responsable démocrate d’un groupe bipartisan promouvant les relations avec l’Égypte à la Chambre des représentants.
L’avion transportait notamment quelque 200 000 masques et 48 000 protections pour des chaussures, selon M. Ruppersberger.
« C’est la raison pour laquelle la diplomatie internationale et le maintien de relations avec des alliés comme l’Égypte sont essentielles, non seulement en période de crise mais tous les jours », a-t-il écrit sur Twitter.
L’ambassadeur américain au Caire, Jonathan Cohen, a également salué un envoi « généreux ».
L’Égypte compte 250 morts du COVID-19 pour 3 300 cas selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), loin derrière les près de 45 000 morts recensés aux États-Unis, le pays le plus endeuillé par la pandémie.
L’envoi de cette aide médicale a fait l’objet de critiques en Égypte, où un tiers de la population vit avec 1,5 dollar, ou moins, par jour.
Traduction : « Les Égyptiens qui sont heureux et fiers que l’Égypte envoie du matériel médical à l’Italie, au Royaume-Uni et aux États-Unis sont probablement ceux qui peuvent se permettre de payer 10 livres égyptiennes pour un masque. » Dix livres égyptiennes équivalent à à peine plus d’un demi-dollar.
Le président américain Donald Trump a montré un soutien enthousiaste envers son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi. L’ex-chef de l’armée égyptienne a destitué son prédécesseur islamiste Mohamed Morsi en 2013 avant d’être élu à la présidence un an plus tard.