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Coronavirus : suivez l’actualité dans la région MENA

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Coronavirus : suivez l’actualité dans la région MENA
L’épidémie du nouveau coronavirus bouleverse une région déjà sous tension. Suivez sur ce fil les derniers développements au Maghreb et au Moyen-Orient

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6 years ago
L'imam Abdulsamet Cakir transporte des marchandises à l'entrée de la mosquée Dedeman, dans le quartier Sariyer d'Istanbul, le 21 avril 2020 (AFP)
L'imam Abdulsamet Cakir transporte des marchandises à l’entrée de la mosquée Dedeman, dans le quartier Sariyer d'Istanbul, le 21 avril 2020 (AFP)

Les étagères d’habitude réservées aux chaussures des fidèles sont garnies de pâtes, biscuits et bouteilles d’huile. Fermée aux prières pour cause de coronavirus, une mosquée d’Istanbul s’est transformée en supérette gratuite pour les plus démunis.

Des affiches collées sur les fenêtres de la mosquée invitent les mécènes potentiels à y déposer leur aide et ceux dans le besoin à s’y servir.

Située dans le district de Sarıyer à Istanbul, la mosquée Dedeman, fermée aux prières collectives comme le reste des lieux de culte en Turquie pour éviter la propagation de l’épidémie de COVID-19, a été transformée en centre de distribution d’aide à l’initiative de son jeune imam, Abdulsamet Cakir, 33 ans.

« Après la suspension des prières, j’ai eu cette idée de faire revivre la mosquée en donnant aux gens aisés l’opportunité d’aider les nécessiteux », explique le religieux.

Lesté de provisions, l’imam fait la navette entre la salle de prière, dans laquelle s’empilent produits alimentaires et détergents, et le vestibule de la mosquée où il les range sur les étagères.

Abdulsamet Cakir dit que son initiative s’inspire de la sadaka tasi, une sorte de stèle avec une cavité dans laquelle étaient déposées des aumônes destinées au plus pauvres à l’époque de l’empire ottoman.

« Nous nous sommes inspirés de la tradition de sadaka tasi de nos ancêtres, cette fois en faisant remplir les étagères de notre mosquées avec les aides offertes par ceux qui en ont les moyens », dit-il.

L’épidémie de COVID-19 a fait plus de 2 200 morts en Turquie sur plus de 95 000 cas recensés, dont près de la moitié à Istanbul.

Ceux qui souhaitent bénéficier de l’aide doivent s’inscrire sur une feuille accrochée sur le mur extérieur de la mosquée en laissant un numéro de téléphone. Si leur demande est approuvée par les autorités locales, ils reçoivent un message les invitant à aller se servir à la mosquée où chaque bénéficiaire a droit à huit produits.

Turquie
Des nécessiteux récupèrent des colis alimentaires, à l'entrée de la mosquée Dedeman, le 21 avril 2020 (AFP)

Guleser Ocak, 50 ans, s’est rendue à la mosquée dès qu’elle a reçu le message sur son téléphone.

« Je suis vraiment dans le besoin. Mon mari ne travaille pas. Moi je faisais le ménage dans les maisons mais en raison du virus on ne fait plus appel à moi », confie-t-elle à l’AFP.

L’imam a déjà 900 bénéficiaires inscrits sur sa liste et il en sert 120 par jour pour éviter les attroupements dans la mosquée, distanciation sociale par temps de coronavirus oblige.

Deux personnes seulement, portant obligatoirement un masque, peuvent entrer dans le vestibule en même temps, alors que les autres attendent à l’extérieur à bonne distance les unes des autres.

« On demande à quinze personnes de venir chaque demi-heure pour éviter qu’une longe file se forme », affirme l’imam. « On fait de notre mieux pour aider nos frères et soeurs dans le respect de leur dignité ».

Seuls les dons en nature de produits qui seront ensuite distribués aux nécessiteux sont acceptés par la mosquée, qu’ils soient offerts par des particuliers ou des entreprises qui les fabriquent.

Les étagères sont ainsi garnies de produits alimentaires ou de nettoyage offerts par des donateurs de Turquie mais aussi de l’étranger. « Un frère qui habite en France a fait une commande en ligne et l’a fait livrer à la mosquée », se félicite l’imam.

Pour Duygu Kesimoglu, 29 ans, l’aide offerte par la mosquée tombe à point nommé alors que le mois de jeûne musulman du ramadan commence cette semaine.

« Malheureusement je suis sans emploi et je n’arrive pas à en trouver en raison du virus. Pas de job, pas d’argent, donc cette aide est une très très bonne chose », dit-elle.

Par Fulya Ozerkan, à Istanbul.

6 years ago
Contrôle dans la rue à Rabat, le 9 avril 2020, des passants en plein confinement imposé par les autorités (AFP)

Une soixantaine de cas de contamination au nouveau coronavirus ont été enregistrés dans une prison du sud du Maroc, surtout parmi les employés, a indiqué la direction des prisons du royaume, annonçant que des tests de dépistage étaient en cours au sein de l’établissement.

Soixante employés et six détenus ont été testés positifs dans la prison de Ouarzazate, a indiqué dans un communiqué la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR), annonçant des « tests de dépistage pour tous les pensionnaires de l’établissement ».

Ces cas s’ajoutent aux 11 déjà signalés dans une prison de Marrakech (sud), et à ceux de Ksar Kébir (nord), où neuf fonctionnaires et deux prisonniers ont été testés positif, selon la direction des prisons.

5654 détenus libérés

Au Maroc, l’état d’urgence sanitaire révèle une fois de plus l’hégémonie du pouvoir central
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Les cas de contamination dans les prisons du pays, qui compte quelque 80 000 détenus, sont désormais « limités » grâce aux « mesures préventives » adoptées, d’après la même source.

La DGAPR avait déjà indiqué que les fonctionnaires des établissements pénitenciers avaient été soumis à des quarantaines de deux semaines.

Début avril, plus de 5654 détenus ont été relâchés au Maroc, pour tenter de réduire les risques de propagation dans les prisons.

D’autres pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord – où aucun cas de contamination en prison n’avait officiellement été rapporté jusque-là – ont fait de même, alors que la Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Michelle Bachelet, a appelé à la libération de détenus à travers le monde.

État d’urgence sanitaire

Au Maroc, pays de 35 millions d’habitants, 3186 cas de contamination ont été enregistrés officiellement, dont 144 décès et 359 guérisons.

Les autorités ont imposé des mesures de confinement, sous contrôle étroit des forces de l’ordre, après avoir suspendu les liaisons aériennes et verrouillé les frontières. 

Le port du masque est obligatoire, sous peine de sanctions, et les autorités ont annoncé la prolongation jusqu’au 20 mai de « toutes les mesures de précaution et de restriction (…) de l’état d’urgence sanitaire ».

6 years ago
Des travailleurs tunisiens bloqués en Libye sont photographiés alors qu'ils rentrent en Tunisie au poste frontière de Ras Jedir, le 20 avril 2020 (AFP)
Des travailleurs tunisiens bloqués en Libye, attendent de rentrer en Tunisie, au poste frontalier de Ras Jedir, le 20 avril 2020 (AFP)

Plus de 600 Tunisiens, bloqués depuis des semaines en Libye du fait de la pandémie du COVID-19, ont pu rentrer lundi dans leur pays en se présentant en masse à la frontière, où la police tunisienne a dû les laisser entrer, selon des sources concordantes.

Le ministère de l’Intérieur, démentant une entrée illégale, a confirmé que 652 personnes avaient été autorisées à passer la frontière lundi. « Pour éviter d’avoir des victimes parmi ces voyageurs, il leur a été permis d’entrer du côté tunisien », a déclaré Lotfi Sghaïer, directeur général de la police des postes frontières, à la TV nationale Wataniya 1. 

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La police a renoncé à utiliser la force, mais les a rapidement canalisés pour faire un tri sanitaire et sécuritaire, a-t-il ajouté. « Il n’y a pas eu de vide sécuritaire », a-t-il également assuré, en écho aux craintes sur l’éventuelle arrivée parmi les travailleurs de membres d’organisations terroristes.

Depuis la fermeture des frontières fin mars dans le cadre des mesures prises contre la propagation du nouveau coronavirus, environ 1 300 Tunisiens s’étaient regroupés non loin du poste de Ras Jédir, réclamant de pouvoir rentrer chez eux, selon le président de l’Observatoire tunisien des droits de l’Homme, Mostapha Abdelkebir.

Lundi, « près de 700 [Tunisiens] sont arrivés d’un coup, assez nerveux, en faisant du bruit, pour obliger la police à les laisser passer », a-t-il affirmé mardi.

Selon le dirigeant local du Croissant-Rouge, Abdelkarim Regaï, les autorités libyennes ont laissé passer les Tunisiens qui ont indiqué attendre du côté libyen du poste-frontière depuis plusieurs jours voire plusieurs semaines.

« Ce sont surtout de simples ouvriers, des travailleurs journaliers qui sont dans une situation humanitaire terrible », a-t-il souligné, appelant à ouvrir les frontières aux Tunisiens toujours bloqués en Libye, où les combats entre pouvoirs rivaux se sont en outre intensifiés dernièrement.

Mardi matin, des bus escortés par la police ont quitté les lieux pour les ramener vers leurs régions d’origine, a constaté un correspondant de l’AFP. Ils seront envoyés vers des centres de quarantaine, a précisé le ministère de l’Intérieur.

À l’approche du mois de jeûne musulman du Ramadan, d’autres passages devraient être autorisés dans les jours à venir, a indiqué une source diplomatique tunisienne, estimant à 20 000 le nombre total des Tunisiens encore présents en Libye.

La Tunisie, qui a prolongé jusqu’au 3 mai un confinement très strict en place depuis le 22 mars, a recensé 38 morts parmi 884 cas de malades du COVID-19. Des milliers de Tunisiens sont bloqués à l’étranger, et leur sort était au menu d’une réunion gouvernementale mardi.

6 years ago
Deux soldats défilent à l'occasion de la journée de l'armée iranienne, à Téhéran, le 17 avril 2020 (AFP)
Deux soldats défilent à l'occasion de la Journée de l'Armée, à Téhéran, le 17 avril 2020 (AFP)

Plus de 1 000 détenus étrangers ont été libérés provisoirement en Iran face à la propagation du nouveau coronavirus, a indiqué mardi la justice iranienne, après des critiques d’experts des droits humains de l’ONU sur le sujet.

« Ce que l’Iran a fait en garantissant la bonne santé des prisonniers et en leur accordant des permissions de sortie est une démarche significative » comparé à ce qu’ont fait d’autres pays, a déclaré le porte-parole de l’Autorité judiciaire, Gholamhossein Esmaïli.

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La semaine dernière, un panel d’experts des droits humains avait appelé l’Iran à élargir sa liste de détenus bénéficiant d’une permission de sortie aux « prisonniers de conscience et aux binationaux et étrangers ».

En réaction, Gholamhossein Esmaïli a déclaré que les experts devraient rapporter ce que « les États-Unis et la Grande-Bretagne ont fait concernant leurs prisonniers ».

« Nous avons accordé une permission à plus de 1 000 étrangers [...] dont certains ressortissants de ces pays », a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse, sans préciser les conditions de leur libération.

Selon lui, l’Iran ne devrait pas être accusé de « comportement discriminatoire ».

Depuis mars, la République islamique a accordé des permissions de sortie à 100 000 prisonniers, qui ont vu leur libération temporaire être prolongée jusqu’au 20 mai. 

Certains d’entre eux doivent porter un bracelet électronique, comme l’Irano-Britannique Nazanin Zaghari-Ratcliffe, arrêtée en 2016 et condamnée à cinq ans de prison pour des appels à la « sédition ». Sa permission a également été prolongée jusqu’au 20 mai, a indiqué mardi son avocat à l’agence officielle Irna.

L’Autorité judiciaire avait également annoncé qu’environ 10 000 détenus devaient bénéficier d’une grâce décrétée à l’occasion du Nouvel An iranien (Norouz), pour « diminuer le nombre de prisonniers, compte tenu de la situation sensible dans le pays », avait alors précisé Gholamhossein Esmaïli, sans référence explicite au nouveau coronavirus.

D’autres binationaux emprisonnés en Iran, comme la chercheuse franco-iranienne Fariba Adelkhah et l’homme d’affaires irano-américain Siamak Namazi et son père, Mohammad Bagher Namazi, seraient toujours détenus.

La République islamique ne reconnaît pas la double nationalité et a accusé des gouvernements étrangers d’interférer dans ce qu’elle considère des dossiers relevant de ses affaires internes.

L’Iran, qui peine à contenir la propagation du virus, fait partie des pays les plus touchés au monde par la pandémie, avec plus de 5 200 décès et plus de 83 500 infections officiellement déclarés depuis l’annonce des premiers cas en février.

6 years ago
Le 22 mai 2019, un pèlerin juif prie lors du deuxième jour du pèlerinage annuel à la synagogue de la Ghriba (AFP)

Le pèlerinage annuel juif de la Ghriba, prévu du 7 au 13 mai en Tunisie, est annulé en raison de la pandémie du COVID-19, a annoncé mardi à l’AFP Perez Trabelsi, responsable de cet évènement rassemblant habituellement des milliers de pèlerins du monde entier.

La synagogue de la Ghriba, la plus ancienne en Afrique, située sur l’île de Djerba (sud), est fermée depuis la propagation du nouveau coronavirus en Tunisie, où 886 cas ont été officiellement déclarés, dont 38 décès, depuis le 2 mars.

« Nous ne rouvrirons la synagogue qu’une fois dépassé le danger du virus », et simultanément à la réouverture des mosquées et autres lieux de culte en Tunisie, a ajouté M. Trabelsi.

Pour limiter la propagation du nouveau coronavirus, le ministère tunisien des Affaires religieuses a suspendu la prière collective et décidé la fermeture des mosquées dans tout le pays.

Durant le mois de sacré de Ramadan, la pratique collective de la prière musulmane de tarawih, qui draine habituellement de nombreux fidèles à la mosquée le soir, a également été suspendue, a indiqué mardi à l’AFP, le ministère des Affaires religieuses.

Le pèlerinage de la Ghriba, organisé chaque année au 33e jour de la Pâque juive, est au cœur des traditions des Tunisiens de confession juive, qui ne sont plus que 1 500, majoritairement installés à Djerba, contre 100 000 avant l’indépendance en 1956.

Des milliers de personnes, venues d’Europe mais aussi d’Amérique du Nord et d’Israël, y participent, une affluence qui était repartie à la hausse ces dernières années à la faveur d’une amélioration de la sécurité.

Les festivités avaient été annulées en 2011, alors que le pays était en pleine transition politique, mais la synagogue était restée ouverte.

6 years ago
Le FMI prévoit un prix du baril inférieur à 45 dollars jusqu’en 2023, soit 25 % de moins que son prix moyen de l'année dernière (AFP)
Le FMI prévoit un prix du baril inférieur à 45 dollars jusqu’en 2023, soit 25 % de moins que son prix moyen de l'année dernière (AFP)

La Bourse saoudienne et celles des autres pays du Golfe ont ouvert en baisse mardi, au lendemain de l’effondrement des prix du pétrole américain, passés à des niveaux historiquement bas, en raison de la saturation des stocks et du ralentissement de la demande.

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Le Tadawul, indice de référence de la Bourse de Ryad, la plus importante du monde arabe, a chuté de 2,1 % au début des échanges avant de récupérer une partie des pertes. Moins d’une heure après l’ouverture, elle était en baisse de 0,9 %.

Le titre du géant pétrolier Saudi Aramco a baissé de 1,3 %, bien en dessous de son prix de cotation. 

Aux Émirats arabes unis, le marché financier de Dubaï a également chuté de 2,3 %, tandis que la Bourse d’Abou Dhabi, riche émirat pétrolier et capitale de la fédération, a baissé de 2,1 %. 

La Bourse du Qatar, riche État gazier du Golfe, a chuté de 0,7 %. 

Au Koweït, l’indice Premier a baissé de 1,3 %, tandis que l’indice All-Shares a perdu 1 %. 

La petite Bourse de Mascate, capitale d’Oman, a chuté de 0,9 %, tandis qu’à Bahreïn le marché était stable à l’ouverture. 

Le baril de WTI, la référence américaine, est repassé en territoire négatif mardi au lendemain d’une chute spectaculaire qui l’a vu tomber en dessous de zéro pour la première fois de son histoire.

Vers 08 h 00 GMT (10 h 00 à Paris), le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en mai, dont c’est le dernier jour de cotation, valait 4,72 dollars contre 37,63 dollars à la clôture lundi. Il était repassé au-dessus de zéro depuis plusieurs heures.

L’effondrement des prix du pétrole lié à la crise de COVID-19 pourrait entraîner une perte de revenus annuels de plus de 230 milliards de dollars pour les pays exportateurs au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, avait estimé le FMI dans un rapport paru la semaine dernière.

6 years ago
« Ils s’en prennent à nous au lieu de renoncer à leurs habitudes qui ont plus de chances de les exposer à la maladie », déplore une pharmacienne (AFP)

« C’est comme si nous étions devenus des parias », déplore le docteur égyptien Ahmed Negm, forcé de déménager par ses voisins à Ismaïlia (est) après des rumeurs selon lesquelles il était « infecté par le nouveau coronavirus ».

Comme lui, d’autres soignants ont subi l’hostilité de la population. Les personnels médicaux sont pourtant traités en héros par la presse locale qui les surnomment « l’armée blanche de l’Égypte » pour leur lutte contre la maladie COVID-19.

À ce jour, parmi les 43 médecins ayant contracté le virus dans plusieurs hôpitaux du pays, quatre sont morts, d’après le syndicat des médecins égyptiens. 

« Les gens sont pris de panique »

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les infections de soignants constituent environ 13% des cas enregistrés en Égypte, qui a officiellement recensé plus de 3 300 cas d’infection et 250 décès.

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Le Dr Negm, 31 ans, avait choisi par précaution de s’isoler après avoir été en contact avec des personnes soupçonnées d’avoir contracté la maladie.

Bien que testé négatif, des rumeurs sur son infection supposée ont couru dans son quartier, certains allant jusqu’à le dénoncer à la police, d’autres lui demandant de déménager, arguant qu’il y avait « beaucoup d’enfants et de personnes âgées » dans le voisinage. 

Et le harcèlement a continué jusqu’à ce qu’il cède. 

« Les gens sont pris de panique, mais ils exagèrent au point que ça devient une marque d’infamie, comme si on portait en nous le scandale », affirme le Dr Negm à l’AFP.

La semaine dernière, des villageois paniqués de la province de Daqahliya (nord), ont manifesté pour empêcher l’enterrement d’une femme médecin décédée du nouveau coronavirus, même si celle-ci ne pratiquait plus.

Dans un pays où les manifestations sont interdites, le gouvernement a réagi vigoureusement en arrêtant 23 personnes. Le parquet a qualifié les faits d’actes de « terrorisme ».

Le Premier ministre Mostafa Madbouli a déploré un incident « honteux », appelant les soignants à « ne pas tenir compte » de ces pratiques.

Dina Abdelsalam, victime de ses voisins

Dans une vidéo postée sur internet, une infirmière du gouvernorat de Dakhleya, testée positive en même temps que plusieurs de ses collègues, a expliqué que le groupe avait été contacté par des inconnus après la diffusion de leurs noms et coordonnées en ligne. 

« Beaucoup nous ont appelés pour exprimer leur soutien et prier pour nous… mais d’autres nous ont accusés de répandre le virus », a-t-elle dit d’une voix tremblante, masque sur le visage. 

« Nous sommes fatigués, ayez pitié », a-t-elle imploré.

Dans une autre vidéo en ligne, Dina Abdelsalam, médecin à Ismaïlia, a raconté que ses voisins l’avaient calomniée après avoir appris qu’elle travaillait dans un hôpital qui accueille des patients atteints du virus.

Le Dr Abdelsalam avait récemment déménagé dans un nouvel appartement pour ne pas mettre en danger sa famille. Ses nouveaux voisins ayant appris où elle travaillait ont hurlé dans la rue qu’elle « apportait la maladie » dans le quartier, a-t-elle assuré.

La police est intervenue et, après quelques pourparlers, les voisins ont présenté leurs excuses.

« C’était inutile (…) après m’avoir traité comme suspecte [de crime] », a-t-elle réagi, avant d’ajouter: « Nous les soignants, nous souffrons (…) et vous ne faites qu’empirer [notre situation] ».   

Plusieurs autres médecins au Caire, à Alexandrie (nord) et ailleurs se sont plaints sur Facebook de refus de prise en charge de chauffeurs de taxi ou de livraisons alimentaires par peur de contagion.

Le représentant de l’OMS en Égypte, Jean Jabbour, a dit à l’AFP que les pressions subies par les soignants rendaient leur situation déjà éprouvante « encore plus difficile ».

Selon lui, cela « va affaiblir notre combat contre [la maladie] COVID-19 et peut s’avérer gravement préjudiciable pour le pays ».

« Les gens ne se rendent pas compte »

Face aux comportements hostiles vis-à-vis des personnels médicaux, des parlementaires envisagent une loi pour criminaliser les « brimades » dont ils sont victimes.

Depuis mars, l’Égypte a mis en place des mesures pour limiter la propagation du virus dans ce pays de plus de 100 millions d’habitants.

Outre le couvre-feu nocturne, restaurants, écoles, aéroports et sites touristiques sont fermés. De lourdes amendes, voire des peines de prison, sont prévues pour les contrevenants.

Mais de récentes vidéos montrent encore des foules lors de marchés locaux ou dans les transports publics peu avant l’heure du couvre-feu. 

« Les gens ne se rendent pas compte », dit Heba al-Feky, une pharmacienne qui a récemment été forcée de descendre d’un taxi à cause de son métier. 

« Ils s’en prennent à nous au lieu de renoncer à leurs habitudes qui ont plus de chances de les exposer à la maladie », déplore-t-elle.

par Menna Zaki au Caire

6 years ago
Des travailleurs migrants font la queue dans la zone de Naif de l'émirat du Golfe de Dubaï, le 15 avril 2020 (AFP)
Des travailleurs migrants font la queue à Dubaï, le 15 avril 2020 (AFP)

Confinée chez elle à Dubaï, Tamara n’a pas mis les pieds dans une station-service depuis longtemps. Pour faire le plein d’essence dans cet émirat hyperconnecté, elle n’a qu’à passer commande sur une application mobile et sa faire livrer à domicile.

Des blocs de glace pour rafraîchir la piscine ? Un café latté bien chaud ? Un biscuit pour calmer une petite faim ? Peuplé à environ 90 % d’étrangers, Dubaï est connu pour ses services de livraison en continue assurés par une armée de travailleurs migrants à faibles revenus, souvent Pakistanais ou Indiens. 

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En motos, aux couleurs de diverses applications pour lesquelles ils travaillent, ces livreurs sillonnent en trombe des rues désormais presque désertes, sous des tours gigantesques, en raison du couvre-feu instauré pour contenir la pandémie de COVID-19.

Tamara, une Libanaise de 28 ans qui travaille dans le domaine des réseaux sociaux, n’a pas attendu le confinement pour se faire livrer de l’essence à domicile grâce à l’application Cafu. 

Avec la nécessité de distanciation sociale, ce service est d’autant plus « approprié », dit-elle à l’AFP. « Je ne veux pas faire la queue, ni quitter la maison. Je commande [l’essence] et elle arrive chez moi », explique la jeune femme née à Dubaï, considérée comme la ville la plus « intelligente » du Moyen-Orient.

« Tout ce que le client a à faire est de laisser le réservoir d’essence ouvert. Il n’a pas besoin d’être là », explique à l’AFP Mullika Indy, un livreur de Cafu.

Début avril, Dubaï a lancé un vaste programme de désinfection des lieux publics, qui s’accompagne de mesures de restriction des déplacements, contrôlés et limités aux urgences, visites médicales ou aux courses dans les supermarchés et pharmacies. 

Les Émirats arabes unis ont officiellement enregistré plus de 7 200 cas d’infections au nouveau coronavirus et 43 décès dus à la maladie.

« Mission »

Les applications de livraisons mettent en avant les mesures de précaution prises dans ce contexte, les livreurs ayant dû ajuster leurs uniformes et leurs réflexes. 

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Masques sur le visage et mains gantées, ils se tiennent à distance des clients. Lorsque la facture est réglée à l’avance, le paquet est laissé sur le pas de la porte sans véritable interaction humaine.

Livreur pour l’application Deliveroo, Chen Singh, un Indien de 22 ans, précise que les précautions de rigueur expliquent le retard des livraisons par rapport à la rapidité jadis de mise à Dubaï.

« Maintenant, nous devons d’abord nous désinfecter, puis mettre les gants. Ensuite nous sonnons, laissons la commande à un mètre de la porte jusqu’à ce qu’elle soit réceptionnée », dit-il à l’AFP.

En dépit du contexte difficile, son collègue insiste sur l’importance de leur tâche. « Si nous n’assurions pas les livraisons, tout le monde sortirait et le coronavirus deviendrait un grand problème », affirme à l’AFP Issa Jandir. 

« Avec notre mission pour servir la société, et si Dieu le veut, le coronavirus sera bientôt terminé aux Émirats », espère ce livreur pakistanais de 38 ans.

Alcool et haltères

Avec la fermeture des centres commerciaux, des restaurants, des bars, des salles de sport et des plages, les services de livraison sont devenus le principal remède contre l’ennui dans une ville qui se veut synonyme de confort, luxe et glamour.

Ultradynamique, temple de la consommation et des sorties dans les restaurants branchés, Dubaï abrite des millions d’expatriés venus de tous les continents, qui pour beaucoup rechignent à cuisiner et restent rarement enfermés à la maison. 

« Le coronavirus ne peut arrêter le mouvement à Dubaï »

Waël Mohammed, ingénieur

Alors, par ces temps de confinement, les centres de fitness expédient leurs équipements pour que les Dubaïotes se maintiennent en forme, grâce aux tapis de course ou vélos d’appartement à des prix qui varient selon la durée de location. 

Pour boire seul ou en famille à la maison, un magasin d’alcool livre bières, vins ou encore whisky, à condition de présenter une licence spécifique, condition imposée par l’émirat à quiconque souhaite se procurer ces boissons pour arroser ses soirées. 

Pour Waël Mohammed, un ingénieur de 35 ans, Dubaï est une ville où les habitants n’ont pas à s’inquiéter des services disponibles. « J’ai récemment commandé des haltères pour faire de l’exercice à domicile », confie-t-il à l’AFP. « Le coronavirus ne peut arrêter le mouvement à Dubaï », se réjouit-il.

Par Shatha Yaish, à Dubaï.

6 years ago
Des employés au siège social hébergeant Alibaba, le plus grand service de réservation de voyages en ligne d’Iran, dans la capitale Téhéran, le 17 février 2020 (AFP)

De l’effervescence électrisante des locaux de la start-up où elle exerce au télétravail isolée, Fereshteh a dû s’adapter face à la maladie COVID-19, comme nombre d’Iraniennes ayant décroché des jobs intéressants dans la high-tech et qui vont devoir se battre pour garder ce statut lors de lendemains incertains.

La voix un peu fatiguée au téléphone, contrastant avec le ton énergique qu’elle avait lorsque l’AFP l’a rencontrée dans son entreprise Alibaba il y a quelques semaines, Fereshteh Kasrai confie sur un ton malicieux être « plus efficace en télétravail… ».

« Mais émotionnellement, c’est dur, je ne suis pas habituée à rester aussi longtemps chez moi et l’interaction avec mes collègues me manque », dit cette Iranienne de 44 ans qui vit seule à Téhéran.

Cette responsable des ressources humaines ne cache pas ses « inquiétudes » pour l’entreprise, créée il y a cinq ans et dont le coeur du métier – le business du voyage – est très impacté, même si face au COVID-19, l’adaptation au pied levé à de nouvelles façons de travailler a été le mot d’ordre pour elle et ses collègues féminines afin de ne pas perdre ce statut souvent difficilement acquis.

Sur Instagram, les influenceuses iraniennes contournent les restrictions vestimentaires
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Fereshteh a instauré de nouvelles routines avec ses équipes entre « vidéoconférences matinales sur Skype ou sur Zoom » et échanges « sur les projets en cours ».

« Iran Silicon Valley »

À Alibaba, la majorité des employés est en ce moment en télétravail. Sans être officiellement confinés, les Iraniens – durement frappés par l’épidémie avec plus de 5 200 morts officiellement – ont été appelés à rester chez eux.

En temps normal, entrer dans le grand entrepôt abritant le siège d’Alibaba à Téhéran, c’est entrer dans un autre Iran, loin des quartiers pauvres aux immeubles décrépis, des villes à l’histoire plurimillénaire ou des campagnes endormies.

Un panneau « Iran Silicon Valley » accueille le visiteur. On croise dans une ambiance branchée des food truck à cookies, des coussins géants dans les espaces de repos et des bureaux vitrés abritant des employés concentrés sur des ordinateurs Apple.

Des dizaines de jeunes femmes, en jean slim et foulard dévoilant largement leur chevelure, y travaillent avec des collègues masculins, dans une mixité qui ne va pas de soi partout en République islamique d’Iran.

Sur près de 700 employés à Alibaba, on compte 42 % de femmes. 

Certaines d’entre elles, comme Fereshteh – qui lors de sa rencontre avec l’AFP affichait un look travaillé, ongles vernis bleu et rouge à lèvres cerise –, ont décroché des postes à responsabilité, un défi dans cette société très patriarcale.

Les plafonds de verre culturels et familiaux restent en général encore un frein dans la carrière des Iraniennes et notamment pour accéder aux postes de direction.

Plusieurs employées d’Alibaba témoignent des obstacles auxquels elles ont été confrontées dans le monde du travail, de l’avancement impossible sans réseau aux structures hiérarchiques trop lourdes.

Un des pays les plus connectés du Moyen-Orient

« J’ai travaillé dans trois autres grandes entreprises, semi-privées ou liées au gouvernement, et j’ai eu le sentiment qu’il était très dur d’y évoluer, qu’il vous fallait impérativement connaître des gens influents », raconte Anis Amir Arjmandi, brune de 33 ans à l’abord chaleureux, directrice juridique à Alibaba.

« Les femmes imposent de plus en plus leurs voix dans le milieu du travail »

- Fereshteh Kasrai, responsable des ressources humaines

Pour sa collègue Fatemeh Ashrafi, 38 ans, « dans une start-up, il y a plus d’espace pour faire entendre ses points de vue » et avoir des responsabilités. « On peut rencontrer nos managers quand on le souhaite, pas besoin d’attendre derrière leurs portes qu’ils nous accordent un peu de leur temps… »

Les « start-up sont dirigées par des générations plus jeunes, plus progressistes », souligne le journaliste spécialisé dans la high tech Khosro Kalbasi, basé à Téhéran. 

Et de fait, le nombre de femmes dans les entreprises de high tech « a augmenté ces dernières années », relève-t-il, alors que selon lui l’Iran est l’un des pays les plus connectés du Moyen-Orient – avec un taux de pénétration de 87,19 % pour internet et de 76,58 % pour le web sur mobile (chiffres officiels). 

Selon Azadeh Kian, professeur de sociologie à Paris et spécialiste de l’Iran, « 70 % des étudiants en ingénierie et en sciences sont des étudiantes » dans ce pays.

« C’est aussi un secteur où elles savent qu’elles peuvent avoir plus de marge de progression et la possibilité d’innover. » 

Fereshteh a pu constater que « les femmes imposent de plus en plus leurs voix dans le milieu du travail », se félicitant qu’à Alibaba, le « vieux cliché selon lequel un programmeur doit absolument être un homme » a été brisé.

« Un bon job et un statut social »

Le secteur des start-up, qui avait commencé à se développer dans les années 2000, a décollé à partir de 2013. 

Mais les nouvelles technologies et l’utilisation des smartphones ont été durement touchées par le rétablissement en 2018 des sanctions américaines.

Effet inattendu des sanctions cependant : des entrepreneurs iraniens ont saisi l’occasion pour lancer leurs start-up, en s’inspirant de géants mondiaux bloqués en Iran pour créer un équivalent local, profitant d’un environnement protégé de la concurrence étrangère.

Parmi les plus réputées : Snapp (équivalent d’Uber), Digikala (pendant d’Amazon), cafe Bazaar (plateforme proposant des applications et des jeux développés par des Iraniens), Alibaba ou Tap30 (autre équivalent local d’Uber qui compte 1 400 employés à travers le pays).

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À Tap30, Mona Ahmadi, qui dirige à 33 ans 140 employés du centre d’appel, dit avoir trouvé « un bon job et un statut social ».

Au sein de cette société, « 45 % de nos employés sont des femmes, la plupart ont moins de 30 ans et elles sont présentes dans tous les secteurs : marketing, technique, ressources humaines, centre d’appel », se félicite Negar Arab, 37 ans, responsable de la communication. Les équipes du juridique, des finances et de la communication y sont dirigées par des femmes.

L’une des réussites les plus marquantes dans ce secteur est aussi celle de Nazanin Daneshvar, 36 ans. Le site de vente au détail Takhfifan, co-fondé avec sa soeur il y a huit ans, est aujourd’hui la plus grosse start-up créée par une femme en Iran, employant 350 personnes.

On la remarque dans le e-commerce, où « pas assez de femmes » accèdent encore aux très hauts postes de direction, estime-t-elle.

En ce moment, ses bureaux sont fermés, le télétravail est généralisé. Certains employés ont pris des vacances, explique au téléphone d’une voix éprouvée Nazanin, le babillage de son bébé en fond sonore.

« Pour être honnête, c’est un grand choc […] nos ventes ont considérablement chuté », confie-t-elle. « Nos employés font vraiment du bon boulot […] mais ça prend énormément de temps et c’est épuisant » de télétravailler et gérer les équipes à distance.

Même avant la crise du COVID-19, le quotidien de cette entrepreneure était « encore difficile ». 

Employées sous pression

Il y a quelques années, « il fallait que j’emmène mon père à tous mes rendez-vous [avec des investisseurs] car personne ne me prenait au sérieux comme manager, alors je disais que c’était lui le manager de ma société ».

Avec de probables suppressions d’emploi, les femmes risquent d’être plus visées que les hommes

Déjà en temps normal, « beaucoup n’arrivent pas à gérer la pression de leurs maris ou de leurs mères pour être moins impliquées dans leur travail ; j’ai des employées qui ont démissionné parce qu’elles ne pouvaient plus assurer ce qu’on attend d’une femme traditionnelle ».

Dans cette période où nombre d’Iraniennes télétravaillent, les pressions familiales sont encore plus prégnantes, témoigne Nazanin.

Negar, la responsable de communication de Tap30, qui comme les autres entreprises accuse le coup de la crise sanitaire, a vu tout son quotidien chamboulé. Elle confie être « très occupée » entre le télétravail et s’occuper de sa fillette et de sa famille.

Et avec de probables suppressions d’emploi liées aux crises sanitaire et économique, les femmes risquent d’être plus visées que les hommes.

Notamment dans les entreprises gouvernementales et semi-gouvernementales, où « la plupart des postes de direction sont occupés par des hommes et les postes moins prestigieux par des femmes », relève Anis Amir Arjmandi, directrice juridique à Alibaba.

Elle critique ainsi « la persistance d’un mode de pensée » où l’on préfère donner en priorité les emplois à des hommes parce qu’ils sont chefs de famille et doivent ramener l’argent à la maison.

Par Lucie Peytermann à Téhéran et à Paris.

6 years ago

Le ministre algérien des Affaires religieuses et des wakfs, Youcef Belmehdi a affirmé, lundi, qu’« il n’y a rien qui interdit le jeûne du mois de Ramadan cette année » qui coïncide avec la propagation de la pandémie de COVID-19.

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M. Belmehdi a souligné qu’« il n’existe aucun lien entre le jeûne et la propagation de cette pandémie », arguant que « les personnes ordinaires peuvent observer le jeûne » pendant le mois sacré.

« Le jeûne ne provoque pas de sécheresse au niveau de la gorge ou de la bouche, et ne favorise pas la propagation de la pandémie », a-t-il assuré.

En se référant à l’avis du docteur Fourar, porte-parole du Comité scientifique de suivi de l'évolution de la pandémie le ministre a ajouté que « la personne peut observer le jeûne et la maladie ne constitue aucunement une entrave », bien au contraire, a-t-il dit, « le jeûne permet de renforcer le système immunitaire ».

Cependant, sont dispensés du jeûne « les personnes âgées, les malades chroniques et les cas déjà autorisés à ne pas l’observer », a-t-il soutenu, précisant que « ces catégories sont les plus exposées au risque de contamination ».

L’Algérie a enregistré 2718 cas confirmés et 384 décès au lundi 20 avril.

6 years ago
Il s’agissait de la première rencontre officielle depuis avril 2019 entre Mohammad Javad Zarif et Bachar al-Assad (AFP)

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, en visite à Damas, et le président syrien Bachar al-Assad ont condamné lundi le maintien des sanctions américaines à l’encontre de leur pays malgré la pandémie du COVID-19.

Bachar al-Assad a dénoncé le maintien par les États-Unis des sanctions économiques contre des pays comme la Syrie et l’Iran « malgré des conditions humanitaires exceptionnelles », selon un communiqué de la présidence publié sur les réseaux sociaux.

« La crise du coronavirus a dévoilé les échecs des régimes occidentaux et leur manque de morale », a-t-il ajouté.

Mohammad Javad Zarif a lui fustigé les « sanctions cruelles » de Washington qui touchent les pays « luttant contre cette maladie », selon un communiqué de Téhéran.

Il s’agissait de la première rencontre officielle depuis avril 2019 entre les deux hommes, qui sont apparus avec un masque sur le visage et des gants pour le chef de la diplomatie iranienne, sur une photo publiée par la présidence syrienne.

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L’Iran est, avec la Russie, un des principaux alliés de Damas dans la guerre qui déchire le pays depuis 2011 et qui a tué plus de 380 000 personnes.

Lors de cette rencontre, Bachar al-Assad a présenté « ses condoléances à l’Iran et au peuple iranien » pour les milliers de personnes mortes des suites du COVID-19.

La République islamique affirme avoir recensé 83 505 cas, dont 5 209 décès, tandis que la Syrie a officiellement enregistré 39 cas, dont trois décès.

Bachar al-Assad a enfin dénoncé les « empiètements continus de la Turquie sur la souveraineté et le territoire » syriens dans le nord du pays, où Ankara est engagé militairement depuis des années au côté de supplétifs syriens.

Plus tôt lundi, le chef de la diplomatie iranienne a rencontré son homologue syrien Walid Mouallem, selon un communiqué du ministère syrien des Affaires étrangères.

Les deux responsables ont souligné « l’importance d’une coordination continue » pour « renforcer la capacité des deux pays à faire face à l’épidémie », mais également pour « garantir les besoins nécessaires en matière de prévention, de diagnostic et de traitement », selon le communiqué.

6 years ago
Une membre de la Force de sécurité intérieure kurde monte la garde, devant l’unité COVID, dans la province de Hassaké, le 7 avril 2020 (AFP)
Une membre de la Force de sécurité intérieure kurde monte la garde, devant l’unité COVID, dans la province de Hassaké, le 7 avril 2020 (AFP)

Un premier hôpital d’une capacité de 120 lits a été mis sur pied dans les territoires kurdes du nord-est de la Syrie pour accueillir uniquement les patients atteints du nouveau coronavirus, a annoncé lundi le Croissant-Rouge kurde.

Face à la pandémie, les autorités kurdes ont maintes fois tiré la sonnette d’alarme, déplorant être sous-équipées pour faire face au COVID-19, notamment en terme d’appareils respirateurs.

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Le nouvel établissement se trouve à une dizaine de kilomètres de la ville de Hassaké et l’objectif est « de se concentrer sur les cas d’infection de COVID-19 », a indiqué à l’AFP le co-directeur de l’organisation, Sherwane Bery.

Ainsi, « tous les autres hôpitaux n’accueilleront pas de patients, mais les enverront ici », a-t-il ajouté.

« Nous nous préparons pour les cas modérés », a souligné Sherwane  Bery, précisant que la capacité d’accueil actuelle, de 120 lits, pourrait être revue à la hausse.

Pour les « cas graves », l’installation d’une unité de soins intensifs est encore à l’étude, a-t-il précisé.

Des établissements similaires sont en cours d’aménagement dans d’autres secteurs, notamment à Raqqa ou Minbej, régions tenues par les Kurdes dans le nord syrien, selon le responsable du Croissant-Rouge kurde.

L’ONU a annoncé vendredi le premier décès causé par le nouveau coronavirus dans le nord-est syrien.

L’administration semi-autonome kurde avait accusé l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) de ne pas l’en avoir immédiatement informé, faisant porter la responsabilité d’une potentielle propagation du virus dans ses territoires à l’agence onusienne et au régime syrien.

Al-Hol, le camp tentaculaire dans le nord de la Syrie où les épouses et les enfants des combattants de l’EI vivent désormais aux côtés des personnes déplacées (AFP)
Al-Hol, le camp tentaculaire dans le nord de la Syrie où les épouses et les enfants des combattants de l’EI vivent désormais aux côtés des personnes déplacées (AFP)

Les autorités locales kurdes sont inquiètes, d’autant plus que leurs régions accueillent plusieurs camps de déplacés où s’entassent des dizaines de milliers de personnes, dont des familles du groupe État islamique (EI).

C’est notamment le cas du camp d’Al-Hol, où vivent près de 70 000 déplacés, dont des milliers d’enfants et de femmes affiliés à l’EI.

Une « zone d’isolation » dotée de 80 lits est en cours de construction pour Al-Hol, a rappelé vendredi le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA).

Le nord-est syrien dispose de « moins de 30 lits dans des unités de soins intensifs » ainsi que de « dix respirateurs pour adultes et un seul pour enfant », a mis en garde samedi l’ONG Save The Children. Cela « rend la prévention particulièrement cruciale », a prévenu l’ONG dans un communiqué.

Dans les territoires tenus par le régime syrien, la maladie de COVID-19 a officiellement contaminé 39 personnes et entraîné trois décès.

6 years ago
La pauvreté et la privation avec la maladie COVID-19 frappe en premier lieu les enfants (AFP)
Au Moyen-Orient, la pandémie COVID-19 frappe en premier lieu les enfants, victimes de pauvreté et de privation (AFP)

L’UNICEF a sollicité lundi une levée de fonds de près de 100 millions de dollars afin de renforcer son aide aux enfants de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, où la pandémie du COVID-19 vient souvent s’ajouter aux ravages des guerres.

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Plus de 105 000 cas de nouveau coronavirus, dont 5 699 décès, ont été officiellement enregistrés dans cette région, qui compte le plus grand nombre d’enfants dans le besoin au monde « près de 25 millions » en raison des conflits en cours, indique l’Agence des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) dans un communiqué.

« La combinaison du manque ou de l’inadéquation des services de base, d’années de conflits, de pauvreté et de privation avec la maladie COVID-19 frappe en premier lieu les enfants [...] et rend leur vie, déjà difficile, insupportable », affirme le directeur régional, Ted Chaiban.

L’UNICEF appelle dès lors à une levée de fonds de 92,4 millions de dollars (environ 84,8 millions d’euros) afin de pouvoir répondre au défi supplémentaire engendré par la pandémie.

D’après l’agence onusienne, près de 110 millions d’enfants sont actuellement confinés, et l’UNICEF affirme soutenir les efforts des autorités pour que le plus grand nombre puisse étudier à distance.

Selon le communiqué, l’UNICEF diffuse aussi dans les médias et sur les réseaux sociaux des recommandations pour réduire les risques d’infection, préserver la santé physique et mentale des enfants et de leurs familles, et afin d’éviter la stigmatisation des personnes infectées.

6 years ago
Avec la propagation du coronavirus, le mois sacré du Ramadan, pourrait être très différent cette année (AFP)
Avec la propagation du coronavirus, le mois sacré du Ramadan, pourrait être très différent cette année (AFP)

« Nos coeurs pleurent », se désole le muezzin de la Grande Mosquée de La Mecque, la ville sainte de l’islam, désertée à l’approche du mois du jeûne du Ramadan en raison de la pandémie de COVID-19 et du confinement généralisé dans les pays du Moyen-Orient.

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Pas de rassemblements pour de grands repas du soir (iftar), pas de prière nocturne à la mosquée (tarawih), pas de voyage dans les villes saintes de l’islam, pas même de réunion entre amis jusque tard dans la nuit.

De l’Arabie saoudite au Maroc, en passant par l’Égypte, le Liban ou la Syrie, les musulmans du Moyen-Orient se préparent cette année à un Ramadan des plus mornes.

« Nous sommes habitués à voir la Grande mosquée bondée de gens pendant le jour, la nuit, tout le temps. C’est un profond déchirement », confie le muezzin Ali al-Molla, à La Mecque.

Ces dernières semaines, au lieu d’accueillir la foule habituelle, un vide inédit entoure la Kaaba de la Grande Mosquée, une grande structure cubique noire drapée de tissu brodé d’or, en direction de laquelle les musulmans du monde entier prient. 

Pour contenir la propagation du nouveau coronavirus, les autorités saoudiennes ont suspendu le petit pèlerinage, la omra, à La Mecque et Médine. 

Et il est probable que l’Arabie saoudite annule aussi le grand pèlerinage annuel, le hajj, fin juillet, Ryad ayant appelé les musulmans à suspendre leur préparatif de voyage à La Mecque.

Les autorités religieuses de plusieurs pays, comme en Arabie saoudite ou en Égypte, ont soutenu ces restrictions, insistant sur la nécessité de prier à la maison et éviter les rassemblements.

Masques et désinfectant

À Jérusalem, qui abrite la mosquée d’Al-Aqsa, troisième lieu saint de l’islam, le Grand mufti, Mohammad Hussein, a annoncé des restrictions similaires concernant la prière pendant le ramadan.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a demandé aux pays « d’empêcher un grand nombre de personnes de se rassembler dans des lieux associés aux activités du Ramadan, tels que les lieux de divertissement, les marchés et les magasins ».

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Le mois de jeûne est généralement une période de forte consommation des ménages au Moyen-Orient, mais cette année les commerçants risquent d’être frappés de plein fouet par la frilosité des acheteurs, qui veulent avant tout se procurer masques, gants ou désinfectant.

« J’avais économisé une certaine somme pour le Ramadan, mais je l’ai dépensée pour acheter des choses nécessaires pour le confinement et pour me protéger contre le virus », explique Younes, 51 ans, qui travaille dans un magasin de vêtements à Damas.

L’Iran, pays du Moyen-Orient le plus touché par la pandémie, a autorisé la semaine dernière certaines entreprises de Téhéran à rouvrir leurs portes, afin de ne pas fragiliser davantage une économie déjà plombée par les sanctions américaines.

Selon les chiffres officiels, la maladie du COVID-19 a tué plus de 5 000 personnes et infecté plus de 80 000 en Iran.

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a appelé ses concitoyens à éviter tout rassemblement durant le Ramadan sans pour autant « négliger la prière, la supplication et l’humilité dans notre solitude ».

Charité

En Égypte, pays le plus peuplé de la région avec plus de 100 millions d’habitants, le Ramadan voit chaque année les rues des grandes villes se remplir jusqu’à l’aube, avec des mosquées et restaurants bondés, à côté de magasins illuminés de lanternes, symbole de ce mois sacré.

Mais pour Sameh al-Yamani, un traducteur âgé de 51 ans, les mesures des restrictions doivent être observées à la lettre. « Cette année, je prierai à la maison. La fermeture des mosquées est justifiée, il y a trop de promiscuité lors des prières », assure-t-il.

Si le confinement empêche les festivités, il ne dispense pas les musulmans « en bonne santé » de jeûner « comme les années précédentes », temporise l’OMS.

Les patients atteints du COVID-19 sont en revanche appelés à consulter leurs médecins concernant la pratique du jeûne « comme ils le feraient pour toute autre maladie », ajoute l’organisation.

Et les autorités religieuses continuent leurs traditionnels appels à la charité, l’un des cinq piliers de l’islam.

« Nous sommes habitués à voir la Grande mosquée bondée de gens pendant le jour, la nuit, tout le temps. C’est un profond déchirement »

Ali al-Molla, muezzin

Bien que confinés dans des pays en guerre, comme la Libye, la Syrie ou le Yémen, des fidèles sont ainsi résolus à ne pas oublier les plus pauvres.

« Le Ramadan est toujours une période de charité et cette année, les nécessiteux sont nombreux, surtout avec les personnes déplacées par la guerre », rappelle Karima Mounir, une banquière libyenne de 54 ans et mère de deux enfants.

6 years ago
Des députés, des journalistes et d’autres ont rejoint cette nouvelle mode (Facebook)

C’est un drôle de groupe à thème, mais la nécessité faisant loi, des Jordaniens ont créé une page sur Facebook intitulée « La ligue des chauves de Jordanie » ! 

L’idée a été lancée par deux jeunes hommes, Tarrad Amrou et Abdelaziz al-Qadhat, qui, face au confinement et à l’impossibilité d’aller chez le coiffeur, ont décidé de se raser complètement la tête et de créer une page Facebook dédiée à cette tendance. 

Près de 2 000 adhérents ont rejoint la page selon des médias locaux. « Beaucoup ont commencé à se raser la tête, faisant augmenter le nombre de chauves en Jordanie », s’amuse Tarrad Amrou. 

Des députés, des journalistes et d’autres ont rejoint cette nouvelle mode. Mais ce regroupement qui se veut humoristique sert aussi, selon ses animateurs, à échanger autour des actions sociales à entreprendre pour aider les autres en ces temps de confinement. 

Quelques 40 000 coiffeurs et coiffeuses ont cessé leurs activités en Jordanie selon le représentant de cette profession repris par le site Sawleif. La vente par internet du matériel de coiffure, comme les tondeuses électriques, a explosé !