Coronavirus : suivez l’actualité dans la région MENA
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Izzy était si décharnée qu’elle pouvait à peine tenir debout quand elle a été retrouvée aux côtés d’autres chiots sur un terrain vague au Qatar, riche pays du Golfe où beaucoup d’animaux domestiques ont été abandonnés en pleine crise du COVID-19.
Née d’un croisement entre plusieurs races, dont une de lévrier persan, Izzy a échappé de peu à la mort, avant d’être adoptée par une famille qui vit en Allemagne.
Beaucoup d’autres animaux domestiques n’ont pas eu cette chance. Avec le ralentissement économique entraîné par la pandémie, de nombreuses familles expatriées pourraient quitter le pays et laisser derrière elles leurs compagnons.
« Nous nous attendions à une vague d’appels à l’aide. Nous en avons déjà reçu quelques-uns », confirme à l’AFP Alison Caldwell, cofondatrice du refuge pour animaux Paws (« pattes », en anglais), qui a sauvé Izzy.
Les animaux errants sont exposés à divers dangers dont, spécificité du Qatar, des températures estivales atteignant 50 degrés.
Aux premiers jours de l’épidémie, Paws a assisté à une hausse des abandons, avec des familles qui craignaient que leurs animaux ne soient des nids d’infections. D’autres ont été délaissés par des propriétaires tombés soudainement malades.
Depuis mars, le virus a entraîné la mort de 113 personnes au Qatar sur 95 000 personnes contaminées et pour une population de 2,75 millions d’habitants.
« Nous avons déjà eu un petit afflux mais il n’y a rien que nous puissions vraiment faire », se désole Alison Caldwell. Paws estime que les animaux errants se comptent par dizaines de milliers au Qatar.
« Copains de vol »
Izzy a été adoptée en avril par une famille allemande attendrie par son histoire publiée sur la page Facebook de Paws. Mais avec la suspension brutale du trafic aérien, imposée pour contenir la propagation du coronavirus, les chiens adoptés à l’étranger restent bloqués au Qatar.
De son domicile près de Brême, dans le nord de l’Allemagne, Christina Fuehrer raconte qu’elle reste « simplement assise là, à attendre » la reprise des vols pour qu’Izzy la rejoigne.
« La cruauté envers les animaux est un problème majeur au Qatar »
- Hester Drewry, codirectrice de Paws
En attendant, la chienne a été recueillie provisoirement par une famille d’accueil.
« Nous avons décidé que ce serait une bonne chose à faire cet été, parce que nous n’allons évidemment nulle part », confie à l’AFP Julie Melville, qui a accueilli Izzy.
Paws recourt à des « copains de vol », des passagers volontaires qui transportent un animal en guise de supplément bagage, pour les conduire là où vit la famille d’adoption.
Manque d’éducation
« Nous avons déjà un nombre important d’animaux qui attendent de s’envoler vers leur ‘’foyer permanent’’ », indique à l’AFP Hester Drewry, codirectrice de Paws, disant espérer qu’ils pourront voyager en juillet et en août.
Paws a été fondé en 2014 par deux expatriés britanniques face à l’explosion du nombre d’animaux abandonnés et errants au Qatar, riche pays gazier qui s’est peuplé d’étrangers ces dernières années.
Financée par des dons et son service d’hébergement temporaire pour les animaux de compagnie, l’association peut accueillir 60 chats et 30 chiens, mais les membres de son équipe de bénévoles s’occupent souvent d’autres animaux.
Elle a contribué à faire adopter quelque 1 000 animaux, dont beaucoup à l’étranger, où les chiens de chasse saluki, lévriers persans originaires du Moyen-Orient, restent convoités.
La cruauté envers les animaux est un problème majeur au Qatar, selon Hester Drewry, en raison d’un manque d’éducation et du flux incessant d’expatriés qui vient généralement y habiter pour de courtes périodes.
Pour sensibiliser la population au bien-être animal, Paws intervient dans les écoles. Des interventions qui ne pourront reprendre que lorsque les établissements scolaires rouvriront leurs portes.
Par Gregory Walton et Anne Levasseur, à Doha.
La Tunisie et la France ont soumis au Conseil de sécurité une nouvelle version de leur projet de résolution soutenant un appel en mars du chef de l’ONU à cesser les hostilités dans les pays en conflit pour faciliter la lutte contre la pandémie de COVID-19.
Après plus de trois mois de négociations vaines à cause d’un bras de fer sino-américain sur l’Organisation mondiale de la santé, le nouveau texte, obtenu lundi par l’AFP, ne contient plus de paragraphe y faisant allusion.
Si la Chine et les États-Unis l’entérinent, le projet pourrait être adopté à l’occasion d’une réunion sur la pandémie organisée jeudi au Conseil de sécurité par l’Allemagne.
Le nouveau projet est comme le précédent focalisé sur la demande « d’une cessation des hostilités immédiate et générale » dans tous les conflits à l’agenda du Conseil de sécurité, à l’exception des combats contre les groupes islamistes armés. Il réclame « une pause humanitaire pour au moins 90 jours consécutifs » pour faciliter l’assistance internationale aux populations.
Fait nouveau, il contient dans le préambule de la résolution un rappel d’une résolution adoptée le 2 avril par l’Assemblée générale de l’ONU sur la nécessité d’une solidarité mondiale pour combattre le virus.
L’espoir au Conseil de sécurité, selon des diplomates, est que ce rappel suffise à satisfaire et la Chine, qui voulait une référence à l’OMS, et les États-Unis qui n’en voulaient pas, reprochant à l’agence onusienne une mauvaise gestion de la crise.
Le deuxième paragraphe de la résolution de l’Assemblée engage les 193 membres de l’ONU « à apporter tout l’appui et toute la coopération nécessaires à l’Organisation mondiale de la Santé ».
S’il est adopté, le nouveau projet de résolution serait le premier texte consacré au virus approuvé par le Conseil de sécurité et sa première réelle prise de position officielle depuis le déclenchement de la pandémie.
Sa paralysie depuis plus de trois mois a été souvent dénoncée et a largement entamé sa crédibilité, certains des membres du Conseil allant jusqu’à avouer leur « honte ».
Lors des négociations, États-Unis et Chine, les deux plus gros contributeurs financiers à l’ONU, avaient tous deux menacé d’utiliser leur droit de veto. Le 8 mai, Washington avait bloqué une mise au vote du texte après avoir pourtant donné un accord de principe à ses partenaires.
Reste à savoir si un appel du Conseil de sécurité à cesser les hostilités peut encore avoir un impact.
Jeudi, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est félicité que sa requête soit soutenue par près de 180 pays et plus de 20 groupes armés. Il avait aussi reconnu qu’elle n’avait pas été suivie de concrétisation.
L’Algérie vient de décider de maintenir fermées ses frontières jusqu’à nouvel ordre face à la recrudescence des contaminations au COVID-19, due selon les autorités à un « relâchement » de la population et au non-respect des règles de protection.
Ce rebond risque d’avoir des conséquences durables sur la vie quotidienne des Algériens et sur la situation socio-économique du plus grand pays d’Afrique.
Quel est l’état actuel de la pandémie ?
L’Algérie est en proie à une flambée de foyers d’infection.
Trois semaines après les premières mesures de déconfinement, les records de contaminations tombent jour après jour (+305 dimanche).
Selon le dernier bilan officiel, un total de 13 571 personnes contaminées et plus de 900 décès ont été enregistrés depuis le premier cas le 25 février.
« Ma grande crainte au vu de ce qui se passe est que nous allons nous retrouver dans une situation identique à celle de l’Espagne, de l’Italie. La situation est grave », s’inquiète le docteur Youcef Boukhari, chef du service prévention à la Direction de la santé et de la population d’Oran (DSP), dans le quotidien francophone Liberté.
Pourquoi ce rebond ?
« C’est le résultat d’un relâchement, d’un laisser-aller, en particulier dans certaines wilayas [préfectures] comme à Blida », près d’Alger, le premier foyer de l’épidémie, a déclaré à l’AFP le président du Conseil l’Ordre des médecins, Mohamed Bekkat Berkani.
Mais la situation n’est pas « catastrophique », juge le docteur Bekkat Berkani, qui est membre du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie. Pour lui, la première vague n’est toujours pas terminée.
Quelles sont les mesures prises par les autorités ?
Un couvre-feu est en place dans 29 des 48 préfectures du pays.
Le gouvernement a avisé lundi les autorités locales de procéder au « confinement ciblé des localités, communes ou quartiers connaissant des foyers ou des ‘’clusters’' de contamination ».
Le port du masque est obligatoire et les contrevenants sont condamnés à de lourdes amendes.
Tout rassemblement public est formellement interdit.
Enfin les frontières restent fermées jusqu’à nouvel ordre.
Comment réagit la population ?
La population ne s’est pas totalement conformée aux mesures de prévention. Certains continuent d’affirmer que le virus est une invention de l’Etat, notamment sur les réseaux sociaux.
Bien qu’obligatoire, le port du masque ne s’est pas généralisé.
Des cortèges de mariages–c’est la saison– ont été aperçus et des manifestations du « Hirak », le mouvement de contestation antirégime, ont repris en province, malgré l’interdiction de tout rassemblement public.
Dans les quartiers populaires d’Alger, où les familles vivent dans la promiscuité, beaucoup bravent le couvre-feu.
Le Dr Bekkat Berkani regrette que certains aient repris leurs habitudes « comme avant ». Et il critique les partis politiques « plus concernés par leur cuisine interne que par l’union sacrée pour lutter contre le COVID-19 ».
Et le personnel de santé ?
« Tout le monde est à bout de souffle. Les médecins sont au bout du rouleau. Les structures hospitalières sont dépassées », témoigne le patron du Conseil de l’Ordre, jugeant que « les institutions de l’État ont été quelque part défaillantes ».
Quel sera l’impact humain et économique si le rebond persiste ?
Beaucoup ont déjà perdu leur unique source de revenus.
Pour ceux qui exerçaient des petits métiers dans le secteur informel et n’avaient pas de couverture sociale, « l’impact est terrible », rappelle l’économiste Mansour Kedidir : « Ils étaient dans la précarité. Aujourd’hui, ils sont dans l’extrême pauvreté ».
Des associations de bienfaisance et des comités de quartier recueillent, à travers tout le pays, des dons pour les plus démunis.
« L’économie algérienne a subi un coup très dur mais la machine ne s’est pas arrêtée », souligne Mansour Kedidir.
Mais si de nombreuses entreprises publiques ou privées se sont adaptées, les petits commerces ont perdu « la moitié de leur chiffre d’affaires ».
Quant à Air Algérie, la compagnie nationale, elle pourrait perdre 89 milliards de dinars (612 millions d’euros) d’ici la fin de l’année.
Peut-on s’attendre à une fermeture des frontières pendant plusieurs mois ?
La décision de garder les frontières fermées est « salutaire tant que l’épidémie ne sera pas maîtrisée », estime le Dr Bekkat Berkani.
« C’est une mesure conservatoire qui va très certainement préserver l’Algérie des cas importés. Le COVID-19 est une maladie importée en Algérie par deux immigrés venus de France », rappelle-t-il.
Certes, la fermeture des frontières va se ressentir sur l’économie mais l’État n’a pas le choix face à une augmentation exponentielle des cas, affirme l’économiste Mansour Kedidir.
Ce dernier estime toutefois que s’il y a un respect total des mesures de prévention, les frontières pourraient rouvrir dans une quinzaine de jours.
L’Iran affronte toujours la première vague épidémique, a assuré mardi le ministère iranien de la Santé, réfutant les soupçons d’une deuxième vague au lendemain de l’annonce du plus haut nombre de décès quotidiens liés au nouveau coronavirus.
« Actuellement, le coronavirus atteint un pic dans les provinces frontalières ou des villes qui ne l’ont pas connu au cours des premiers mois de l’épidémie », a expliqué Sima Sadat Lari, porte-parole du ministère de la Santé, interrogée par l’agence officielle Irna.
« Par conséquent, nous sommes toujours en présence de la première vague dans le pays », a-t-elle ajouté.
Il ne s’agit pas d’une deuxième vague épidémique: ce serait le cas si les provinces ayant déjà enregistré « un important pic » des contaminations, enregistraient de nouveau une hausse des infections, a-t-elle affirmé.
Lundi, Sima Sadat Lari avait annoncé 162 morts en 24 heures, provoquées par la maladie COVID-19 en Iran, pays le plus touché au Proche et Moyen-Orient depuis l’apparition des premiers cas sur son sol en février.
Il s’agit du plus haut bilan quotidien fourni depuis le début de la pandémie par les autorités– dont les chiffres sont mis en cause par des experts étrangers et certains responsables iraniens, qui les soupçonnent d’être largement sous-estimés.
Après avoir enregistré son plus bas bilan journalier début mai, l’Iran est confronté ces dernières semaines à une nouvelle hausse du nombre de morts et contaminations, faisant craindre une deuxième vague épidémique, ce que les autorités ont réfuté à plusieurs reprises.
L’État n’a jamais imposé de confinement obligatoire à sa population mais a annulé tout événement public, interdit tout déplacement entre les 31 provinces et fermé les commerces non essentiels en mars, avant de lever progressivement les restrictions à partir d’avril pour tenter de ranimer son économie.
L’épidémie ne faiblissant pas, les autorités ont donné le feu vert aux provinces les plus touchées– celles classées « rouge » selon l’échelle de risque établie par les autorités– pour rétablir des restrictions à leur population.
Il s’agit des provinces du Khouzestan, Khorassan-é-Razavi, Kurdistan, de Kermanshah, Bouchehr, de l’Azerbaïdjan Occidental et Oriental, et d’Hormozgan, toutes situées le long des frontières de l’Iran.
Salaires impayés, masques introuvables, proches de patients violents: en Irak où la médecine n’a jamais été une sinécure, la flambée de COVID-19 pousse le système de santé à bout, et surtout ses milliers de soignants.
« Je n’en peux plus. Je n’arrive même plus à me concentrer sur les patients », souffle Mohammed, médecin d’une unité COVID à Bagdad, après une astreinte de 48 heures.
Avec officiellement plus de 45 000 contaminations, près de 2 000 morts et chaque jour 2 000 nouveaux malades, l’Irak est beaucoup moins touché que son voisin iranien. Mais dans un pays dont les infrastructures sanitaires sont depuis longtemps mal en point, c’est beaucoup trop.
Récemment, le Premier ministre Moustafa al-Kazimi n’a pas mâché ses mots : « Nous n’avons pas de système de santé ». « Nous n’avons même pas le minimum car depuis des années, les responsables n’ont pas été nommés en fonction de leurs compétences » mais du clientélisme roi en Irak, a-t-il déploré.
Entre hôpitaux ravagés par les guerres et pénuries de médecins et de médicaments depuis des décennies, les soignants doivent redoubler d’efforts face à la pandémie. Au risque de leur vie, assure Mohammed qui préfère ne pas donner son nom de famille.
Il cite ainsi les noms d’au moins 16 confrères contaminés ces dernières semaines.
Le virus est désormais partout. À l’hôpital Ali Naji de Souleimaniyeh, deuxième ville du Kurdistan irakien, les soignants testent quotidiennement des dizaines de personnes.
Mais parce qu’ils n’ont pas été payés par les autorités de la région autonome depuis deux mois, ils sont en colère.
Des mois sans salaire
Actuellement, « 20 000 soignants sont en grève », affirme Hawzin Ousmane, patron du syndicat local des soignants.
Shevan Kourda, 30 ans, représentant syndical des médecins résidents de Souleimaniyeh, a lui-même débrayé il y a deux semaines.
Malgré tout, « chaque jour, nous travaillons environ dix heures, mais seulement pour nous occuper de malades du COVID-19 », affirme-t-il à l’AFP.
L’année dernière, il n’a pas été payé durant trois mois par les autorités de la région autonome prises à la gorge par une crise économique sans précédent. Et si les versements ont repris un temps au début de l’année, il n’a pas perçu sa paie de 1 000 dollars depuis avril.
« C’est juste une question de temps : au bout d’un moment, on sera tous contaminés »
- Waël, médecin
À Nassiriya, dans le Sud, le souci des soignants, ce n’est pas les salaires– qui sont payés– mais l’agressivité des familles des malades.
Il n’est pas rare en effet que des proches de patients attaquent violemment des soignants accusés de n’avoir pas su sauver un père, une mère ou un enfant.
Dans la province de Zi Qar, où se trouve Nassiriya, ils sont actuellement en grève après qu’une femme médecin a été frappée.
Pourtant, vaille que vaille, à travers le pays, les soignants continuent de ne pas compter leurs heures, alors même que plusieurs centaines d’entre eux ont été contaminés.
Demain, « tous contaminés »
« On n’a pas eu de prime quand on travaillait dans les hôpitaux de campagne à l’époque de la guerre contre le groupe État islamique, on n’en a pas eu pendant les grosses manifestations », qui ont fait 30 000 blessés à l’automne, rappelle Ammar Falah, médecin de 27 ans, dans une unité COVID à Bagdad.
« Alors vous croyez qu’on va en avoir pour nos heures supplémentaires maintenant ? ».
Non seulement Ammar n’a pas de prime, mais en plus il doit piocher dans son salaire d’à peine 700 euros pour s’acheter son matériel de protection. Son hôpital, al-Kindi, ne fournit que cinq masques N95 par mois à chaque médecin, selon lui.
« Si on nous demande de faire encore plus d’heures, on songe aussi à faire grève », menace-t-il.
Waël, 26 ans, exerce lui aussi dans la capitale irakienne. Le plus dur pour lui, c’est l’isolement.
« Avant le coronavirus, on pouvait décompresser en voyant la famille et les amis. Aujourd’hui, je passe du confinement au travail au confinement dans ma chambre à la maison », explique-t-il à l’AFP.
Car comme la majorité de ses confrères en contact avec des personnes malades, Waël redoute plus que tout de contaminer sa famille.
« J’ai eu des symptômes pendant un mois, mais on m’a dit de continuer à travailler », raconte-t-il.
« C’est juste une question de temps : au bout d’un moment, on sera tous contaminés ».
Par Maya Gebeily avec Shwan Muhammad, à Souleimaniyeh.
Sept patients malades du nouveau coronavirus ont péri par asphyxie dans l’incendie d’un hôpital privé à Alexandrie (nord de l’Égypte), a indiqué à l’AFP lundi une source sécuritaire.
Le feu s’est déclaré lundi à l’hôpital Badraoui dans l’est de la ville côtière, faisant sept victimes parmi les patients et sept blessés dont des patients et des personnels soignants, selon la même source.
L’incendie, qui a démarré à la suite d’un court-circuit dans le système de climatisation de l’établissement, a depuis été maîtrisé, a-t-elle ajouté.
Une enquête a été ouverte par le parquet local.
Encore loin d’avoir atteint son pic, la pandémie a durement mis à l’épreuve les infrastructures et le système de santé égyptiens, déjà vétustes.
Outre l’augmentation du nombre d’infections dans le corps médical, sous-équipé et peu préparé à faire face au virus, les témoignages de personnes disant ne pas trouver de place dans les hôpitaux se sont dernièrement multipliés sur les réseaux sociaux.
Depuis fin mai, les autorités rapportent chaque jour plus de 1 000 nouvelles infections et le syndicat des médecins, qui représente la profession, a mis en garde contre un « possible effondrement total » du système sanitaire, accusant le ministère de la Santé de « négligence ».
L’Égypte, pays de 100 millions d’habitants, a officiellement enregistré plus de 65 000 cas de nouveau coronavirus dont près de 2 800 décès, selon les chiffres officiels.
Toutes les frontières de l’Algérie vont rester fermées jusqu’à la fin de la pandémie de COVID-19, a annoncé dimanche soir le président Abdelmadjid Tebbboune, face à une recrudescence des cas de contamination.
Le chef de l’État, qui a présidé une réunion du conseil des ministres, a ordonné le « maintien de la fermeture des frontières terrestres, maritimes et aériennes jusqu’à ce que Dieu nous libère de ce fléau », selon un communiqué publié par l’agence de presse officielle APS.
L’Algérie fait pourtant partie d’une proposition de liste de 14 pays dont les voyageurs seraient admis dans l’Union européenne au 1er juillet. L’UE a toutefois reporté sa décision finale sur cette liste, faute d’accord entre Européens.
Les frontières de l’Algérie sont fermées depuis le 19 mars.
Trois semaines après des premières mesures de déconfinement, l’Algérie est en proie à une flambée de foyers d’infection, en particulier à l’est (Sétif) et au sud-est du pays, due selon les autorités au non-respect des règles de prévention.
Quelque 305 nouveaux cas de COVID-19 ont été diagnostiqués en 24 heures, un nouveau record quotidien pour ce pays le plus touché du Maghreb, selon le bilan officiel publié dimanche.
Abdelmadjid Tebboune a dénoncé « les comportements de certains citoyens qui veulent faire accroire aux autres que le COVID-19 n’est qu’un mythe à visées politiques », une accusation ciblant le mouvement populaire antirégime, le « Hirak », au moment où ce dernier tente de se remobiliser en province. Toutes les manifestations sont strictement interdites depuis la mi-mars.
Le président algérien a ordonné « le durcissement des sanctions à l’encontre de tous les contrevenants ».
Le port du masque sanitaire est obligatoire depuis le 24 mai et les contrevenants sont condamnés à de fortes amendes.
Abdelmadjid Tebboune a également exhorté le Premier ministre Abdelaziz Djerrad à prendre des mesures pour « briser la chaîne de contamination et de circonscrire les foyers épidémiques », selon le communiqué du Conseil des ministres.
« C’est le résultat d’un relâchement et d’une sorte de laisser-aller en particulier dans certaines wilayas [préfectures] comme Sétif et Biskra », avait déclaré à l’AFP jeudi le président du Conseil l’Ordre des médecins Mohamed Bekkat.
« Nous avons tant souffert sur ce bateau ! » : après plusieurs mois passés en mer, un groupe de réfugiés rohingyas arrivé sur les côtes indonésiennes cette semaine a raconté à l’AFP un voyage marqué par la faim, la soif et les violences des passeurs.
Au moins une femme est morte pendant la traversée et son corps a été jeté par dessus bord, selon plusieurs réfugiés qui ont débarqué sur l’île de Sumatra.
Le groupe de près d’une centaine de Rohingyas, une minorité musulmane persécutée en Birmanie, dont une trentaine d’enfants, se trouvait à bord d’une embarcation de fortune, avant d’être ramené par des pêcheurs locaux à Lhokseumawe, localité de la province d’Aceh.
Les autorités indonésiennes ont d’abord refusé de les laisser débarquer, invoquant le risque d’une contamination par le COVID-19. Mais les habitants compatissants ont décidé d’agir et de ramener les réfugiés épuisés à terre où ils ont reçu des vivres, des vêtements et ont été enregistrés.
Un réfugié a raconté à l’AFP les violences des trafiquants après qu’ils ont quitté un camp de réfugiés du Bangladesh pour tenter de rejoindre la Malaisie.
Abandonnés à la dérive
« Ils nous ont torturés, nous ont blessés. L’un d’entre nous est même mort », a dénoncé Rashid Ahmad, un homme de 50 ans, portant une barbe et la chemise ouverte, interrogé par l’AFP dans un centre d’immigration de Lhokseumawe.
« Nous avons tant souffert sur ce bateau ! ».
« Au début il y avait de la nourriture, mais quand elle a été épuisée, [les trafiquants] nous ont emmené dans un autre bateau et nous ont laissé dériver tous seuls », a-t-il expliqué.
Habibullah, un autre réfugié explique que « tout le monde a été battu ». « Mon oreille a été coupée, on m’a tapé sur la tête ».
Selon Korima Bibi, une femme rohingya de 20 ans, c’est deux personnes qui sont mortes pendant le voyage.
« Nous n’avions pas assez de nourriture ni d’eau. Certains ont dû boire de l’eau salée ou de l’urine », a-t-elle souligné, couverte d’un voile blanc et accroupie sur le sol avec son enfant. « Mais nous avons quand même survécu ».
L’AFP n’a pas été en mesure de vérifier ces récits. Mais les témoignages des survivants à l’AFP et à l’Organisation internationale des migrations (OIM) s’accordent sur le fait que le groupe de Rohingyas venait du camp de réfugiés de Balukhali à Cox Bazar au Bangladesh, après avoir fui des persécutions en Birmanie.
Au cours de leur éprouvant voyage, une femme est décédée laissant ses deux enfants seuls. Trois autres mineurs, dont une petite-fille de 10 ans, ont fait le voyage non accompagnés par des adultes, a indiqué un porte-parole du groupe à l’OIM. Et une femme enceinte était aussi parmi eux.
Les trafiquants demandaient 2 300 dollars, selon l’OIM, pour les emmener en Malaisie, destination recherchée par les Rohingyas car relativement riche et en majorité musulmane.
Les réfugiés rohingyas partent généralement soit de la Birmanie soit du Bangladesh, où un million d’entre eux, ayant fui des exactions de l’armée birmane en 2017, s’entassent dans des camps surpeuplés. Des passeurs leur font miroiter une vie meilleure en Asie du Sud-Est mais le voyage de plusieurs milliers de kilomètres vers la Malaisie ou l’Indonésie est très périlleux.
Depuis l’épidémie de COVID-19, plusieurs pays qui les autorisaient auparavant à accoster les repoussent désormais à cause des risques sanitaires. Au cours des derniers mois le nombre de réfugiés rohingyas errant en mer s’est accru, atteignant quelque 1 400 cette année, avertit l’OIM, qui a estimé à au moins 130 le nombre de morts en mer.
À Lhokseumawe mardi, les habitants de la côte se sont montrés furieux du refus des autorités de laisser les réfugiés débarquer. Et ont décidé d’aller eux-même les chercher.
« En tant que musulman je ressentais de la compassion pour eux, surtout parce qu’il y avait tant d’enfants et de femmes parmi eux, ça m’a brisé le coeur », a témoigné Saiful Hardi, un habitant de Lhokseumawe.
« J’espère que l’on va continuer à les aider comme nous devons le faire pour tous nos frères humains. »
Leur initiative a été saluée par les organisations de défense de droits de l’homme. Et les tests des réfugiés pour le COVID-19 se sont révélés négatifs.
Mais l’avenir de ces réfugiés reste très incertain alors que les autorités indonésiennes ont indiqué qu’elles pourraient les renvoyer en mer avec des vivres.
« Vous nous avez sauvés, et nous vous remercions mille fois pour cela », dit Korima Bibi avec effusion aux Indonésiens.
« Maintenant , tout dépend de vous. Quelles que soient vos lois, nous les respecterons ».
Sites religieux vides, tentes de pèlerins abandonnées, hôtels inhabités : La Mecque, ville la plus sainte de l’islam, a perdu son animation habituelle à quelques semaines du hadj, qui sera « très limité » en raison du nouveau coronavirus, au risque de plomber l’économie saoudienne.
« J’espère que, cette année, grâce à Dieu, je serai parmi les premiers pèlerins », confie à l’AFP Marwan Abdulrahman, un Saoudien vivant à La Mecque.
Parmi les premiers, et surtout parmi les seuls : pour contenir la pandémie du nouveau coronavirus, l’Arabie saoudite a décidé de n’accepter que 1 000 fidèles vivant sur son territoire pour son pèlerinage fin juillet.
Habituellement, le pays accueille à cette occasion des millions de pèlerins (2,5 millions en 2019), venus pour leur grande majorité de l’étranger.
« Zéro vente, zéro revenu »
Après avoir suspendu dès mars la « omra », le petit pèlerinage qui s’effectue tout au long de l’année, le royaume s’apprête à faire face à un immense manque à gagner : le flux des pèlerins génère chaque année 10,6 milliards d’euros.
Or, le premier exportateur de brut au monde est déjà frappé de plein fouet par la chute des prix du pétrole et l’impact économique du confinement décrété pour lutter contre le virus.
Les gains suscités par le hadj a insufflé ces dernières années un boom de l’immobilier et du commerce autour des lieux saints.
On y construit à tout-va : centres commerciaux, appartements et hôtels de luxe, dont certains avec vue directe sur la Kaaba, une construction cubique au centre de la Grande mosquée vers laquelle se tournent les musulmans du monde entier pour prier.
« Zéro vente, zéro revenu », déplore Ahmed Attia, un expatrié égyptien de 39 ans qui travaille pour une agence de voyage dans la ville sainte.
« Nous ne sommes pas habitués à voir La Mecque vide. On a l’impression d’être dans une ville morte. C’est désastreux », soupire-t-il.
Les pèlerinages financent directement ou indirectement des centaines de milliers d’emplois dans plusieurs secteurs, des agences de voyage aux sociétés de téléphonie mobile, qui ont dû couper dans leurs effectifs ou réduire les salaires.
L’absence de pèlerins « aggrave les difficultés économiques » du royaume, confirme à l’AFP Richard Robinson, analyste auprès d’Oxford Analytica.
Le tourisme, y compris religieux, est au cœur de l’ambitieux programme « Vision 2030 » du prince héritier Mohammed ben Salmane, qui vise à accroître les revenus non pétroliers du royaume.
Mercredi, le Fonds monétaire international (FMI) a averti que le PIB saoudien allait se contracter de 6,8 % cette année en raison de la faiblesse des prix du brut, sa pire performance depuis les années 1980. C’est 4,5 points en dessous de la prévision du FMI d’avril.
Ralentissement économique
Au cours des derniers mois, le groupe BinLaden, un géant du BTP considéré comme une jauge de la santé des entreprises saoudiennes, n’a pas versé de salaire à des milliers d’ouvriers, a indiqué à l’AFP une source du secteur.
La grogne grandit sur les réseaux sociaux, où des employés dénoncent ces manquements alors que l’entreprise est derrière un projet de 13,3 milliards d’euros à La Mecque, composé d’hôtels et de centres commerciaux qui surplomberont la Grande mosquée.
La société cherche à affréter des avions pour renvoyer dans leur pays un grand nombre de ses travailleurs sud-asiatiques, selon la source. L’entreprise n’a pas répondu aux sollicitations de l’AFP.
Le PIB saoudien allait se contracter de 6,8 % cette année en raison de la faiblesse des prix du brut
La crise liée à la maladie COVID-19 et le ralentissement économique ont entravé d’autres ambitieux projets touristiques du royaume, après le lancement en 2019 en fanfare de visas pour les touristes.
Si le royaume cherche à développer le tourisme en dehors des sites religieux, « les efforts des Saoudiens reposent toujours sur le hadj », estime Kristin Diwan, de l’Arab Gulf States Institute, basé à Washington.
Par Anuj Chopra, à Riyad.
Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a averti samedi que les problèmes économiques du pays empireront si le nouveau coronavirus se propage de manière non maîtrisée, déplorant que les efforts initiaux pour le contenir aient « diminué ».
La République islamique, qui a officiellement recensé ses premiers cas de COVID-19 en février, est le pays le plus touché au Moyen-Orient par l’épidémie.
Les autorités ont annulé les événements publics et fermé écoles et commerces non essentiels en mars avant de lever progressivement les restrictions à partir d’avril, pour tenter de ranimer l’économie du pays, étouffée par les sanctions américaines.
« Dire qu’il faut faire quelque chose pour éviter les problèmes économiques causés par le coronavirus est correct », a déclaré l’ayatollah Ali Khamenei lors d’une réunion en visioconférence avec des responsables judiciaires.
456 nouveaux cas en 24 heures
« Mais en cas de négligence et de propagation importante de la maladie, les problèmes économiques vont aussi s’aggraver », a-t-il ajouté, selon son site officiel.
Le rial iranien a plongé à de nouveaux plus bas face au dollar américain ces derniers jours en raison de la fermeture temporaire de l’économie, de la clôture des frontières et de l’arrêt des exportations non pétrolières, selon des analystes.
« Le sacrifice du personnel soignant, les efforts de groupes de bénévoles et la coopération globale de la population ont fait de l’Iran l’un des pays qui ont le mieux réussi » à contrôler l’épidémie, a déclaré l’ayatollah Khamenei.
« Mais c’était au début [de l’épidémie] et maintenant, malheureusement, cette tentative et ces efforts ont diminué de la part de certaines personnes et autorités », a-t-il déploré.
Le ministère iranien de la Santé a annoncé 2 456 nouveaux cas de COVID-19 au cours des dernières 24 heures, portant le total à 220 180.
Le virus a provoqué 125 décès supplémentaires sur la même période, portant le bilan national des victimes à 10 364.
Pas de respect des consignes
Le ministère de la Santé a lancé samedi une campagne « Je porte un masque » pour inciter les Iraniens à se protéger le visage.
« Toutes les 33 secondes, un Iranien est infecté par le coronavirus et toutes les 13 minutes quelqu’un en meurt. C’est un avertissement pour que nous observions mieux les mesures de distanciation sociale », a affirmé le vice-ministre de la Santé Iraj Harirchi.
Il a également alerté sur le fait qu’une personne contaminée qui ne respecte pas les consignes sanitaires pourrait « directement ou indirectement infecter 406 personnes » en moyenne.
Les chiffres officiels montrent une tendance à la hausse des nouveaux cas depuis début mai, date à laquelle l’Iran avait atteint un plus bas de nouvelles contaminations.
Pour la première fois depuis trois mois, des vols commerciaux venant en majorité d’Europe ont commencé à atterrir samedi en Tunisie, où la saison touristique semble néanmoins compromise par les restrictions de déplacement visant à limiter un retour du nouveau coronavirus.
La Tunisie n’a connu officiellement jusqu’à présent que 1 164 cas de coronavirus dont 50 décès, et n’en détecte plus ces derniers temps que quelques uns par jour, quasiment tous dans des centres de quarantaine obligatoire. Elle avait fermé ses frontières fin mars.
Neuf vols sont programmés samedi, la majorité venant de France et d’Italie, a indiqué à l’AFP le ministère tunisien des Transports.
Quelque 117 personnes à bord d’un vol en provenance de Paris sont arrivées, la plupart des Tunisiens résidant à l’étranger, mais il y aussi des Français, selon la même source.
On ignore dans l’immédiat si les personnes à bord des vols étaient bloquées à l’extérieur de la Tunisie ou si parmi elles figurent des touristes.
Seuls les voyageurs en provenance de pays considérés comme sûrs, classés dans une liste verte – dont l’Allemagne, la Chine ou l’Italie – peuvent arriver en Tunisie sans aucune condition.
Ceux venant de pays classés orange, dont la France, le Maroc et l’Espagne, devront présenter un test PCR négatif fait moins de 72 heures avant le départ, a indiqué le ministère de la Santé.
Les personnes séjournant dans des hôtels devront limiter leurs sorties à des excursions en groupe encadré. Les autres doivent s’engager par écrit à un auto-isolement de quatorze jours à leur lieu de résidence.
Tous peuvent sortir librement après six jours à condition de présenter un nouveau test négatif.
Les pays ne figurant sur aucune liste sont classés rouge, comme l’Algérie ou la Russie, deux gros marchés pour le tourisme tunisien, a précisé à l’AFP le ministère de la Santé.
Seuls les Tunisiens peuvent arriver des pays classés rouge : ils doivent présenter un test négatif, effectuer une quarantaine obligatoire de sept jours à l’hôtel à leurs frais, puis faire un autre test avant de sortir.
L’ensemble des mesures peuvent changer selon la situation, selon les autorités.
L’Algérie a enregistré depuis jeudi 240 cas de contaminations au coronavirus, soit un record en 24 heures, près de trois semaines après les premières mesures de déconfinement, a indiqué vendredi le ministère de la Santé.
Le pays du Maghreb le plus touché par la pandémie compte au total 12 685 personnes contaminées et cas et 885 décès, a précisé le porte-parole du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie, Djamel Fourar, lors de sa conférence de presse quotidienne. Ce comité est sous la supervision du ministère de la Santé.
Il s’agit de la plus forte hausse en une journée depuis l’annonce du premier cas fin février en Algérie. Le précédent pic datait du 28 avril (199).
Djamel Fourar a fait état de 9 066 patients guéris. Un total de 29 832 personnes ont reçu un traitement basé sur l’hydroxychloroquine et 48 patients sont en soins intensifs.
Les dernières statistiques quotidiennes confirment une flambée de foyers d’infections à l’est et au sud-est du pays.
« C’est le résultat d’un relâchement et d’une sorte de laisser-aller en particulier dans certaines wilayas [préfectures] comme Sétif et Biskra », a déclaré à l’AFP le président du Conseil l’ofenchrdre des médecins Mohamed Bekkat.
Pour un autre expert, le professeur Idir Bitam, spécialistes des maladies transmissibles, la hausse est due à un « manque de civisme de la population ».
En dehors d’Alger, la population « ne respecte pas les gestes barrières » depuis la levée des mesures de confinement les plus strictes, a expliqué Mohamed Bekkat qui a appelé à une « réaction forte » de l’État.
Une partie des commerces a rouvert le 7 juin en Algérie dans le cadre d’une « feuille de route » gouvernementale de sortie du confinement « progressive » et « flexible ».
La seconde phase du plan de déconfinement a débuté le 14 juin, avec la reprise limitée des transports urbains.
Face à la recrudescence des cas de contaminations, le gouvernement a décidé de maintenir jusqu’au 29 juin un couvre-feu dans 29 des 48 wilayas du pays, dont celle d’Alger.
En revanche, le confinement a été totalement levé dans les 19 autres wilayas.
Le port du masque sanitaire est obligatoire depuis le 24 mai et les contrevenants sont condamnés à de fortes amendes.
Selon le directeur général de l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA), le docteur Fawzi Derrar, l’Algérie veut augmenter le nombre de laboratoires de dépistage.
Actuellement, quelque 2 500 tests de dépistage sont réalisés quotidiennement dans les différentes régions du pays, a précisé Fawzi Derrar, cité par l’agence de presse officielle APS.
Une foule de promeneurs et baigneurs se précipitent sur la plage de Salé, ville jumelle de Rabat, tandis que d’autres profitent des terrasses de cafés et des parcs: après trois mois de confinement sévère, le Maroc a goûté jeudi à ses premières heures de liberté.
« Je me suis pressée à la plage avec mon fils, car le soleil et la mer nous ont manqués. On ne peut pas rester enfermés éternellement », dit dans un grand sourire Wafae, 43 ans, qui essaie toutefois de « garder ses distances ».
Après une première phase de déconfinement, début juin, dans les zones les moins peuplées du pays, chacun retrouve ses habitudes dans les grandes villes, après la longue parenthèse ouverte le 20 mars, quand les autorités ont décrété l’état d’urgence sanitaire avec confinement obligatoire, restriction de déplacement et déploiement massif des forces de l’ordre. Depuis, plus de 11 000 cas de contamination ont été officiellement détectés, avec 216 décès.
Une demi-douzaine de villes restent en quarantaine en raison de la subsistance de foyers de contamination, notamment dans les cultures de fraises au nord de Rabat.
Les rassemblements sont toujours interdits, et les mosquées, salles de cinéma, théâtres et piscines publiques toujours fermés. Cafés, salons de coiffure, hammams et bus doivent se limiter à 50 % de leur capacité, restriction qui a conduit certains transporteurs routiers à refuser de reprendre le travail jeudi.
« Fêter ce jour »
Ceux qui sont venus célébrer la fin du confinement jeudi sur la plage de Salé, située à l’embouchure du fleuve Bouregreg qui la sépare de Rabat, restent vigilants.
Juste en face, la plage de la capitale, près des rues étroites de la vieille ville, est elle restée fermée pour cause de travaux.
« Je suis venu fêter ce jour ! J’ai enlevé le masque comme tout le monde ici, mais j’ai vite eu peur et j’ai préféré garder mes distances », note Mohammed, 20 ans, qui bronze sous un soleil éclatant, côté Salé.
Les autorités appellent avec force au respect des mesures préventives, notamment le port du masque et la distanciation sociale. Le ministère de la Santé a multiplié les tests de dépistage ces dernières semaines et lancé une application mobile de traçage des contacts, revendiquant à ce jour plus de deux millions de téléchargements.
Si la distanciation semble difficile pour les jeunes qui jouent au foot sur la plage, elle est très respectée dans les cafés du centre de Rabat, où les clients ont afflué dès le petit matin.
Certains sortent pour la première fois, comme Hassan, 62 ans : « j’ai vécu trois mois comme si j’étais dans une prison! Ca m’avait manqué de voir des gens dans la rue et de boire un café en terrasse ».
Ce retraité estime néanmoins qu’il faut « se méfier du virus car il n’a pas disparu ». Dans son café, situé sur l’avenue principale de Rabat, on mesure la température de chaque client avec un thermomètre que le serveur sort de sa poche, tout sourire.
Mais « certains préfèrent toujours prendre un café à emporter sans se mélanger aux autres », note Firdaous, 29 ans, qui se dit « heureuse de reprendre le travail ».
Comme un million de salariés en arrêt de travail, elle a vécu depuis mars avec une aide versée par l’État équivalent à 185 euros.
Toute une panoplie d’aides directes ou indirectes ont été déployées pour amortir les effets de la crise liée à la pandémie. Quelque 4,5 millions de ménages qui tirent leurs revenus du secteur informel ou d’emplois précaires ont été recensés en urgence pour en bénéficier.
Les activités économiques ont commencé à redémarrer début juin mais le pays de 35 millions d’habitants s’attend à connaître en 2020 sa pire récession depuis 1996, avec une contraction de plus de 5 % de son PIB.
Alors qu’aucune date n’a été fixée pour la réouverture des frontières, les professionnels du tourisme, secteur clé de l’économie, misent sur les nationaux pour atténuer des pertes sans précédent.
Il y a quatre ans, ce vraquier transportait encore du charbon, des graviers ou du sable. Aujourd’hui, sa cale renferme une centrale électrique prête à être déployée en quelques semaines n’importe où dans le monde.
Alors que la pandémie de nouveau coronavirus et les conflits au Proche-Orient ont stoppé des pans entiers de l’activité économique ou créé un climat d’incertitude, ces crises ont fait naître de nouvelles opportunités pour les centrales flottantes turques.
L’entreprise Karpowership construit depuis près de 15 ans des centrales flottantes en reconvertissant de vieux navires de transport de marchandises. Avec sa flotte de 25 appareils, c’est aujourd’hui l’un des piliers de ce secteur.
Paradoxalement, la pandémie de nouveau coronavirus, qui a stoppé l’activité de nombreuses entreprises, a créé un effet d’aubaine pour la compagnie turque en mettant en lumière les avantages de ses centrales flottantes, notamment des délais de livraison imbattables: maximum 60 jours.
Les mesures de confinement prises dans de nombreux pays pendant plusieurs mois ont en effet compliqué l’avancement de projets de centrales électriques classiques, dont la construction en temps normal prend déjà plusieurs années.
« Les crédits n’étaient plus approuvés, les fournisseurs ne pouvaient pas tenir les délais et les ouvriers ne pouvaient pas travailler sur les chantiers », souligne Zeynep Harezi, directrice commerciale de Karpowership.
« La demande pour nos navires-centrales a naturellement augmenté. Nous sommes actuellement en discussion avec plus de 10 pays qui nous ont fait part d’un besoin urgent », affirme-t-elle à l’AFP.
Juteux contrat libyen ?
Les centrales flottantes, ou « powerships » en anglais, existent depuis les années 1930.
Le principe est simple: un navire marchand est reconverti en centrale flottante, celle-ci vogue jusqu’à sa destination, puis elle est raccordée au réseau électrique local pour l’alimenter.
Karpowership en a déployé 19 dans 11 pays d’Afrique, du Proche-Orient et d’Asie, ainsi qu’à Cuba. Ces centrales flottantes fournissent plus de la moitié de l’électricité consommée par plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest : Guinée-Bissau, Gambie, Sierra Leone.
Ces infrastructures sont particulièrement adaptées aux pays dont les capacités sont insuffisantes pour faire face à la demande croissante ou ont été détruites par des conflits.
De ce point de vue, la guerre en Libye, où la Turquie soutient militairement le gouvernement de Tripoli, pourrait faire les affaires de Karpowership qui est en train de discuter de l’envoi de plusieurs centrales flottantes, selon la presse turque.
Ankara a dépêché en juin une importante délégation à Tripoli conduite par son chef de la diplomatie et son ministre des Finances.
« Le vecteur principal de l’intervention de la Turquie en Libye […], c’est la volonté d’avoir son mot à dire dans les futurs contrats dans ce pays », notamment énergétiques, rappelle Soner Cagaptay, du Washington Institute of Near East Policy.
Sans confirmer les négociations, Karpowership s’est dit prêt à déployer des centrales flottantes « dès cet été » pour fournir 1 000 mégawatts (MW), soit « huit heures d’électricité supplémentaires » par jour dans un pays confronté à des coupures massives.
Part de risque
Pour pouvoir tenir ses délais de livraison, l’entreprise investit massivement pour construire des centrales flottantes avant même qu’elles ne soient commandées. Une part de risque calculée.
« Là, on a un milliard de dollars à quai », indique Zeynep Harezi en désignant les six centrales flottantes de différentes dimensions amarrées dans un chantier naval du nord-ouest de la Turquie, en attendant la signature des futurs contrats.
« Normalement, il faut 18 mois pour construire une centrale flottante. Mais comme nos chantiers navals les construisent à la chaîne, cela ne prend que six mois », explique Deniz Yalçindag, un ingénieur de la compagnie.
Nombre d’observateurs estiment cependant que les centrales flottantes sont au mieux des solutions temporaires pour les pays dont les infrastructures sont insuffisantes ou obsolètes.
Déplorant cette « barrière psychologique », Zeynep Harezi souligne que les navires peuvent rester en place pendant 25 ans en raison notamment du revêtement spécial dont leur coque est enduite.
Aujourd’hui, l’entreprise voit les choses en grand et compte doubler la taille de sa flotte dans les cinq ans à venir, avec l’ambition de séduire également des pays développés.