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Coronavirus : suivez l’actualité dans la région MENA

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Coronavirus : suivez l’actualité dans la région MENA
L’épidémie du nouveau coronavirus bouleverse une région déjà sous tension. Suivez sur ce fil les derniers développements au Maghreb et au Moyen-Orient

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6 years ago
Dans le village de Sidi Bou Said, à 20 km de Tunis, vide de ses touristes (AFP)

Le chef du gouvernement tunisien, Elyes Fakhfakh, a annoncé dimanche soir que le confinement en place depuis le 22 mars serait prolongé jusqu’au 3 mai puis progressivement allégé, la situation étant « presque maîtrisée ».

Le confinement a également été prolongé samedi en Algérie, pays voisin (jusqu’au 29 avril), et au Maroc (jusqu’au 20 mai).

Depuis le premier cas début mars, la Tunisie n’a identifié que 38 personnes décédées officiellement du coronavirus sur 879 malades testés positifs, et 129 hospitalisées, sans qu’on ne puisse confirmer les causes de cette situation ni son évolution à venir.

« Aplatir la courbe »

La situation est « presque maîtrisée », a estimé M. Fakhfakh lors d’un entretien télévisé, mais « on est pas encore sortis » de la pandémie, a-t-il prévenu.

« Nous voulons aplatir la courbe » du nombre de personnes contaminées et « jusqu’à maintenant on a réussi », a-t-il ajouté.

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Le confinement très strict qui a été imposé, avec un couvre-feu nocturne de 18 h à 6 h et de fortes restrictions des déplacements, autorisés seulement pour les cas d’extrême nécessité et quelques secteurs vitaux, a mis à l’arrêt la vie économique du pays depuis un mois.

Le Fonds monétaire international (FMI) a approuvé un prêt d’urgence de 745 millions de dollars à la Tunisie, prédisant sa pire récession depuis son indépendance en 1956.

Un déconfinement « ciblé et progressif »

« La situation sera difficile » a prévenu M. Fakhfakh : « il y a deux millions de Tunisiens qui ont besoin d’aide », sur environ 12 millions d’habitants.

Après une première série d’aides, un nouveau versement de 200 dinars (70 euros) sera destiné aux foyers démunis, a-t-il indiqué.

Durant le Ramadan, qui doit débuter en fin de semaine prochaine, le couvre-feu sera raccourci, ne débutant qu’à 20 h.

Le déconfinement « ciblé et progressif » se fera selon trois paramètres, a indiqué M. Fakhfakh : les secteurs économiques les plus cruciaux seront relancés, et les restrictions de sorties seront adaptées selon l’âge des personnes et le nombre de cas dans chaque région, a-t-il indiqué sans plus de précision.

Des centaines de personnes ont été arrêtées et des dizaines de milliers se sont vu saisir les papiers de leur véhicule pour avoir violé les interdictions de circulation ces dernières semaines.

6 years ago
Le président Hassan Rohani lors d’une réunion du Comité national de lutte contre le nouveau coronavirus qu’il préside, Téhéran, le 19 avril 2020 (AFP)

Le président iranien Hassan Rohani a annoncé dimanche la prolongation pour un mois de la permission de sortie accordée à 100 000 détenus afin de limiter la propagation du nouveau coronavirus dans les prisons iraniennes.

« La permission de sortie devait être accordée aux détenus jusqu’à [ce dimanche, dernier jour du mois iranien de Farvardin, mais] elle sera prolongée jusqu’à la fin » du mois iranien suivant, le 20 mai, a déclaré le président lors d’une rencontre retransmise à la télévision du Comité national de lutte contre le nouveau coronavirus qu’il préside.

Hassan Rohani a précisé qu’il reviendrait à l’Autorité judiciaire d’appliquer cette mesure.

Le porte-parole de l’Autorité, Gholamhossein Esmaïli, n’a pas directement confirmé l’annonce de Hassan Rohani, mais a évoqué dimanche le recours à la « clémence ».

« En ayant recours à toute la clémence que la loi autorise, nous prévoyons qu’un nombre important de prisonniers en permission ne reviennent pas en prison, et même qu’un grand nombre de ceux actuellement détenus soient libérés », a déclaré Gholamhossein Esmaïli, cité par Mizan Online, agence d’information officielle de l’Autorité judiciaire. La décision finale sera prise le 29 avril, a-t-il ajouté.

En mars, le pouvoir judiciaire avait déclaré qu’un total de 100 000 détenus avaient bénéficié d’une permission de sortie. 

6 years ago

Des médecins algériens de Skikda, à 550 km à l’est d’Alger, se sont filmés en reprenant une chanson : « Nous resterons ici pour que cesse ce mal ».

https://www.youtube.com/watch?v=_UboAFyZ_jE&feature=emb_title

En combinaisons de protection, les praticiens chantent le morceau « Nous resterons ici » de l’Égyptien Mohamed Rami, un hymne souvent repris dans les cérémonies de sortie de promotion en sciences médicales dans plusieurs pays arabes.

Selon le docteur Lyes Merabet, président du Syndicat national des praticiens de la santé publique, « la situation s’est améliorée au plan de la dotation en matériel et équipements de protection pour l’ensemble des personnels de santé ». Mais, explique-t-il à l’AFP, il « reste le problème de la régularité dans leur distribution et des quantités, sachant qu’il s’agit généralement de produits jetables ». Le syndicaliste insiste aussi sur la nécessité « de la prise en charge psychologique des personnels de santé mobilisés depuis plus de six semaines dans cette guerre contre la pandémie ».

Pour rappel, les autorités algériennes ont annoncé samedi la prolongation des mesures de confinement mises en place pour freiner la propagation de l’épidémie de COVID-19 jusqu’au 29 avril.

Un confinement total a été imposé dans la wilaya (préfecture) de Blida, près d’Alger, premier foyer de la pandémie en Algérie. Un confinement partiel, accompagné d’un couvre-feu, l’a été dans les 47 autres wilayas du pays.

Selon des chiffres officiels, 367 décès ont été recensés jusque-là en Algérie. Au total 2 534 cas ont été officiellement déclarés.

6 years ago
Des Libyens font la queue devant un super marché dans la capitale Tripoli le 19 avril 2020 (AFP)

Faisant fi des mesures ordonnées par les autorités de Tripoli pour limiter la propagation du nouveau coronavirus, Hassan a pris sa voiture pour aller remplir ses bombonnes d’eau. Au loin, dans la capitale libyenne, résonnent des tirs d’artillerie, rappelant une autre menace.

Le Gouvernement d’union nationale (GNA), reconnu par l’ONU, a annoncé cette semaine un couvre-feu pendant dix jours dans les régions sous son contrôle dans l’ouest libyen. Les habitants sont seulement autorisés à sortir, à pied, entre  7 h et 12 h, notamment pour pouvoir faire leurs courses.

L’approvisionnement en eau de Tripoli a été coupé par un groupe armé

« Je n’ai pas le choix. Avec mes douleurs au dos, je ne peux transporter tout cela à pied », explique Hassan, en mettant ses bombonnes dans son coffre. Le quinquagénaire explique en effet que sa maison se trouve à 500 mètres de la mosquée du quartier qui dispose d’un puits.  

Plus aucun commerce ouvert

L’approvisionnement en eau de Tripoli, qui provient de nappes aquifères du désert dans le sud, a été coupé par un groupe armé de cette région, contrôlée par le maréchal Khalifa Haftar. Cet homme fort de l’est libyen mène depuis un an une offensive meurtrière pour s’emparer de Tripoli, siège du GNA.

Exaspérés par la guerre et les pénuries, nombreux Tripolitains sont peu enclins à respecter les mesures du confinement, en vigueur depuis vendredi, prises par le GNA qui a recensé un décès et 49 cas de contamination à la maladie COVID-19 dans tout le pays.

Finis les embouteillages habituels dans les rues de la capitale, mais des voitures continuent de circuler, notamment dans les banlieues où les policiers sont peu nombreux, voire totalement absents, pour veiller à l’application du confinement.  

« Il n’y a presque aucun commerce autour de nous. Sans voiture, nous ne pouvons pas faire les courses, surtout acheter du gaz, du lait ou des bombonnes d’eau. Seule la boulangerie est à 500 mètres », explique Abdel Alim al-Abded, qui lui aussi a décidé de prendre sa voiture.

Avec sa femme et leurs trois enfants, ils vivent dans une ferme dans la banlieue sud-est. 

Avec les moutons et les poules, « ça ira pour la viande et les œufs. Pour les légumes, nous avons également ce qu’il faut à la ferme et nous en faisons profiter nos voisins », se réjouit-il.

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Mais beaucoup de Libyens n’ont pas sa chance. Les mesures de confinement, avec juste quelques heures autorisées pour faire les courses, ont provoqué des files d’attente devant les commerces, propices à la propagation du virus.

À Janzour, dans la banlieue-est de la capitale, plus d’une centaine de personnes, dont des enfants, attendent devant la seule boulangerie du quartier. 

Le boulanger, Jamal al-Nafati, peine à faire respecter les mesures de distanciation sociale, alors que les clients ne portent pas de masques.

« Nous essayons de préparer une plus grande quantité de pain. Mais à cause des risques pour leur santé, quatre employés nous ont déjà quittés et il ne me reste que de trois personnes pour faire tout le travail », explique-t-il. « C’est difficile. J’aimerais que la boulangerie puisse rester ouverte plus longtemps pour réduire les files d’attente. »

Les femmes libres de circuler... sans harcèlement 

Si le confinement est perçu par la plupart comme une contrainte et un malheur supplémentaire en temps de guerre, c’est une aubaine pour d’autres, plus privilégiés, qui y trouvent une occasion de s’aérer, loin des embouteillages et du harcèlement des automobilistes.  

« Avec le couvre-feu, nous sommes sûres de ne pas être harcelées par les hommes en voiture »

- Une habitante de Tripoli

Hallouma a finalement chaussé ses baskets « achetées il y a des années mais jamais portées ».

Chaperonnée par son fils « pour plus de sécurité », cette sexagénaire dit « profiter du confinement pour marcher un peu. C’est une chose rare pour nous », dit-elle.

Quatre jeunes filles en survêtements colorés ont eu la même idée.

« Je ne sors jamais à pied, même pas pour acheter quelques bricoles à l’épicerie du coin », explique l’une d’elles. « Avec le couvre-feu, nous sommes sûres de ne pas être harcelées par les hommes en voiture. Il faut en profiter », renchérit son amie, même si le klaxon d’un automobiliste leur montre que les importuns n’ont pas complètement disparu.

Constatant que les mesures de confinement n’étaient pas suffisamment bien respectées, le ministère de la Santé du GNA a rappelé samedi aux citoyens les règles à suivre, avertissant que des amendes allaient être imposées aux contrevenants.

Par Rim Taher à Tripoli.

6 years ago

Les autorités algériennes et marocaines ont annoncé samedi la prolongation des mesures de confinement mises en place pour freiner la propagation de l’épidémie de COVID-19, respectivement jusqu’au 29 avril et jusqu’au 20 mai.

À Alger, le Premier ministre Abdelaziz Djerad a reconduit pour une période supplémentaire de dix jours, jusqu’au 29 avril, le dispositif de confinement ainsi que l’ensemble des mesures préventives, selon un communiqué officiel.

Il a souligné « la nécessité de respecter les règles préventives édictées en matière de confinement, de distanciation sociale et de mesures d’hygiène » et mis en garde contre leur non-respect.

Un confinement total a été imposé dans la wilaya (préfecture) de Blida, près d’Alger, premier foyer de la pandémie en Algérie. Un confinement partiel, accompagné d’un couvre-feu, l’a été dans les 47 autres wilayas du pays.

Selon des chiffres officiels, 367 décès ont été recensés jusque-là en Algérie. Au total 2 534 cas ont été officiellement déclarés.

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L’Algérie (44 millions d’habitants) est le pays d’Afrique qui déplore le plus grand nombre de décès devant l’Égypte, le Maroc et l’Afrique du Sud.

À Rabat, les autorités ont annoncé la prolongation jusqu’au 20 mai de « toutes les mesures de précaution et de restriction de l’état d’urgence sanitaire ».

Selon un communiqué des ministères de l’Intérieur et de la Santé, « les services compétents continueront de garantir une offre suffisante répondant aux besoins de consommation, y compris les besoins du Ramadan », le mois de jeûne musulman prévu à partir du 24 avril au Maroc. 

Au Maroc, 2 670 cas de contamination ont été enregistrés officiellement, dont 137 décès. Mais à peine 13 000 tests ont été menés dans ce pays de 35 millions d’habitants.

Les autorités ont imposé des mesures de confinement, sous contrôle étroit des forces de l’ordre, après avoir suspendu les liaisons aériennes et verrouillé les frontières. 

Le port du masque est obligatoire, sous peine de sanctions.

Des aides directes ont été mises en place pour les entreprises, salariés et travailleurs au noir affectés.

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Selon la presse locale, des foyers de contagion ont été repérés dans une usine à Casablanca (ouest) et une base militaire près de Marrakech (sud). 

Depuis l’apparition de la pandémie, plus de 41 000 personnes ont été interpellées et plus de la moitié déférées devant les parquets compétents pour non-respect des mesures d’exception, selon un bilan officiel.

Des dizaines de personnes accusées de diffuser des fausses informations liées au nouveau coronavirus sur les réseaux sociaux ont été interpellées.

Vendredi, une femme a été condamnée à un an de prison ferme pour avoir nié l’existence de la maladie dans une vidéo sur YouTube.

Autre pays d’Afrique du Nord, la Tunisie a annoncé son intention de prolonger le confinement général au-delà du 19 avril, mais sans préciser jusqu’à quand.

6 years ago
Les propriétaires de magasins fermés jouent aux cartes dans la vieille ville de Jérusalem le 16 mars 2020 (AFP)

L’arrestation récente à Jérusalem de hauts responsables palestiniens pour des activités « illégales » liées au nouveau coronavirus et la fermeture d’une clinique improvisée attisent les tensions entre Israéliens et Palestiniens sur le statut de la ville sainte.

Depuis le début de la crise sanitaire, des responsables palestiniens affirment que la population de Jérusalem-Est, secteur palestinien de la ville occupé et annexé par Israël, est négligée par les autorités israéliennes dans leurs efforts pour freiner la propagation du virus.

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Si bien que Adnane Gheith, gouverneur palestinien de Jérusalem, et Fadi al-Hadmi, ministre palestinien des Affaires de Jérusalem, disent avoir tenté d’agir pour protéger ces habitants.

Or début avril, ils ont été arrêtés pour avoir, selon eux, tenté de prendre des mesures, en menant par exemple des opérations de désinfection. Et cette semaine, la police israélienne a fermé une clinique de dépistage de la maladie COVID-19 à Silwan, quartier populaire de Jérusalem-Est. En cause : les tests de dépistage ont été menés sous la supervision de l’Autorité palestinienne, selon la police. 

Au cœur de cette polémique : le statut même de Jérusalem, l’une des questions les plus épineuses du conflit israélo-palestinien.

Israël considère la ville comme sa capitale

Israël considère la ville comme sa capitale « indivisible » tandis que les Palestiniens espèrent faire de Jérusalem-Est la capitale de l’État auquel ils aspirent. 

Israéliens et Palestiniens s’étaient engagés à continuer leurs négociations sur le statut de Jérusalem dans le cadre des accords d’Oslo qui ont aussi permis la mise en place de l’Autorité palestinienne. 

Aujourd’hui, ces pourparlers sont au point mort et le gouvernement palestinien estime que Adnane Gheith et Fadi al-Hadmi devraient être en mesure d’exercer leur autorité dans l’est de la ville. Mais les Israéliens considèrent Jérusalem comme étant entièrement sous leur juridiction.

Le ministère palestinien de la Santé a annoncé samedi le premier mort dû à l’épidémie à Jérusalem-Est

« Toute activité par l’Autorité palestinienne en territoire israélien qui n’est pas coordonnée ou approuvée par les autorités [israéliennes] est interdite par la loi et la police doit l’empêcher », a insisté cette semaine le ministère israélien de la Sécurité publique après la fermeture de la clinique à Silwan. 

Restrictions israéliennes

« Rencontrer des directeurs d’hôpitaux à Jérusalem, s’entretenir avec des médias, appeler les gens à rester chez eux pour lutter contre le virus : [pour la police israélienne, ce sont des infractions », déplore à l’AFP Fadi al-Hadmi. « Notre but est de fournir de l’aide à la population de Jérusalem-Est, négligée intentionnellement » par Israël, estime Adnane Gheith.

Le ministère palestinien de la Santé a annoncé samedi le premier mort dû à l’épidémie à Jérusalem-Est, où des dizaines de cas de personnes contaminées ont été officiellement recensés. La victime, une femme de 78 ans, est décédée dans un hôpital israélien, dans la partie ouest de la ville. 

Israël a mis en place des centres de dépistage dans les quartiers palestiniens de Jérusalem après un ordre de la Cour suprême, qui avait été saisie par une ONG de défense des droits humains.

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COVID-19 ou pas, Adnane Gheith et Fadi al-Hadmi sont habitués des brèves arrestations. En deux ans, ils ont été respectivement arrêtés plusieurs fois pour activités politiques « illégales ».

Les deux hommes habitent à Jérusalem-Est mais en raison des restrictions israéliennes leurs bureaux sont situés à Al-Ram, de l’autre côté de la barrière de béton séparant la ville de la Cisjordanie occupée. « Pour chaque arrestation, (Israël) affirme que nous violons la loi. Si je marche dans la rue, les Israéliens considèrent que c’est un geste politique à cause de mon poste », estime Faid al-Hadmi.

Israël conduit des arrestations pour « graver dans l’esprit de la population l’idée que la ville est soumise à son autorité », estime M. Gheith. Depuis 2001, Israël a fermé plus de 80 institutions palestiniennes à Jérusalem, dit-il.

Mea Sharim, épicentre de la crise

Et depuis que les États-Unis ont reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël en décembre 2017, rompant avec des décennies de diplomatie américaine et de consensus international, Israël a accéléré ses efforts pour « empêcher toute visibilité des Palestiniens à Jérusalem », ajoute-t-il.

« D’un côté, Israël néglige la partie palestinienne de la ville et ne veut pas y investir. De l’autre, il veut que la population palestinienne lui soit loyale », estime de son côté Amal Jamal, professeur de sciences politiques à l’Université de Tel-Aviv.

Un porte-parole du Premier ministre Benyamin Netanyahou a récemment tenu à rappeler que les autorités israéliennes fournissaient des équipements et de la formation à l’Autorité palestinienne pour affronter la crise.

La nouvelle querelle n’a pas mené à d’affrontements entre Palestiniens et la police israélienne qui a plutôt été prise à partie dans le secteur juif ultra-orthodoxe de Mea Sharim, un des épicentres de la crise du coronavirus où trois policiers ont été blessés. 

6 years ago
Le Grand Bazar, normalement cœur battant de l’économie locale, reste mort (AFP)

Avec la reprise partielle de l’activité économique à Téhéran samedi, les habitants sont partagés entre peur de la maladie COVID-19 et nécessité de reprendre le travail : un impératif « financier » pour certains, un « deuxième coronavirus » pour d’autres.

« Je ne pense pas que la situation soit sûre à l’heure actuelle », estime Réza Jafari, qui a repris le travail dans un petit entrepôt vendant des sacs à mains dans le centre de la capitale iranienne.

« Mais il fallait que je revienne travailler pour des raisons financières », déclare à l’AFP ce vendeur de 32 ans. « Si j’avais eu le choix, je ne serais pas venu, mais si la boutique reste fermée plus longtemps, nous risquons d’être licenciés. »

Avec plus de 5 000 décès provoqués par le nouveau coronavirus sur quelque 80 000 cas officiellement déclarés, l’Iran est de loin le pays du Proche et  Moyen-Orient le plus touché par la pandémie de COVID-19.

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Et certains, à l’étranger comme à l’intérieur du pays, estiment que les chiffres du gouvernement sont largement sous-estimés.

Pour lutter contre la propagation du virus, les autorités avaient ordonné mi-mars la fermeture de toutes les activités économiques non essentielles.

Le 11 avril, elles ont autorisé les activités « à faible risque » de propagation du virus (petits commerces et petites entreprises surtout-) à rouvrir dans les provinces. Elles ont étendu la mesure à Téhéran samedi.

Écoles, universités mosquées, sanctuaires chiites, cinémas, stades et autres lieux de regroupement restent néanmoins fermés dans tous le pays.

Conséquence du rétablissement de sanctions américaines contre la République islamique d’Iran en 2018, le PIB iranien a plongé de 7,6 % en 2019 et devrait encore reculer de 6 % en 2020, selon les dernières prévisions du Fonds monétaire international (FMI).

« On devient fou sans travailler ! »

Face au double défi des sanctions et de la crise sanitaire, et pour éviter le pire à l’économie meurtrie, le gouvernement iranien fait le pari qu’il peut mener de front reprise graduelle de l’activité et lutte contre l’épidémie.

De toute façon, a déjà prévenu le président Hassan Rohani, « il n’y a pas d’autre possibilité ».

À quelques rues de l’entrepôt où travaille Réza Jafari, le Grand Bazar, normalement cœur battant de l’économie locale, reste mort.

De nombreux commerçants pestent devant les rideaux baissés de leur boutique. Affirmant n’avoir pas l’autorisation d’ouvrir avant le 1er mai, ils dénoncent une mesure qualifiée d’inique.

Aux termes des directives pour Téhéran, seuls peuvent ouvrir pour l’instant les boutiques donnant sur la rue, pas celles dans un espace couvert comme le bazar.

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« Il vaudrait mieux que je sois mort », s’emporte Mortéza, 30 ans, qualifiant l’interdiction d’ouvrir de « deuxième coronavirus » pour lui.

« Comment pourrais-je continuer à rester à la maison ? Je dois nourrir ma famille », déclare à l’AFP Hamdollah Mahmoudi, employé d’une boutique du bazar âgé de 45 ans. « On devient fou sans travailler ! ».

Avec le coronavirus, les petits commerçants ont pris un coup énorme : les ventes qu’ils espéraient avant la fête de Norouz, le Nouvel An iranien célébré cette année, dans la morosité, le 20 mars, sont parties en fumée alors que c’est traditionnellement le pic de leur activité, une période qui leur permet de se maintenir à flots.

Kawan Ghané, opticien de 36 ans installé dans l’ouest de la capitale, juge lui qu’il est encore trop tôt pour rouvrir son magasin.

Il dit être terrifié à l’idée de devoir « examiner quelqu’un, de près, qui pourrait être contaminé ». « Mais je serai bien obligé un jour ou l’autre de reprendre le travail compte tenu de ma situation financière ».

Au contraire, Ali Yousséfi, un commerçant du Bazar, appelle « tous les responsables à autoriser la réouverture de tous les commerces ». 

Contraint de maintenir fermé son comptoir de vente de pistaches et fruits secs, il estime que « tout ce qu’il faut faire, c’est respecter les protocoles sanitaires » définis par les autorités « et tout le monde fait ce qu’il faut pour cela ».

Comme ces vendeurs d’un magasin de prêt-à-porter du nord de Téhéran qui portent masques et gants de protection. À la différence de leurs clients.

Par Amir Havasi, à Téhéran.

6 years ago
Les échauffourées ont éclaté entre des contestataires et l’armée à Tripoli, vendredi soir (AFP)

Des centaines de personnes ont manifesté vendredi au Liban malgré l’épidémie du nouveau coronavirus et un couvre-feu, marquant dans l’emblématique ville de Tripoli les six mois d’un soulèvement inédit lancé contre la classe politique et des conditions économiques qui n’ont fait qu’empirer.

Des échauffourées ont éclaté entre des contestataires et l’armée, qui a répondu à des jets de pierre par des tirs de gaz lacrymogènes, quand des manifestants ont tenté d’approcher le domicile d’un député, a rapporté une correspondante de l’AFP.

Les contestataires étaient mobilisés sur la place al-Nour, épicentre des manifestations à Tripoli (nord), alors que ces derniers mois le mouvement s’est essoufflé.

Contre les banques et le gouvernement 

Ils ont incendié des pneus et sont restés même après l’entrée en vigueur à 19 h d’un couvre-feu imposé par le gouvernement pour enrayer la propagation de la maladie du COVID-19, selon la correspondante.

Les manifestants ont scandé des slogans dénonçant le gouvernement mais aussi les banques et le gouverneur de la Banque centrale. Rares étaient ceux qui avaient un masque sur la bouche, selon elle.

Le Liban avait connu le 17 octobre 2019 un vaste mouvement de contestation, qui a vu certains jours des centaines de milliers de personnes mobilisées à travers tout le pays, pour crier leur ras-le-bol et réclamer le renouvellement de la classe politique, accusée de corruption et d’incompétence.

« On meurt de faim ou on meurt du corona ? », se plaint vendredi Karim, jeune homme de 24 ans qui fustige une hausse des prix.

« Où sont les droits du peuple », s’insurge Fatima, 27 ans, venue manifester avec son frère.

« Ils peuvent essayer de nous faire peur autant qu’ils veulent, nous dire ‘’restez à la maison vous allez être contaminés’’, le peuple libanais ne va plus rien laisser passer ».

Frappé par les calamités, le Liban abandonné par les Arabes
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Le pays connaît depuis des mois sa pire crise économique depuis la fin de la guerre civile (1975-1990), marquée par une forte récession, une fonte des réserves en devises étrangères et une dépréciation de la monnaie nationale ayant entraîné une forte inflation.

Le Liban croule sous une dette de 92 milliards de dollars, soit 170 % du PIB, l’un des taux les plus élevés mondialement. L’État a annoncé en mars son premier défaut de paiement dans l’histoire.

En 2020, l’économie devrait connaître une contraction massive de 12 %, selon le Fonds monétaire international (FMI). Les autorités planchent actuellement sur un plan de redressement.

Les banques libanaises sont accusées par la rue de complicité avec le pouvoir politique et d’avoir contribué à l’endettement public effréné et la faillite de l’État.

Pour aider les plus démunis durant le confinement imposé par l’épidémie de COVID-19, le gouvernement a lancé une aide financière de 400 000 livres libanaises (environ 265 dollars au taux de change officiel).

6 years ago
Une membre de la sécurité intérieure kurde monte la garde pendant que les médecins du Croissant-Rouge kurde testent des passagers au COVID-19 à leur arrivée de Damas, sur un site mobile installé devant l’aéroport de Qamichli, dans le nord-est de la Syrie, le 7 avril 2020 (AFP)
Une membre de la sécurité intérieure kurde monte la garde pendant que les médecins du Croissant-Rouge kurde testent des passagers au COVID-19 à leur arrivée à l’aéroport de Qamichli, le 7 avril (AFP)

Un décès dû au nouveau coronavirus en Syrie a été rapporté vendredi par l’ONU dans le nord-est, le premier dans cette région dominée par les Kurdes dans ce pays morcelé par la guerre.

Un patient de 53 ans est décédé le 2 avril, mais l’administration semi-autonome kurde a accusé l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) de ne pas l’en avoir immédiatement informée, faisant porter la responsabilité d’une potentielle propagation du virus dans ses territoires à l’agence onusienne et au régime syrien.

Contactée par l’AFP, l’OMS n’a pas répondu dans l’immédiat.

« Il y a un risque élevé de propagation large du virus à cause du délai pris [par l’OMS] pour informer l’administration [kurde] »

- Croissant rouge kurde

Vendredi, le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) a assuré que l’OMS avait « fourni des informations indiquant qu’un décès le 2 avril à l’hôpital national de Qamichli, dans le nord-est syrien, avait par la suite été testé positif au COVID-19 ».

« Un autre membre de la famille [du défunt] serait actuellement à l’hôpital avec les symptômes du COVID-19. Les résultats du dépistage sont en attente », ajoute un rapport partagé vendredi par le compte Twitter d’OCHA-Syrie.

Même si la région est sous contrôle kurde, le régime syrien y maintient une présence et l’hôpital en question est tenu par le gouvernement de Damas.

Dans les territoires contrôlés par le régime, le nouveau coronavirus a officiellement contaminé 38 personnes et entraîné deux décès, annoncés le 29 et le 30 mars.

Les Kurdes et le gouvernement de Bachar al-Assad entretiennent des rapports tendus.

Par le passé, les autorités kurdes ont déploré être sous-équipées pour faire face à une propagation de la maladie COVID-19, manquant notamment d’appareils respirateurs, et assuré ne pas avoir de kits de dépistage.

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Le Croissant rouge kurde syrien mais aussi l’administration kurde ont déploré vendredi le délai de deux semaines entre le décès et l’annonce des résultats du dépistage.

« Il y a un risque élevé de propagation large du virus à cause du délai pris pour informer l’administration », regrette le Croissant rouge kurde sur son site internet.

Les autorités kurdes « font porter à l’OMS la responsabilité d’une propagation du virus parmi nos concitoyens car elle a passé sous silence la présence d’un cas suspect », déplore l’administration dans un communiqué.

Par ailleurs, les Kurdes estiment que « les pratiques du gouvernement syrien […] mettent en danger la vie des citoyens du nord-est syrien », accusant le pouvoir de Damas de ne pas « coopérer » avec la minorité kurde.

Damas a adopté une série de mesures dans les territoires gouvernementaux pour prévenir la propagation du COVID-19, notamment la fermeture des écoles et des restaurants, un couvre-feu sévère et un appel à rester confiné.

6 years ago
Des membres du personnel médical de l'hôpital militaire Mohammmed V attendent des patients, à Rabat, le 15 avril 2020 (AFP)
Des membres du personnel médical de l'hôpital militaire Mohammmed V attendent des patients, à Rabat, le 15 avril 2020 (AFP)

L’armée marocaine a mobilisé tous ses moyens médicaux pour aider les hôpitaux publics à gérer la pandémie de COVID-19 et faire face à un éventuel afflux massif de patients, comme l’a dit l’état-major médical lors d’une visite pour la presse étrangère.

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« La crise nous a incités à envoyer en renfort des équipes médicales pour qu’il y ait une prise en charge correcte, pour faire un état des lieux, améliorer les équipements » et renforcer les effectifs de la santé publique, explique le colonel major Zbir El Mehdi, médecin chef de l’hôpital militaire de Rabat.

Les hôpitaux militaires ont été réorganisés pour accueillir le maximum de patients. 

Deux structures de campagne ont été déployées dans la région de Casablanca, des équipes médicales comprenant médecins et infirmières ont été envoyés dans 45 structures à travers le pays pour « assurer une prise en charge correcte » des patients, selon la même source.

« On domine encore la situation », souligne le colonel Zbir El Mehdi. Ainsi, l’hôpital militaire de Rabat accueille actuellement 30 patients hospitalisés pour 144 lits disponibles et 30 en isolement. 

Cet hôpital modèle est considéré comme la structure médicale la plus moderne du pays. Plusieurs chefs d’État africains y sont venus se faire soigner par le passé. 

Plus de 70 % de ses capacités sont désormais dédiées au nouveau coronavirus, avec une réorganisation complète de ses circuits d’accueil. 

Son centre de virologie et des maladies infectieuses se consacre entièrement au dépistage de la maladie COVID-19, avec plus de 6 000 tests menés depuis la mobilisation décrétée par le roi, selon les chiffres communiqués à la presse. 

Les effectifs militaires dédiés à la pandémie ne sont pas connus. L’armée marocaine compte plus de 170 000 actifs, selon des estimations.

Le Maroc décomptait vendredi 2 528 cas de contamination, avec 133 décès et 273 guérisons. Environ 12 000 tests ont été menés dans ce pays de 35 millions d’habitants.

Pour limiter la contagion, le royaume a imposé des mesures de confinement, sous contrôle étroit des forces de l’ordre, après avoir suspendu les liaisons aériennes et fermé ses frontières.

Et même si le nombre de patients hospitalisés semblait marquer le pas cette semaine, selon le ministère de la Santé, les autorités n’excluent pas de prolonger l’état d’urgence sanitaire au-delà du 20 avril. Le Ramadan, grande période de sociabilisation au Maroc, doit commencer le 24 avril.

6 years ago
Algérie
Des volontaires fabriquent un équipement de protection individuelle, à Alger, le 8 avril 2020 (AFP)

Les détenus de trente établissements pénitentiaires sont mobilisés en Algérie pour fabriquer des masques de protection et des produits médicaux pour enrayer la propagation du nouveau coronavirus, a indiqué le directeur général de l’administration pénitentiaire, Fayçal Bourbala, cité par l’agence de presse officielle APS. 

L’administration pénitentiaire algérienne a décidé d’« ouvrir des ateliers de couture pour la confection de 200 000 masques par les prisonniers de 30 établissements pénitentiaires, à travers le pays, en vue de répondre à leurs propres besoins et à ceux des tribunaux [...] », a déclaré jeudi soir Fayçal Bourbala à l’APS.  

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« Une deuxième opération sera lancée dès la finalisation de la première, englobant la confection de tenues et combinaisons de protection en faveur du personnel médical, avant de procéder à la fabrication de cabines de désinfection, prévue au niveau de trois établissements », a ajouté ce responsable.

Les détenus participeront sur la base du volontariat à ces ateliers de couture, qui existent déjà dans les prisons et rassemblent surtout des femmes souhaitant se former au métier de couturière. 

Aucun cas d’infection au nouveau coronavirus n’a été enregistré parmi les près de 58 000 détenus disséminés dans les 150 centres pénitentiaires du pays, d’après les autorités.  

Selon le porte-parole du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de COVID-19, Djamel Fourar, 348 décès ont été recensés en Algérie depuis l’enregistrement du premier cas fin février.

Au total, 2 268 cas ont été officiellement déclarés en Algérie qui, avec 44 millions d’habitants, est le pays d’Afrique le plus touché par le virus.

Le ministère algérien de la Justice a notamment suspendu les visites des familles de prisonniers et ordonné la mise en quarantaine des nouveaux détenus pendant 14 jours dans des salles isolées. 

En outre, les détenus ne sont pas autorisés à sortir des établissements pénitentiaires, sauf en cas d’extrême urgence, et tout contact direct avec leurs avocats est banni.

6 years ago
Des volontaires yéménites pulvérisent du désinfectant sur les mains d'un homme, dans l'un des quartiers pauvres de Sanaa, le 30 mars 2020 (AFP)
Des volontaires yéménites pulvérisent du désinfectant sur les mains d'un homme, dans l'un des quartiers pauvres de Sanaa, le 30 mars 2020 (AFP)

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime qu’il est encore temps au Moyen-Orient et en Afrique du Nord de « saisir l’opportunité » d’agir pour éviter le chaos qu’entraînerait une diffusion explosive de la pandémie de COVID-19 dans la région.

« On a vraiment une opportunité pour agir dans la région car l’ascension des cas n’a pas été rapide », explique dans un entretien avec l’AFP jeudi le Dr Yvan Hutin, directeur du département maladies transmissibles au bureau régional de l’OMS en Méditerranée orientale, basé au Caire.

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Selon l’organisation onusienne, plus de 111 000 cas de nouveau coronavirus et plus de 5 500 décès ont été enregistrés à ce jour dans 22 pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (Mena), que l’OMS étend du Maroc au Pakistan en excluant l’Algérie.

Un bilan modéré, face aux plus de deux millions de cas et 140 000 décès officiellement recensés dans le monde.

Selon le Dr Hutin, il est pour le moment difficile d’expliquer l’ascension restreinte des cas dans la région, hormis en Iran qui déplore plus de 77 000 cas et près de 5 000 décès.

« Il est possible qu’il y ait des facteurs démographiques parce qu’on a affaire à des pays extrêmement jeunes », dit-il avec prudence.

Dans les pays en conflit ou en « situation d’urgence » comme le Yémen, la Libye ou la Syrie, les cas de nouveau coronavirus sont même quasi-inexistants. 

Mais selon l’épidémiologiste, « ce n’est pas parce qu’on a évité une situation difficile la première fois, qu’on va éviter [cela] la deuxième fois ».

En Égypte, où le Dr Hutin a conduit une mission d’évaluation fin mars, « il est clair qu’on a plus de transmissions actuellement qu’il y a quelques semaines. Mais il n’y a pas encore de situation de transmission exponentielle ».

« Tester plus »

Pour éviter une situation comparable à l’Europe ou aux États-Unis avec des dizaines de milliers de morts, il est nécessaire, selon lui, de mettre en place « les piliers de la réponse » : engagement de la population, mobilisation des systèmes de santé, préparation des hôpitaux pour l’arrivée de cas sévères.

« Les choses qui peuvent être faites ne sont pas forcément très compliquées », dit-il en citant l’isolement de malades peu sévères « dans des hôtels, des écoles ou des dortoirs de l’armée ».

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Pour les cas sévères, « on peut faire beaucoup en transformant des lits d’hospitalisation classique en lits de soins intensifs ».

Autre mesure possible pour éviter une explosion de la maladie COVID-19 dans la région : l’augmentation des capacités de dépistage, qui selon l’épidémiologiste peut se faire avec notamment des « petites machines qui donnent des résultats de test rapides ».

Selon lui, s’il est « inévitable » de passer à côté de cas, « plus on teste les personnes qui ont de la fièvre et de la toux, plus on va découvrir de cas ».

Le taux de mortalité est considéré comme un indicateur permettant de savoir si des cas on pu passer inaperçus.

« On sait qu’environ 1 % des personnes infectées vont décéder, donc quand on a des pays qui rapportent que 5 % des personnes infectées décèdent, ça suggère qu’on rate une partie des cas », dit le spécialiste.

Or dans la région, le taux de mortalité se situe autour de 5 %, ce qui implique « des besoins d’augmenter la capacité de tester ».

Étant donné « la gravité potentielle et la capacité de ce virus à mettre à genou le système de santé », la région Mena doit se préparer « à l’éventualité où les choses se passent mal », alerte le Dr Hutin.

La région, peuplée majoritairement de musulmans, s’apprête par ailleurs à célébrer le Ramadan à partir de fin avril. 

En prévision de ce mois de jeûne durant lequel l’activité sociale est intense, l’OMS a publié cette semaine une série de recommandations.

L’annulation d’événements religieux devrait être « considérée sérieusement », préconise notamment l’OMS, en rappelant qu’une « distance physique d’au moins un mètre à tout moment » devrait être observée entre les fidèles.

Par Emmanuel Parisse, au Caire.

6 years ago
Une équipe traite un patient atteint du coronavirus, dans la capitale Tunis, le 6 avril 2020 (AFP)
Une équipe médicale traite un patient atteint du coronavirus dans une ambulance, à Tunis, le 6 avril 2020 (AFP)

Des ingénieurs tunisiens ont indiqué avoir développé un outil d’intelligence artificielle en libre accès pour aider à diagnostiquer instantanément le coronavirus à partir de simples radiographies des poumons, ce qui pourrait accélérer le dépistage de la maladie COVID-19 en Tunisie.

La plateforme en ligne est testée par le ministère de la Santé avant une éventuelle utilisation par les services hospitaliers de la Tunisie, qui a jusqu’ici officiellement confirmé plus de 800 cas de contamination, dont 37 décès.

Plusieurs initiatives dans ce domaine ont été lancées dans le monde, notamment au Canada et en Chine, mais les concepteurs tunisiens soulignent ne pas avoir trouvé d’autre plateforme directement opérationnelle et accessible à tous.

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Elle est développée depuis mi-mars par des enseignants et étudiants de l’école d’ingénieur Insat, avec le soutien de l’organisme public allemand d’aide au développement GIZ, de la Société italienne de radiologie et du géant américain de l’informatique IBM.

L’outil a été élaboré en lui transmettant des milliers de radios de personnes ayant contracté le COVID-19 et de personnes saines, afin qu’il apprenne à distinguer les marqueurs de la maladie dans les poumons. 

L’intelligence artificielle « permet de classifier un grand nombre d’images en un temps très court, avec un faible coût », a expliqué vendredi à l’AFP Moustapha Hamdi, universitaire et concepteur de cet outil. 

« Nous sommes en train d’affiner la détection pour les cas où il y a très peu de symptômes. »

Le résultat est obtenu « en deux clics » : « il suffit de charger l’image puis de la soumettre à l’analyse, qui donne un score de reconnaissance » du COVID-19, a-t-il ajouté.

« Expérimentation »

Il ne s’agit pas d’un diagnostic médical, mais d’une mesure de la probabilité que la personne soit atteinte du nouveau coronavirus, fiable à « 90 % » selon ses concepteurs.

« Le concept de départ, c’est de permettre aux régions intérieures reculées [en Tunisie] de pouvoir faire des dépistages en masse », a expliqué Moustapha Hamdi.

Les infrastructures hospitalières sont réparties de façon très inégale en Tunisie, les villes côtières (nord) étant bien équipées alors que les régions intérieures sont dépourvues de centres médicaux universitaires ou de médecins spécialisés.

« Le concept de départ, c’est de permettre aux régions intérieures reculées [en Tunisie] de pouvoir faire des dépistages en masse »

- Moustapha Hamdi, universitaire

« Il suffit d’avoir une connexion internet » et la possibilité de faire une radio, un examen courant et peu coûteux dans les hôpitaux publics, a poursuivi le concepteur, précisant que son outil pourrait aider à accélérer le tri des patients « lorsque leur nombre augmente » aux urgences.

« Plus on alimente la plateforme par des images, plus elle devient précise et fiable », a-t-il ajouté, précisant que de nombreux internautes étrangers y avaient déjà eu recours. 

C’est « une très bonne idée, mais elle est encore à l’étape de l’expérimentation », a réagi le Dr Fawzi Haddad, qui exerce dans le principal hôpital tunisien chargé des personnes atteintes du COVID-19.

6 years ago
Aline Srouji enregistre en ligne une leçon de salsa, à Damas, le 15 avril 2020 (AFP)
Aline Srouji enregistre en ligne une leçon de salsa, à Damas, le 15 avril 2020 (AFP)

Dans son salon, Aline Srouji enchaîne les pas de salsa sur une musique colombienne, se filmant avec son portable.

Cela fait plus d’un mois que son école de danse a fermé, les autorités ayant adopté des mesures pour enrayer la propagation du nouveau coronavirus dans ce pays déjà ravagé par la guerre.

Tous les jours, cette femme de 35 ans filme de nouvelles vidéos qu’elle partage sur les réseaux sociaux.

« Pas un jour je n’ai interrompu les cours, même si des centaines d’obus sont tombés tout autour de nous », soupire-t-elle, se rappelant qu’un de ses élèves avait même été blessé. « Mais le coronavirus a été plus fort que la guerre. »

« Nous allons nous adapter et continuer à danser, car c’est la seule manière de sortir de notre isolement et de ressentir un peu d’énergie positive »

Aline Srouji, professeure de salsa

Entourée de canapés noirs capitonnés, elle enchaîne les pas, ses talons noirs se mouvant avec agilité sur le sol en marbre étincelant.

Dans les territoires contrôlés par le gouvernement syrien, le nouveau coronavirus a officiellement contaminé 33 personnes et entraîné deux décès.

Danser malgré tout

Avant l’épidémie, l’école d’Aline Srouji, fondée en 2008, accueillait régulièrement de nouveaux adhérents. Aujourd’hui, il lui reste l’enthousiasme suscité par ses vidéos : son nombre d’abonnés sur Facebook, YouTube ou encore Instagram a augmenté « en moyenne de 50 % ».

Ses élèves partagent avec elle des vidéos filmées chez eux et elle répond avec des commentaires détaillés pour qu’ils progressent.

Dans une société conservatrice, la danse reste une activité surtout pratiquée par les classes aisées, même si plusieurs écoles existent à Damas.

Sur Instagram, les comptes d’Aline Srouji affichent des vidéos d’élèves, filles et garçons, en train de s’entraîner, mais durant le confinement, leçons et entraînements sont partagés via WhatsApp ou sur un groupe Facebook privé.

Traduction : « Tentez le défi de notre incroyable instructeur et ami @samuelkramersalsa @starsdancesyria.tv #lschallenge 🎵 Juliana -Yuniel jemenez🎵 #Salsaon2 #salsachallenge #musicality #salsashines #salsafootwork #mambo #stayhome »

La professeure ne cache pas sa joie quand elle entend les notifications de son portable et se dit déterminée à poursuivre les cours « malgré les coupures d’électricité et la lenteur d’internet ».

Damas jouit aujourd’hui d’un calme relatif pour ce pays morcelé par la guerre qui a fait plus de 380 000 morts depuis 2011, mais les habitants de la capitale restent confrontés à des coupures de courant quotidiennes et la consommation internet des foyers est limitée et onéreuse.

« La guerre nous a appris à toujours chercher des solutions alternatives », poursuit Aline Srouji. « Nous allons nous adapter et continuer à danser, car c’est la seule manière de sortir de notre isolement et de ressentir un peu d’énergie positive. »


Par Maher al-Mounes, à Damas. 

6 years ago
Une photo prise à Paris, montrant un masque de protection FFP2, le 17 avril 2020 (AFP)
Une photo prise à Paris, montrant un masque de protection FFP2, le 17 avril 2020 (AFP)

Deux Françaises, suspectées d’escroquerie à la vente de masques de protection FFP2, très recherchés en cette période de pandémie, à des sociétés en France, ont été arrêtées en Israël, a annoncé vendredi le procureur de la République de Rennes (ouest).

Âgées de 37 et 70 ans et appartenant à une même famille, elles ont été interpellées mardi à Netanya, à une trentaine de kilomètres de Tel Aviv, par les services de police israéliens.

Elles sont « suspectées d’être à l’origine de cette escroquerie à la vente de masques FFP2 et de gel hydro-alcoolique sur le territoire français », indique le procureur Philippe Astruc dans un communiqué.

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Lors de leur arrestation, elles étaient en possession d’un téléphone « servant à démarcher en France [des] entreprises ciblées pour leur possible besoin en masques, en cette période de pandémie au COVID-19 », précise le procureur.

Une information judiciaire a été ouverte mercredi pour « escroqueries et tentatives d’escroquerie en bande organisée, blanchiment et association de malfaiteurs », a indiqué le procureur rennais. 

« Les auditions des personnes mises en cause par les services israéliens sont actuellement en cours », a-t-il ajouté.

Le 7 avril, la société pharmaceutique Kolmi Hopen avait notamment remarqué que de « multiples dirigeants de sociétés françaises et étrangères lui adressaient des demandes de devis à la suite d’un démarchage commercial qu’elle n’avait jamais effectué ».

« Des individus adressaient en réalité des propositions de vente de masques [de type FFP2] » et utilisaient « une adresse mail légèrement contrefaite », selon le procureur.

« Les ''prospects'' qui répondaient au mail pour obtenir des informations complémentaires sur le prix étaient contactés par un faux représentant commercial », a détaillé le procureur, soulignant que « les éléments de téléphonie ont permis de constater que le ''faux représentant commercial'' communiquait avec les victimes depuis Israël. »

Les investigations menées en France ont permis d’établir que d’autres sociétés spécialisées dans les équipements de protection individuels avaient vu leur identité également usurpée.